AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782815906449
128 pages
Éditeur : L'Aube (16/08/2012)
4.2/5   248 notes
Résumé :
Voici le récit lumineux d'une initiation amoureuse, vibrant de naturel et de sensualité malgré la haine et la mort. Nìkos, un adolescent, et Gioconda, une jeune fille juive, s'aiment d'un amour absolu jusqu'à la déportation de celle-ci à Auschwitz, en 1943.« C'est le livre que je préfère au monde. C'est une histoire magnifique, à la fois poétique et super sensuelle... »
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 248 notes

migdal
  14 mars 2021
Je tiens à remercier Anselme Guilledoux, bouquiniste croisé en accompagnant dans Paris Théophraste Sentiero, « L'homme qui marche », la créature de Jean-Paul Delfino, qui m'a recommandé Gioconda.
Cette Joconde n'est pas l'icone peinte par Léonard de Vinci, mais une jeune juive de Salonique déportée par les allemands en 1943 et gazée avec toute sa famille. Elle fut le premier amour de son voisin, Nikos Kokantzis, qui décide en 1975 de conserver sa mémoire en narrant leur histoire.
Quelle est la part du rêve et de la réalité trente ans après les faits ?
N'avons-nous pas tous tendance à idéaliser notre jeunesse et le passé ?
Nikos fut il aussi précoce dans la résistance qu'il le prétend ?
Nul ne le saura jamais … et qu'importe.
Car tragique et vraie, hélas, est la déportation des juifs de Salonique et leur extermination méthodique.
Les pages consacrées à l'arrestation de Gioconda, de sa fratrie, de leurs parents et de leur grand-mère sont d'autant plus bouleversantes qu'elles ne décrivent pas, contrairement à de nombreux films, des hurlements, des aboiements de bergers allemands, des coups et des plaintes, des nazis membres de la Gestapo ou de la SS.
Elles photographient des soldats allemands très « corrects », qui ont la galanterie de porter les valises des prisonniers et dont les officiers saluent respectueusement les voisins, calmes et attentifs.
Les occupants appliquent la procédure ; les occupés respectent le protocole et avancent calmement vers leur destin dans un silence et une discipline suicidaire.
Cette tragédie grecque dépasse le martyre de Gioconda et nous rappelle que les civilisations sont mortelles. Un ouvrage court, dense, poétique et dramatique qui répond parfaitement au devoir de mémoire et que je suggérerai nottament à des lycéens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          934
latina
  24 janvier 2018
Il est jeune, c'est encore un adolescent.
Il habite dans un joli quartier de Thessalonique.
Il aime à la folie Gioconda.
Elle est un peu plus jeune que lui.
Elle est belle.
Elle habite à côté de chez lui, de l'autre côté du terrain vague où ils se réunissent avec leurs amis.
Cela a été la plus belle période de leur vie.
Ils se connaissent depuis l'enfance, et l'amour était déjà là, tapi dans l'ombre, prêt à exploser.
Le seul amour qui transporte, qui unit, qui transcende tout.
Une petite ombre au tableau : nous sommes sous l'Occupation allemande.
Et elle est juive...
Une petite précision : c'est une histoire vraie.
Nikos Kokantzis raconte sa propre histoire, dont il ne se remettra jamais totalement. Il s'en est délivré dans ce tout petit livre plein de sensibilité et de poésie. C'est une ode à l'amour, au vrai, où les corps et les coeurs s'allient dans la tendresse et la passion. Des regards plus appuyés au premier baiser, des caresses furtives à l'union totale, ce livre nous révèle le début d'un grand amour qui perdurera à travers les années, malgré les camps, malgré les douches, malgré les fours, malgré la mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          648
nadejda
  28 août 2012
Livre unique pour un amour unique inoubliable. Nikos Kokantzis né à Thessalonique en 1930 s'éveille à l'amour en compagnie d'une de ses compagnes de jeux, durant la guerre en 1943. La découverte de l'amour avec cette jeune voisine l'éblouit mais ce souvenir restera d'autant plus fort que Gioconda est juive et sera déportée à Auschwitz d'où elle ne reviendra pas. le savoir dès le début n'enlève rien à la lecture de ce beau et émouvant petit livre, hymne à Gioconda et hymne à la vie vécue avec d'autant plus d'intensité que les menaces environnantes en font goûter toute la fragilité et la beauté. Ce texte se lit comme un conte car on a l'impression que cet amour lumineux les enveloppe et les protège si bien qu'ils seront épargnés. C'est sans doute dû au désir de l'auteur qui réussit à lui donner un parfum d'éternité. Elle est devenue pour lui 30 ans après comme un rêve qu'il ramène à la réalité en écrivant.
«Et nous, qui ressentions l'horreur, l'exaltation de cette chose énorme qu'est la guerre, tous deux ensemble, nous vivions ces journées avec une intensité particulière, liée à notre amour, à notre découverte de la vie et de nous-mêmes. Nous sortions de chez nous le soir en cachette après l'heure du couvre-feu (certains pour l'avoir fait, s'étaient vus tirer dessus par les patrouilles allemandes), et nous nous retrouvions dans le terrain vague entre nos deux maisons, cachés par les hautes herbes et les buissons. (...) ce que nous faisions nous semblait passionnant, magique. Il n'y avait là rien d'excessif : l'heure la plus calme, pendant toute cette guerre, fut plus forte et bouleversante que le moment le plus intense en période de paix. »
«Quelque part en Allemagne de l'Est, des parcelles de ce qu'elle fut subsistent peut-être dans l'écorce d'un arbre, dans une motte de terre. (...) Les vents qui ont soufflé toutes ces années l'ont peut-être ramenée en Grèce et je l'ai respirée, qui sait, sans le savoir, en une union amoureuse. Les grands yeux gris, les lèvres douces, la peau si lisse, la voix rauque... le rire, le chagrin, l'amour, tout ce qu'Elle était.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          532
karmax211
  12 mars 2021
Quelle excellente idée que d'avoir hier soir ouvert ce petit livre magnifique, que j'ai lu d'une traite !
Quel sublime et poignant hommage que celui d'un homme qui, à quarante-cinq ans, réalise que sa propre mort signifierait la disparition définitive, l'oubli absurde et injuste de celle qui fut et resta le grand, l'irremplaçable amour de sa vie, et qui, ce faisant, décide de prendre la plume pour ériger à celle qui jamais ne cessa d'habiter son coeur, un mausolée dont la flamme de la passion qu'il lui voua jamais ne s'éteindra.
Nikos Kokantzis débute son récit par ces mots en lettres capitales : " CECI EST UNE HISTOIRE VRAIE."
Le ton est donné.
Nikos est né en 1927 à Thessalonique, ville portuaire De Grèce où il vit avec sa famille, non loin d'une autre famille à laquelle appartient Gioconda, d'un an sa cadette.
Dès qu'ils sauront marcher, ces deux-là, inexplicablement deviendront inséparables.
Arrivés aux portes de l'adolescence, leur attraction enfantine se transformera en un Amour absolu. Un Amour qui leur permettra de vivre pleinement leur passion en dépit de la guerre et de l'occupation nazie. Car durant la Seconde Guerre mondiale, c'est à Thessalonique que les Allemands ont installé leur quartier général...
Nous sommes en 1943 et Gioconda est juive.
Leur amour va engager une course contre la montre pour ralentir l'inexorable marche infernale de la machine à broyer nazie.
Nikos va entrer dans la résistance et y accomplir de "petites tâches", et l'un et l'autre ne consentiront jamais à respecter le couvre-feu imposé par l'occupant ; été comme hiver, leur seule obsession sera d'être toujours ensemble... jusqu'au jour où les affidés de la bête immonde emporteront vers les camps de la mort Gioconda et les siens... qui périront tous à Auschwitz.
Ce livre mausolée est avant tout un hymne vibrant à la vie, à l'amour et à la liberté.
Il est empli de couleurs, d'odeurs et est extrêmement sensuel.
C'est un livre témoignage sur une douloureuse époque et sur la barbarie qui l'a traversée.
C'est enfin un livre hommage à la tolérance et à tous ceux qui sont morts parce que "des loups avaient forcé la porte de leurs maisons et que ces prédateurs en avaient décidé autrement."
La plume de Nikos Kokantzis s'élève au-dessus de la pesanteur des mots, les fait "s'envoler aux sources de l'altitude", sublime cette sublime histoire d'amour... qui, lorsque vous l'aurez lue, laissera au coeur de votre âme "comme un p'tit coqu'licot..."
"Ce que très peu de gens trouvent dans leur existence, alors que tous le recherchent obstinément, m'avait été donné par faveur spéciale, dès le début de ma vie. Depuis je n'ai pas cessé, je crois, de vouloir la retrouver dans chacune des femmes que j'ai approchées. Voilà ce qui explique sans doute cette recherche sans fin, ces innombrables visages nouveaux, cette solitude."
PS : pour mémoire...
"En 1492, à la suite de l'expulsion des Juifs d'Espagne, Salonique, qui n'avait jusqu'alors abrité qu'une petite communauté juive, devient le centre mondial du judaïsme séfarade au point d'être surnommée la « Jérusalem des Balkans » et la « madre de Israël.
Lors de l'occupation de la Grèce durant la Seconde Guerre mondiale, les Juifs de Salonique sont alors la principale communauté séfarade touchée par la Shoah et on estime que 98 % de la communauté a été exterminée."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          423
Marple
  06 juin 2015
C'est sur les conseils d'une libraire que j'ai découvert Gioconda et son amoureux Nikos. Sans elle, jamais je ne me serais arrêtée sur ce livre si petit d'un auteur et d'un éditeur inconnus, au titre improbable et à la drôle de couverture bleue. Mais elle m'a dit que c'était un des plus beaux livres qu'elle avait lus, et je l'ai suivie.
Je ne sais pas si j'irais aussi loin qu'elle dans l'éloge, mais c'est sans contexte une magnifique et poignante histoire d'amour, et probablement les scènes d'amour les plus belles, les plus innocentes et les plus sensuelles que j'aie jamais lues. Il ne s'agit pas d'un roman, mais du récit par Nikos (Kokàntzis, l'auteur) de son histoire lumineuse et passionnée avec Gioconda.
C'est un destin à la Roméo et Juliette qu'ils vont connaître. Non pas que leurs familles, voisines et amies, s'opposent à leur relation. Mais on est en Grèce pendant la Seconde Guerre Mondiale, et Gioconda est juive... Pour oublier, pour conjurer, les deux adolescents s'aiment aussi fort et aussi souvent qu'ils le peuvent. de tout leur coeur, de toute leur âme, mais aussi de tout leur corps qui découvre le désir et le plaisir.
Challenge Petits plaisirs 20/xx
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          492

Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   14 mars 2021
Ils vinrent les chercher par une chaude fin d'après-midi. Un grand camion militaire arriva, avec trois soldats allemands et un officier, peu bavards, méthodiques et presque polis. Les voisins regardaient aux fenêtres, des enfants s’étaient rassemblés autour du véhicule, observant ce qui se passait avec une curiosité muette. Mes parents et moi étions chez eux pour les aider et leur dire adieu. On parlait peu, on s’affairait en hâte, en accordant beaucoup d'importance à des détails superflus. Chacun n'avait le droit d'emporter que quelques habits et un peu de nourriture. Tout cela fut entassé dans deux vieilles valises et un paquet maladroitement ficelé.

(...)

Les soldats les aidèrent à monter, leur passèrent les valises et le paquet, montèrent à leur tour, relevèrent le battant et mirent la chaîne. L’officier se tourna vers mon père et, à notre surprise, le salua militairement en claquant des talons, avant de monter à côté du chauffeur. Le camion démarra, avança jusqu'au coin de notre petite rue, tourna dans l'avenue et disparut à nos yeux. Le bruit nous parvint encore assez longtemps et tant que nous l’entendîmes, nous restâmes. Puis il cessa et tout fut tranquille. Les voisins s'étaient retirés chez eux en fermant les volets. Les enfants avaient disparu. Dans la cour de leur maison vide, nous étions totalement seuls.

Nous rentrâmes chez nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          401
migdalmigdal   13 mars 2021
Gioconda était juive, comme de nombreux Saloniciens : la ville fut pendant des siècles, et jusqu'à son rattachement à la Grèce en 1913, peuplée en majorité par des juifs ; ceux-ci, en 1940, se comptaient encore par dizaines de milliers.

Ils furent tous déportés en 1943. Presque tous - dont Gioconda - sont morts à Auschwitz ; mille à peine sont revenus. Et si quelques livres (dont l'admirable Sarcophage de Yàrgos loànnou) ne rappelaient pas leur existence avec tendresse, leurs traces elles-mêmes pourraient bientôt s'effacer (...)

La ville elle-même a en grande partie disparu. Des vagues de béton ont recouvert ses villas et ses jardins. Cinquante ans après, il ne reste rien des personnages et des lieux évoqués dans ce récit ; ce qui lui donne, si véridique soit-il, des allures d'histoire de fantômes.

La Thessalonique d'avant-guerre est plus lointaine, désormais, que l’Inde ou que la Chine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          450
migdalmigdal   13 mars 2021
Ceci est une histoire vraie.

Hier, une fois de plus, j'ai vu en rêve mon ancien quartier. Rêve la nuit, cauchemar le jour, quand on voit ce qu'ils en ont fait. Moi, au moins, je l’ai connu du temps de sa beauté. J’ai eu la grande chance de naître et grandir là-bas, j'y ai vécu la guerre, l’Occupation, puis quelques années encore.

À l'époque, avant guerre, dans des quartiers comme le nôtre, les gens vivaient dans des maisons et non dans des « résidences » ; il y avait des jardins et des fleurs, mais pas de voitures ; chaque saison avait encore son parfum, et le silence de la nuit n’était troublé que par l'aboiement d'un chien, le chant d'un coq avant le jour, les grenouilles dans la citerne du voisin l'été, le laitier du matin et les premiers bavardages des ménagères - par tout cela, et tant d'autres choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
GabySenseiGabySensei   14 octobre 2014
Ce que très peu de gens trouvent dans toute leur existence, alors que tous le recherchent obstinément, m'avait été donné, par faveur spéciale, dès le début de ma vie. Depuis je n'ai pas cessé, je crois, de vouloir la retrouver dans chacune des femmes que j'ai approchées. Voilà ce qui explique sans doute cette recherche sans fin, ces innombrables visages nouveaux, cette solitude.

(P76)
Commenter  J’apprécie          230
krzysvancokrzysvanco   29 janvier 2016
Gioconda n'est plus qu'un rêve. Parfois je me demande si elle a existé, j'interroge mes parents, mes cousins, pour m'assurer que oui. Quelque part en Allemagne de l'Est, des parcelles de ce qu'elle fut subsistent peut-être dans l'écorce d'un arbre, dans une motte de terre. Des gens l'ont peut-être sentie dans une fleur, bue dans leur vin. Les vents qui ont soufflé toutes ces années l'ont peut-être ramenée en Grèce et je l'ai respirée, qui sait, sans le savoir, en une dernière union amoureuse. Les grand yeux gris, les lèvres douces, la peau si lisse, la voix rauque... Le rire, le chagrin, l'amour, tout ce qu'Elle était.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130

>Littérature (Belles-lettres)>Littérature hellénique. Littérature grecque>Littérature grecque moderne (56)
autres livres classés : littérature grecqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
4188 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..