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ISBN : 2714478263
Éditeur : Belfond (16/05/2019)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Dans la veine du Dîner, une comédie noire au suspense redoutable où il est question – entre autres – des affres de la vie conjugale, de la disparition d'un chat, de préjugés racistes, d'un François Hollande en goguette, de la finitude de l'univers, de tri des déchets... le tout sur fond de satire sociale acerbe.

Maire d'Amsterdam, aimé du petit personnel et respecté des puissants de ce monde, époux comblé, heureux père d'une adolescente, Robert peut s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  13 août 2019
Robert Walter est un homme comblé. Maire d'Amsterdam, il est apprécié de ses administrés qui aiment sa sincérité, son naturel, son éloquence. Ses fonctions lui permettent de côtoyer les grands de ce monde, il dîne avec Obama, plaisante avec Hollande. Côté vie privée, tout va bien aussi. Il forme un couple uni avec sa femme Sylvia qu'il adore tout autant que sa fille Diana. Pourtant, cette belle harmonie s'envole lors de la traditionnelle soirée du Nouvel an donnée par la mairie. Là, il aperçoit Sylvia riant aux éclats avec Maarten van Hoogstraten, son adjoint le plus insignifiant. Maarten n'est ni beau, ni drôle, ni charismatique. Qu'a-t-il bien pu raconter à Sylvia pour la faire rire de la sorte ? Et n'ont-ils pas eu l'air gênés quand, mine de rien, il les a rejoints ? Robert s'interroge, Robert se met martel en tête, Robert est jaloux, Robert est certain que Sylvia et van Hoogstraten ont une liaison. Pourtant, rien chez sa femme ne laisse entrevoir qu'elle le trompe, qu'elle aime ailleurs. Ne serait-ce pas une ruse de son épouse qui fait tout pour paraître normale, trop normale, alors qu'elle le trahit ? Au fil des jours et de son imagination galopante, Robert perd pied. de plus en plus soupçonneux mais trop couard pour crever l'abcès, il laisse un fossé se creuser entre lui et Sylvia.
Le terme est souvent galvaudé mais on peut l'affirmer sans mentir : lire un roman d'Herman Koch est une expérience jubilatoire. Avec cynisme et une pointe d'humour (noir), il malmène ses concitoyens, surtout les notables bien sous tout rapport dont il met à jour les failles et les mauvais penchants. A l'exemple De Robert, le jovial maire d'Amsterdam, mari et père comblé et fils dévoué d'un couple de nonagénaires dont il est toujours proche. L'homme est sympathique, tolérant et ouvert, d'ailleurs sa femme n'est pas néerlandaise. Pourtant, il suffit d'un soupçon sans véritablement fondement pour que tout dérape. Il n'a plus confiance en cette femme qui vient d'un pays culturellement très éloigné des Pays-Bas. Comment peut-elle le trahir alors qu'il a eu la bonté de l'aimer et de l'accueillir en Europe ? Sous ses remarques acides se tapit un racisme dont il se défend avec pour meilleure preuve son choix marital. Mais Koch sait faire apparaître le vrai visage de son personnage tout en contradictions. Outre ses supposés problèmes conjugaux, l'édile doit aussi faire face au désir d'en finir de ses parents. A 90 ans, ils estiment que leur temps est fini et qu'il faut mettre un terme à une vie qui inévitablement va se dégrader. Ils ont prévu de se suicider avant d'être dépendants et amoindris. Mais là encore l'auteur réserve quelques surprises de taille quant à l'issue de ce projet.
Surprenant, souvent drôle et très politiquement incorrect, le fossé se moque d'une société hollandaise propre sur elle, écolo jusqu'à l'absurde, libre mais pas libérée. Une lecture divertissante mais qui sait aussi faire réfléchir.
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SophieWag
  15 août 2019
Le fossé d'Herman Koch est un roman qui se passe aux Pays-Bas, de nos jours. Robert, le narrateur, est Maire d'Amsterdam. Aimé par ses électeurs et ses concitoyens, c'est un maire qui est à la fois un bon orateur et un maire proche des gens, qui a toujours un petit mot gentil ou une attention pour chacun. Il côtoie les puissants de ce monde notamment le président Barack Obama mais aussi le président François Hollande, avec qui il échange des clins d'oeil complices .
Marié depuis des années à Sylvia, heureux père de Diana, une adolescente brillante et respectueuse, il savoure pleinement le moment présent avec le sentiment d'une vie accomplie. Mais c'est sans compter sur le doute qui va s'immiscer en lui lorsqu'il aperçoit lors d'une soirée officielle Sylvia, sa femme, rire à gorge déployée avec son adjoint, l'insignifiant Maarten van Hoogstraten. Dès lors le soupçon d'adultère s'instille dans sa vie et le moindre détail va renforcer le doute : là, elle semble bien complice de son adjoint , un peu trop proche. Ici elle se comporte de façon trop « normale » et c'en est louche. Et , alors que ses propres parents l'informent qu'ils veulent mettre fin à leurs jours prochainement pour éviter la décrépitude de l'âge et qu'il a de fait d'autres chats à fouetter, le poison de la jalousie ne va plus le lâcher. Et tout va lui sembler suspect.
Et je me suis finalement attachée à ce personnage tellement humain, alors qu'au départ, je n'avais pas particulièrement apprécié ses prises de position un peu radicales contre les éoliennes ou contre le tri sélectif par exemple. Il a ce côté imparfait qui le rend touchant, et on le regarde avec empathie se prendre les pieds dans le tapis, se cacher pour fumer afin que sa fille ne le voit pas, s'inquiéter pour ses parents, et aimer sa femme d'un amour inconditionnel jusqu'à l'étouffer.
J'ai beaucoup aimé le style, l'histoire, les non-dits : on vacille avec le narrateur, on doute avec lui et l'incertitude nous tient en haleine jusqu'au bout et même après la lecture achevée, on cherche à savoir ce qu'il s'est réellement passé.  Un excellent roman, dévoré en quatre jours !
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Christlbouquine
  09 août 2019
Herman Koch est décidément un auteur qui a l'art de déstabiliser son lecteur et de laisser la porte ouverte à de multiples interprétations.
Ce nouveau roman est un l'égal des précédents un bijou d'humour noir qui retient l'attention jusqu'au bout.
Robert Walter est le maire d'Amsterdam. Un jour, lors d'une soirée où sa femme l'accompagne, le doute envahit l'esprit De Robert. Sylvia aurait un amant, cet adjoint qui vient de la faire rire. Une fois ce doute en lui, il commence à chercher des preuves, à remonter le temps de leur vie de couple. Mais Robert doit aussi faire face à la décision de se suicider de ses parents, à la disparition du chat de la famille, à la gestion de la ville. Petit à petit, le monde De Robert vacille, la paranoïa s'installe.
Herman Koch manie avec brio l'ironie mordante et le second degré. Encore une fois, il ne se préoccupe pas de rendre ses personnages attachants mais plutôt de créer une atmosphère saisissante qui conduit le lecteur au coeur des pensées De Robert. Finalement, on s'attache moins à savoir si ses doutes sur la fidélité de sa femme sont réels qu'à savoir jusqu'où ce soupçon peut le conduire. C'est un véritable drame psychologique qui se joue à travers des moments de lâcher-prise de la part De Robert qui sont totalement jouissifs pour le lecteur qui suit avec intérêt ce politicien qui n'en est pas moins humain avec ses angoisses, ses doutes, ses faiblesses.
Un roman fabuleusement irrévérencieux, satirique, volontairement borderline (les sorties De Robert sur les origines étrangères de sa femme sont souvent grinçantes et porteuses de préjugés, au point que je me suis demandé si ce Robert n'était pas, paradoxalement, à la limite d'un certain racisme).
Encore une fois Herman Koch met le doigt sur les travers de la société et appuie là où cela blesse.
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Michigan32
  18 juillet 2019
Ce roman m'a laissée un peu perplexe, pas forcément dans le mauvais sens du terme… "Le fossé" nous emmène dans la tête d'un homme, le maire d'Amsterdam. le point de départ est que cet homme, le narrateur, remarque lors d'une soirée professionnelle sa femme qui rit aux éclats alors qu'elle est en train de discuter avec l'adjoint à la mairie. Que peut-il bien lui raconter ? Et comment cet homme, qui paraît tellement insignifiant, peut-il faire rire autant sa femme ? C'est à partir de cet évènement que nous suivons le fil des réflexions de cet homme. Herman Koch réussit à donner l'impression d'être véritablement dans la tête du narrateur, on passe d'une idée à l'autre, d'un souvenir à l'autre, parfois sans crier gare. Et ce n'est pas désagréable car ce n'est pas si fréquent de lire des portraits d'homme tel que celui-là. C'est un homme qui a, a priori tout, un travail important, du pouvoir, une femme qui l'aime (c'est ce qu'il croyait tout du moins) et qu'il aime, une fille à laquelle il tient par dessus tout. Pourtant il commence à douter, à surveiller sa femme, ses réactions. Si elle réagit comme d'habitude sans rien changer, c'est qu'il se fait des idées sur une potentielle relation adultère. Ou au contraire, le fait qu'elle ne change rien, n'est-il pas le signe qu'au fond tout a changé ? Et puis au-delà de sa femme, il y a les parents de cet homme, qui ont décidé de mettre fin à leurs jours car justement tout va bien. C'est à en manger son chapeau, comment et pourquoi ses parents peuvent-ils décider de faire une chose pareille ?
A travers ces deux fils narratifs, le narrateur explore de multiples sujets sur la notion de couple, le pouvoir, l'écologie (les politiques de tri des déchets !).
Bref il y a beaucoup de choses dans ce roman, c'est une critique de notre société, de la société néerlandaise en particulier. A l'instar du Dîner, Herman Koch pose un regard très cynique sur notre époque et nous laisse un peu en chemin malgré tout. Que penser du dénouement de ce roman ? Je ne sais pas trop, et j'aurais aimé que Herman Koch nous emmène un peu plus loin. C'est la petite déception dans ce roman…
Lien : https://riennesopposealalect..
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SolennMirarchi
  29 mai 2019
Vous êtes un grand homme. Aux sens du terme. Les gènes néerlandais dont vous avez hérité vous permettent de dominer la majorité des peuples du monde, là-haut, perché sous votre chevelure blonde.
Et puis, vous êtes également le maire de cette formidable capitale européenne : Amsterdam. Vos adjoints vous apprécie, la population vous respecte, vous côtoyez même grands nombres de chefs d'États.
Oui, vous pouvez vous venter d'avoir échangé quelques clins d'oeil avec Obama, ou fait quelques blagues à l'esprit douteux avec François Hollande.
Il en faudrait peu pour qualifier votre réussite de complète.
Et puis, un soir, comme vous l'impose souvent votre statut, vous vous retrouvez au milieu de gens, sirotant 2-3 coupes et serrant quelques mains.
Votre interlocuteur vous ennuie, mais vous tenez. C'est votre rôle après tout : écouter, rassurer, sourire.
Mais là, vous l'apercevez. Sylvie, votre femme. Votre chère, tendre, douce et merveilleuse épouse. Riant à gorges déployées avec votre très ennuyeux adjoint.
D'ailleurs, pourquoi rigole t-elle à ce point ? Elle vous a vu, l'observer. Les observer. Pourquoi détourne t-elle le regard ? Elle serait gênée que vous l'ayez vu ?
Pourquoi être gêné, si on n'a rien à cacher ? Ils ne sont quand même pas... Non ! Votre femme et l'insignifiant Marteen von Hoogstaten ? Impossible !
Mais c'est déjà trop tard.
Le doute est là. Entre vous et votre épouse. Et le fossé désormais, ne fait que commencer à se creuser... Amateur de second degré, d'ironie, et de satire : foncez !
La plume d'Herman Koch gratte, pique, raille. N'épargne personne.
Derrière ce ton si léger, l'écrivain dépeint le quotidien d'une société qui flirte de plus en plus avec la douce folie.
Cette folie qui atteint de plus en plus le narrateur, entre paranoïa et bizarreries en tout genre.
La société néerlandaise est moquée à travers une bienveillante ironie derrière laquelle on sent toute l'affection de l'auteur à son pays.
À lire pour les amateurs de second degré !
« le fossé » est publié aux éditions @editionsbelfond

Lien : https://www.instagram.com/p/..
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critiques presse (1)
Lexpress   17 juin 2019
Tiraillé entre son image de notable bien sous tous rapports et sa personnalité impulsive, entre ses obligations et son mauvais esprit, Robert glisse peu à peu vers un lâcher-prise réjouissant. On le suit dans ce Fossé sans se forcer.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ChristlbouquineChristlbouquine   09 août 2019
Pour Sylvia et moi, c’est très simple : partout où nous sommes, nous passons de bons moments. Ou que nous trouvions ensemble, nous sommes heureux. Nos intérêts sont plutôt divergents, mais nous continuons d’éprouver toujours et partout un grand intérêt l’un pour l’autre. Je peux rester assez indifférent à la peinture, mais un tableau devant lequel Sylvia s’arrête est toujours plus qu’une simple bataille navale, plus qu’un paysage ou une nature morte de fruits et de lièvre mort.
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ChristlbouquineChristlbouquine   09 août 2019
Depuis combien de temps ? était cette question que j’aurais préféré ne jamais vouloir poser. Cela dure depuis combien de temps ? Je craignais d’entacher le passé. Je pouvais peut-être à la rigueur supporter que la trahison remette en cause le présent. Je devais déjà vivre avec cette idée. Mais pas le passé, par pitié, pas le passé.
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RenodRenod   24 mai 2019
Le bonheur (…) ou plutôt que de bonheur vaudrait-il mieux parler de contentement – dépend étroitement de l’acceptation de sa propre tête. De son corps. De sa posture. On peut apporter toutes sortes d’améliorations au corps. On peut perdre du poids quand on se trouve trop gros, se mettre à soulever des haltères quand on a honte de côtes trop visibles. Mais on ne peut guère changer sa tête. La tête fait ce qu’elle veut. Elle devient chauve quand elle en a envie. Elle grossit, vieillit, se tache, d’une manière qu’on aurait jugée impossible. Tout le monde la voit, et on la voit soi-même aussi. On ne peut pas cacher sa tête sous un tee-shirt ou un pull. Elle est toujours là, à chaque heure du jour ou de la nuit. Elle vous regarde dans le miroir. C’est celle-là, dit-elle sans cligner des yeux. Il va falloir que tu t’y fasses.
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RenodRenod   17 mai 2019
J’ai regardé la tête de François Hollande et levé mon verre de vin rouge. «Santé» ai-je dit. (…) Si cet homme avait été caissier dans une banque, ou gérant d’un supermarché, y aurait-il eu une seule femme pour se retourner sur son passage ? Non, s’il y avait bien une illustration du pouvoir érotisant de la célébrité, c’était celle-ci, le visage insignifiant de François Hollande.
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RenodRenod   17 mai 2019
Qu'est-ce qui pouvait expliquer cette dispute sinon les sentiments que nous éprouvions l'un pour l'autre? (...) Seuls les couples indifférents ne se disputent jamais. Ils poussent tout au plus de profonds soupirs ou lèvent les yeux au ciel avec insistance quand l'autre prend la parole.
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