AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Hélène Claireau (Autre)
EAN : 9782266016650
379 pages
Pocket (30/11/-1)
4.1/5   29 notes
Résumé :
A travers ce témoignage, c'est toute l'histoire de la naissance de l’État d'Israël et d'un peuple qui retrouve enfin sa patrie perdue après une errance de deux mille ans que nous retrace Arthur Koestler.
La communauté socialiste d'Ezra s'est établie sur une colline aride et désertique. Il faut lutter d'abord sans cesse contre les Arabes pour conserver cette parcelle de terre "symbole," puis contre les intempéries, la maladie, la solitude, enfin, le découragem... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  08 mars 2013
« La Tour d'Ezra », c'est d'abord et avant tout le récit d'une des nombreuses tentatives de mise en place en vraie grandeur du « contrat social » ébauché dans la Cité du Soleil de Spartacus… Un thème cher à l'auteur qui fut le sujet d'un roman publié en 1939.
Mais c'est aussi un témoignage poignant sur les conditions politiques et matérielles sur lesquelles ont été crées les fondations du futur État d'Israël, qui ne verra le jour qu'en 1948.
Joseph est un juif au destin étrange qui fait partie des colons fondateurs de la communauté. Arthur Koestler nous raconte par le menu ces quelques années qui vont le faire passer de l'enthousiasme intellectuel des débuts à la désillusion et au cynisme qui mènera certains sur la voie du terrorisme.

C'est efficace, brillant et instructif ; et autobiographique. Bref, du Koestler grand cru.
Commenter  J’apprécie          240
Luniver
  10 août 2014
Joseph ne savait pas qu'il était juif avant ses vingt ans, jusqu'à voir le dégoût de sa conquête en découvrant qu'il était circoncis. Cette composante de son identité l'avait toujours indifféré, mais quand la société décide que vous êtes l'Autre, vous pouvez difficilement ne pas le devenir.
Cet incident et ses opinions politiques le pousse à se porter volontaire pour fonder en Palestine un nouveau Kibboutz, communauté agricole basée sur les principes du marxisme. le roman raconte l'histoire de cette petite communauté d'Ezra, de sa fondation en 1937 jusqu'à l'aube de la seconde guerre mondiale.
L'enthousiasme du début laisse rapidement la place à des sentiments plus mitigés. Les Arabes ne laissent pas de bon coeur les juifs s'installer sur les terres qu'ils ont achetées. Il faut dire que le choc culturel est important, à tous les niveaux : la communauté utilise des tracteurs et des engrais tandis que leurs voisins en sont toujours à l'agriculture traditionnelle. Les Arabes vivent selon les lois de l'islam, les juifs pratiquent l'égalité homme-femme et rappellent à tout instant que la religion est l'opium du peuple. L'Angleterre, qui avait pourtant autorisé l'arrivée des juifs en Palestine, semble tout mettre en oeuvre pour faire marche arrière et se débarrasser du problème. La montée de l'antisémitisme en Europe accentue encore le sentiment d'insécurité. Mais quel choix faire ? Rester ferme sur ses idéaux et avoir l'impression d'être un mouton destiné à être égorgé par le premier venu, ou les trahir et s'engager sur la voie des armes ? En parallèle, Joseph s'interroge sur sa propre judéité, qui lui a été finalement plus ou moins imposée. Étant lui-même anglais, il est en permanence tiraillé entre l'éducation qu'il a reçue et les traditions séculaires de son nouveau peuple.
Excellent roman, inspiré par la propre expérience de l'auteur dans les kibboutz, La tour d'Ezra nous plonge aux racines du conflit israélo-palestinien, et soulève toutes les questions qui, malheureusement, n'ont toujours pas trouvé de réponses septante-cinq ans plus tard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          171
miriam
  11 août 2022
A la suite de la lecture du Khazar rouge de Shlomo Sands j'ai lu La Treizième Tribu, l'empire Khazar d'Arthur Koestler qui m'a beaucoup intéressée.  Voici que je trouve dans une boîte à livres, La Tour d'Ezra dans la vieille édition de 1966,le même livre de poche que j'ai lu, adolescente, il y a plus de 50 ans. La Tour d'Ezra et Exodus de Leon Uris étaient la légende dorée d'Israël,  enflammant la romantique adolescente rêvant de la société idéale qu'était le kibboutz....
La Tour d'Ezra supportera-t-elle la relecture ?
Commençons par la dédicace, ambigüe : à la fois à la mémoire de Jabotinsky et à ses amis d'Ain Hashofeth (Hashomer Hatzair), du kibboutz Heftsibah (que Arthur Koestler a voulu  intégrer,  refusé). Etrange mélange idéologique. Cette ambiguïté va planer dans le courant du livre. Joseph, le héros de la Tour d'Ezra est  un des fondateurs du kibboutz. L'histoire s'ouvre avec l'arrivée de nuit, sur la colline, des pionniers qui érigent d'abord la tour puis installent les premiers bâtiments et doivent défendre la colonie des attaques de leurs voisins du village palestinien proche. Histoire héroïque, enthousiasme de ces jeunes idéalistes. On suit avec bonheur cette évocation de la vie quotidienne des pionniers, leurs premiers succès, les discussions idéologiques.
En revanche, leurs voisins palestiniens ne sont pas décrits à leur avantage. le mukhtar et ses fils sont caricaturaux, misère crasse, jalousies...De ma première lecture, je ne me souviens de rien. Peut-être,  moi-même ne voulais-je pas les voir? Certains pionniers, les plus à gauche, souhaitent des relations de bon voisinage ; on ne le voit pas agir. Cette position politique provoque des conflits au sein de la communauté mais ne se traduit pas dans les faits.
En revanche, on voit s'exacerber le nationalisme juif qui n'existait pas au début du roman. Un premier personnage quitte la commune pour rejoindre les terroristes. Si certains le traitent de fasciste et préfèrent couper les ponts, ce n'est pas le cas de tous. Un second, personnage de premier plan choisit la lutte armée et la clandestinité. En parallèle, la situation des Juifs européens empire et la publication du Livre Blanc britannique qui bloque l'entrée des Juifs persécutés en Palestine et l'interdiction acquisition de nouvelles terres rend la situation difficile et conforte les terroristes dans leurs actions contre le pouvoir britannique. Arthur Koestler raconte l'histoire en prenant partie pour l'Irgoun et même le Groupe Stern (citation de poèmes de Yair (Abraham Stern). Il décrit les pratiques terroristes sans chercher à les voiler y compris dans les aspects les plus caricaturaux .
Un autre aspect m'a mis mal à l'aise c 'est l'emploi du mot "race", tabou aujourd'hui, mais pas en 1945! Caractériser la "race juive" en utilisant les poncifs des antisémites, même en justifiant ceux-ci par la persécution millénaire, n'est pas lisible pour le lecteur d'aujourd'hui. En revanche, les observations concernant les Anglais, odieux en colonisateurs mais gentils, polis sur leur île, sont plutôt plaisantes.
Le personnage de Koestler lui-même a été ressenti longtemps comme ambigu, non pas dans sa position vis-à-vis du sionisme mais plutôt avec ses écrits sur le stalinisme et ses conflits avec les intellectuels communistes ou compagnons de route du PCF. J'ai trouvé un podcast passionnant sur l'appli RadioFrance CLIC ainsi que CLIC. 


Lien : https://netsdevoyages.car.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
mellah
  17 février 2021
En lisant la préface de l'éditeur, on remarque immédiatement quelle est en contradiction avec l'essai du même auteur : La 13 ème Tribu.
Des européens judaisés après le chute du royaume kharaz dont les descendants vont en Palestine y chasser des autochtones millénaire dont les aïeuls furent des païen, juifs, chrétiens et musulmans par la suite.
Dans La Treizième Tribu, Arthur koestler avait posé une question très pertinente :
Le sionisme est-il la plus grande supercherie de l'histoire ?
Facile à deviner la réponse.
Commenter  J’apprécie          40
anniefrance
  17 décembre 2014
Livre très éclairant et pas ennuyeux sur la création d'un kibboutz: l'enthousiasme des colons venus d'Europe, les conditions d'existence très difficiles, les doutes, les joies, les peines; la tentation du terrorisme; l'effet de l'antisémitisme; l'hostilité des arabes, l'attitude ambigüee des britanniques...tout cela à travers le regard de Joseph, pionnier de la première heure
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   06 août 2014
Oui, songea Joseph, nous referons la Galilée, que Dieu s'y intéresse ou non. Ce qui m'embête c'est que je suis incapable de jouer un rôle dans un drame sans en avoir conscience. Les Arabes sont en révolte, les Anglais se lavent les mains de ce qui peut nous arriver, mais l'Endroit nous attend : six cents hectares de pierres de toutes tailles au faîte d'une colline, entourée de villages arabes, sans autre colonie hébraïque à des kilomètres à la ronde, et un marais paludéen par-dessus le marché. Mais quand un Juif revient dans ce pays, qu'il voit une pierre et qu'il se dit : « Cette pierre est à moi », alors, quelque chose se brise en lui qui est resté tendu pendant deux milliers d'années.

Son bras s'était engourdi ; il se mit à l'agiter en l'air.

Peut-être, se dit-il, toute cette idée du Retour n'est-elle qu'une blague romantique. Si je suis tué, je ne saurai même pas si je crève dans une tragédie ou dans une farce... Mais, quoi qu'il en soit, le sentiment que m'inspire l'Endroit est réel, le plus réel que j'aie jamais éprouvé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
LuniverLuniver   07 août 2014
Elle rôda dans l'atelier et finit par s'appuyer à mon établi, tandis qu'à chaque instant l'air se saturait davantage du reproche silencieux de la femme blessée, mais fière, qui garde ses souffrances pour elle toute seule... à moins, naturellement, que vous n'appuyiez sur le bouton qui ouvre l'écluse et déclenche la cataracte... Mais alors, c'est bien votre faute si vous êtes noyé, n'est-ce pas ? D'autre part, si vous vous gardez d'appuyer sur le bouton, vous n'êtes qu'une sinistre brute, et le reproche silencieux s'intensifiera jusqu'à ce que vos nerfs vibrent comme une corde tendue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
LuniverLuniver   09 août 2014
Miss Clark émit un petit souffle et hasarda :
« On se demande quelquefois s'ils deviendront jamais vraiment civilisés. »
Miss Clark aurait été bien en peine de donner la définition exacte du mot « civilisé », mais elle avait dans la tête une image très vivante de ce qu'il signifiait pour elle : déjeuner à une crèmerie du Strand de thé avec deux petits pains, du beurre et une tranche de fromage avec de la moutarde, tandis que l'orchestre féminin en uniforme jouait la Rhapsodie hongroise de Liszt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
LasloudjikamalLasloudjikamal   19 octobre 2020
Soudain l’idée s’empara de moi que ce dont souffrait Dîna n’était que simagrees et hypocondrie et qu’en la prenant par surprise je pourrais abattre la barrière.Je comptai mentalement jusqu’à trois,puis, me tournant vers elle,je m’agrippais aux épaules.Elle ne se contracta pas;c’était presque comme si elle s’y était attendue.Elle ne résista pas tandis que je l’attirais comme moi, mais son corps se raidit et elle tremblait si violemment que j’entendis le faible grincement de ses dents qu’elle serra pour s’empêcher de crier. La terreur me saisit,mais j’étais résolu à aller jusqu’au bout et je sentais que Dîna le désirait aussi,espérant avec moi contre toute espérance.Mais,malgré elle,son corps rigide s’écarta,et à la seconde où j’appuyai m’a bouché sur ses lèvres sèches,elle me rejeta avec violence.Nous demeurâmes haletants sur la plate-forme obscure et Dîna reussit à dire d’une voix étranglée:
Et,avant que j’eusse pris une décision,elle vomit par-dessus le parapet.Je n’osai même pas lui soutenir la tête.
Quand elle se sentit mieux,nous redescendimes l’échelle et,la encore,je n’osai pas l’aider.Elle me dit bonne nuit,et,à la faible lueur que laissait passer la porte ouverte du Réfectoire,je pus voir qu’elle s’efforçait de sourire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lecassinlecassin   25 novembre 2011
Il est surprenant de constater combien sont peu nombreux les besoins essentiels une fois supprimées la compétition et l'accumulation.


Commenter  J’apprécie          100

Video de Arthur Koestler (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Koestler
La lie de la terre, Arthur Koestler
autres livres classés : israëlVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
904 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre