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Alain Besançon (Préfacier, etc.)
ISBN : 2251446818
Éditeur : Les Belles Lettres (25/04/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
« “Avancez vers l’arrière s’il vous plait !” Telle est la traduction approximative d’une injonction que j’entendis un jour dans un tramway de Varsovie. Je propose d’en faire le mot d’ordre d’une puissante Internationale qui n’existera jamais. »

Leszek Kolakowski (1927-2009) fut l’un des plus importants philosophes européens du xxe siècle. Méconnu en France, ce dissident exilé à Oxford pour fuir la dictature communiste fut l’auteur d’une trentaine de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
3055
  26 juin 2017
Entres autres livres, lors de l'ante pénultième masse critique, Comment être socialiste + conservateur + libéral de Leszek Kolakowski m'avait attiré et fait penser à un texte de l'économiste autrichien Friedrich Hayek intitulé Pourquoi je ne suis pas un conservateur ? Dans ce texte, Hayek explique les raisons pour lesquelles il n'est pas un conservateur, les raisons pour lesquelles il est préférable de ne pas se qualifier de libéral qui non seulement, selon lui, ne qualifie pas bien le parti de liberté et qui est un terme qui n'a pas le même sens des deux côtés de l'Atlantique. Comme Hayek ne saurait être socialiste, son texte explique en fait comment ne pas être socialiste + conservateur + libéral. Hayek se définit lui-même comme un « Old Whig ». Aussi ce Comment être socialiste + conservateur + libéral est intrigant car ces trois termes sont a priori antinomiques et également parce que ma lecture de Hayek me qualifierait davantage d'« Old Whig ».

Au surplus, au moment de cette masse critique, j'ai commencé la relecture du Cours de philosophie en six heures un quart de Wiltod Gombrowicz, un auteur polonais comme Leszek Kolakowski, dans lequel le quart d'heure final est consacré au marxisme. Et justement Leszek Kolakowski est critique du marxisme et du communisme qui l'a poussé à l'exil.
Ce recueil est le premier volume regroupant les principaux articles que Leszek Kolakowski a écrit pendant la période 1978-2008 dans la revue Commentaire. Au programme une préface d'Alain Besançon qui introduit la pensée de Leszek Kolakowski et le présente et neuf articles dont celui qui donne le titre à ce recueil. Dans ces articles, Leszek Kolakowski traite du communisme (qu'il a fui pour s'exiler à Oxford) et du nazisme, du marxisme, du mal, de Job, du diable, de la religion, des illusion de l'universalisme culturel, de la Pologne et de philosophie (il était un fin connaisseur des pensées de Spinoza, Hume et Pascal). Comme dans tout recueil d'articles, certains sont plus passionnants que d'autres selon d'où le lecteur vient et selon où il va. Ainsi, l'article qui donne son titre au recueil, « Ce qui est vivant (et ce qui est mort) dans l'idéal social démocrate », « Note conjointe sur le communisme et le nazisme » et « À travers des ruines mouvantes » sont les articles qui m'ont le plus intéressés - ceux portant sur la religion et le Mal m'ont moins motivés.
Outre l'artifice de prendre comme titre du recueil l'article le plus court et au titre le plus paradoxal - je ne suis pas certain que j'aurai coché dans la liste de la masse critique ce livre si le titre avait été « La métaphysique et l'expérience du Mal. Leibniz et Job » - , il aurait été judicieux de présenter chaque texte dans son contexte. Ici, les textes vont de 1978-1979 à 2008 et, par exemple, il est difficile de se souvenir du contexte spécifique de la Pologne en 1982 lorsque Leszek Kolakowski écrit son texte « Pologne : réfutation de trois arguments « irréfutables » ».
À l'exception de ces deux critiques, la lecture des articles de Leszek Kolakowski est très stimulante, parfois difficile et également nourrissante en ces périodes où comme Pascal Picq l'écrit dans Qui va prendre le pouvoir ?: Les grands singes, les hommes politiques ou les robots des « dizaines de millions de personnes [...] ne réfléchissent plus ».
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jimruel
  28 juin 2017
Ouvrage découvert grâce à l'opération Masse Critique de mai 2017. le titre peut laisser penser qu'il s'agit d'un essai explicatif sur les grands courants politiques de nos sociétés occidentales. Il s'agit plutôt d'une compilation de différents articles parus dans la revue Commentaire pendant la période 1978-2008. Leszek Kolakowski est un philosophe européen d'origine polonaise, qui a fui la dictature communiste et s'est réfugié à Oxford. Les sujets abordés sont divers et variés : politique, religion, métaphysique, philosophie...il y a pourtant une certaine cohérence dans cet ensemble en apparence hétérogène, et l'agencement et la sélection des différents articles ont du sens pour un lecteur attentif.
Tout d'abord, je souscris pleinement à ce que dit Alain Besançon dans la préface : pour autant que je puisse en juger en simple amateur, sans avoir fait d'études de philosophie, Kolakowski a une érudition formidable, une connaissance intime de la plupart, si ce n'est de tous les courants philosophiques occidentaux, et il a également une capacité de synthèse et de vulgarisation digne d'un grand professeur. Je retiens l'ouvrage cité dans la préface, comme future lecture : Why is there something rather than nothing.
J'ai particulièrement aimé l'article « Les illusions de l'universalisme culturel », qui critique de manière intelligente et lumineuse les risques d'appauvrissement culturel des sociétés actuelles, à l'heure de la globalisation, qui entraîne chacun de nous vers le relativisme et la mise en question de sa propre culture, et de ses propres traditions.
Dans plusieurs articles, l'auteur critique avec virulence le marxiste-léniniste, dont l'expérience totalitaire en URSS a fait des millions de morts et de disparus. Aujourd'hui, a posteriori, nous connaissons l'existence historique des goulags, de la répression policière de toute opposition, de la censure généralisée, du contrôle de la population...Sans minimiser les horreurs qui ont eu lieu dans de nombreux pays sous l'emprise de la dictature communiste, faut-il pour autant rejeter complètement le marxisme et célébrer le libéralisme, comme Kolakowski semble le faire ? de nos jours, d'un point de vue économique, avec les répercussions sociales que l'on connaît, les excès semblent plutôt à craindre du néolibéralisme, et quelle est la puissance qui incarne le mieux et fait une meilleure promotion de cette idéologie, sinon les Etats-Unis d'Amérique ?
Cela dit, la pensée de l'auteur est subtile et critique, et je ne crois pas qu'on puisse le soupçonner d'une quelconque complaisance ou naïveté vis-à-vis du libéralisme, le sens du mot pouvant d'ailleurs varier un peu. Dans le dernier article « ce qui est vivant (et ce qui est mort) dans l'idéal social-démocrate », Kolakowski explique que selon lui, une idéologie politique, quelle qu'elle soit, ne saurait prétendre à combler le vide moral dans lequel la sécularisation a plongé nos sociétés occidentales.
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JeanLouisBOIS
  29 juin 2017
Habituellement, je ne suis pas enthousiasmé par des livres constitués d'une compilation d'articles de revues, fussent-elles de la qualité de Commentaire. Cet ouvrage ne fait pas exception à la règle (manque d'unité de temps, de profondeur et développement des idées, d'unité de réflexion, de mise en concordance, référence à des faits oubliés ou peu pertinents, ...) et pourtant ce genre d'exercice permet parfois des prises de risques souvent absentes des grands essais académiques. Ici, c'est le cas : on découvre un philosophe de l'est de l'Europe qui n'a pas peur de nommer les choses telles qu'elles se déroulent et telles qu'ils les a vécues en les replaçant dans leur contexte totalitaire. Une belle leçon d'honnêteté intellectuelle qui pourrait en remontrer à bien des élites auto-proclamées de la fin 20ème siècle. Un seul regret : ce livre paraît bien tard, alors que le mur de Berlin est tombé il y a plus de 25 ans et que l'auteur est mort en 2009! Cependant, ce livre représente une bonne introduction et une bonne incitation à la lecture de son œuvre.
NB : Livre lu dans le cadre de Masse Critique, présenté dans une format livre de poche avec 2 marque-pages en carton ce qui rend la lecture plus agréable.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
30553055   29 mai 2017
Le communisme fut un descendant bâtard des Lumières, le nazisme un descendant bâtard du romantisme. On peut suivre la généalogie du totalitarisme aussi loin que l'on veut : Platon, saint Augustin, Hobbes, Hegel, Fichte, Helvétius, Comte et j'en passe. Que le nazisme naquit en partie d'une réaction au bolchevisme est vrai, mais qu'est-ce que cela peut nous enseigner sur la nature de l'un et de l'autre ? Les succès du communisme en Europe s'expliquent certainement en partie par la réaction aux horreurs de la Première Guerre Mondiale ; quelles conclusions peut-on tirer de ce fait incontestable ?
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30553055   29 mai 2017
Là où il y a déclin, on peut s'attendre à ce que la mort survienne un jour, mais personne ne peut savoir quelles sont les forces qui permettent au corps vieillissant de résister avant de devenir cadavre.
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30553055   28 mai 2017
Pour autant que je puisse en juger, ces idées directrices ne se contredisent nullement. On peut donc être un socialiste-conservateur-libéral, ce qui revient à dire que ces trois qualificatifs représentent désormais des options qui ne s'excluent pas mutuellement.
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30553055   28 mai 2017
Avancez vers l’arrière s’il vous plaît ! Telle est la traduction approximative d’une injonction que j’entendis un jour dans un tramway de Varsovie. Je propose d’en faire le mot d’ordre d’une puissante Internationale qui n’existera jamais.
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30553055   29 mai 2017
En ce qui concerne la production de cadavres, les « performances » de Staline ont été nettement supérieurs à celles de Hitler, quoique les comparaisons quantitatives globales restent difficiles, vu que l’État nazi n'a duré que douze ans, qu'il y a eu une guerre horrible et que le communisme a étendu sa domination sur tant de pays, y compris le pays le plus peuplé du monde, où on remarque à peine une différence de 50 millions d’habitants de plus ou de moins.

Note conjointe sur le communisme et le nazisme
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