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ISBN : 1973409585
Éditeur : Auto édition (28/11/2017)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Dans ce roman vous ne rencontrerez pas de vraie de magie, car vous le savez comme moi, les sorcières ne volent pas sur des manches à balai... Cette histoire romancée aurait pu être authentique.

Nous sommes à l’époque tragique où la sorcellerie se faisait femme. Plus de 100 000 procès pour hérésie au cours de deux siècles avec comme appuis le « Malleus Maleficarum » furent administrés. Ce manuel écrit par un moine inquisiteur haineux, Institoris, fut ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LightandSmell
  05 juillet 2018
Adorant les chats et les sorcières, je ne pouvais que craquer devant la couverture et le résumé de ce roman même si l'auteure a pris soin de m'expliquer qu'ici, nous n'étions pas dans une histoire de fantasy, mais dans une histoire romancée se déroulant dans un contexte historique riche et plutôt intense.
En cette fin du XVe siècle, être une femme est loin d'être une sinécure a fortiori quand plane au-dessus de la gent féminine l'ombre malfaisante et dangereuse du Marteau des Sorcières ou Malleus Maleficarum. Un texte sur lequel vont se baser des religieux fanatiques pour traquer les « sorcières » ou plus prosaïquement, de simples femmes accusées injustement de sorcellerie….
Ces premières lignes devraient déjà vous faire froncer les sourcils et vous laisser entrevoir ce sentiment d'injustice qui accompagnera votre lecture. Qu'il ne fait pas bon de naître femme à cette époque où les femmes suscitent crainte et mépris. Fort heureusement, Alayone, pris en charge après la mort de sa mère par Geoffroy Soreau de Saint Géran, évêque de Châlons, n'aura pas à affronter trop tôt cette horrible chasse aux sorcières. Couvée par celui-ci puis plus tard par le chanoine Richard, elle aura tout le loisir de s'adonner à sa passion pour les livres et satisfaire sa soif de connaissances. Mais la vie et ses aléas finiront par la rattraper et lui faire vivre d'aussi agréables que douloureuses expériences…
Autant le dire tout de suite, j'ai été complètement captivée par ma lecture. Je savais que le récit allait me plaire, mais je n'avais pas anticipé à quel point je me prendrais d'affection pour Alayone. J'ai adoré cette jeune fille à la maturité exceptionnelle, à l'intelligence rare et au caractère affirmé qui la rend d'ailleurs parfois un peu farouche. Ce n'est pas le genre de protagoniste qui reste prostré dans son coin même s'il lui arrive de se cloîtrer dans sa chambre avant de mieux revenir sur le devant de la scène. Une force de caractère doublée d'une nature joyeuse qui la feront apprécier de beaucoup à commencer par les lecteurs qui ne pourront qu'avoir envie de la voir heureuse. C'est ainsi que l'on pleure avec elle la disparition d'êtres chers et que l'on tremble devant les dangers qui ne manqueront pas de croiser sa route. On comprend donc aisément l'attachement que l'évêque de Châlons et le chanoine Richard ont développé pour cette enfant qu'ils verront grandir et s'affirmer.
Alayone a de bonnes relations avec son père, mais elle a aussi la chance d'avoir trouvé en ces deux hommes, deux figures paternelles aimantes. J'ai adoré la relation unissant la jeune fille avec ces hommes de foi qui font tout pour la protéger même s'ils s'y prennent parfois mal et ne comprennent pas toujours son coeur et ses velléités de liberté… Ces deux personnages se révèlent également très intéressants dans la mesure où ils apportent de l'espoir et permettent d'adoucir l'image que l'on pourrait avoir de cette église qui accepte la mort cruelle de personnes innocentes. Les exactions commises au nom de la foi comme nous pouvons en trouver dans ce roman me révulsent, mais j'ai aimé la délicatesse avec laquelle l'auteure montre que si certains ecclésiastiques se transforment en fanatiques corrompus par la haine, il existe également des hommes bons qui cherchent à apporter de la lumière à leur prochain. Nous ne sommes donc pas dans une histoire manichéenne avec des bons et des méchants, mais dans un récit qui montre qu'il peut y avoir du bon même dans une organisation frelatée par des hommes cruels. J'ai ainsi admiré la force de caractère de l'évêque et du chanoine Richard qui vont faire de leur mieux pour assurer leur fonction dans le cadre de la vraie foi, celle qui prône l'amour du prochain et non la mort de pauvres innocentes. Une force de caractère et une bonté d'âme qui forcent le respect et la sympathie des lecteurs !
La vie d'Alayone va être marquée par l'étude de différents domaines, des rencontres amicales qui vont parfois lui causer de terribles tourments, l'amitié ne résistant pas à la barbarie la plus abjecte, et elle va aussi rencontrer l'amour, l'enfant devenant adolescente puis jeune femme. Alors si comme moi, l'idée d'une romance vous déclenche une crise d'urticaire, soyez rassurés. La romance est ici très bien amenée et ne tombe pas dans la niaiserie. Je dois même dire que j'ai beaucoup aimé la scène dans laquelle la jeune fille et son prétendant, Tristan, se rencontrent. L'approche a le mérite de l'originalité et de mettre en valeur le caractère affirmé d'Alayone. Cette romance, qui n'intervient qu'à la moitié du livre, ne prend pas le pas sur l'intrigue, mais elle marque un changement dans la vie de la jeune fille qui découvre avec Tristan, Paris et ses merveilles tout en évitant Paris et ses bas-fonds... À noter que contrairement à ce que l'on aurait pu croire, c'est bien l'innocente, mais bouillonnante Alayone, qui se montre la plus entreprenante dans son couple. Un schéma qui se veut donc assez inhabituel et qui confirme mon affection pour Alayone, une jeune femme qui refuse d'être enfermée dans des règles qui ne lui conviennent pas, à commencer par ces règles de bienséance prônées par son soupirant.
Amitié, amour, mais aussi peine, horreur, haine et rancoeur viendront frapper la jeune fille de plein fouet. C'est ainsi qu'elle verra des personnes chères à son coeur périr de la plus cruelle des manières. L'auteure évoque, à travers ces morts, le sort réservé à ces femmes accusées injustement de sorcellerie. Torturées et brûlées, elles ont été sacrifiées sur l'autel de la haine, de la barbarie, du fanatisme, de la folie, mais aussi sur celui de la peur. Cette peur qui va pousser des personnes lambdas à accepter la mort d'individus qu'elles connaissent dans l'espoir d'éloigner le mauvais oeil de leur vie et d'avoir des jours meilleurs. Quand l'ignorance et le fanatisme s'imbriquent et se décuplent, le diable prend finalement bien forme humaine… Mais je rassure les âmes sensibles : à part deux ou trois scènes difficiles, l'auteure ne tombe jamais dans le sensationnalisme ce qui rend son récit très supportable.
Au-delà des sujets abordés ( amour, amitié, religion, fanatisme, condition de la femme…) et de la galerie de personnages, ce qui fait la force de ce roman est son style de narration atypique et plutôt efficace. L'auteure a ainsi fait le choix original de nous narrer son histoire à travers différentes formes : restitutions des prières d'Alayone, lettres (certainement ma forme préférée), extraits du Malleus Maleficarum, extraits de journal intime, pensées et observations d'un narrateur très particulier… Cette multiplicité des supports et des points de vue apporte un dynamisme certain au récit que l'on dévore sans pouvoir s'arrêter, impatients de découvrir le destin de ces personnages auxquels on finit par s'attacher. Et à cet égard, j'ai apprécié le petit twist final même si j'ai été quelque peu frustrée par l'incertitude qui plane autour de l'un des personnages…
Quant à la plume de l'auteure, elle se révèle étonnamment fluide si l'on considère qu'elle n'hésite pas à faire usage d'anciens termes nous permettant ainsi de nous immerger complètement dans le contexte historique de l'histoire. C'est un point que j'ai beaucoup aimé d'autant qu'elle arrive à le faire de manière très naturelle. Même les dialogues semblent couler de source alors que les tournures de phrase sont parfois inhabituelles pour un lecteur de notre époque. Je salue donc la capacité de l'auteure à rendre son récit très accessible tout en nous donnant l'impression de nous balader dans les rues de cette société du XVe siècle. Il faut dire que l'on sent un vrai travail de recherche et que les notes de bas de page apportent un vrai plus pour nous approprier cette période de notre histoire.
En conclusion, à travers la vie d'une enfant que l'on apprendra à connaître et voir grandir, l'auteure aborde le sujet difficile du fanatisme religieux et de ses néfastes conséquences pour des femmes dont le seul véritable tort fut de ne pas naître homme. Si l'odeur pestilentielle de l'injustice et de la barbarie plane au-dessus de ce récit, Les sorcières de Sarry, c'est également l'histoire d'une enfant qui deviendra une jeune femme accomplie refusant de courber l'échine, et qui dans toute cette folie, trouvera une famille de coeur, des ami(e)s et l'amour. Un récit de vie prenant que je recommande à tous les lecteurs notamment ceux intéressés par la question de la chasse aux sorcières…
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Aryia
  29 juillet 2018
J'ai beau être une grande passionnée d'histoire, je ne lis pas beaucoup de romans historiques. C'est paradoxal, je le sais, mais j'ai une « bonne » excuse : je suis très exigeante vis-à-vis de ce type de récits, et rares sont ceux qui remplissent mes critères. Ainsi, si j'aime les ouvrages bien documentés, qui s'efforcent de respecter au mieux la réalité historique et de ne pas faire d'improbables anachronismes, j'apprécie également quand ces romans osent se détacher un peu de cette même réalité historique pour proposer au lecteur une histoire originale. Au final, donc, j'aime les récits qui s'inscrivent dans un cadre historique bien précis, mais pas forcément celles qui ne font que paraphraser les manuels d'histoire sans rien y ajouter de fictionnel … Les meilleurs romans historiques sont donc, à mes yeux, ceux qui ont su trouver un bon équilibre entre ces deux versants, entre cette cohérence historique et cette exigence romanesque ...
1478. Désormais orpheline de mère, la petite Alayone, huit ans, entre au service de l'évêque de Châlons, qui s'efforce en réalité d'instruire et de protéger la petite fille. En effet, malgré son éducation très pieuse, les lectures qu'affectionne la fillette sont loin d'être autorisés au sexe féminin : ouvrages de médecines, romans de chevalerie et d'amour courtois de Chrétien de Troyes … La guérisseuse lui apprendra également le pouvoir des pierres et des plantes, sciences que l'Eglise apparente à la sorcellerie. Ajoutez à cela son amitié pour un loup puis un chat noir, et vous comprendrez que l'évêque a toutes les raisons que s'inquiéter pour sa protégée, d'autant plus que le cruel inquisiteur à l'origine du Malleus maleficarum parcourt la région en condamnant sauvagement nombre de femmes accusées à tort de sorcellerie … Malgré son intelligence, notre jeune héroïne est en effet bien ignorante de certaines réalités de ce monde, bien naïve et insouciante, et elle risque bien de se retrouver en de fâcheuses positions si l'on ne fait pas attention à elle.
Ce roman nous propose une narration très singulière et surtout très protéiforme : extraits de journaux intimes et lettres côtoient prières et fragments du Malleus maleficarum et autres ouvrages d'époque … le tout étant complété par l'intervention régulière d'un narrateur assez particulier mais particulièrement sage. Petits bouts par petits bouts, le lecteur reconstruit ainsi le puzzle de l'histoire, et j'ai vraiment apprécié cette diversité de points de vue qui, réunis, nous donnent à voir l'action dans son ensemble et pas uniquement à travers le regard d'Alayone seule. Mention spéciale à ce narrateur inattendu, qui est indéniablement mon personnage préféré ! Autre particularité « formelle » de ce roman : sa langue. L'auteur a fait le choix de narrer ce récit en usitant d'un vocabulaire d'époque afin de faciliter l'immersion du lecteur dans l'ambiance du récit … C'est tout à son honneur, mais la mayonnaise n'a pas pris chez moi : pour avoir lu dans le cadre de mes études nombres d'extraits d'ouvrages en ancien français, j'ai relevé un certain nombre de maladresses grammaticales qui ont quelque peu contrarié ma lecture. L'intention était bonne, mais sa mise en oeuvre ne m'a pas convaincue …
Heureusement, l'histoire était là pour sauver la donne ! Après un prologue particulièrement intrigant, que nous ne comprenons qu'à la toute fin du récit, l'histoire commence sobrement : une petite fille se retrouve orpheline de mère et devient la petite protégée d'un évêque aussi bon que généreux. Et puis, progressivement, au fur et à mesure qu'elle grandit, les choses se compliquent : elle tombe amoureuse du moine Guillaume, de dix ans son ainé, devient l'amie d'un loup qui finit par la blesser malencontreusement et qui est tué en représailles … Nous accompagnons Alayone au fil de son adolescence, nous suivons ses états d'âme, ses joies, ses peines, ses envies, ses craintes … Alayone est terriblement attachante, et c'est un déchirement de la voir malheureuse, chose qui arrive malheureusement assez souvent puisque tous ceux à qui elle s'attache finissent par lui être arrachés … à cause du Malleus maleficarum, dont l'ombre plane du début à la fin du récit.
Bien que présenté comme « un roman d'amour et d'amitié », ce roman est cruel. La chasse aux sorcières est une période bien sombre de notre histoire, si sombre d'ailleurs que mes cours d'histoire en théologie passent très rapidement dessus - c'est une sombre époque également pour la chrétienté, qui se fit complice de terribles tortures et de condamnations qui n'avaient pas lieu d'être. Ce roman, il montre bien à quel point ces simulacres de jugement étaient profondément cruels et surtout injustes, à quel point ces milliers de femmes ont été condamnées sans raison : elles avaient un chat noir, elles préparaient des infusions en s'aidant de plantes mais aussi de pierres aux vertus médicinales … Ames sensibles, passez votre chemin, certains chapitres sont tout simplement atroces, car même si les descriptions sont elliptiques, elles suffisent amplement pour que le lecteur soit submergé par toute l'horreur de ces condamnations, oeuvres de sauvageries haineuses et vengeresses plus qu'autre chose. Adeptes des « happy end », détournez le regard, car vous n'en trouverez point ici : malgré un retournement de situation final que je trouve très artificiel, malgré la dernière phrase de notre étrange narrateur qui semble nous inviter à ne pas s'apitoyer sur son sort, et bien ça reste vraiment sombre, comme récit ! Que de morts, que de souffrances, que de cruauté …
En bref, il y a ici un grand déséquilibre entre fond et forme : j'ai apprécié le fond, c'est-à-dire l'intrigue, délicat mélange entre réalité historique et histoire de fiction, mais je suis plus mitigée face à la forme, en particulier l'utilisation souvent maladroite des tournures de l'ancien français. A la limite du roman documentaire, cet ouvrage a pour principal mérite de nous éclairer sur une période de l'histoire dont on croit connaitre beaucoup mais qui est finalement fort peu étudiée. L'intrigue est donc fort peu complexe, très rectiligne, centrée sur un seul personnage principal que nous voyons grandir au fil des chapitres, et qui n'est finalement qu'une victime parmi tant d'autres de la cruauté humaine. On s'attache très rapidement à Alayone, et même si on sent confusément dès le début qu'un drame va se jouer sous nos yeux, on a envie de croire jusqu'au bout qu'elle n'en sera pas au coeur, parce qu'elle n'est finalement qu'une jeune fille si innocente, si pleine de vie et de rêves … Un livre qui se lit facilement, rapidement, aussi instructif que captivant. Je regrette toutefois quelques problèmes de mise en page probablement dus à l'utilisation intensive de notes de bas de page (des pages à demi vides car un paragraphe entier a été chassé à la page suivante, par exemple) : ce sont des détails, mais ça contrarie un peu la fluidité de la lecture !
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BulleLivresque
  19 juillet 2018
Je suis très contente car cela fait plusieurs semaines que j'enchaine les très bonnes lectures, et ce livre vient s'ajouter à la liste. Comment vous dire… J'ai dévoré ce livre. En le commençant, je savais qu'il allait me plaire mais pas à ce point ! Disons que c'est un petit coup de coeur ! Petit car il y a un petit bémol, mais juste un petit promis 😉
Dans cette histoire romancée, nous suivons une jeune fille nommée Alayone. Sa mère vient de décéder et son père, tailleur de pierre, travaille dur à la construction d'une basilique. Même s'il reste présent pour sa fille, l'éducation de celle-ci revient à un homme d'église, l'évêque de Châlons (Geoffroy Soreau de Saint Géran) puis au Chanoine Richard. Ces deux hommes vont prendre une place importante dans la vie de la jeune fille puisqu'ils vont occuper à la fois le rôle de père, d'ami et de confident. Ils vont l'instruire tout en la protégeant du monde extérieur. En effet, en cette fin du XVème siècle, être une femme n'est pas chose aisée et l'ombre du Malleus Maleficarum plane sur elles. Ce livre, autorisé et soutenu par l'Eglise, facilite la condamnation des femmes pour hérésie et sorcellerie, bien que ces dernières soient innocentes.
J'ai beaucoup aimé les personnages de ce roman. Alayone est une jeune fille curieuse, qui a soif de connaissances. Elle adore se plonger dans la bibliothèque de l'évêque et découvrir de nouvelles sciences comme celles des plantes ou des pierres par exemple. Elle est intelligente, vive d'esprit mais aussi courageuse, intrépide et parfois impulsive. Malheureusement, malgré les efforts de l'évêque et du Chanoine, elle ne sera pas épargnée par la vie et devra faire face à de terribles événements qui lui feront prendre en maturité. A la fin du roman, nous sommes face à une Alayone de 18 ans, extrêmement mature, qui sait ce qu'elle veut et qui assume ses choix. Ce n'est plus cette petite fille innocente que nous découvrons au début du roman à l'âge de 8 ans…
Les hommes d'Eglise sont également bien représentés. J'ai apprécié le fait que l'auteure nous montre les tiraillements qui peuvent exister au sein du monde religieux. En effet, comme je vous l'ai dit précédemment, cette histoire romancée se passe dans un contexte spécifique : les femmes sont victimes du Malleus Maleficarum et peuvent injustement être associée à la sorcellerie. Bien que ce livre ait le soutien de l'église, il ne fait pas l'unanimité auprès des religieux. C'est le cas notamment de l'évêque et du Chanoine qui sont contre les idées que propage ce livre. Ils ne peuvent cependant rien faire pour lutter contre celui-ci et se retrouvent tirailler entre leurs convictions personnelles et l'obéissance liée à leur fonction.
J'ai adoré la plume de l'auteur qui peut être un peu déroutante de prime abord. En effet, elle a pris le parti d'utiliser quelques mots de l'époque. Rien d'incompréhensible cependant puisque nous avons des notes en bas de pages et que le récit est facile à suivre. Je m'y suis très vite habituée et j'ai rapidement eu l'impression de me retrouver au XVème siècle auprès d'Alayone et de ses amis. Cette façon d'écrire est un plus puisqu'elle nous immerge complètement dans le récit. Autre aspect positif : les différents points de vue présentés sous des formes narratives variées. Ici, Marie-Laure König a choisi de raconter cette histoire à travers des échanges de lettres, les prières d'Ayalone, le journal de l'évêque mais également à travers le point de vue d'un narrateur assez atypique mais important pour avancer dans l'histoire. Ces différentes formes narratives donnent du rythme au récit et apportent ce petit quelque chose en plus. Les pages défilent sans qu'on s'en rende compte.
Quel est ce petit bémol alors ? La romance ? Ça aurait pu mais non, pas cette fois-ci. Et pourtant, il y a bien de la romance dans ce livre. Et je dois reconnaître que je l'ai appréciée. C'est plutôt paradoxal puisque je n'arrête pas de répéter que la romance et moi ça fait deux. Alors je vous dois une petite explication. Dans ce roman, la romance est présente dans la seconde moitié du livre. Elle intervient sans prendre le pas sur l'intrigue principale. Elle arrive gentiment, et d'une façon assez originale. Elle suit la bienséance et s'ancre bien dans les moeurs de l'époque, même si le caractère d'Ayalone rend cette relation un peu plus audacieuse. Quel est donc ce petit bémol alors si ce n'est pas la romance ? Et bien tout simplement le fait que j'aurais aimé que le Malleus Maleficarum soit un peu plus mis en avant. Il est présent (il reste la trame de fond), mais j'aurais aimé en savoir davantage. Mais pour être honnête, je ne suis pas sûre d'être vraiment objective puisque je n'avais pas envie que ce livre se termine. D'ailleurs, si une suite est prévue, j'en serais ravie 🙂 (et ça apporterait peut-être des réponses sur le sort incertain de l'un des personnages 😉 ).
Bref, ce livre a été un petit coup de coeur et je vous recommande grandement sa lecture si vous vous intéressez à la sorcellerie au Moyen-Âge. L'auteure y traite de nombreux thèmes comme l'amitié, la connaissance, l'injustice, la place de la femme, la religion, l'amour ou encore le pardon. Ces thèmes sont bien pensés et bien présentés ce qui rend ce récit extrêmement réaliste et touchant. Un livre addictif à décou
vrir !
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Ginou76
  16 mai 2018
Dès les premières pages, je me suis laissée transporter au XVème siècle, à la fin du Moyen Age. L'auteur nous invite à découvrir Alayone, une fillette de huit ans qui à la mort de sa mère va entrer au service du comte Geoffroy Soreau de Saint Géran, l'évêque de Chalons. Mais cette petite fille n'est pas comme les autres. Elle est pieuse, intelligente et a le goût d'apprendre. Dès son arrivée dans le domaine, elle s'intéresse à la lecture (elle lit Chrétien de Troyes) mais aussi aux sciences et à la médecine en particulier. Seule enfant, dans ce monde d'adulte, elle se noue d'amitié avec certains d'entre eux : le frère Guillaume de dix ans son ainé, Dame Cunégonde, l'assistante du médecin… Alayone se plait en Champagne jusqu'au jour où elle va faire la connaissance d'un inquisiteur, Pierre de Bréhal, venu à Sarry pour juger une sorcière du domaine.
Peu de temps après, Geoffroy Soreau de Saint Géran est promu Abbé de Saint Germain des Prés. Il va donc rejoindre la capitale en y emmenant la filette et frère Guillaume. Après les évènements dont elle a été témoin, Alayone s'écarte un peu de la religion. de plus, en grandissant la jeune fille a envie de découvrir la vie en dehors des murs de l'abbaye. Mais la vie parisienne est pleine de tentations. Alayon réussira t'elle à y faire face ?
J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteure a construit son roman. le lecteur entre dans l'intimité de différents personnages grâce aux prières d'Alayone, aux échanges écrits entre l'Eveque Saint Géran, le Chanoine Richard, Amaury , le père de la jeune fille mais aussi les journaux intimes des protagonistes. Marie-Laurent König a également choisi d'insérer dans son texte des extraits du Malleus Maleficarum connu sous le nom de « Marteau des sorcières » ainsi que des extraits de poésie et de littérature médiévale. le texte est écrit en vieux français mais l'auteure a ajouté de nombreuses notes pour éclairer le lecteur. Même si l'utilisation du vocabulaire médiéval peut paraitre déroutant de prime abord, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Il m'a alors semblé plus aisé d'entrer dans la peau d'un personnage et d'être transporté à cette époque. J'ai eu plusieurs fois l'impression de côtoyer les différents protagonistes tant les descriptions des différents lieux étaient réalistes.
Le choix du narrateur est, à mon goût très judicieux. Au cours de l'hiver 1482, Alayone se voit confier un chat noir du nom de Grizzly qui ne la quittera plus. Il va devenir son confident, se faufilera partout et sera témoin de tout ce qui se déroule entre Paris et les grandes plaines de Champagne. Malgré toutes les superstitions existantes, il sera le meilleur ami et surtout le plus fidèle de notre héroïne.
Lors d'un des échanges que j'ai eu avec Marie-Laure König, j' ai précisé que ce qui m'intéressait lorsque je lis un roman historique, c'est le fait d'apprendre des choses. Et bien là encore mission accomplie. Ce livre nous incite à nous interroger sur le rôle de la femme au Moyen-Age. A cette époque, la majorité canonique était fixée à douze ans pour les femmes. Les fillettes étaient considérées comme des êtres imparfaits par les membres de l'Eglise. Seules les filles issus de la noblesse avaient la chance d'être instruites et par conséquence de nombreuses professions leur étaient interdites. L'Eglise regarde les femmes instruites d'un mauvais oeil.
Le Malleus : les sorcières de Sarry aborde également le thème de la sorcellerie. Une fois de plus, grâce à des recherches approfondies sur le sujet, l'auteure fait preuve de beaucoup de réalisme dans les descriptions des procès de celles qui seront considérées comme des hérétiques (attention âmes sensibles). Elle dénonce la montée en puissance des écrits d'un moine dominicain allemand Heinrich : Malleus Maleficarum.
Vous l'aurez compris, j'ai vraiment passé un agréable moment en lisant la plume de Marie-Laure König. J'ai voyagé dans le temps, ce roman n'est pas sans rappeler les fêtes johanniques qui se déroulent en juin à Reims (même si l'histoire des sorcières de Sarry se déroule quelques décennies plus tard). J'ai partagé la vie d'Alayone qui malgré son jeune âge se bat et croit en ses idéaux. La jeune fille se construit la vie qu'elle veut. Son destin lui appartient. Je terminerai juste par ses quelques mots de l'auteur « Ne jamais subir sa vie : voilà le seul choix que nous devons faire, nous les femmes ».
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Gamelllle
  08 mai 2018
Ce qui m'a attiré vers ce roman au départ c'est le thème de la sorcellerie. Et pour une fois pas de sorcières volantes ou aux pouvoirs magiques incroyables. Il est ici question des femmes accusées d'hérésie et de sorcellerie au XVème siècle, du développement d'un courant de pensée porté par la complicité de l'Eglise et d'un ouvrage: le Malleus Maleficarum.
Nous suivons donc l'enfance et l'adolescence du personnage principale, Alayone, jeune fille curieuse et intelligente. Et tout au long de cette évolution on voit se mettre en place petit à petit les éléments qui vont la conduire à son destin tragique. de ses goûts littéraires à son intérêt pour les sciences et les plantes médicinales, on devine bien vite qu'elle va se heurter à la bien-pensance de l'époque.
J'ai trouvé intéressante l'utilisation du personnage du chat (chaton noir promis à la mort mais finalement offert à la petite fille et qui deviendra un fidèle compagnon). Ce chat est donc présent, porte parole et témoin d'un changement d'époque où les hivers froids et les mauvaises récoltes sont imputées au diable et ou il devient nécessaire de trouver un coupable.
Si le sujet de ce roman m'intéressait au départ, cette lecture m'a instruite de beaucoup d'éléments historique sur le sujet. Je ne connaissais pas le « marteau des sorcières » et bien que j'ai su à peu près sur quoi se basait les accusations de sorcellerie de l'époque, je n'imaginais pas que cela fut à ce point organisé. Beaucoup de détails sont ici portés à notre connaissance et bien que j'ai imaginé sans difficultés le côté sordide des « interrogatoires » lors de ma lecture, la façon dont l'autrice nous explique les choses reste objective, empêchant le récit de prendre un chemin insoutenable pour le lecteur.
Le roman nous permet également de mieux comprendre la place de la femme dans la société de l'époque. Bon pour être honnête, je ne me berçais pas d'illusions en imaginant que les femmes étaient maîtresses de leurs vies, où qu'elles avaient le loisirs d'êtres instruites dans les domaines qui les intéressaient. Et évidemment, nous avons ici la description d'une société patriarcale dans laquelle beaucoup de métiers sont interdits au femmes (notamment les métiers en rapport avec les sciences où ceux pour lesquels il faudrait un minimum réfléchir et se questionner).
Cependant, les quelques femmes présentes dans le roman, dont le personnage principale, font preuve d'une volonté d'évolution et d'être considérées pour d'autres qualités que celles habituellement liées à leur sexe. J'ai beaucoup apprécié que les personnages féminins soient présentés comme forts et indépendants, parfois plus capables que certains hommes, dans un contexte où j'ai senti certains hommes, notamment religieux, dans une volonté de domination malsaine.
L' écriture et le choix d'utiliser un vocabulaire de l'époque m'a un peu surprise au début. Cependant, comme l'explique l'autrice, ce travail a été fait pour donner au lecteur la sensation d'immersion historique tout en étant suffisamment compréhensible pour ne pas le perdre. L'énorme travail de documentation est à ce sujet palpable tout comme il l'est concernant les descriptions des lieux (existants) et des moeurs de l'époque.
La forme sous laquelle est écrit le roman m'a également surprise durant les premières pages. Entre roman épistolaire, journal, prières, témoignages rapportés par le chat et extrait du Malleus Maleficarum, j'ai trouvé l'ensemble cependant très fluide et prenant.
En conclusion, j'ai particulièrement apprécié la lecture de ce roman, l'aspect historique mêlé au côté romancé de l'histoire d'Alayone, m'a permis d'en apprendre beaucoup sur les « chasses au sorcières » et moeurs du XVème siècle sans avoir le sentiment de lire un livre documentaire. J'ai trouvé Alayone, le personnage principal, attachant; j'ai apprécié sa force de caractère et sa volonté de ne pas se laisser dicter sa vie par les hommes.
J'ai lu ce livre comme cela m'arrive parfois, lentement pour en apprécié tous les mots. L'écriture que j'ai trouvé presque poétique par certains aspects m'a complètement emporté dans l'histoire.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mlkonigmlkonig   03 février 2018
– Va Jézabel, succombe, et croupi en enfer.

Elle accrocha son regard puis lui cracha ces mots :

– Vos flammes embraseront ma chair, mais pas mon âme.

– Ton âme ! Tu en as fait commerce avec le Diable, elle brûlera avec tes os.

[...]

– Des flammes ! Regardez ses yeux rougeoyants et sans larme, elle est possédée, le diable parle en elle on y voit la sécheresse de son cœur. Sorcière ! Sorcière ! Maîtresse de Satan !

Le bourreau et d’autres membres d’église s’écartèrent et se signèrent. Tous avaient pris peur. La mise en scène, le temps grondant et ces dernières paroles prononcées à hautes voix et de façon magistrale, le tout accompagné de gestes francs et désignatifs, avaient autorisées les personnes présentes à constater les faits, et même, de se rendre à l’évidence, de voir la vérité. Plus aucun doute n’était permis, cette femme appartenait à Belzébuth et elle devait être purifiée par le feu du bûcher.
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Video de Marie-Laure König (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Laure König
Vidéo de présentation du roman historique de Marie-Laure KÖNIG : Le Malleus - Les sorcières de Sarry
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