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Critique de Ambages


Ambages
  10 juin 2019
" Un mathématicien a dit une fois que l'algèbre était la science des paresseux - on ne cherche pas ce que représente x, mais on opère avec cette inconnue comme si on en connaissait la valeur. Dans notre cas, x représente les masses anonymes, le peuple. Faire de la politique, c'est opérer avec x sans se préoccuper de sa nature réelle. Faire de l'histoire, c'est reconnaître x à sa juste valeur dans l'équation. "

Voilà, je suis devant le clavier et je suis toujours aussi hésitante à écrire un mot sur ce livre. Il y a quelques livres qui forment ma jeunesse et avec lesquels j'ai déménagé plus que de raison, celui-ci me suit depuis 1986, autant dire presque une éternité. Acheté adolescente pour comprendre et accepter, parce qu'il allait confirmer ce que je savais déjà. Sans doute est-ce la raison qui le fît rester dans la bibliothèque, sans cassure ni trauma. J'ai grandi dans une famille où il était de coutume de dire qu'il fallait voir rouge, on avait toujours le temps de rosir. le temps des nuances est arrivé avec l'adolescence, mais je ne voulais pas l'entendre. On n'aime pas les nuances à cet âge et on a honte de reconnaître qu'on en manquait. Alors qu'à la maison on était parti sur le mode ni dieu ni maître, une pincée d'anar là-dessus, moi je m'y perdais. Alors on m'embarquait écouter des conf sur l'utopie de Thomas. Plus j'y pense et plus je suis convaincue qu'on me nourrissait pour l'avenir, mais à quinze ans, moi je voulais du simple. Je crois que c'est pour ça que je ne l'ai pas ouvert mais je l'ai gardé parce que les graines de la raison et de l'humanisme étaient plantées. Je ne remercierais jamais assez mon père pour cette ouverture. Chez lui c'était si naturel, l'autre était presque lui et vise versa. Et puis il y a quelques jours, un babéliote a eu le mot qui donne l'action directe vers le zéro et L Infini, j'ai su que c'était le bon moment de l'ouvrir. Comme dit une autre babéliote, il y a une logique en tout, et je l'ai crue. Dire que j'ai apprécié cette lecture, oui évidemment mais d'une manière rationnelle, raisonnée, sans passion parce qu'il m'a fallu admettre que je ne puis savoir avec certitude dans quel camp je me serai retrouvée. Mais quarante ans, Roubachov, c'est peut-être un peu long pour enfin comprendre que " le facteur sans importance était devenu l'infini, l'absolu. "

Voilà, je suis devant le clavier et je sais quel mot écrire. En fait je tape sur le clavier comme d'autres ont tapé sur de la brique, et le chiffre pénètre, interprète. Et je repense à Babel 17 et je frappe :
" 2-5 ; 1-5 "
C'est exactement le mot qui me convient, parce que c'est un livre très personnel, qui me touche énormément. C'est une partie de mon histoire et de mes questionnements politiques, dont certains demeurent ...tout en nuances aujourd'hui.
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