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ISBN : 2711682463
Éditeur : Vrin (01/04/1984)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Spinoza n’est pas un penseur solitaire. Il est difficile de comprendre son œuvre sans la replacer dans l’arrière-fond historique, les interrogations et les controverses de la Hollande du XVIIe siècle.
L’étude de Meisma fait revivre tous les personnages qui entourèrent le philosophe : Van den Enden, son professeur de latin, exécuté par Louis XIV pour avoir voulu instaurer la république en France; ses amis collégiants Louis Meyer et Jarig Jelles; Koerbagh, mort... >Voir plus
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   12 mars 2016
Plus que d'autres le jeune Spinoza a dû être frappé du fait qu'à plusieurs reprises, en 1644 et 1645, un homme appartenant aux goyim -les paiens- se présenta à la synagogue, un homme du peuple il est vrai, mais un homme sérieux et savant, nettement supérieur à son niveau social; nous voyons comment, armé de la Bible hébraique publiée par Menasseh ben OIsrael lui-même en 1635 à Amsterdam, il cherchait à se faire aider et éclairer là où il rencontrait des difficultés; comment avec une bonne connaissance de l'hébreu, il n'hésitait pas à remettre carrément à leur place aussi bien Menasseh que les autres savants juifs de la synagogue lorsqu'ils essayaient de dévier le sens des paroles d'un texte en faveur de leur propre thèse; comment dans le feu de la discussion, à laquelle participait parfois toute la synagogue, il lui arrivait de tirer posément de sa poche un livre de saint Jean Chrysostome ou de quelque autre Père de l'Eglise pour défendre sa position; comment à plusieurs reprises, alors que tous les autres laissaient ses questions sans réponse, il montra "jusqu'à la plus haute synagogue" et où "rabbi haham Mortere siégeait en présence des aînés de sa jeunesse" et comment Morteira, lui-même mis dans l'embarras par les arguments de cet homme, se débarrassa alors de lui avec des paroles violentes en guise d'arguments. Celui qui s'attendrait ici à voir citer le nom d'un zélateur protestant orthodoxe se tromperait fort: il s'agissait de l'anabaptiste Jan Pietersz, appelé "Le sculpteur", à cause de son métier, qui, n" vers 1603 à Enkhuizen (?) a cherché sa vie durant "la vraie foi". Nous le retrouverons à plusieurs reprises dans l'entourage de Spinoza.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   07 mars 2016
L'article de Bayle fut cependant la voie toute tracée pour répandre le nom de Spinoza dans le monde entier. Il suscita l'intérêt. On voulut en savoir davantage, qui afin de pouvoir condamner sa vie en même temps que sa philosophie, qui par scepticisme, mettant en doute que la vie du "plus célèbre athée qui eût jamais vécu sur terre" pût être aussi pure et sans tâche qu'avaient été amenés à le reconnaître tant ses ennemis que ses amis. Pendant plus de mille ans on avait convaincu la masse illettrée que philosophes et esprits forts ne pouvaient, en vertu de leur doctrine, qu'être des individus immoraux, fondamentalement corrompus qui, s'ils ne venaient à résipiscence en temps voulu, passaient directement de leur lit de mort aux affres de l'enfer. Comment faire concorder la vie de Spinoza avec cette conception? N'avait-il donc été ni un ivrogne ni un blasphémateur, n'avait-il ni trahi ni volé ses amis, bref n'avait-il eu aucun des vices habituels prêtés aux fortes têtes? Sa mort n'avait-elle pas été accompagnée des pires angoisses, comme c'est généralement le cas pour les "athées", ni provoquée par de l'extrait de pavot ou de poison? C'était là les questions auxquelles on chercha tout d'abord à répondre.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   26 mars 2016
Avec un grand déploiement de faste et d'apparat circulait en ce temps-là à Amsterdam un homme, d'origine italienne, qui s'appelait Francesco Giuseppe Borri et se faisait traiter d' "Excellence". Fils du médecin milanais Brando Borri, il était né en 1625. Eduqué dans des séminaires à Rome où les Jésuites le considéraient comme un prodige à cause de sa mémoire exceptionnelle et de ses aptitudes, il s'adonna avec zèle à l'étude de la médecine et surtout à celle de l'alchimie. Jusqu'en 1654 il mena une vie très dissipée, puis, sous la menace d'un scandale public, il s'engagea sur une meilleure voie, du moins en apparence. Il adopta une une attitude très digne, fréquenta fidèlement l'église, fut plus strict dans le choix de ses amitiés et feignit d'être en relations privilégiées avec le Ciel. Le Seigneur l'avait chargé de réaliser des réformes salutaires ici-bas, expliquait-il et il exhibait, comme preuve de sa mission divine, une étonnante épée qui lui aurait été donnée par l'ange saint Michel. Il prétendait descendre d'Afranius Burrhus, le gouverneur de l'empereur Néron, et avait donc bien droit au titre d' "Excellence". De belles nouveautés lui avaient été révélées dans le domaine religieux : la Sainte Vierge était en tous points l'égale de son Fils, présente comme lui dans le sacrement de l'Eucharistie, comme lui conçue sans péché, etc.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 mars 2016
Si la péninsule Ibérique avait été au Moyen Age sous la domination des Arabes un foyer culturel, il allait bientôt en être tout autrement lorsque, le khalifat de Cordoue étant tombé aux mains de princes insignifiants, le royaume se morcela et, sous la pression incessante des princes chrétiens du Nord, se trouva anéanti. Tant que le croissant avait brillé au-dessus des créneaux de l'Alhambra, les chrétiens superstitieux et ignorants avaient té un objet de haine et de mépris. Les juifs au contraire, dont la doctrine et la foi avaient beaucoup plus d'affinité avec les principes du Prophète, étaient traités dans l'ensemble avec tolérance, bien mieux, se voyaient souvent considérés plutôt comme des égaux que comme des inférieurs. Ils participaient à la vie intellectuelle et artistique qui s'étaient développée sous le gouvernement des khalifes; parmi eux se distinguaient des savants et des hommes d'Etat, des philosophes et des poètes comme on n'en avait encore jamais vu dans la postérité d'Abraham. (...)
Mais, en retrouvant le pouvoir, la Chrétienté redevint intolérante. Pour le clergé catholique, les juifs étaient un perpétuel sujet d'irritation tant pour leur science que pour leur richesse. Avant même que les derniers musulmans eussent été chassés de la péninsule, une vaste persécution du peuple d'Israel fut mise sur pied : s'ils n'embrassaient pas la religion chrétienne, du moins en apparence, ils étaient harcelés sans répit. Par milliers ils subirent le baptême sous la contrainte pour échapper à la cruauté de leurs agresseurs.
Mais lorsque, sous Ferdinand et Isabelle, toute l'Espagne se trouva rassemblée sous une seule couronne, cette issue aussi leur fut interdite. Avec des yeux de lyx, l'inquisiteur Torquemada et ses espions les surveillaient, et malheur aux faux chrétiens (marranes) qui leur tombaient sous la main!
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AuroraeLibriAuroraeLibri   14 mars 2016
Il n'est pas impossible que dans sa jeunesse Spinoza ait vu à plusieurs reprises le fameux penseur français, qui se faisait remarquer par sa petite taille et son vilain visage, passer dans les rues d'Amsterdam ou faire un brin de causette avec son horloger Brandt du Rokin. Mais les écrits de Descartes lui restaient provisoirement interdits puisqu'il ne savait pas le français et ne connaissait que les rudiments du latin. Dans ses relations avec les chrétiens il avait appris le néerlandais, avec ses coreligionnaires le portugais et l'espagnol; peut-être savait-il un peu d'allemand et, probablement, recueillis auprès de ceux qui avaient séjourné quelque temps à Venise et à Rome, quelques mots d'italien; dans l'école du Talmud Tora il s'était familiarisé avec l'hébreu. Il possédait donc cinq langues qu'on voyait de son temps rarement chez les savants chrétiens.
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