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ISBN : 2213646031
Éditeur : Fayard (28/01/2009)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Partant pour la guerre, le jeune baron prussien Manfred von Richthofen emporte le souvenir de ses parties de chasse dans les forêts de Silésie, lespaysages de son enfance et l'image de sa mère, fière de le voir prendre sa place dans une longue lignée de militaires. Il chevauche, altier, martial, parmi les uhlans, les nobles cavaliers de l'empire germanique, songeant déjà aux charges qui lui vaudront la Croix de fer.Mais le temps des héros est révolu. C'est la premiè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  10 septembre 2017
« Il espérait entrer dans l'histoire, prendre place aux cotés d'Achille, de Siegfried, du chevalier Bayard, de Roland. Pour cela, il devrait peut-être mourir, sacrifier ce à quoi il tenait malgré tout beaucoup, sans oser l'avouer, la vie. Personne ne retiendrait sa prudence, sa méthode, ses réticences à l'aventurisme aérien auquel cédaient beaucoup de pilotes. Cette science peu charismatique était cachée derrière un chiffon rouge de matador, son appareil de panache, ses armoiries aristocratiques et sa belle prestance de chevalier moderne en manteau noir. « 
L'avion apparait d'entre les ombres, du regard ennemi, on le perçoit avant de focaliser dessus. Bien vite, on enchaîne avec cet épisode célèbre de rencontre au sol après le combat entre aviateurs vaincus et vainqueurs puis vient la trame classique de la bio: l'enfance, l'apprentissage, finalement les exploits.
Si on pouvait craindre une biographie romancée trop romantique, la guerre vue comme une excursion touristique, aristocratique, à la recherche d'un nectar de bravoure, il n'en est rien. Il y a bien parfois des passages qui sont en vol rasé au dessus du cliché mais au cours des pages, on se rend compte que l'auteur a été pêcher l'information à bien des sources qu'il cite, à commencer par le biographe historien Floyd Gibbons (il est d'ailleurs étonnant de voir toutes ces autobiographies alors qu'on pourrait ne penser naïvement qu'à l'autobiographie de Manfred). Le roman recadre complètement le mythe avec réalisme et dans le détail (ex: la scène de l'arrêt du train dans le tunnel), le tout en exacerbant le sentiment de bravoure. Je le conseillerai à ceux qui pensent que le Baron Rouge était une sorte de Captain Deutschland plein d'honneur et d'exploits.
Le roman parle bien de cette sale guerre, enlisée dans son horreur. Sur la terre comme au ciel, enragée par les progrès technologiques, la guerre était et restera une boucherie malgré les aspirations d'espace et de duels en règle du Baron. On comprend qu'il aurait pu vivre maintes morts.
« Un obus faillit souffler son cerveau, emporta son cheval et plusieurs de ses amis. Il vit des mains, des corps, des membres mêlés à la terre, au fer. Traqué par des ennemis lointains, invisibles, il avait la sensation de ne pas vivre une guerre digne. Il mourrait sans voir son bourreau ni comprendre le sens de ses actions. Mon dieu, qu'avait-il donc appris chez les cadets ? À combattre le chevalier Bayard ! »
« La menace lui échappe, le poussant à une extrémité née de sa frustration devant une guerre lassante. (…) Il fixera longtemps les corps se balançant. »
Puis vient le ciel, ses débuts pénibles où l'héros « casse encore le bois » à l'atterrissage, sa formation auprès de ses idoles.
Plus qu'avec ses exploits, le Baron Rouge en créant son image de marque contrairement à ses prédécesseurs a su atteindre le mythe, l'absolu qui se libère du joug de la terre.
« Les preux chevaliers décrochaient de leur lance un foulard ou un tissu à la couleur d'une favorite, puis en décoraient leurs casques. le champion y songeait, plein d'exaltation. Il pensait aux aviateurs anglais et allemands qui cherchaient à camoufler leurs avions, à se rendre invisibles, pour mieux surprendre leurs adversaires, toujours en vain. Manfred décida de prendre le chemin opposé. Il adressa une lettre à Brunehilde et la pria de lui envoyer ses couleurs. »
Avec la formation de la Jasta 2 puis après du Cirque Richthofen, on va assister à diverses séries de duels aériens, différents tant par le style des hommes que par les techniques des fuselages et des armements, avec toujours ce ciel omniprésent à la météo parfois capricieuse, ce terrain de bataille où le soleil devient un avantage stratégique. Chaque fois, l'auteur recadre l'histoire des combattants comme Manfred s'enquérait du nom de ses victimes et, quand ils étaient faits prisonniers, venait leur rendre des visites hommages.
On va croiser les héros germaniques prédécesseurs, Immelman (et sa figure), Boelcke mais aussi ceux des autres pays: Georges Guynemer et René Fonck des cygognes blanches, Albert Ball l'anglais,… On entrapercevra même un certain Rolang Garros et plus tard un trop connu Hermann Gorïng.
« « du sol, on nous prenait sans doute pour deux oiseaux de proie, se livrant au jeu de la période des amours, comme au printemps, mais lui et moi savions qu'il s'agissait du jeu de la vie et de la la mort » écrirait Udet plus tard. Les deux vaisseaux de bois se frôlèrent, au point que l'as allemand sentit passer sur son visage la brise que brassait l'hélice de son ennemi, et put lire les lettres sur la coque brune: « Vieux Charles ». Il sut alors qu'il affrontait Georges Guynemer le grand as français aux douze victoires. »
« Si les monuments aux morts qui foisonnent dans les campagnes européennes célèbrent les fantassins de manière collective, ceux érigés en mémoire des aviateurs, célèbrent toujours l'individualisme. »
Car il y a bien erreur sur la marchandise. Si le livre parle évidemment en grande partie du Baron, il parle aussi de tous ces aviateurs, pionniers le plus souvent, qui ont écumé le ciel pour le remplir de leur audace. On parlera aussi d'Anthony Fokker le pilote et constructeur et des différents types d'avions, voire même de l'influence des lobbys industriels sur la guerre déjà à cette époque.
Je pense que cette multiplicité de personnages peut être vue comme un défaut, comme trop d'interruptions du récit sur le Baron mais, personnellement, je l'ai clairement appréciée. Plus que de recadrer la situation, élargir le champ, on découvre ainsi des hommes qui vivaient souvent leur passion jusqu'au bout.
La fin du roman est interrompue plusieurs fois par des exemples du mythe à notre époque, cela casse le roman, pallie une routine en chute prévisible mais ces exemples auraient été mieux placés à la fin après l'épilogue (cela dit je ne connaissais pas le combat de Snoopy face au Baron Rouge).
On termine le livre en reparlant de l'actrice Fern Andra qui filtra avec le frère du héros mais sans que l'on reparle de la berlinoise aux lettres enflammées qui pressait Manfred au mariage. J'ai peut-être raté quelque chose mais je me suis senti un peu perdu, ne sachant mettre une image, une identité sur cette femme secrète mais elle n'était qu'à l'image de la vie privée de Manfred, pudique et cachée.
A la fin, le livre s'appesantit sur la récupération des grands héros par le Nazisme comme pour être sûr de démontrer ce que l'on ressent tous dans nos tripes, le Baron Rouge, tout en ayant perçu la menace de la révolution russe sur l'aristocratie, n'avait rien à voir avec une Allemagne nazie mais tout avec cette « Étoffe des héros » qui portait son regard toujours plus haut vers le ciel.
« Göring entretenait l'idée d'une vaste patrie céleste à laquelle appartenaient les aviateurs. Fonck ne perçut pas le danger, et son erreur l'empêcherait toujours d'atteindre au même prestige que Guynemer. » (Comme Ernst Udet devenu un pilote acrobate et toujours rêveur des cieux qui se fera aussi récupérer)
Au final, un livre dont je me méfiais un peu par des critiques sur Amazon et qui m'a très agréablement surpris en mêlant la fiction à la réalité avec élégance et doigté.
« Manfred regagne la base. Un large sourire éclaire son visage. Quatre-vingts victoires ! Les officiers le félicitent mais il se retranche rapidement dans sa chambre. Étendu sur son lit, il s'empare de son livre, relit quelques pages et soupire. « C'est moi qui ait écrit ça ? Quelle insolence », songe t'il. Le public n'a pas découvert le vrai Richthofen. « Je ne suis pas aussi orgueilleux que cela, écrit-il alors. Simplement parce que j'arrive à imaginer la sensation que produira en moi le souffle de la mort en bas de ma nuque. » »
Pour illustrer tout cela, petit site en anglais mais très bien fait et avec notamment les dernières photos avec son dogue Moritz:
http://donhollway.com/redbaron/
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POY1
  22 avril 2019
Alors qu'il y a trois ou quatre livres, je m'intéressais à la biographie de l'officier allemand von Stauffenberg qui tenta d'assassiner Hitler, la légende du Baron Rouge relate la vie d'un autre de ces aristocrates prussiens, le baron Manfred von Richthofen.
Durant la Grande Guerre, chacun des camps a développé et employé toutes les technologies pour remporter la victoire ultime. L'aviation n'a pas échappé à cela. Elle est passée, au cours du conflit, de moyens d'observation à celui de bombardement et de suprématie aérienne.
Alors que la guerre s'enterre et fait payer, au sol, un lourd tribut de sang, la jeunesse rêve de s'envoler pour s'arracher au bourbier des tranchées et rejoindre le club très chevaleresque des pilotes d'aéroplane. En 1914-1915, l'esprit de club qui existait à la Belle Epoque aux débuts de l'aéronautique perdure. Les pilotes des deux camps se connaissent et s'apprécient. Ils conçoivent leurs joutes mortelles comme un tournoi aérien. Chaque camp possède ses champions. La propagande utilise leurs victoires pour valoriser le courage du combattant. Présentés comme des héros d'aventure ou des imperators modernes, ces hommes apportèrent de l'espoir et du rêve à des populations qui considéraient encore, en ce temps, comme une folie le fait de voler.
Von Richthoffen veut être de ceux-là. Issu de l'aristocratie prussienne, il a été bercé des exploits de ses aïeux et des histoires nationales allemandes. Il conçoit que son destin est de mourir pour sa patrie mais pas enseveli sous la terre des tranchées. Il veut quelque chose de plus héroïque, de plus majestueux. Après maintes difficultés, il rejoint l'armée de l'air, d'abord comme observateur puis, ensuite pour devenir pilote. Ce n'est pourtant pas dans ce domaine qu'il excelle. Au contraire, il comprend que ce n'est pas la dextérité du pilotage qui lui permettra de devenir un as, c'est la maîtrise du combat aérien. Au fur et à mesure de ses victoires, il atteindra la notoriété qu'il cherchait. de tous les chevaliers du ciel du premier conflit mondial, il sera le seul à atteindre les quatre-vingts victoires. Comme beaucoup d'autres de ces pilotes, il sera tué en vol.
Dans cet ouvrage, Stéphane Koechlin ne propose pas que la biographie de von Richthoffen. Il donne un sens à la survivance du mythe du baron rouge dans notre société, cent ans après sa mort. Ce livre est pour les passionnés d'Histoire et pour les amoureux de l'aéronautique.
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Houbbabzh
  22 août 2017
Rares sont ceux qui ne connaissent pas le baron rouge, le second, champion de F1; plus rares sont ceux qui connaissent le premier, l'as des as de la Grande guerre, le baron Manfred von Richtoffen. Ce roman retrace la brève et fulgurante carrière de cet officier hussard à cheval qui devint sans doute le pilote de chasse le plus célèbre de la Grande guerre. Nous suivons ses débuts, ses aspirations, ses maîtres, sa vie privée sans pour autant donner dans le côté presse à sensation. L'auteur a su parfaitement nous faire revivre cet homme au panache légendaire, à l'avion tout aussi légendaire, d'ue manière telle que une fois commencé, le roman se lit d'une traite, et l'on se prend à regretter que le Baron n'ait pas survécu mais à la limite on peut penser qu'il n'aurait pas été, comme le fut Goëring, un valet d'Hitler.En effet, l'auteur nous livre aussi les portraits de protagonistes de l'époque, surtout côté allemand, et notre chevalier du ciel n'aurait pas eu sa place dans le Reich....sa place était dans les étoiles avec d'autres chevaliers de tous pays abattus comme lui en pleine gloire...talonnés qu'ils étaient par le destin. Un livre à lire , une livre vérité et destinée tragique de tous ces aviateurs de la Grande guerre dont les jours étaient dès le départ comptés...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
POY1POY1   20 avril 2019
Il a vu l'aviation comme un rêve, participé lui-même à cette noble conquête, en communion avec la nature, les éléments, la beauté. Cette fois, il a contribué à transformer son engin en arme de mort.
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