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ISBN : 2253186368
Éditeur : Le Livre de Poche (15/02/2017)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Depuis l'apparition de la vie sur Terre, il y a eu 5 extinctions massives d'espèces. Aujourd'hui, les scientifiques estiment que le monde est en train de vivre la sixième, peut-être la plus dévastatrice de toutes. Cette fois, l'homme en serait la cause. En sera-t-il la victime ? Pour prendre enfin la mesure du moment décisif que l'humanité est en train de traverser, Elizabeth Kolbert signe une vaste enquête sur l 'épopée de la vie terrestre. A la croisée du reportag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Ogusta
  30 septembre 2015
Acheté sur un coup de folie, à la lecture de la quatrième de couverture, lors d'une errance dans les librairies. Il y a un temps pour tout et en ce moment je lis des essais. Celui-ci fera date. Septembre 2015.
Décidément l'homo sapiens est un être surprenant, pas toujours dans le bon sens du terme. En tout cas, prendre conscience de notre impact en tant qu'espèce vivante sur l'ensemble du vivant me parait primordial, essentiel et urgent. Ce livre est un appel au secours ! Nous devons changer, nous devons savoir et agir. Espérons que, comme le dit Yann Arthus Bertrand, "il soit trop tard pour être pessimiste !" Oui nous détruisons la vie, nous scions la branche sur laquelle repose notre apparition (nous n'en sommes qu'aux prémices) et c'est ce qu'Elizabeth Kolbert démontre dans ce livre fascinant.
L'auteur a enquêté durant plusieurs années auprès de nombreux scientifiques actuels, du zoologue au généticien, elle dresse donc un constat saisissant des menaces que nous faisons porter au monde : acidification des océans, réchauffement climatique, transport inconscient des bactéries, champignons et virus sur toute le planète, dissémination des espèces invasives au détriment de la biodiversité, etc... Certains épisodes sont terrifiants. Pour ne parler que d'un seul, je citerais la mort de milliers de chauves souris aux États Unis. Victimes d'un syndrome véhiculé par l'homme, elles s'éteignent peu à peu en pleine hibernation, jonchant le sol de grottes millénaires, de lieux de migrations utilisés depuis les origines, bien avant nous. L'ouvrage est jalonné d'exemples d'extinctions actuelles et passées qui semblent de notre fait. On a envie de hurler et, surtout, d'agir, stopper le carnage, revenir à l'âge de pierre pour cohabiter pacifiquement avec les grands mammifères et les néandertaliens.
Bref, que sais-je encore ? J'ai déjà proposé ce livre autour de moi. Personne n'a vraiment envie. J'ai l'impression que mes amis, homos sapiens, ont peur et pourtant, je crois des œuvres comme celle-ci incontournables. Et oui, pour se réveiller, il faut un déclic, il faut comprendre et compatir. J'aimerais que ce livre ne reste pas qu'entre les mains de ceux qui, comme moi, sont déjà avertis du danger que nous faisons courir à la planète, il mérite de circuler. Hélas, je crains qu'il ne soit ouvert que par les écologistes convaincus ou les curieux. (En réalité, je compte beaucoup sur ces derniers)
Belle écriture accessible même pour une néophyte comme moi. J'ai eu sensiblement du mal avec la chronologie des cinq premières grandes extinctions, mais revenir sur ces histoires, leurs découvertes, les thèses défendues pour les expliquer était très utile à la dynamique de cette démonstration. On se sent emporté, certes vers l'inexorable. Le texte reste beau. On se demande comment, néanmoins lisez-le, vous verrez. Par moment, on se croirait dans un récit de fantasy, on observe de loin la mégafaune et l'ancienne Pangée, on nage dans les récifs coralliens, on grimpe à l'assaut de la montagne avec les arbres qui s'enfuient (si si, ils tentent d'échapper à nos erreurs), on reste ébahi devant les dinosaures (ça marche toujours même quand on est adulte) et on a envie de pleurer devant le destin sinistre des tortues éléphants, des grands pingouins ou des moas.
C'est un livre à lire absolument avant la conférence sur le climat. Vous y découvrirez peut-être que nous sommes une espèce dotée du gène de la folie, ou que nous avons la capacité de faire évoluer les choses. Ne restons pas dans l'ignorance, il est sans doute déjà trop tard pour les chauves souris, les batraciens, la moitié des arbres de l'Amazonie ou le rhinocéros de Sumatra, mais nous pouvons encore limiter le désastre, à condition de cesser d'avoir peur et de vouloir connaître la situation.
Madame Kolbert, bravo pour votre courage et pour ce témoignage.
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Aela
  13 septembre 2015
La sixième extinction, c'est celle que nous vivons en ce moment.
Les cinq premières ont eu lieu à des temps reculés, dont la dernière en date il y a 65 millions d'années, ayant abouti à l'extinction des dinosaures.
La différence entre l'extinction actuelle et les précédentes, c'est que nous, humains, sommes responsables de ce qui est en train de se produire.
En quelque sorte, selon l'auteure américaine Elisabeth Kolbert, nous jouerions actuellement le rôle de l'astéroïde qui a ravagé la Terre lors de la cinquième extinction.
Nous avons la faculté de changer le monde rapidement et c'est ce qui est en train de se produire.
De nombreux signes montrent que cette sixième extinction est en marche.
La disparition des abeilles, l'apparition d'un champignon qui décime les salamandres, l'acidification des océans, la fin de la Grande Barrière de Corail, l'élévation du taux de concentration du gaz carbonique dans l'air sont autant de signes qui montrent que notre planète est en danger.
Selon l'auteure, nous vivons un monde où, dans les prochaines décennies, les gros animaux ne vivront plus que dans des lieux où ils seront protégés.
La Conférence sur l'environnement qui se tiendra à Paris cette fin d'année a donc un enjeu particulièrement important.
Déjà certains pays se sont engagés, les USA, la Chine, l'Union Européenne. C'est bien sûr loin d'être suffisant selon E Kolbert, mais cela a le mérite d'exister.
Notre espoir est de développer des modèles alternatifs en matière d'énergie mais le chemin sera long.
C'est un livre important qui montre la gravité de la situation en matière d'environnement. C'est un constat accablant sur le monde que nous laisserons aux futures générations.
C'est aussi un plaidoyer pour que l'espèce humaine se ressaisisse..
Elizabeth Kolbert a obtenu le prix Pulitzer avec ce livre qui a été aussi le livre de chevet de Barack Obama cet été...
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Flodopas78
  16 janvier 2016
Couronnée par le prestigieux Pulitzer Prize, cette enquête passionnante nous mène aux quatre coins du globe sur différents sites géologiques à la recherche d'espèces disparues et de la cause de leur extinction pour mieux comprendre celle que nous vivons actuellement. Si les précédentes extinctions, 5 au total, ont été causées par des changements climatiques « naturels », celle qui nous concerne est due essentiellement à l'action de l'homme : acidification des océans, déforestation, réchauffement, circulation des marchandises et des personnes… Ses effets sont dévastateurs pour la biodiversité. Il est par exemple vraisemblable que nos petits enfants n'aient aucune chance de voir des coraux vivants, non seulement les coraux mais tous les organismes vivants qui dépendent d'eux, transformant l'océan Pacifique en vaste désert. Sans faire de liste exhaustive, de nombreuses espèces sont actuellement en cours d'extinction, comme les chauves-souris d'Amérique du Nord ou certaines familles de batraciens d'Amérique du sud.
Quelle folie pousse l'homme à détruire ce qui le fait vivre ? le paléogénéticien Pääbo avance avec humour que les 1 à 4 % de gènes qui nous ont été transmis par l'homme de Néandertal auraient causé une mutation responsable de cette insatisfaction perpétuelle qui habite Homo Sapiens depuis ses premiers pas sur la planète…
Ce livre a le mérite de nous rappeler que la biodiversité n'est pas une donnée invariable et que derrière les statistiques se cache une multitude d'êtres vivants dont certains sont déjà aux abonnés absents.
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Celkana
  10 août 2017
C'est l'histoire d'une espèce invasive, si invasive qu'elle menace d'extinction toutes les autres, y compris elle-même!
C'est l'histoire de la dangereuse espèce humaine Sapiens, apparue il y a des millions d'années et dévastant tout sur son passage...
Il y a déjà eu des extinctions, au nombre de 5 recensées pour le moment, dont la plus connue reste celle des dinosaures. Mais les différentes extinctions qui ont déjà eu lieu se sont faites la plupart du temps selon une vitesse qui a permis à la faune et à la flore de se réadapter aux nouvelles conditions.
Le problème, ici, c'est que les changements imposés par l'Homme sont rapides, trop rapides et que, hélas, cette fois, il semble que la faune et la flore ne parviennent pas à se renouveler...
Elizabeth Kolbert, à travers beaucoup d'exemples et d'arguments et de témoignages de nombreux scientifiques, nous montre la situation telle qu'elle est aujourd'hui mais également telle qu'elle sera probablement dans quelques années (d'ici 2050 donc pas si loin que ça!)
Instructif, aidant à prendre conscience de conséquences que l'on ne discerne pas forcément quotidiennement, cet essai est excellent!
Même s'il peut être anxiogène par moment, je pense que c'est un mal nécessaire. En même temps, tous les scientifiques ne sont pas aussi pessimistes que ça sur notre avenir et certains pensent même qu'il est envisageable que l'adaptation fantastique dont a su faire preuve jusqu'ici la nature peut encore la sauver...
Affaire donc à suivre avec attention et à nous aussi de l'aider à s'adapter au mieux en en prenant encore plus soin!
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SapereAude
  05 septembre 2016
Un livre dont j'attendais vraiment beaucoup mais qui, bien qu'intéressant, ne s'est pas révélé à la hauteur de mes attentes, mais je vous en dis plus tout de suite.
Comme vous avez pu le voir, le livre d'Elizabeth Kolbert, une journaliste, parle de la 6e extinction, si
Vous vous rappelez un peu de vos cours d'histoire/sciences nat', vous vous souvenez sans doute de l'histoire de l'extinction des dinosaures. Si c'est la plus connue et celle qui a marqué nos esprits, elle n'en est pas la seule comme le rappelle les différents chapitres de ce livre. J'ai beaucoup aimé découvrir ces autres événements biologique/géologique de l'histoire de la vie. Comme le dit le résumé de quatrième de couverture, l'auteur nous offre « une enquête passionnante sur la grande histoire de la vie terrestre, en remontant aux découvertes de Cuvier et Darwin » et « le reportage le plus saisissant sur le sujet ». Je peux en effet vous assurer que ce livre est un documentaire à lui tout seul qui vous fera découvrir beaucoup de chose sous une plume assez souple et absolument pas ennuyeuse ! Ajoutez à cela que l'auteur chemine de façon à nous rappeler qu'à travers cette enquête, elle a aussi découvert des choses totalement nouvelles pour elle, on a alors la sensation de cheminer à ces côtés dans cette aventure et de découvrir en même temps qu'elle. Ce livre aborde aussi l'impact que l'humanité a sur la vie « naturelle » de notre planète, sur la biodiversité que nous bousculons malheureusement tous les jours, sans même le faire exprès !
Cependant, si c'est un formidable outil de découverte, bien qu'une bonne moitié du livre n'était pour moi que des rappels (je remercie la faculté de médecine/pharmacie pour ses cours sur l'évolution, l'histoire de la Terre, la biologie animale, qui m'ont permis d'aborder ce livre sans aucune difficulté de compréhension, et avec un certain plaisir de retrouver et approfondir des choses que j'avais apprises), j'ai été déçue de cette « exposition » de faits. Si c'est un point important du livre, car il fallait, après tout, rappeler l'histoire de ces précédentes extinctions et les faits de celle en cours, j'ai trouvé que l'attention ne se portait malheureusement pas assez sur l'homme et son impact pour cette 6e extinction, j'ai trouvé que le problème n'était que touché du bout des doigts, sans que l'on appuie assez sur la chose.
Et de fait, la réflexion que j'attendais au début de cette lecture, la possible prise de position, le débat que l'auteur aurait pu lancer, l'exposition de recherche/possibles solutions n'était pas au rendez-vous, du moins pas ce que j'en attendais.
Bien que ce livre m'ait permis d'agrandir mes connaissances sur le sujet, m'a ouvert les yeux sur
certains événements trop peu connu, il ne m'a pas permis de pousser la réflexion à son apogée, du moins j'attendais vraiment un plus vif débat de la part de l'auteur et des réactions plus marquées des scientifiques cités dans ce livre.
Cela fait que je me demande un peu quels sont les critères de remise du prix Pulitzer dont est affublé le livre car j'attendais que ce livre me bouscule, qu'il retourne mes pensées, qu'il bouscule mes idées reçues, qu'il plante les graines d'une nouvelle réflexion, d'un nouveau questionnement, une idée de ce qui pourrait être changé. Ce n'est pas le cas, et après cet énoncé de fait, devant l'ampleur de la tâche, j'en ressors avec une idée plutôt pessimiste de ce qui va arriver et l'envie, subtile, d'essayer de changer mes habitudes, en me demandant si vraiment – et même si la moitié de la population mondiale si mettait – cela changerait les choses ?
Alors, je ne sais que vous dire en conclusion... Si ce n'est peut-être que ce livre est une bonne introduction au problème mais n'a pas satisfait ma soif de réponses, peut être que j'en attendais trop, peut être que l'on ne peut pas fournir les réponses que j'attends...

Lien : https://leboudoirbibliothequ..
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critiques presse (1)
LaPresse   12 octobre 2015
La 6e extinction est une lecture parfois exigeante, qui constitue néanmoins un formidable et fascinant travail de vulgarisation.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
kobayasheekobayashee   11 octobre 2015
Lorsque Lyell regardait (avec ses yeux de myope, il est vrai) les affleurements rocheux de la campagne britannique, ou bien les strates du Bassin parisien, ou encore les îles volcaniques voisines de Naples, il n’y voyait nulle preuve de cataclysmes. C’était même tout le contraire : il pensait qu’il n’était pas scientifique (ou, comme il le disait, « pas philosophique ») d’imaginer que les changements dans le monde s’étaient effectués jadis en raison d’autres causes que celles agissant à son époque, ou s’étaient produits à des vitesses différentes de celles qu’il pouvait observer. Selon Lyell, tous les traits des paysages résultaient de processus très graduels opérant sur d’innombrables millénaires : il s’agissait de phénomènes tels que la sédimentation, l’érosion ou le volcanisme, lesquels étaient tous encore facilement observables. Pour des générations d’étudiants en géologie, la thèse de Lyell serait résumée par la phrase : « Le présent est la clé du passé. »
Selon Lyell, l’extinction elle aussi se produisait à une vitesse très lente : si lente que, à tout moment, en tout lieu, il n’était pas surprenant qu’elle passe inaperçue. Lorsque les données fossiles semblaient suggérer qu’à divers moments les espèces avaient péri en masse, cela indiquait seulement que ces archives n’étaient pas fiables. Même la thèse selon laquelle l’histoire des êtres vivants avait une direction (d’abord les reptiles, puis les mammifères) était erronée : c’était une déduction incorrecte de plus, fondée sur des données imparfaites.
+ Lire la suite
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HolonHolon   01 novembre 2015
Depuis le début de la révolution industrielle, la quantité de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) brûlés par l’homme a ajouté quelque 365 milliards de tonnes de carbone à l’atmosphère. La déforestation en a fourni 180 milliards de tonnes supplémentaires. Chaque année, nous en rejetons dans l’air environ 9 milliards de plus, une quantité qui s’accroît de 6 % annuellement, ce qui est énorme. Il en résulte que la concentration de gaz carbonique dans l’air aujourd’hui (un peu plus de 400 parties par million) est plus élevée qu’elle ne l’a jamais été au cours des 800 000 dernières années, et même très probablement au cours des derniers millions d’années. Si la tendance actuelle se maintient, la concentration de CO2 dépassera, en 2050, 500 parties par million, soit environ le double de son niveau à la période préindustrielle. On s’attend à ce que cet accroissement conduise à une élévation de la température moyenne sur la planète de 2 à 4 degrés Celsius, ce qui déclenchera toute une série d’événements modifiant la géographie du globe, par exemple la disparition de la plupart des glaciers restants, l’inondation des villes côtières et des îles dont le relief dépasse peu le niveau de la mer, ainsi que la fonte de la calotte polaire arctique. Mais ces événements ne représentent que la moitié de l’histoire en train de s’écrire. Les océans couvrent 70 % de la surface de la Terre, et partout où l’eau et l’air entrent en contact, des échanges se produisent. Les gaz de l’atmosphère sont absorbés par l’océan, et les gaz dissous dans l’océan sont libérés dans l’atmosphère. Lorsque les deux phénomènes sont en équilibre, les quantités absorbées sont grosso modo identiques à celles qui sont libérées. Si on change la composition de l’atmosphère, comme on est en train de le faire, l’échange se déséquilibre : la quantité de gaz carbonique entrant dans l’eau devient supérieure à celle qui s’en dégage. Autrement dit, l’homme ajoute sans cesse du CO2 à l’eau des océans, à la manière des évents évoqués plus haut, mais cet ajout s’effectue depuis le haut et non plus par le bas, et ce, à l’échelle de la planète. En 2014, les océans ont absorbé 2,5 milliards de tonnes de carbone, et, en 2015, on s’attend à ce qu’ils en absorbent encore la même quantité. Chaque jour, chaque citoyen américain injecte, en fait, un peu plus de 3 kilos (près de 7 livres) de carbone dans la mer. En raison de cette accumulation de CO2 dans les océans, le pH de leurs eaux de surface a déjà baissé, passant d’une moyenne de 8,2 à 8,1. De même que l’échelle de Richter (pour les séismes), l’échelle des pH est logarithmique, ce qui signifie qu’une minuscule variation numérique représente un très grand changement dans l’environnement. La diminution de 0,1 point de pH signifie que les océans sont maintenant 30 % plus acides qu’ils ne l’étaient en 1800. En admettant que l’homme continue à brûler des combustibles fossiles, les océans continueront à absorber du gaz carbonique et à s’acidifier de plus en plus. Si les émissions de CO2 restent inchangées (scénario du « on continue comme d’habitude »), le pH de la surface des océans descendra à 8,0 d’ici 2050 et à 7,8 à la fin du XXIe siècle. À ce stade, les océans seront 150 % plus acides qu’ils ne l’étaient au début de la révolution industrielle.
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kobayasheekobayashee   09 octobre 2015
L’idée d’extinction est peut-être la première notion scientifique à laquelle les enfants d’aujourd’hui se trouvent confrontés. On donne à des bébés d’un an des figurines en forme de dinosaures, et les enfants de deux ans comprennent, plus ou moins intuitivement, que ces petites bêtes en plastique représentent en fait de très gros animaux. Ils portent encore des couches que, déjà, ils sont capables d’expliquer qu’il y a fort longtemps ont vécu d’innombrables sortes de dinosaures et qu’ils ont tous péri. Mes propres fils, alors qu’ils étaient tout juste en âge de marcher, jouaient des heures entières avec une série de dinosaures qu’ils disposaient sur un tableau en plastique représentant une forêt du Jurassique ou du Crétacé. Le paysage comportait aussi un volcan crachant de la lave qui émettait, lorsqu’on appuyait dessus, un rugissement merveilleusement terrifiant. On pourrait croire que pour l’être humain, l’idée d’extinction semble aller de soi. Et pourtant, il n’en est rien.
Aristote a écrit son Histoire des animaux en 10 volumes sans jamais envisager la possibilité que les animaux aient réellement une histoire. L’Histoire naturelle, de Pline l’Ancien, comprend des descriptions d’animaux réels et d’autres mythiques, mais n’aborde jamais le thème des espèces disparues. Cette idée n’a pas davantage été avancée durant le Moyen Âge ou la Renaissance, époques où le terme « fossile » désignait toute chose extraite du sol (un sens qui survit aujourd’hui dans l’expression « combustibles fossiles »). À l’époque des Lumières, l’idée dominante était que chaque espèce constitue un maillon au sein d’une grande « chaîne de l’être », laquelle ne peut être brisée.
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JCLDLGRJCLDLGR   27 octobre 2018
Dès que vous marchiez à travers prés, vous tombiez sur des grenouilles par inadvertance, me dit-il. Il y en avait vraiment partout. Il soupçonna alors les étudiants de ne pas se rendre aux bons endroits ou bien tout bonnement ignorer la manière de repérer ces animaux. Par la suite, un chercheur ayant à son actif un doctorat et plusieurs années d'expérience de la collecte des amphibiens lui dit qu'il ne parvenait pas non plus à les localiser [...]. L'un des facteurs qui rendaient ces constatations assez incompréhensibles était la diversité des conditions géographiques régnant dans les régions dépeuplées d'amphibiens.
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kobayasheekobayashee   09 octobre 2015
Lorsque Lyell regardait (avec ses yeux de myope, il est vrai) les affleurements rocheux de la campagne britannique, ou bien les strates du Bassin parisien, ou encore les îles volcaniques voisines de Naples, il n’y voyait nulle preuve de cataclysmes. C’était même tout le contraire : il pensait qu’il n’était pas scientifique (ou, comme il le disait, « pas philosophique ») d’imaginer que les changements dans le monde s’étaient effectués jadis en raison d’autres causes que celles agissant à son époque, ou s’étaient produits à des vitesses différentes de celles qu’il pouvait observer. Selon Lyell, tous les traits des paysages résultaient de processus très graduels opérant sur d’innombrables millénaires : il s’agissait de phénomènes tels que la sédimentation, l’érosion ou le volcanisme, lesquels étaient tous encore facilement observables. Pour des générations d’étudiants en géologie, la thèse de Lyell serait résumée par la phrase : « Le présent est la clé du passé. »
Selon Lyell, l’extinction elle aussi se produisait à une vitesse très lente : si lente que, à tout moment, en tout lieu, il n’était pas surprenant qu’elle passe inaperçue. Lorsque les données fossiles semblaient suggérer qu’à divers moments les espèces avaient péri en masse, cela indiquait seulement que ces archives n’étaient pas fiables. Même la thèse selon laquelle l’histoire des êtres vivants avait une direction (d’abord les reptiles, puis les mammifères) était erronée : c’était une déduction incorrecte de plus, fondée sur des données imparfaites.
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