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Critique de nameless


nameless
  19 mars 2017
Herman Koch bâtit son roman de 343 pages en version Piment, autour du dîner partagé dans un restaurant chic et donc cher d'Amsterdam, par deux frères, Paul et Serge. Le premier est un professeur d'histoire mis en disponibilité pour raison médicale, le second est en pleine campagne électorale, pressenti pour devenir le prochain premier ministre des Pays-Bas. Ils sont accompagnés par leurs épouses, Claire et Babette.


Poussant très habilement l'exploitation de son thème jusque dans ses retranchements, l'auteur divise l'intrigue en 6 parties : l'apéritif, l'entrée, le plat, le dessert, le digestif, le pourboire. Et à l'issue de cette lecture, force est de constater que l'addition est salée et la digestion difficile pour les lecteurs, tant ce roman nourrit...


Paul est le narrateur et tout commence gentiment, par une description drôlatique des pratiques commerciales en vigueur dans les restaurants branchés, où un gérant obséquieux et omniprésent interrompt les conversations pour remplir les verres le plus souvent possible vu le prix des bouteilles, récite la liste sans fin des ingrédients exotiques entrant dans la composition des plats pour finalement servir des assiettes dans lesquelles les mets sont perdus au milieu d'un vide abyssal.


Mais. Mais, malgré cet humour ravageur et ce démarrage léger, le lecteur ressent rapidement un vague malaise. Quelque chose ne tourne pas rond dans ce repas familial. Une menace plane, sans que l'on puisse en définir exactement l'origine ni deviner comment l'explosion finale va se produire. Au cours de quelques flash-back, Paul révèle progressivement des éléments du passé, mettant en scène les commensaux et leurs enfants, et curieusement, le lecteur est gêné de n'avoir à sa disposition que son interprétation, un peu comme si elle n'était pas parfaitement objective.


Il serait dommage d'en dire davantage. Le dîner est un roman douloureusement jubilatoire, féroce, amoral qui sait aussi poser des questions essentielles sur l'éducation des enfants, sur la responsabilité des parents et finalement, ce qui met tellement mal à l'aise, c'est que chaque lecteur-parent pourrait, en raison d'un impur hasard, assister à un tel dîner.


J'espère vous avoir mis en appétit littéraire. L'apéritif maison, une coupe de champagne, est à 10 € … Ca vous va ?
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