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EAN : 9782278085620
256 pages
Didier Jeunesse (06/06/2018)
3.12/5   8 notes
Résumé :
À Gibraltar, une pâtissière ensorcelle ses clients avec des gâteaux,
À Marseille, une coiffeuse est face au cadavre de son patron,
Et à Raguse, un homme souhaite emprisonner la mer sur sa toile…

Sept récits traversent ainsi les époques, de l'antiquité à nos jours, et la Méditerranée, comme autant de visions vibrantes et fantastiques où se jouent des destins, des terreurs, des désirs.
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

L'homme qui voulut peindre la mer de Tristan Koëgel m'a été envoyé par net galley et Didier Jeunesse. Je m'en réjouissait car j'ai beaucoup aimé le complot du trident.

L'homme qui voulut peindre la mer n'est pas un roman mais un recueil de sept nouvelles sur le thème de la mer.

Je trouvais ça prometteur et très intéressant, surtout que la mer je suis née à proximité et je la connais :)

À Gibraltar, une pâtissière ensorcelle ses clients avec des gâteaux.

À Marseille, une coiffeuse est face au cadavre de son patron.

Et à Raguse, un homme souhaite emprisonner la mer sur sa toile…

Sept récits traversent ainsi les époques, de l'antiquité à nos jours, et la Méditerranée, comme autant de visions vibrantes et fantastiques où se jouent des destins, des terreurs, des désirs.

L'idée est bonne, elle me séduisait mais je n'ai pas été convaincue par ce recueil de nouvelles. C'est noir, beaucoup mais alors trop noir pour les enfants !

Certes, c'est original, bien écrit et très intéressant.

Mais j'aurais préféré que l'auteur nous écrive de jolis récits plus positifs, moins noirs et moins ciblés sur la mort.

J'ai trouvé ça trop sombre, même si je suis ravie de ma lecture.

Si la cible était les adultes j'aurais mis cinq étoiles mais comme c'est pour la jeunesse je mets trois étoiles.

Trop de noirceur dans ce recueil, quel dommage ! Mais je relirais quand même cet auteur avec plaisir car il a une très jolie plume :)

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D'une vingtaine de pages chacune, ces nouvelles nous embarquent dans des univers et des registres totalement différents à chaque fois : tantôt terrifiant, ou dramatique, tantôt ironique ou fantastique, même mythologique.

Ce que je retiens pourtant, c'est la noirceur de ces récits. La mort ou la sorcellerie est présente à chaque fois. Les destins de ces hommes et femmes rencontrés sont donc antinomiquement vibrants et effrayants. On retrouve pour chaque histoire des personnages forts, qui s'affirment, dans un monde qui n'est pas si doux et beaux. Des personnages qui vont faire des sacrifices pour être libres. Leur désir d'échapper à leur quotidien les pousse à braver les interdits.

Toutes les histoires sont dures émotionnellement. Bien qu'elles restent dans le domaine de l'imaginaire ou de la mythologie pour la plupart, on sent le poids de la réalité. Pour cela, je pense que ce recueil doit être lu par un public averti. Un public adulte qui en captera davantage les nuances.

La mer a toujours une consonance car Koëgel a choisi des lieux situés autour de la méditerranée : la Sicile, l'Espagne, la France... La mer est le reflet de l'âme des personnages, ils s'y attachent ou s'y noient. On sent sa présence dans chaque histoire. La mer créée un lien entre ces histoires de vies, qui ne se ressemblent absolument pas.

Quant aux nouvelles en elle-mêmes, je ne vais pas vous les résumer, mais seulement vous parler de mes préférées.

La première histoire nous emporte dans la pâtisserie de Victoria qui fait des gâteaux si bons que se ruent chaque jour des centaine d'habitués. Et ces gâteaux semblent avoir une réaction positive chez tous les gourmands. Cette histoire nous emporte réellement dans un monde féerique. bien que petit à petit, le fantastique se met en place, apportant des touches d'ombres à ce personnage... J'ai adoré cette première nouvelle qui met bien dans l'ambiance un peu feutré de ce recueil.

La mise en plis raconte l'histoire d'un salon de coiffure avec ses coiffeuses serviables et dynamiques alors que le patron est ignoble et condescendant, mais celles-ci, désirant garder leur travail, ne répliquent jamais. Un jour, Awa se retrouve face au cadavre du patron. Que va t-elle faire ? Encore une histoire bien sombre ( je vous l'avais dit) mais qui prouve de la volonté des femmes, de leur courage.

La Harga est émouvante. Elle fait partie de ces récits qui marque, que j'adore par dessus tout. On est en Algérie et l'appel de la harga, la traversée de la mer pour rejoindre l'Europe et vivre plus décemment, mijote dans la tête de Chamseddine. Est-il prêt à tout abandonné ? Cette histoire est touchante.

Enfin, la nouvelle qui donne son titre au livre parle d'un garçon peintre qui devient fou en essayant de reproduire le mouvement de l'eau sur sa toile. Avec beaucoup de justesse, l'auteur parle de ce mal être face à l'élément.

Alors oui, je n'ai pas été totalement séduite par toutes les histoires, peu m'ont vraiment marquées, dont je me souviens après plusieurs jours. peut-être ne suis-je pas fan des nouvelles, on n'a pas le temps de rentrer vraiment dans l'univers et en tant qu'adepte des trilogies, il y a une grande différence. J'ai par exemple était davantage charmée par d'autres romans de Tristan Koëgel comme Les sandales de Rama. Mais je ne retire en rien la qualité littéraire de ces récits. Certaines histoires sont très belles. J'ai pour ma part, seulement effleurer la surface de l'eau, sans plonger.

En résumé, un beau recueil, qui se lit en plusieurs fois, afin de savourer chaque histoire, jour après jour. Il manque peut-être de notes d'espoirs à mon gout mais l'écriture très belle et presque magique, et ce don pour raconter, saura en ravir plus d'un.


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Tristan Koëgel nous fait voyager dans le temps, dans le monde mais aussi entre le réel et le fantastique. Il a pris pour sujet la mer. Elle n'est pas au coeur de toutes les intrigues mais les histoires qu'il nous a concoctées y font toujours allusion de loin ou de près, voire de très près.

Ici, la mer obsède, passionne, rend fou, attire, et peut même parfois tuer. Les héros de ces histoires cruelles et étranges vont en faire l'amère expérience.

Ce que j'ai aimé, c'est ce côté fantastique qui s'immisce là où on ne s'y attend pas. Et par dessus tout, ces dénouements que l'on redoute, que peut-être on présuppose sans trop vouloir y croire et qui nous saisissent d'effroi et nous laissent un peu hébétés une fois le récit achevé.

On y parle d'un peintre obsédé par la mer (dans la nouvelle qui donne son titre au recueil), d'une pâtissière à la cuisine envoûtante dans Nec plus ultra, d'un enfant pas comme les autres dans Mon papillon dans l'estomac, d'un accident malencontreux dans un salon de coiffure dans La mise en pli, d'une traversée dangereuse dans La Harga, de la convoitise des hommes dans La cadeau de la méduse et d'une grande et terrible exploration maritime dans L'obstination de Makarios.

L'auteur sait y faire. Il nous promène de-ci, de-là autour de cette Méditerranée mystérieuse et chargée de légendes et de mythes encore vivaces. Est-ce la réalité? Est-ce un rêve? Ou bien un cauchemar...?

L'ensemble est très diversifié et en même temps très homogène. La mer Méditerranée est le point commun qui relie les histoires les unes aux autres. Mais il n'est que le point de départ, le prétexte pour réunir ces récits extraordinaires et fantastiques.

Si j'en ai préféré certaines(les quatre dernières), j'avoue que l'ensemble m'a vraiment convaincue et que j'ai pris plaisir à découvrir chacune des nouvelles.

Ce recueil possède aussi un autre point fort ; c'est très documenté. Tristan Koëgel nous agrémente ses récits de faits bien réels et nous apprend beaucoup de choses, tout en nous divertissant ou nous faisant frissonner...

Il est vrai qu'il y a un petit quelque chose De Maupassant et son Horla, d'Edgar Allan Poe et ses nouvelles fantastiques. On est dans un registre similaire. C'est tellement plaisant de retrouver un peu cette ambiance ! Je me suis régalée, de façon un peu perverse ma foi mais bon... de temps en temps, il n'y a pas de mal, si?


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Un véritable coup de coeur. Comme il s'agit de nouvelles, je ne vais pas me lancer dans un résumé de chacune afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Je me contenterai de dire qu'elles partagent toutes un même cadre : les pays de la Méditerranée, à des époques différentes. Chacune baigne dans une atmosphère étrange, presque onirique, un peu comme les Nouvelles Orientales de Yourcenar.

Que dire ? Tout d'abord la plume est très belle, à la fois accessible et exigeante. C'est typiquement le genre de lecture qui peut plaire aux jeunes comme aux moins jeunes.

Ensuite, il y a, je trouve, une véritable cohérence et une belle harmonie entre tous les récits ; aucun n'est un ton en dessous des autres (même si je donnerais une mention spéciale à la "chute" de la nouvelle éponyme ?).

Enfin, aucun de ces récits ne cède à la facilité, certains ont même une véritable dimension de conte cruel. Pour ceux et celles qui souhaitent éviter à leurs enfants des lectures trop niaises, c'est absolument parfait !

Autre mention spéciale : la très belle couverture.

En somme, allez-y !

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Un recueil de nouvelles qui sent bon l'été et la mer. Mais ce n'est pas un voyage tranquille que propose ces lectures ; l'ensemble laisse une impression très sombre à l'image des profondeurs de l'océan. le regard des désirs, des terreurs et de la fascination des humains à travers le temps et les cultures est un choix de recueils intéressant. Les descriptions des paysages des bords de mer sont un très beau voyage adapté pour une lecture d'été.


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Citations et extraits (2) Ajouter une citation

Comme tous ces rochers noyés dans la lumière aveuglante de la mer, qui prolongent les terres en presqu’îles orgueil- leuses tournées vers l’horizon, Gibraltar a tout vu. Au sommet de ses falaises usées depuis des millénaires par les caresses des flots amers, se sont hissés les premiers hommes ayant franchi son détroit, quand l’eau était plus basse et la terre plus haute. Puis quand l’homme a su flotter sur un tronc d’arbre et transformer ce tronc en embarcation stable, Gibraltar l’a reçu. Quand l’homme s’est lassé de parcourir le monde et que l’idée de construire des maisons, des villes, des remparts lui est venue, Gibraltar l’a reçu.

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Ses premières années sur l'île, il les passa à observer son adversaire, à toute heure du jour et de la nuit, en toute saison, dans tous ses états, sous tous les angles. Depuis la côte qui faisait face aux remparts de son ancienne cité, depuis l'autre bout de l'île où les courants filaient vers les rivages de l'Italie, il s'imprégnait de chaque nuance de l'Adriatique. Et de son mouvement surtout. Il ne voulait pas peindre un détail de la mer, mais la mer tout entière, et il ne voyait pas du tout comment s'y prendre. Ça l'énervait beaucoup. Elle changeait de couleur et d'aspect avant qu'il n'ait préparé sa palette et paraissait complètement indifférente à ses colères. En réalité, ces deux-là s'apprivoisaient mutuellement.

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Vidéo de Tristan Koëgel
Raphaële Frier présente son nouveau roman, coécrit avec Tristan Koegel et à paraître dans la collection boomerang en février 2021.
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