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ISBN : 2714459528
Éditeur : Belfond (19/05/2016)

Note moyenne : 2.97/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Herman a un passe-temps : il écrit des lettres. Pas n'importe lesquelles, des lettres de menace à son voisin, monsieur M., auteur de best-sellers internationaux.
Des lettres qu'il n'envoie pas mais dans lesquelles il fait part de sa fascination mêlée de dégoût pour ce romancier, gloire passée des librairies, vieux beau fortuné, à l'épouse trop jeune, trop belle.
Ce cher monsieur M. avec lequel Herman joue les gentils voisins, en attendant son heure.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  08 décembre 2016
Dans ce roman de presque 500 pages se regroupent 3 histoires qui oscillent entre passé et présent, 3 histoires qui en fait n'en font qu'une.
Ce roman qui se veut être un thriller est aussi une satire de la société ,des écrivains, des enseignants mais également d'une certaine façon de la jeunesse.
Si j'avais apprécié le diner par son humour , parfois cinglant , ici malheureusement je n'ai pas retrouvé cette touche qui m'avait tant plu. de plus ce roman tire vraiment en longueur. L'auteur nous inonde de détails pas très utiles, et parfois de scènes qui sont reprises fonction du personnage qui les exploite. Enfin tout ça pour dire que ce roman aurait certainement gagné en efficacité a être plus court.
D'un autre côté l'auteur arrive quand même a titiller la curiosité du lecteur... et oui on veut savoir. Mais pour être totalement honnete, je suis restée sur ma faim et pourtant on a bel et bien un épilogue , mais qui a mon sens n'est pas complètement abouti.
Je sors donc de cette lecture avec un avis en demi teinte.
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Josephine2
  02 août 2017
Je ne suis pas vraiment sûr que l'on puisse parler de thriller à propos de ce roman. D'ailleurs il ne peut pas être rangé dans une catégorie, tout comme le « dîner ».
Monsieur Herman KOCH, vous avez une façon à vous d'entraîner le lecteur qui est époustouflante. On ne sait jamais où vous voulez en venir, jusqu'où vous serez capable d'aller, avant d'avoir lu vos romans jusqu'à la dernière page. Ils ne se résument pas. En tout cas, je ne pourrais pas vous rendre justice, si je devais le faire.
Tout au long de l'histoire, vous distillez votre venin à petites doses, tout en subjectivité et subtilité. Vous êtes doué ! Personne ne trouve grâce à vos yeux. Que ce soit les élèves, les professeurs, le milieu littéraire. Vous êtes cynique, mais en même temps, vous nous fascinez et il est difficile de lâcher un tel roman.
Bravo Monsieur KOCH. Quelle écriture. Et oui, vos romans sont troublants. Vous êtes doué, c'est le moins que l'on puisse dire !
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Bazart
  06 mars 2018
Herman Koch est une des rares stars de la littérature néarlandaise : il faut savoir que son chef d'oeuvre, : "Le dîner" a été traduit en une quarantaine de langues et s'est vendu à près de trois millions d'exemplaires.
Il faut dire que cette histoire autour d'un banal repas ne se termine en pugilat était aussi cinglant que jouissif !
Dans son dernier roman, Cher Monsieur M., Koche continue sa exploration des relations amicalo-sociales. sous un ton aussi mordant et acide, et pousse même le bouchon encore plus loin tant dans ce Cher Monsieur M, tout le monde en prend pour son grade.
On y suit un voisin qui regarde et qui écrit des lettres à l'écrivain sans les lui envoyer. Mais des lettres qui égrènent toute son aigreur et sa colère....
Herman Koch joue sans doute encore plus que dans le Diner avec l'ambiguité des relations humaines : On y apprend à quel point le jeu des apparences peut se muer en une implacable machine à tuer.
On voit aussi à quel point le milieu de l'écriture est un monde impitoyable même ( surtout?) à Amsterdam, dans un univers en apparence sage et politiquement correct.
Il faudra attendre les ultimes pages , pour connaître les tenants et les aboutissants de cette intrigue, mais entre-temps Herman Koch nous aura servi une grande brassée de cruauté, de faux semblants et de manipulations, pour le plus grand plaisir du lecteur qui n'en demande que davantage!
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Fauvine
  19 février 2018
Voilà le premier roman que je lis d'Herman Koch et ce ne sera sûrement pas le dernier ! L'auteur entremêle les intrigues, les narrateurs, les points de vue et les registres avec talent et ce roman en devient très grisant.
Dans l'incipit, nous assistons à la lecture de lettres écrites à un auteur par son voisin du dessous, lettres non envoyées mais libératrices dans la mesure où s'en dégagent une certaine raillerie moqueuse, une critique acerbe des romans de cet écrivain (« Monsieur M. ») et de son mode de vie -car le voisin l'espionne- et de pensées supposée.
Mais libératrices de quoi ? Pourquoi le voisin agit-il comme cela ? Après avoir nous-mêmes, lecteurs, commencé à voir Monsieur M. comme un homme ridicule, un auteur raté et un tantinet machiste et vieux jeu, par l'intermédiaire du point de vue du voisin (grâce au « code narratif » qui pousse naturellement tout lecteur à adopter temporairement le point de vue du narrateur), on finit par se poser ce genre de questions et à s'interroger aussi sur ce voisin à l'esprit semble-t-il troublé.
À partir de là, plusieurs histoires se croiseront sans cesse : celle du voisin cherchant à rentrer dans celle de l'auteur, ce qu'il raconte à la première personne à l'auteur, désigné par « vous » ; celle de l'auteur en proie à la vieillesse et au milieu littéraire imposant des interviews, des entretiens, des dévoilements de soi, sa vie de famille racontée par un narrateur omniscient beaucoup plus objectif et neutre que son voisin ; cette même vie vécue par son épouse, à travers son point de vue, celle de l'adolescence du voisin (avec son point de vue parfois, ceux de ses amis ailleurs), en lien évident avec un précédent livre écrit par ce « cher Monsieur M »…
Il y a certes donc assez de suspense et de mystère dans ce livre mais si vous cherchez un roman policier « classique », vous serez déçu. Ce n'est d'ailleurs pas un roman policier, il n'en adopte pas les codes et l'on sait certaines choses (ou en tout cas on croit savoir) dès le début, on n'a de fait que peu de découvertes nouvelles à faire sur le plan du fait divers dont il sera question.
Par contre, tout son suc réside ailleurs, dans l'enchevêtrement des points de vue, dans la découverte qu'une même tranche de vie peut être ressentie et interprétée de diverses façons, dans la fascination qu'on peut éprouver à l'égard de certains personnages qui semblent dominer la situation de leur intelligence et lucidité et rester assez énigmatiques, mais aussi dans la drôlerie de certains passages et les mises en abyme sur l'art d'écrire. C'est un roman avant tout mais aussi un roman sur l'art de faire un nouveau genre de roman, et c'est assez drôle d'« entendre » dans la bouche de l'écrivain Monsieur M. des assertions sur la façon de construire un roman totalement en désaccord avec celle utilisée par Herman Koch ! Ce dernier s'en prend ainsi ironiquement aux romans bâtis toujours un peu de la même façon, avec toujours les mêmes « grosses ficelles » (intrigue centrale, personnages principaux, suspense qui parvient à une acmé, préméditations dont on découvre l'ampleur etc.) ainsi qu'à la façon de teinter un récit de réalisme, habituellement et dont il prend le contre-pied. Il fait par exemple dire au voisin : « Comme je l'ai déjà dit, dans un roman – dans une histoire inventée – il faut toujours bannir dans la mesure du possible le hasard. le hasard est plus à sa place dans la réalité. La réalité est son terrain de chasse idéal. Seule la réalité est faite de hasards […] le hasard rend l'écrivain et son histoire peu crédibles », mais du même coup, comme tous les romans, sont construits sur des liens de causes à effets et des explications pour créer du réalisme, cela devient paradoxalement l'apanage du roman et non plus du réel. Donc pour « faire réel », Herman Koch choisit, lui, plusieurs fois la coïncidence et le hasard (tout en montrant que c'est un choix délibéré car il avait auparavant trouvé d'autres raisons motivant le même état de fait final). Il critique toutefois aussi les facilités des « faux hasards », les clichés littéraire, les milieux lettrés et tout cela est savoureux.
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folivier
  16 janvier 2019
Il est, de mon point de vue, assez délicat pour un écrivain de parler de ce qui pourrait être la "bonne" littérature au sein de son roman, car en lisant les réflexions qu'il donnera à l'un de ses personnages sur l'écriture, les critères d'un bon roman, le lecteur ne peut s'empêcher d'appliquer ces critères au propre livre de l'auteur.
Cela peut-être un jeu de miroir, un clin d'œil humoristique, un regard un peu ironique sur son propre travail ou bien une sorte de mise en abîme.
Cela peut se révéler très intéressant. Et c'est d'ailleurs ce qu'il se passe au début de ce roman d'autant plus que deux des trois personnages principaux du roman (le viel écrivain et l'auteur des lettres) portent le même prénom que l'auteur de ce roman : Herman.
Le début du roman sous forme de lettres adressées à l'écrivain par son voisin est captivant. Le choix de ce style permet de dévoiler par petits morceaux les personnages, l'intrigue, les évènements.
Mais malheureusement Herman Koch perd le fil de cette trame il quitte l'histoire racontée par l'auteur des lettres, quitte ce style pour entrer dans une narration traditionnelle suivant les différents personnages. Malgré une fin inattendue, j'ai trouvé que le roman perdait petit à petit de sa tension, se perdait dans des structures différentes (épistolaire, narration, interview,...) et de ce fait a perdu en même temps mon intérêt.
Le roman est néanmoins parcouru d'une réflexion très interessante sur la littérature, sur la relation entre le réel et l'imaginaire que l'auteur porte dans sa fiction, son roman, sur l'interprétation des évènements que chacun de nous faisons en fonction du moment, de notre histoire personnel et de notre culture et surtout du temps écoulé entre l'évènement et le moment de l'analyse. Par exemple lors de l'interview, imaginée par l'auteur des lettres, une réflexion sur le quart d'heure de "naïveté" que les témoins des attentats du 11 septembre ont eu pendant le moment entre les deux avions percutant les tours jumelles, pensant qu'il s'agissait d'un accident, sentiment d'horreur, "par la conviction qu'il n'y a pas de mauvaise intention en jeu" (p332) avant que le second avion fasse basculer l'évènement dans un attentat, sentiment de terreur. Ou la réflexion sur les photos de classe, figeant un moment, des visages, des expressions, qui pourront être réinterprétée au vu des évènements qui se seront déroulés depuis. Une réflexion également sur la compréhension du passé à la lumière des moments écoulés.
Tout au long du roman, Herman Koch lance une réflexion sur le pouvoir du romancier de déterminer l'avenir de ses personnages, jouer subtilement sur les évènements pour leur donner des interprétation différentes au fil des pages. Mais qu'advient-il lorsque le romancier cherche à raconter, à romancer une histoire véritable, dans quelle mesure le réel va influer le roman au risque de lui faire perdre de sa tension, de sa puissance littéraire, dans quelle mesure la fiction pourrait-elle également influer le réel. Qui est finalement le plus romanesque ? la vie ou la littérature. Le hasard présent dans la vie, n'existe pas en littérature....
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critiques presse (1)
Telerama   29 juin 2016
Il faut attendre la fin pour connaître les tenants et les aboutissants de cette intrigue, mais entre-temps que de cruauté, de mensonges et de diaboliques stratagèmes !
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
lyokolyoko   05 décembre 2016
Film ou pas, il ne faut jamais mettre sur la couverture des photos des personnages d'un livre. Cela bride l'imagination du lecteur. Il est alors contraint d'associer les personnages aux visages des principaux acteurs du film. Quand on a commencé par voir le film puis qu'on a aussi envie de lire le livre par curiosité, ce n'est peut-être pas si grave. Mais quand on a d'abord lu le livre, on est confronté à un dilemme. En lisant, on s'est fait sa propre idée des visages des différents personnages. Des visages qu'on a eu le loisir d'imaginer soi-même. Malgré les descriptions des visages. En dépit de vos descriptions surabondantes de nez, d'yeux, d'oreilles et de couleur de cheveux, chaque lecteur compose les visages au gré de son imagination.
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lyokolyoko   04 décembre 2016
Les femmes ont plus de temps que les hommes. Quand elles ont passé l'aspirateur, elles ouvrent un livre - votre livre- et se mettent à lire. Le soir, au lit, elles lisent encore. Quand leur mari se tourne sur le côté et pose la main sur leur ventre, près du nombril, ou juste en dessous de leur poitrine, elles la repoussent. "Laisse-moi un peu, encore un chapitre", disent-elles en poursuivant leur lecture. Parfois les femmes ont mal à la tête, ou elles sont indisposées, parfois elles lisent un livre.
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lyokolyoko   08 décembre 2016
- Mais il y a des cultures, des religions, je n'ai pas besoin de les citer, qui se sentent très vite blessées, dit Van der D. Devons nous, nous censurer, tenir notre langue parce que quelqu'un risque de se sentir blessé ?
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BazartBazart   02 mars 2018
Soudain je suis de nouveau pris d'un doute. Nous sommes à présent confrontés à deux récits parallèles ou même trois. Des histoires à l'intérieur de l'histoire.
Vous même, vous en raffolez, vous en avez déjà parlé, vous en usez et en abusez dans " règlements de compte" et dans" l'année de la libération".
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AxelinouAxelinou   09 décembre 2017
« La littérature et les autres livres différaient encore sur un plan. Il s’agissait des mêmes aliments, mais ils provenaient de deux restaurants différents. A droite, le restaurant étoilé du guide Michelin, à gauche le Burger King ou le McDonald’s. Tout compte fait on ne tenait pas toujours à savourer des mets raffinés, on ne voulait pas planter tous les jours sa fourchette dans un minuscule morceau de foie gras sur une assiette par ailleurs presque vide. Parfois, on avait tout simplement envie d’un hamburger au bacon et au fromage fondu – mais cela s’accompagnait toujours d’un sentiment de culpabilité. D’un sentiment de culpabilité tellement envahissant que, lorsqu’on se rendait dans un Burger King, on lançait constamment des regards inquiets autour de soi pour vérifier si on apercevait une connaissance. Pris en flagrant délit ! Comme si on allait voir une pute. La lecture d’un thriller ou d’un polar donnait presque le même sentiment après coup : un grand vide. »
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