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ISBN : 2246820707
Éditeur : Grasset (09/05/2019)

Note moyenne : 4.46/5 (sur 87 notes)
Résumé :
"Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c'est pas possible d'avoir survécu..."
Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit-frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944 se trouvaient deux jeunes filles dont elle devint amie, plus tard : Simone Veil et M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  21 mai 2019
«  Jusqu'ici nous étions encore des êtres humains .
Nous ne sommes plus rien. »
Voici un témoignage nu, émouvant, pétri d'humilité , terrible, d'une femme simple de 94 ans rescapée du camp de Birkenau, dénoncée , arrêtée par la Gestapo, à l'âge de 19 ans en mars 1944, à Avignon , avec son père, son petit frère, et son neveu , la dernière de six soeurs...
Elle se souvient : le bloc de la quarantaine , n° 9 , le bloc où elle travaillait , n ° 27, l'effroi et la surprise , la peur lors du tatouage n° 78 599, les odeurs , la faim , les coups , la crosse qui brise les os , les poux, les appels sans fin, l'alignement comme des revenants , les guenilles, les pieds sales, les paillasses pouilleuses, les plaies cachées et pour cause, les mortes de la nuit—— la peur perpétuelle des sélections,—- la honte cuisante de la nudité ——et celle intolérable de la puanteur des toilettes , planches de bois alignées ———, l'obsession de la nourriture à son retour , le silence à ses proches .....
Comment donner des détails sur ce qu'elle a vécu , une barbarie innommable, à sa mère et à ses soeurs lorsque les vôtres : père, petit frère, neveu sont morts , gazés dès leur arrivée ? Elle sera la seule à revenir ...
Elle conte non seulement la cruauté , la nudité ,la haine, le froid , la terre battue, les gravats , le ciment , les baraques mais aussi parfois la solidarité et l’humanité chez les compagnes ....
Là - bas perdre le moral, c’est précipiter la mort .....
Elle nous narre sa rencontre avec Simone Jacob, partie avec sa mère et sa soeur , qui lui a donné une robe, ce qui la sauva ...Elle viendra la voir sur le marché d'Aubervilliers plus tard., devenue Simone Veil , son amitié indéfectible avec Marceline - Loridan- Ivens dont j'avais lu le livre « : Et tu n'es pas revenu . »disparue il y a peu...
Se demande comment elle a pu survivre à « ça ? ».
Aujourd'hui, elle raconte dans toutes les classes de France et à Birkenau , où elle retourne plusieurs fois par an avec des élèves ..

A lire pour que nous n'oublions jamais !

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Deslivresalire
  18 septembre 2019
"Papa, Gilbert, prenez le camion !"
C'est toujours ça qu'ils n'auront pas à faire à pied.
Je ne les embrasse pas. Ils disparaissent.
Ils disparaissent.
C'est le dernier souvenir que Ginette Kolinka garde de son père et de son frère. Lorsqu'elle leur conseillait, à la descente du train, de prendre ce camion pour moins se fatiguer, alors que celui-ci menait aux chambres à gaz.
Arrêtée en 1944 et déportée à Birkenau, Ginette raconte l'essentiel de la vie dans ce camp d'extermination, le quotidien des coups, de la peur, de la honte et surtout de la faim.
Et puis son transfert à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt, avant son retour à Avignon, parmi sa famille, parmi ceux qui restent...
A mon avis :
Évidemment, c'est un témoignage bouleversant que celui des déportés juifs qui ont connu les camps d'extermination ou de concentration.
Celui de Ginette Kolinka raconte la même chose que Primo Levi dans son fameux "Si c'est un homme" : la faim, la maladie, les coups, les humiliations, les vols, la crasse...
Mais le témoignage de Ginette Kolinka est plus court, plus concis, comme une conversation.
De fait, il survole une large période sans détails trop longs ni superflus, comme si elle avait voulu nous dire son histoire mais avec l'humilité de celle qui y a survécu, sans s'apitoyer et sans fioriture.
Et cette simplicité, cette franchise font de ce livre un véritable coup de poing qu'on lit d'une traite mais qui laisse une trace profonde en nous.
C'est sans doute le but de son auteur, qui s'attache depuis des années maintenant à informer les enfants de ce qui s'est passé là-bas, y compris en leur faisant visiter les lieux, même s'ils ont été aseptisés depuis.
Un livre touchant donc, au sens propre du terme.
Retrouvez d'autres avis sur d'autres lectures sur le blog :
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montmartin
  22 juin 2019
« Birkenau, maintenant, c'est un décor. Quelqu'un qui n'en connaît pas l'histoire peut ne rien voir. D'ailleurs quand j'y retourne, je dis toujours aux élèves : surtout, fermez les yeux, ne regardez pas ! . Et je leur répète : Sous chacun de vos pas, il y a un mort... »
16 avril 1944, le train s'arrête enfin. Derrière la porte on entend des voix qui crient, des chiens qui aboient, le bruit des gonds que l'on déverrouille. Des cris, des hurlements, on les pousse violemment. à 19 ans elle vient d'arriver au camp de Birkenau. La honte de la nudité, la puanteur, six sur une paillasse, couchées sur le dos, encastrées les unes sur les autres. Jusqu'ici elles étaient encore des êtres humains, maintenant elles ne sont plus rien. La vermine qui vous ronge, les coups qui tombent au hasard. Se faire la plus petite possible, ne jamais se révolter, tout accepter.
Libérée un an plus tard, sur la balance elle ne pèse que 26 kilos, elle sera malade pendant trois ans et la nourriture sera sa seule obsession.
Comme beaucoup d'anciens prisonniers des camps, elle n'a rien dit, ni à son mari ni à son fils. Elle n'éprouvait pas le besoin de parler ni à la famille ni aux amis. Aujourd'hui âgée de 94 ans, Ginette Kolinka nous livre un témoignage poignant. Si le récit est cours, à chaque page l'émotion étreint le lecteur.
J'ai visité le camp d'extermination de Bikernau fin mai 2019, autant dire que ce livre m'a profondément ému. L'écriture comme l'auteure est simple, mais chaque mot porte. Une femme extraordinaire, malicieuse, qui aime la vie et qui ne se considère pas comme une personne héroïque. Emmenée dans le même convoi que Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens elle déclare dans un article récent :
« Je suis en colère après ces deux-là, parce qu'elles m'ont devancée. J'aurais aimé qu'elles viennent à mon enterrement, on aurait dit : ce sont les copines à Ginette ! »
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FleurDuBien
  29 mai 2019
Retour à Birkenau, bienvenue aux cauchemars.
Dans la même veine que Primo levi, mais plus court et moins foisonnant, ce qui ne change rien bien évidemment à la valeur et à la force du récit de Madame Kolinka.
Une horreur ce camp.
Bienvenue en enfer.
Bienvenue au froid, à la fatigue, aux coups, à la faim, et à la culpabilité.
Celle dont ne parle pas vraiment l'auteure, mais qui est bien là, bien présente, troublante, gluante, poisseuse.
Car Mme Kolinka pensait bien faire en conseillant son père, son frère et son neveu de se placer dans la file d'à-côté. Malheureusement, c'était la mauvaise file, celle qui part vers les "douches", les fameuses... D'ailleurs, j'ai appris qu'il fallait 25 minutes pour que le zyklon B fasse son oeuvre. À la fin, on les retrouve tous entassés dans un coin, ils ont essayé dans la panique, dans le noir ( oui, des ingénieurs allemands ont été rémunérés pour des études bien précises, du style vaut-il mieux laisser la lumière allumée dans les douches plutôt que de l'éteindre), de respirer l'air pur qui se trouvait plutôt en hauteur.
25 minutes d'agonie.
Très beau texte, pas larmoyant le moins du monde, qui raconte avec courage, passion, et force son histoire, sa déportation. J'ai beaucoup de respect car ce n'est pas facile, de se raconter, de s'écrire, de revivre tout ça, cette infamie, toutes ces horreurs.
Pour encore une fois, ne jamais oublier.
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Floyd2408
  11 septembre 2019
Une émission, le roman de cette petite dame d'un âge certain, éclaire l'écran par sa mansuétude, très court, allant à l'essentiel de l'horreur sans manichéisme.
Ginette Kolinka, âgée de 94 ans, arpente de son physique de petite dame âgée, presque insignifiante, toute minuscule les écoles pour ne pas oublier, son discours est un lien reliant ces années sombres dans l'enfer des camps et ce présent en mouvement narrant l'indicible à ses élèves. de Birkenau, elle y retourne plusieurs fois par an, y accompagnant des jeunes écoliers et retrouve un paysage à la saveur âpre, d'amertume et nouvelle d'un nature balayant les structures du passé.
Ce court témoignage ne devait pas être dévoilé pour ne pas « embêter les gens », et grâce à La liste de Schindler film de Steven Spielberg, Ginette Kolinka commença à parler, pour aller à l'Union des déportés d'Auschwitz, de circonstance Ginette Kolinka se sentant complexée , timide et n'ayant pas fait d'études brise son armure pour s'ouvrir aux autres et cinquante-cinq ans après , retourne à Birkenau , et à chaque fois qu'elle y retournera aura cette réflexion glaçante tellement vrai à ses élèves.
« Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas ! »
« Sous chacun de vos pas, il y un mort »
Aidé par Marion Ruggieri, journaliste et écrivain, Ginette Kolinka nous narre son passage au camp de concentration à Birkenau, comme le titre est révélateur, Retour à Birkenau, ouvre une blessure, le mot retour l'emporte encore une fois dans ce lieu où tant de personnes ont perdus la vie.
La pudeur, la timidité de Ginette Kolinka se diffuse dans ses pages où la mort rode à chaque instant, attendant, d'accueillir ses victimes dans l'antre de cette folie humaine. J'ai lu Si c'est un homme de primo Lévy, un roman narrant l'holocauste avec une telle froideur, un récit où l'homme est le prédateur de l'homme, Retour à Birkenau bouleverse par la détresse sourde de Ginette Kolinka, presque impalpable à l'horreur, transparente inconsciente des évènements, vivant comme Primo Lévy ce même enfer humain.
Ce court récit raconte l'histoire d'une jeune adolescente et de sa famille, dénoncée puis déporté séparé très vite de son neveu, petit frère et père, elle se retrouve toute seule dans l'antre des enfers, tel une âme en peine. Cette histoire glace par la froideur naturelle du récit, la sobriété des mots, le constat d'une jeune femme prise dans un fléau sans fin, secouée de toute part, rencontrant la mort à tout moment, l'amitié de deux jeunes filles Simone Jacob et Marceline Rosenberg.
Il y a le ces trajets, Marseille, Drancy, Birkenau, Bergen-Belsen, les usines Raguhm à Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, et pour finir le retour au sanitaire à Lyon, ce périple grave en elle ces moments de froids, d'attente, de doute, de faim, de mort, de solitude, et d'espoir.
Une scène forte du roman se remémore au destin de cette jeune fille, venant d'apprendre inconsciemment qu'elle a envoyé son frère et son père à la mort des chambres à gaz, isolée des autres, vêtue comme une souillon d'une jupe et d'un tricot, Simone lui offre une robe qui lui sauvera la vie,
« Perdre le moral c'est précipiter la mort. »
Le lien entre ces trois femmes reste indéfectible, l'une devenu une personne politique importante pour la vie française et des femmes, Simone Weil, l'autre cinéaste Marceline Loridan-Ivens et enfin notre Ginette Kolinka, travaillant sur des marchés. Ces femmes resteront amies, d'une amitié inusable gravé d'un passé de déportation dans les camps de la mort.
Ce roman je l'ai dévoré en une fraction e seconde, une brisure du temps fige ce douloureux récit simple, de cette jeune femme crédule, innocente, ne cherchant pas à réfléchir, se mouvant au grès des situations, dans une flexibilité naturelle, une âme gentille au coeur noble, tel un ange perdu dans l'antre de l'enfer.
J 'aime cette pudeur de cette dame, se résumant avec cette dernière phrase.
"J 'espère que vous ne pensez pas que j'ai exagéré, au moins ."

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critiques presse (1)
Liberation   27 juin 2019
Un récit bref et cru de Ginette Kolinka.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
cathulucathulu   13 octobre 2019
Nous remontons. On retrouve nos mortes, on retrouve nos poux, on retrouve la nuit.
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Annette55Annette55   21 mai 2019
«  Birkenau, maintenant, c’est un décor .
Quelqu’un qui n’en connaît pas l’histoire peut ne rien voir.
D’ailleurs quand j’y retourne , je dis toujours aux élèves : «  Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas! . »
Et je leur répète : «  Sous chacun de vos pas, il y a un mort ... »
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montmartinmontmartin   21 juin 2019
d'ailleurs, quand j'y retourne, je dis toujours aux élèves : "Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas !" et je leur répète : " Sous chacun de vos pas, il y a un mort."
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PapyrusdunilPapyrusdunil   29 juin 2019
Tous les jours, il y a des mortes. Certaines filles, plus sentimentales que moi, prennent la peine de les traîner dans un coin, pour les entasser. Moi, j'en ai une, de morte. Ma morte. Elle tombe sur mon épaule, je la redresse, elle retombe, je la relève à nouveau, ah ça, pour m'énerver elle m'énerve! Mais je la garde, ma morte, je la conserve précieusement, je me dis qu'un jour ils vont bien finir par nous ouvrir, nous donner à manger, quelque chose, n'importe quoi. Et alors, je leur dirai: " Mais non, elle dort ma copine, donnez-moi sa part!" Voilà où j'en suis. Voilà ce que je suis devenue.
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PapyrusdunilPapyrusdunil   29 juin 2019
Première visite chez le médecin, je me déshabille. Je découvre mon corps dans la glace. Immédiatement je pense aux Musulmanes, ces déportées trop maigres pour travailler dont on savait qu'elles feraient partie des prochaines sélections. Je leur ressemble: ce bassin démesuré, les mollets plus gros que les cuisses,les bras si maigres que la peau plisse et pend. Sur la balance, l'aiguille tremble, se stabilise: 26 kg. J'ai 20 ans. Je serai malade pendant 3 ans, et la nourriture sera ma seule obsession.
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Videos de Ginette Kolinka (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ginette Kolinka
Ginette Kolinka - On n'est pas couché 1er juin 2019 #ONPC
On n'est pas couché  1er juin 2019 Laurent Ruquier avec Christine Angot & Charles Consigny  France 2 #ONPC
Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/
Suivez @ONPCofficiel et réagissez en direct avec le hashtag #ONPC  https://twitter.com/ONPCofficiel
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