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ISBN : 2918767255
Éditeur : Asphalte (18/05/2012)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 15 notes)
Résumé :


Dennis Keith, alias DK, cinquante-huit ans, cent quinze kilos, vit camouflé derrière ses Ray-Ban et retiré dans un village de retraités avec sa vieille mère, ses troubles obsessionnels compulsifs et sa paranoïa.

L'arrivée d'une jeune journaliste vient perturber sa routine : elle compte écrire sa biographie pour faire enfin le jour sur son passé et sa carrière mythique.

Car DK, jeune prodige de la Gold Coast et premier ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Spilett
  15 juin 2012
Brassé, secoué, rincé, lessivé,… Punaise ! La virée sur le « tail » de Den Keith, quel pied !
Dennis Keith, 58 ans, 115 kg est une ancienne gloire du surf australien. Il vit avec sa mère dans un lotissement pour vieux, la tête brûlée par les excès de drogues dans les années 70. Une jeune journaliste s'intéresse au personnage et approche le monstre sacré pour écrire sa biographie.
Ainsi, en parallèle de sa vie de quasi reclus, nous suivons l'ascension du jeune surdoué qu'il fut. Dès son plus jeune âge, il est attiré par le surf et en compagnie de son « frère » Rod, il mettra tout en oeuvre pour être constamment sur l'eau, jusqu'à devenir champion du monde.
Roman magnifique, à l'écriture très particulière, proche de l'oralité, pleine de poésie (mention spéciale pour la traduction) ; phrases courtes, hachées, comprimées … tout cela pour composer le portrait inoubliable, d'un type hors du commun, qui deviendra plus que l'ombre de lui-même, schizophrène et paranoïaque.
Dennis Keith est le jumeau romanesque de Michael Peterson, un australien fantasque, roi de la glisse durant les seventies qui est décédé il y a quelques semaines le 29/03/2012.
Dernier bon point, la jeune maison d'édition « Asphalte » a joint sur le rabat de la quatrième de couverture une playlist composée spécialement pour elle par l'auteur. Idée qui colle bien au bouquin.
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snybril
  10 juin 2012
Un oiseau dans la vague
Line up
Tu aimes ce deal, recevoir un livre gratuitement contre la promesse d'une revue de lecture. Ca commence par un message, pour prévenir d'une météo exceptionnelle à venir. Aux premières lueurs de l'aube, te voilà déjà sur le web. le site est déjà bien rempli. D'autres sont là comme toi à faire leur choix dans les stocks des éditeurs ravi de faire leur promo à peu de frais.
Toi, tu n'aimes pas réfléchir, lire tous ces résumés te fatigue déjà. Alors tu coches quelques ouvrages dans la grande liste et tu te laisse porter par la vague. Tu attends le facteur et sa surprise de papier.
Avec Shangrila de Malcom Knox, la masse critique ne t'as pas déçu.
Après avoir profité de quelques pages de rêve, tu ne sens toujours pas le couteau sous la gorge, la mafia ne t'attend pas devant la porte pour te rappeler ta dette. Personne ne t'oblige à faire cette revue de lecture finalement ?
Et pourtant tu es de retour sur le web le soir venu, pour apporter ta modeste contribution. Romantisme désuet d'un sens de l'honneur passé de mode ? Tu oses à peine te l'avouer mais ce n'est pas tant l'engagement moral qui te pousse à poser quelques lignes qu'une envie étrange de taquiner la plume. Il faut dire que ce livre t'a mis trop de rêves dans la tête. Il faut bien s'épancher quelque part.
Takeoff
Paradoxe de concilier le goût des belles choses et la collection des livres de poche par nécessité financière. Shangrila est un de ses livres qui donnent envie de le lire.
Pour les fétichistes de la chose écrite, l'emballage compte. Dans les rayonnages trop chargés des grandes surfaces dites culturelles (oxymore ou pléonasme ?) la seule chance de l'auteur méconnu est de se faire remarquer par son plumage.
De ce côté le travail de la jeune maison d'édition Asphalte est remarquable. Sélectionner des livres rares et décalés, des nouveaux auteurs plein de promesses, assurer une traduction brillante des textes est sûrement la partie du job la plus importante. Mais la jeune maison d'édition n'a pas oublié qu'il s'agit aussi de fabriquer un bel objet qui suscitera l'envie.
Tu imagines découvrir l'objet en tête de gondole. Une couverture blanche dont la sobriété est déflorée par un bandeau dans le tiers supérieur. Une photo comme un horizon lointain. Avant de plonger dans le texte, cette plage crépusculaire, ces surfeurs à la recherche du swell matinal nous invitent déjà au voyage. Déjà tu meurs d'envie de l'acheter, alors tu l'embarque. Sans lire le résumé au dos du livre, surtout pas, il te gâcherait le plaisir.
Tu découvres sur le rabat de la troisième de couverture une playlist. Quelques morceaux à écouter pour t'accompagner dans la lecture. Ca trainait dans l'air depuis quelques années cette idée de donner une bande son aux errances livresques. Alors tu as tenté l'expérience, et ça t'a bien botté. Surtout que malgré le thème du roman, la liste de lecture évite soigneusement le cliché des Beach Boys.
Bottom-turn
Asphalte, semble s'être spécialisée dans la traduction d'écrivains inconnus et décalé. Peu de Frenchies au catalogue, mais la liste des auteurs à de quoi rendre claustrophobe la moindre mappemonde. Il ressort peut être un goût prononcé pour l'Argentine. Sauf que le dernier roman de la jeune maison d'édition se consacre au pays des Kangourous.
Ile gigantesque ou continent minuscule, l'Australie fait rêver. Des déserts de l'Outback où les chercheurs d'Opale perdent la tête au luxe des bonnes familles qui paradent à l'opéra de Sydney. Les koalas attendrissants et les Kangourous comme compagnons de route sur les étendues sauvages. Décidément le rêve des aborigènes t'excite l'imagination. Dans les clichés qui se bousculent dans ta tête lorsque l'on évoque la terre australe, la légende du surf s'impose rapidement.
Par contre la littérature australienne, ça t'évoque rien, nada. Tu serais incapable de citer un seul auteur.
Mis-à-part Malcom Knox parce que tu l'as sous les yeux et que tu t'apprêtes à parler de son roman Shangrila.
Roller
Image de plage en couverture, l'Australie. Même ce titre planant de Shangrila t'évoque les horizons perdus de James Hilton. Tu n'avais jamais lu un roman de surf mais tu sens presque l'air iodé. Tu ne peux plus te retenir de plonger dans la grande bleue.
En ressortant de l'eau, tu découvres DK, Dennis Keith pour les rares intimes. Est-ce qu'il t'observe de son banc sur la plage ? Difficile à dire. Avec ses Ray Ban Aviator miroir soudées sur le nez, le quidam impressionne.
DK vit !
Un champion de surf, il parait. Alors, ça doit remonter à loin. Les sixties ou quelque chose comme ça. Depuis, l'athlète des vagues à embrassé la carrière de sportif des canapés, drogué à la malbouffe. Il vit seul avec sa M'man dans un village de retraité. Son corps fatigué n'est que le reflet de son âme ou s'exprime un catalogue imagé des troubles psychiques.
Schizophrène, paranoïaque, bipolaire, compulsif, DK semble inadapté à ce monde de terrien.
Premier acte de cette pièce nautique. le rideau se lève sur le jour où sa monotone solitude est troublée par une jeune femme. Une Foutue Bi-Ographe qui rentre dans sa vie avec l'espoir masochiste d'en écrire les mémoires. La pauvre en sera pour ses frais, mais elle fera remonter à la mémoire de DK des bulles de souvenirs.
Souvenirs d'une enfance chaotique face à la mer. de la survie dans la misère de Shangrila ou sa mère célibataire et sans argent devait se battre pour élever ses deux garçons.
A l'époque, le surf n'est qu'un passe temps pratiqué en dilettante par monsieur tout le monde. Pour Rodney et Dennis Keith, ce sera une vocation. Les deux enfants découvriront la vie et devenant les pionniers de ce sport nouveau.
Dans le deuxième acte, DK deviendra ce prodige du surf. Les vieilles planches à papa de trois mètres se transformeront progressivement en cure-dents destinés à écrire les plus belles pages de l'âge d'or de la discipline.
La transition de sale gosse en champion, en légende, se fera dans la douleur et ouvrira le troisième acte. le talent se conjuguera avec un caractère irascible, asocial et sauvage. La gloire à un prix. DK le paiera en s'éloignant du monde des hommes. Malgré la découverte de l'amour, la tragédie se jouera dans les deux derniers actes.
Le reste de l'histoire est saisissant, dramatique, mais tu te garderas d'en dire plus.
Le livre présente une conclusion intéressante. Il aborde la plupart des mystères qui se cachent derrière la légende. Des origines de Dennis Keith à sa déchéance. La houle de son passé qui continue d'alimenter les vagues du présent. Au final peu de révélations définitives, mieux que ça. Les creux et les malentendus de l'histoire lui confèrent une goutte d'immortalité. Sitôt la dernière page tournée, voilà que la légende commence à vivre dans la tête de son lecteur, dans TA tête.


Tube
Depuis que tu as tourné la dernière page, ta tête reste pleine d'images. L'écume, la pureté de l'océan, la magie de la cathédrale verte. Il faut cependant faire un effort. Prendre du recul face au contenu pour parler du contenant. de l'art et de la manière.
Les premières pages se sont révélées salées, frustrantes. DK est le narrateur de sa propre histoire, il faut réussir à rentrer dans sa tête et subir sa souffrance. La narration est hachée et schizophrène. Comme une barrière pour décourager les badauds. Les interruptions de la pensée sont fréquentes, Dennis Keith perd le fil pour mieux sauter du coq à l'âne. de temps à autre il se répète une suite de mots comme un mantra, comme les roues sémantiques d'une gigantesque machine à sous.
Alors ça agace au début de boire la tasse, mais il faut s'accrocher et remonter sur la planche. Les chapitres sont courts et alternent les séquences du passé de DK avec ses rencontres avec sa Foutue Bi-Ographe au présent. La technique est classique mais donne un sacré rythme au texte. On oublie rapidement les anomalies de la pensée du narrateur.
Pour mieux refléter les désordres mentaux du principal protagoniste, le choix du pronom personnel évolue en fonction de la circonstance. DK parle classiquement à la première personne dans le présent, mais il emploie également le « tu ». Au passé, c'est le « tu » mais aussi le « il », celui de la légende.
Pour résumer, malgré ses bizarreries, le texte est habilement écrit. le compliment vaux aussi pour la traductrice, tant le job devait être complexe.
Cut-Back
Cela fait une semaine que tu as terminé le livre. Mais il traine encore sur ta table de chevet. Tu as commencé a en lire quelque chapitres. Puis au final tu l'as relu entièrement.
Tu ne sais pas si c'est la marque de fabrique d'un bon livre. En tout cas ça t'as bien botté.

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encoredunoir
  25 mai 2012
Après L'heure des gentlemen, le dernier et assez décevant roman de Don Winslow paru en France, on continue à se diriger vers l'été avec du surf. Mais on joue là dans une autre catégorie. Oubliez les dialogues de Patrick Swayze et Keanu Reeves sur le karma, la vague métaphysique et autres réflexions ésotériques sur le surf, car Malcolm Knox vient pour casser le mythe du surfer ultracool défenseur des dauphins qui passe son temps à voyager d'une vague à l'autre et qui ramasse les déchets sur la plage pour protéger sa mère la Terre.
« L'autre truc que t'as appris : à l'eau, c'était la guerre.
[…]
À prendre des vagues déjà prises. À se donner des coups de pied dans les planches. Rod a poncé le rail des siennes, histoire de bien faire saigner quand il donnait une beigne à un autre surfeur à la cheville. Il est devenu tellement bon à ce p'tit jeu qu'il était capable d'aller à l'avant de sa planche et de donner un coup avec l'arrière, et aussi la dérive et tout le bazar, à quelqu'un qui était derrière lui sur la vague. Si y'avait eu des points à grappiller pour utilisation de la planche comme d'une arme, Rodney Keith Keith serait devenu champion du monde ».
C'est là la vision du surf que nous livre DK, Dennis Keith, héros de ce roman que l'on découvre à 58 ans, pesant 115 kilos, et vivant avec sa vieille maman dans un pavillon pour retraité. Dennis Keith qui, tout les matins, enfourche son vieux vélo, son chopper de gamin, pour aller manger une glace. Dennis Keith, paranoïaque, schizophrène, égocentrique, mutique. Dennis Keith, légende du surf australien, premier champion du monde, qu'une jeune journaliste pour une revue de surf vient de retrouver pour essayer de lui faire raconter sa vie.
La vie de DK va donc se dérouler sous nos yeux, des années 1960 aux années 1980. L'ascension d'un gamin de la Gold Coast adopté par une femme seule et pauvre qui, avec son frère, révolutionne le surf, poussé par une seule envie : déchirer, détruire les vagues, surtout quand d'autres veulent les prendre. L'histoire d'un homme chez qui la compétition permanente, les drogues, l'égocentrisme, vont réveiller les folies et rendre encore pire la chute jusqu'à la déchéance, jusqu'au drame.
Si le surf est au centre de la vie de Dennis Keith, s'il en est même pendant longtemps le seul moteur, Shangrila n'est pas qu'un roman sur le surf. Certes, on l'a dit, il vient briser l'image mythique du soul surfer, on n'est ni dans Point Break, ni dans Endless Summer et encore moins dans une chanson des Beach Boys, mais il est surtout l'autoportrait magnifique d'un homme qui se voudrait héros quand il sait n'être rien ni personne.
Trouvé sur une plage, jamais déclaré aux services de l'enfance, DK n'existe pas administrativement et apparaît littéralement comme un fantôme, surgissant sur le line up quand personne ne l'y attend, disparaissant derrière ses Ray Ban aviateur, finissant reclus et niant être lui-même.
Cette négation de l'identité aggravé par le souvenir d'une enfance extrêmement pauvre trouve un pendant dans l'affirmation par DK de son désir de reconnaissance à travers son seul talent, cette capacité géniale à prendre une vague et à la déchirer, morceau par morceau, avec son surf. Mais, dépassé par la légende qu'il se construit par le biais de son comportement erratique et de son caractère qui associe une timidité proche de l'autisme à une ambition démesurée, Dennis Keith ne peut que se préparer un destin tragique.
Accompagné d'une mère courageuse mais qui ne sait pas partager son amour entre l'enfant trouvé et adoré, Dennis, et l'enfant biologique et ignoré, et donc de ce frère mourant de jalousie qu'est Rodney, DK s'enferme à l'intérieur de lui-même. Sauf que, pour lui, il n'est rien. Rien de ce que voient les autres en lui. Et qu'il demeure l'enfant effrayé trouvé dans un trou au bord de la plage et qui passera sa vie à courir après la sensation fugace d'accomplissement éprouvée lors de ses premiers surfs adolescents.
« le surf était déjà pourri en 1960, alors imaginez en 73. En ruine. le seul surf pur qui restait, le surf innocent, le surf de l'âge d'or, il se trouvait en toi, à l'époque où t'étais trop jeune pour connaitre toutes ces conneries. L'âge d'or du surf, c'est quand t'as douze ans et que les journées durent cinquante heures d'affilée et que tous les jours tu surfes des vagues énormes sur une mer de rêve, et qu'y'a personne à l'eau et que tu prends cent vagues parfaites par session. C'est quand tu vois un autre gosse avec une planche sous le bras et que tu l'arrêtes pour lui demander à quel break il va, et que vous vous mettez à parler et du coup vous partez ensemble pour surfer ce break-là. le truc, c'est que l'âge d'or ça arrivera toujours qu'à un gamin de douze ans, pasqu'après il se réveille et le surf est devenu ce truc commercial, l'eau est blindée de monde et voilà c'est tout foutu et il lui reste plus qu'à soupirer jusqu'à la fin de sa vie.
Et quand il voit un autre gars avec une planche sous le bras, maintenant, il espère juste qu'il va se faire écraser par une voiture avant d'atteindre la plage.
L'âge d'or, mon oeil ».
Si l'écriture de Malcolm Knox apparaît déstabilisante au cours des premières pages, la mécanique se met rapidement en place et l'on a tôt fait de se laisser porter par se style faussement décontracté et empli d'une grande tension latente. À l'image de son héros.
Knox arrive donc à nous servir un roman féroce non pas sur la fin de l'innocence, mais sur l'absence d'innocence. C'est réussit et c'est même souvent magnifique. Que l'on aime le surf ou pas, que l'on connaisse le surf où que l'on soit totalement ignorant en la matière, il serait dommage de passer à côté de ce qui est avant tout un beau roman sur l'ambition, la fragilité du succès et la solitude.

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Skritt
  17 juin 2012
Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
Une journaliste vient interroger une figure du surf des années 70 pour écrire un article biographique. Elle est confronté à un retraité vivant avec sa mère parlant toujours comme un adolescent. Se raconte dans ses pages la vie en Australie dans les années 60 et 70, au commencement de la culture mondiale du surf, avant sa médiatisation à outrance. Comment les jeunes et les moins jeunes de l'époque innovaient pour dompter les vagues. Comment un petit garçon abandonné, adopté, devient le meilleur. La vie de cet adolescent lié à l'eau pour toujours.
L'écriture est un peu difficile. le narrateur écrit comme le personnage parle et pense. Les premières pages sont donc assez dures à la lecture, mais finalement, l'habitude permet par la suite de prendre plus d'aisance avec le style.
L'histoire de DK, un champion des années 70 de surf, l'inventeur même du surf moderne pour les puristes, est en réalité une rétrospective sur cette époque. Une immersion dans l'Australie, dans une famille pauvre, où un génie va redonner vie à un sport qui se meurt, par son ingéniosité, son intelligence et sa ferveur. le personnage de DK, à près de soixante ans, raconte sa jeunesse, son amour pour sa famille, sa maman et son frère, le surf, et sa petite copine. C'est touchant, même si le personnage peut être parfois agaçant, il est tellement authentique, lorsqu'il se confie, dans sa pudeur, qu'il est réellement vivant. L'atout de ce roman passe par la vie de cet homme, décalé avec son temps, lorsqu'il était jeune, et maintenant qu'il vieillit. En avance lorsqu'il était adolescent, complétement largué aujourd'hui.
Ce roman est un réelle immersion dans les années 70 en Australie aux côtés d'un junkie, pur génie du surf, confronté à ses obsessions. Un bond dans le passé et dans un univers assez mal connu. Et malgré un début un peu laborieux, ce roman est un réel plaisir de lecture, une très belle découverte...
Je remercie Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
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Actulitteraire
  01 juin 2012
Shangrila est le premier roman traduit en français de l'australien Malcolm KNOX. La traduction est parfois un véritable parcours du combattant. Pour ce livre, le premier point qu'il est important de soulever est le travail extraordinaire de Patricia Barbe-Girault. de par DK, le personnage atypique, et ce flot d'événements, le roman traduit prend tout son sens, et le moment de lecture est un vrai plaisir. Par ailleurs, la quatrième de couverture, bien écrite, est un assez bon aperçu du roman :
Dennis Keith, alias DK, cinquante-huit ans, cent quinze kilos, vit camouflé derrière ses Ray-Ban et retiré dans un village de retraités avec sa vieille mère, ses troubles obsessionnels compulsifs et sa paranoïa. L'arrivée d'une jeune journaliste vient perturber sa routine : elle compte écrire sa biographie pour faire enfin le jour sur son passé et sa carrière mythique. Car DK, jeune prodige de la Gold Coast et premier champion du monde de surf, était une légende dans les années 1970. Bon gré, mal gré, il accepte de se replonger dans ses souvenirs : la succession de compétitions, sa dépendance aux drogues, la rivalité avec son frère, sa petite amie assassinée…
Shangrila est un roman sur la culture surf, sa médiatisation progressive, mais aussi un grand livre sur l'ambition et la célébrité.

L'écriture de Malcolm Knox est, dans ce livre, divertissante - au sens étymologique du terme - et on ne peut plus vivante. Cette écriture, semée d'embûche sémantiques et textuelles révèle ainsi un véritable talent de traducteur. En effet, le personnage principal du roman - qui est aussi le narrateur - a une écriture parlée. Ses phrases sont ponctuées de fautes d'orthographes, de mots tronqués, d'oubli de négation, etc. ce qui, ajouté à un univers au vocabulaire aussi technique que le surf. La complexité narrative vient s'ajouter à ce souci de compréhension. En effet, à certains moments, la voix de DK est floue - il parle parfois à la troisième personne - et le lecteur pourrait croire qu'il ne s'agit pas de lui.

Ce même personnage de Dennis Keith est une personnalité intéressante à lire. Il pourrait être rapproché de Lennie, dans Des souris et des hommes de John Steinbeck. Insaisissable, niant l'identité, renfermé dans son cocon, le lecteur ne parvient pas réellement à l'approcher au fil des 509 pages. de plus, un nouvel univers s'ouvre aux néophytes, celui du surf. le lecteur suit DK dans ses compétitions, et suit en parallèle son évolution, découvre son cadre de vie, etc. Très riche thématiquement, brisant ainsi l'ennui, Shangrila s'identifie comme accessible au lecteur, quel qu'il soit.

Ce style, aux allures pataudes mais au final très maîtrisée, révèle un personnage et un roman qui pourrait être qualifier de bon roman. le lecteur est emporté dans l'histoire et se laisse happer par DK, caractéristiques non négligeables pour que la lecture soit un plaisir.

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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   25 mai 2012
Le surf était déjà pourri en 1960, alors imaginez en 73. En ruine. Le seul surf pur qui restait, le surf innocent, le surf de l’âge d’or, il se trouvait en toi, à l’époque où t’étais trop jeune pour connaitre toutes ces conneries. L’âge d’or du surf, c’est quand t’as douze ans et que les journées durent cinquante heures d’affilée et que tous les jours tu surfes des vagues énormes sur une mer de rêve, et qu’y’a personne à l’eau et que tu prends cent vagues parfaites par session. C’est quand tu vois un autre gosse avec une planche sous le bras et que tu l’arrêtes pour lui demander à quel break il va, et que vous vous mettez à parler et du coup vous partez ensemble pour surfer ce break-là. Le truc, c’est que l’âge d’or ça arrivera toujours qu’à un gamin de douze ans, pasqu’après il se réveille et le surf est devenu ce truc commercial, l’eau est blindée de monde et voilà c’est tout foutu et il lui reste plus qu’à soupirer jusqu’à la fin de sa vie.
Et quand il voit un autre gars avec une planche sous le bras, maintenant, il espère juste qu’il va se faire écraser par une voiture avant d’atteindre la plage.
L’âge d’or, mon œil.
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asphalteasphalte   26 avril 2012
‎Clients de l’hôtel rattachés au championnat de l’US open de surf : 154
Capacité de l’hôtel : 120
Valeur des serviettes de toilette volées : 1 000 $
Valeur des autres articles appartenant à l’hôtel volés : 5 000 $
Valeur des notes de minibar non comptabilisées : 10 000 $
Valeur du room-service facturé sans autorisation : 3 000 $
Nombre de six-tonnes Ford ayant embouti le hall de l’hôtel et détruit six plantes d’intérieur ainsi que la réception : 1
Nombre de piscines ayant dû être vidées après avoir découvert des clients en train de faire leurs besoins dans l’eau : 2
Nombre de chambres dévastées par le feu : 3
Nombre de fois où l’Huntington Travelodge accueillerait à nouveau un championnat de surf : 0
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LAULAULALAULAULA   10 juillet 2015
Le temps que le soleil soit bien haut et l'eau bien bleue, c'était devenu la pire session de ta vie. (...) une merde immonde. T'as pas zieuté vers la colline pour voir si elle regardait.
T'as laissé le courant t'emporter, et quand il t'a largué t'as ramé pour passer derrière les roches volcaniques en granit noir. Là où ça levait à la verticale et personne faisait jamais de take-off. (...) Et sans faire exprès, sans penser à ce que t'étais en train de faire, vraiment, tu t'es fait soulever haut, très haut, sur la crête de la plus grosse de la série, loin au-dessus des roches volcaniques, tellement haut que tu voyais les agaves, le club de surf de Rainbow Bay, le bureau de navigation de Point Danger, tu voyais même jusqu'à l'embouchure de la Tweed, de l'Autre Côté. (...)
Tu te souviens de rien d'autre quand tu t'es pointé de derrière le granit noir, à part leur figure au moment où ils ramaient tous comme des barjots dans l'autre direction pour laisser passer la plus grosse de la série, la panique sur leurs figures, un monstre cette vague, pas envie de se faire allumer alors ils ramaient ils ramaient, et tu te souviens de leur tête quand ils sont passés de la panique à l'émerveillement : (...)
T'as fendu la vague sous leur nez, genre comme si t'étais Alexandre le Grand et eux ta foutue haie d'honneur. (...)
La seule façon de prolonger cette session, c'était de le refaire.
Alors t'es parti à la rame derrière le granit.
T'as écrit des mots pour elle sur les vagues. Des poèmes, des chansons.
Tu voulais pas zieuter vers la colline voir si elle regardait.
T'as surfé deux heures de plus, t'as pris que huit ou neuf vagues en tout, et chacune une chanson écrite pour elle.
T'as remonté Greenmount Hill au pas de course.
Histoire de voir si elle avait lu ta musique.
Elle était pas là.

Elle était pas là.
Elle était pas là.
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LAULAULALAULAULA   14 juillet 2015
"Au fait, Den", il a fait.
J'ai regardé mon gros orteil noir à force de me cogner tracer des vagues dans le sable.
"M'man elle est pas à toi, elle est à moi".J'ai regardé mon gros orteil noir à force de me cogner creuser un cratère dans le sable.
"La tienne c'était une aut'. Elle t'a eu et après elle s'est barée, et toi on t'a largué à Snapper."
(...)
Tout le bon feeling d'avoir surfé sur cette vague : effacé
ouais, pourquoi il a fait ça
j'ai ramassé le longboard et j'y suis retourné direct. Il fallait que j'en attrape d'autres, chaque nouvelle vague comme un grand coup de chiffon mouillé sur un tableau noir.
Mais tu peux y aller tant que tu veux avec le chiffon, la tache elle est pas partie.
Même après un million de vagues.
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encoredunoirencoredunoir   25 mai 2012
L’autre truc que t’as appris : à l’eau, c’était la guerre.
[…]
À prendre des vagues déjà prises. À se donner des coups de pied dans les planches. Rod a poncé le rail des siennes, histoire de bien faire saigner quand il donnait une beigne à un autre surfeur à la cheville. Il est devenu tellement bon à ce p’tit jeu qu’il était capable d’aller à l’avant de sa planche et de donner un coup avec l’arrière, et aussi la dérive et tout le bazar, à quelqu’un qui était derrière lui sur la vague. Si y’avait eu des points à grappiller pour utilisation de la planche comme d’une arme, Rodney Keith Keith serait devenu champion du monde.
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