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ISBN : 9791095718451
Éditeur : Agullo (04/10/2018)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Au printemps 1968, le parti communiste tchécoslovaque expérimente le « socialisme à visage humain ». La censure est interdite, les frontières s'ouvrent vers l'Ouest, les biens de consommation font leur apparition... Un vent de liberté souffle sur le pays.
Cet été là, Alexander et Anna montent dans leur Skoda Felicia, un cabriolet flambant neuf, pour rejoindre leur fille Petra à Bratislava où elle vient de terminer de brillantes études de médecine. Tereza, fi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
SagnesSy
  29 octobre 2018
« Dans ce roman, j'omets volontairement la description des personnages et des paysages. Je les saute à votre place. Lecteur, je les ai toujours survolés et je vous imagine un peu comme moi, pour cette raison j'espère que ce rembourrage ne vous manquera pas. »
Ça commence par la présence de chars, un jour, comme ça, dans les rues tchécoslovaques. Les russes occupent le pays. La frontière avec l'Autriche est ouverte pendant quelques jours, pour ceux qui le peuvent et le désirent, c'est le grand départ. Ils débarquent dans un occident dont ils ne pouvaient même pas imaginer l'opulence. Ils sont pour la grande majorité éduqués et instruits, ils n'en prennent pas moins le choc en pleine tête…
« L'homme sait qu'il est en train de vivre l'Histoire. Il sait que sa femme, son fils, lui et son pays sont le beurre, et l'Histoire, le couteau. Et que quelqu'un l'étale sur une tranche de pain et s'apprête à y mordre. »
Cinquante tableaux de quelques pages qui nous racontent une grande histoire. Celle de Sani, Anna, Petra, Tereza, leurs amis et leurs familles, depuis Stara Ruda jusqu'aux confins du Canada en passant par l'Argentine, l'Autriche ou encore Israël. La petite histoire de quelques vies individuelles prises dans la toile de la grande, un vigneron qui dévore un livre par jour et convie chaque soir un auteur pour lui exprimer son avis sur son travail (avec du vin et de la saucisse maison), une doctoresse qui passe par la case femme de ménage chez de la famille éloignée avant de s'épanouir « cheffe » chez les indiens, un père qui choisit d'accompagner sa fille dans l'exil pour la protéger en laissant son épouse derrière (il en deviendra littéralement fou – même si on peut l'interpréter différemment), les destinées sont multiples mais ce qu'on lit à travers elles est toujours identique : le déchirement. Avec des accents de Laura Ingalls (pour l'émotion qu'il parvient à susciter en exposant des gestes quotidiens très signifiants), Viliam Klimàcek nous explique le communisme comme personne et choisit très intelligemment de ne jamais discourir sur les théories mais de nous en faire ressentir très concrètement les effets. Immensément attachant, éclairant et parfois très drôle, un très bon roman.
« Des flocons de neige commencent à tomber comme un rideau de petit conte de fées d'hiver qui raconte : il était une fois un pays, la Tchécoslovaquie, et dans ce pays, un vignoble, et dans ce vignoble, une petite mémère, et dans cette petite mémère, un coeur, et dans ce coeur, quelque chose qui savait attendre. Et dans ce pays recouvert d'une toile rouge, il y avait beaucoup de coeurs comme celui-là, et tous ces coeurs attendaient, attendaient… jusqu'à la mort. »
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EvadezMoi
  25 novembre 2018
Cette histoire, basée sur des personnages réels dont les noms ont été changés (dixit l'auteur) commence il y a cinquante ans. Il y a cinq décennies, des évènements se sont déroulés en Europe, telle qu'on la connait aujourd'hui, et qui ont changé beaucoup de choses sans que personne ne s'y intéresse à l'Ouest.
On a tous entendu au lycée, en cours d'histoire, les mots « Printemps de Prague » mais pour ceux qui n'ont pas continué leurs études en Histoire, on ne sait pas à quoi cela fait référence.
Viliam Klimáček nous relate, au travers de Tereza, de Petra, de Jozef, Sena, Anna et Erika, la vie des gens qui vivaient à l'époque en Tchékoslovaquie. Il nous retrace l'entrée des chars russes dans ce qui deviendra de nombreuses années plus tard, après la chute du mur de Berlin, la République Tchèque et la Slovaquie.
Nous sommes en 1968, c'est la Guerre Froide et les USA s'enlisent au Vietnam. le mur de Berlin, symbole d'un monde coupé en deux, mur punitif, isole les républiques soviétiques qui forment alors l'URSS. de ce côté-là du mur les gens survivent de presque rien, ils sont brimés, exploités sans s'en rendre réellement compte puisque coupés du monde où la presse est contrôlée par le « parti ».
Quand les chars arrivent, les frontières s'ouvrent un instant, juste le temps que des centaines, voir des milliers de Tchèques fuient vers l'Ouest, pour la plupart, vers Israël pour les juifs souvent survivants ou descendants de déportés.
Petra et sa famille opteront pour Vienne, Tereza pour Israël.
Par le biais de ces deux jeunes femmes, l'auteur dresse une fresque familiale tragique mais magnifique. Il tente de nous expliquer ce qu'il s'est passé. Inconnus de tout un chacun ou volontairement omis, ces évènements ont été aussi les prémices du phénomène migratoire qu'on observe de nos jours et que certains redoutent et dénoncent.
Ce roman est aussi un hymne à la tolérance, à l'acceptation des autres, à la nécessité aussi de soutenir et d'aider les plus faibles ou les plus démunis. Car, comme pour Sena, vous pouvez avoir une situation confortable et tout perdre, devoir tout laisser, du jour au lendemain.
Agullo Editions ont un flair incroyable pour dénicher des talents et nous livrer des histoires, vrais documents de mémoire, qui nous enrichissent en plus de nous divertir. Encore une fois, ils nous livrent un texte magnifique qui nous amène à nous poser des questions, à réfléchir et peut-être, avec un peu de bonne volonté, à voir certaines choses différemment.
Ce roman est sombre mais chargé d'espoir. Une histoire magnifique mise en mots par une plume superbe, toute en humilité et sensibilité.

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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Antoine_Libraire
  09 décembre 2018
Est ce que fuir la dictature, c'est accéder à la liberté ?
En 1968, l'URSS a du mal à voir l'un de ses pays satellites s'écarter du dogme en offrant, modestement, un peu de liberté à ses habitants. La puissance bolchevique ne perd pas de temps et reprend bien vite la main, écrasant toute velléité émancipatrice.
Le livre nous offre de suivre les destins de personnages fuyant la répression ou, au contraire, la subissant de plein fouet. Autant de destin que de manière de vivre ce bouleversement.
L'auteur, évitant tout manichéisme, réussit brillamment à allier puissance romanesque et complexité historique. Fuir le totalitarisme n'est pas nécessairement être sorti d'affaire, loin de là. Il nous offre une habile réflexion sur la liberté, l'engagement, la volonté.
Viliam Klimáček nous entraîne dans le tourbillon de l'histoire qui écrase et écarte les individus réussissant à donner corps et vie, malgré tout, à certain(e)s d'entre eux/elles.
Avec humanisme et un véritable talent de conteur, ils nous raconte ces destins embarqués dans la course du monde. Israël, USA, Canada, Angleterre, les lieux de l'exil se succèdent .
Des trajectoires tragiques qui percutent les réalités de notre temps, où la question de l'accueil de celles et ceux qui fuient la guerre et les persécutions n'a jamais cessé d'être posée.
Un roman entre drame et histoire, pour rendre hommage à ceux et celles qui tachent de survivre, et aux autres qui résistent. Fabuleux.
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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BMR
  08 décembre 2018
Au printemps 1968, les chars soviétiques entrent en République Tchèque, histoire de remettre au pas un pays qui commençait justement à profiter du printemps. Viliam Klimàcek n'avait que dix ans. C'est donc l'histoire de ses aînés qu'il nous raconte avec Bratislava 68, été brûlant.
On apprendra finalement peu de choses sur la grande Histoire, mais on découvrira par le menu ce qui faisait la vie quotidienne des tchèques ordinaires. Toute une galerie de personnages (l'auteur a réussi un beau puzzle fait de pièces piquées ici et là, dans la vraie vie) dont les destinées vont être balayées et renversées par le vent venu de l'est.
Le printemps (avant l'entrée des chars) est empreint d'une jolie nostalgie (ah, la Felicia !) mais c'est surtout la vie d'après dont veut nous parler Klimàcek : celle de ceux qui sont restés du mauvais côté du mur et celle ceux qui ont pu (ou dû) s'échapper et pour la plupart, se réfugier au Canada, en Israël ou en Amérique du Sud.
En dépit des drames relatés, c'est une jolie histoire pleine de douceur et de tendresse pour ses personnages malmenés par les vents de l'Histoire.
Comme un écho nostalgique aux flux migratoires de notre époque dont la poésie a disparu.
Lien : https://bmr-mam.blogspot.com/
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viduite
  25 octobre 2018
Roman généreux, reconstruction précise et sensible de la diaspora tchécoslovaque après l'invasion soviétique, Bratislava 68, été brûlant charme par sa construction en tableau tendre et ironique. Sans verser dans la nostalgie Viliam Klimacek, comme on construit des trains miniatures, restaure cette époque, son climat, son inquiétude, pour permettre d'écouter les douleurs plurielles de l'exil.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SagnesSySagnesSy   29 octobre 2018
Des flocons de neige commencent à tomber comme un rideau de petit conte de fées d’hiver qui raconte : il était une fois un pays, la Tchécoslovaquie, et dans ce pays, un vignoble, et dans ce vignoble, une petite mémère, et dans cette petite mémère, un coeur, et dans ce coeur, quelque chose qui savait attendre. Et dans ce pays recouvert d’une toile rouge, il y avait beaucoup de coeurs comme celui-là, et tous ces coeurs attendaient, attendaient… jusqu’à la mort.
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BMRBMR   08 décembre 2018
[...] Jozef retira un peu de cash et salua avec sincérité un Noir dans la fleur de l’âge, élégamment vêtu. Celui-ci serra la main de Jozef, échangea quelques mots avec lui et partit derrière une porte vitrée. Lajoš le dévisagea.
— Qui est-ce ?
— Le directeur de la banque.
Cette réponse l’obligea à s’appuyer au comptoir. Jozef eut peur qu’il s’évanouisse.
— Ça va ?
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BMRBMR   08 décembre 2018
[...] Tereza emporta avec elle un peu de neige qui disparut aussitôt. Dans sa main, il n’y avait plus que de l’eau. Mais cette sensation de froid lui resta en mémoire des semaines durant.
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SagnesSySagnesSy   29 octobre 2018
Dans ce roman, j’omets volontairement la description des personnages et des paysages. Je les saute à votre place. Lecteur, je les ai toujours survolés et je vous imagine un peu comme moi, pour cette raison j’espère que ce rembourrage ne vous manquera pas.
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SagnesSySagnesSy   29 octobre 2018
L’homme sait qu’il est en train de vivre l’Histoire. Il sait que sa femme, son fils, lui et son pays sont le beurre, et l’Histoire, le couteau. Et que quelqu’un l’étale sur une tranche de pain et s’apprête à y mordre.
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