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EAN : 9782246820703
112 pages
Grasset (09/05/2019)
  Existe en édition audio
4.45/5   785 notes
Résumé :
"Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c'est pas possible d'avoir survécu..."

Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit frère et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Birkenau. Elle sera la seule de sa famille à en revenir. Dans ce convoi se trouvent aussi deux jeunes filles dont elle deviendra l'amie - Simone Jacob et Marceline Rosenberg, plus tard Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens.
Ginette Koli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (187) Voir plus Ajouter une critique
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"Papa, Gilbert, prenez le camion !"
C'est toujours ça qu'ils n'auront pas à faire à pied.
Je ne les embrasse pas. Ils disparaissent.
Ils disparaissent.

C'est le dernier souvenir que Ginette Kolinka garde de son père et de son frère. Lorsqu'elle leur conseillait, à la descente du train, de prendre ce camion pour moins se fatiguer, alors que celui-ci menait aux chambres à gaz.

Arrêtée en 1944 et déportée à Birkenau, Ginette raconte l'essentiel de la vie dans ce camp d'extermination, le quotidien des coups, de la peur, de la honte et surtout de la faim.

Et puis son transfert à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt, avant son retour à Avignon, parmi sa famille, parmi ceux qui restent...

A mon avis :
Évidemment, c'est un témoignage bouleversant que celui des déportés juifs qui ont connu les camps d'extermination ou de concentration.

Celui de Ginette Kolinka raconte la même chose que Primo Levi dans son fameux "Si c'est un homme" : la faim, la maladie, les coups, les humiliations, les vols, la crasse...

Mais le témoignage de Ginette Kolinka est plus court, plus concis, comme une conversation.

De fait, il survole une large période sans détails trop longs ni superflus, comme si elle avait voulu nous dire son histoire mais avec l'humilité de celle qui y a survécu, sans s'apitoyer et sans fioriture.

Et cette simplicité, cette franchise font de ce livre un véritable coup de poing qu'on lit d'une traite mais qui laisse une trace profonde en nous.

C'est sans doute le but de son auteur, qui s'attache depuis des années maintenant à informer les enfants de ce qui s'est passé là-bas, y compris en leur faisant visiter les lieux, même s'ils ont été aseptisés depuis.

Un livre touchant donc, au sens propre du terme.

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«  Jusqu'ici nous étions encore des êtres humains .
Nous ne sommes plus rien. »

Voici un témoignage nu, émouvant, pétri d'humilité , terrible, d'une femme simple de 94 ans rescapée du camp de Birkenau, dénoncée , arrêtée par la Gestapo, à l'âge de 19 ans en mars 1944, à Avignon , avec son père, son petit frère, et son neveu , la dernière de six soeurs...

Elle se souvient : le bloc de la quarantaine , n° 9 , le bloc où elle travaillait , n ° 27, l'effroi et la surprise , la peur lors du tatouage n° 78 599, les odeurs , la faim , les coups , la crosse qui brise les os , les poux, les appels sans fin, l'alignement comme des revenants , les guenilles, les pieds sales, les paillasses pouilleuses, les plaies cachées et pour cause, les mortes de la nuit—— la peur perpétuelle des sélections,—- la honte cuisante de la nudité ——et celle intolérable de la puanteur des toilettes , planches de bois alignées ———, l'obsession de la nourriture à son retour , le silence à ses proches .....

Comment donner des détails sur ce qu'elle a vécu , une barbarie innommable, à sa mère et à ses soeurs lorsque les vôtres : père, petit frère, neveu sont morts , gazés dès leur arrivée ? Elle sera la seule à revenir ...
Elle conte non seulement la cruauté , la nudité ,la haine, le froid , la terre battue, les gravats , le ciment , les baraques mais aussi parfois la solidarité et l’humanité chez les compagnes ....

Là - bas perdre le moral, c’est précipiter la mort .....

Elle nous narre sa rencontre avec Simone Jacob, partie avec sa mère et sa soeur , qui lui a donné une robe, ce qui la sauva ...Elle viendra la voir sur le marché d'Aubervilliers plus tard., devenue Simone Veil , son amitié indéfectible avec Marceline - Loridan- Ivens dont j'avais lu le livre « : Et tu n'es pas revenu . »disparue il y a peu...

Se demande comment elle a pu survivre à « ça ? ».
Aujourd'hui, elle raconte dans toutes les classes de France et à Birkenau , où elle retourne plusieurs fois par an avec des élèves ..


A lire pour que nous n'oublions jamais !


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Les témoins sont de plus en plus rares. Alors quand Ginette Kolinka raconte sa naïveté alors qu'avec son père, son petit frère et son neveu, elle arrive dans un camp où elle pense qu'ils vont simplement travailler, on anticipe l'horreur avant elle et on frissonne. Elle a appris par une femme, pas vraiment bienveillante, que son père et son frère sont partis en fumée. Elle a vécu à côté d'une chambre à gaz sans savoir ce que c'était.
Elle a sans doute survécu grâce à sa jeunesse, mais aussi grâce à une robe que Simone lui a donnée, robe qui lui a de nouveau permis d'exister. Lorsqu'elle est revenue, elle n'a pas pu en parler, comment aurait-elle pu évoquer ce qui pour elle-même était impensable.
Un témoignage indispensable.
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Un témoignage toute en pudeur d'une petite femme timide et discrète. Mais comme tous les témoignages sur la shoah, il est indispensable.
Certains pourraient dire, encore un.
Je dirai un de plus qui témoigne de l'horreur, de l'impensable.
Toujours les mêmes questions, pourquoi ? Comment ?
Et toujours la même pensée : pour que jamais cela ne se reproduise.
...
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A 94 ans, Ginette Kolinka est une des dernières rescapées d'Auschwitz-Birkenau. Déportée à 19 ans, en mars 1944, avec son père, son petit frère et son neveu, dans le même convoi que Simone Veil, elle fut une des rares survivantes de ce convoi qui transportait 1500 juifs. Un drame qu'elle a longtemps eu du mal à évoquer avant de se décider à lutter contre la banalisation de cette horreur. Témoigner, transmettre inlassablement, est devenu le combat de Ginette Kolinka.

Ginette Kolinka rappelle régulièrement l'instinct de survie qui subsiste malgré tout : « ce n'est pas possible d'avoir survécu » écrit-elle. A son arrivée au camp, elle n'a pas peur, elle croit se trouver dans un camp de travail : « J'aperçois de la fumée, sans doute la cheminée de l'usine » … Elle ne peut soupçonner que des hommes puissent être capables d'infliger une telle barbarie. Toutefois, dans un monde où rester en vie compte plus que tout, les gestes de solidarité sont toujours présents, et finalement les rescapés ne savent pas comment ils ont pu survivre aussi longtemps.

Le témoignage de Ginette Kolinka est poignant et d'une grande pudeur, elle raconte l'indicible, ce qu'elle a vécu, sans se plaindre, sans jamais tomber dans le sensationnel. Son histoire est celle de nombreuses victimes, elle la raconte dans ce livre, mais témoigne également dans les établissements scolaires et lors de voyages scolaires à Birkenau afin qu'on n'oublie pas ce dont les hommes sont capables. Un témoignage émouvant, une formidable leçon de vie.

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critiques presse (1)
Liberation
27 juin 2019
Un récit bref et cru de Ginette Kolinka.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
La dernière fois que je suis retournée à Birkenau, c’était au printemps. Les champs se couvraient de fleurs, l’herbe était verte, le ciel limpide, on pouvait entendre les oiseaux chanter. C’était beau.
Comment puis-je employer un mot pareil ? Et pourtant, je l’ai dit ce mot, je l’ai pensé : « C’est beau. »
Au loin, j’ai vu cette silhouette qui remontait le long de la prairie. D’abord, je n’y ai pas cru, je me suis dit « ce n’est pas possible », mais c’était bien ça : une joggeuse. Elle faisait son footing, ici. Sur cette terre grasse et méconnaissable, qui avait vu tant de morts, dans cet air qui sentait le petit matin frais, la rosée. Elle courait, tranquillement. J’en ai eu le souffle coupé. J’ai eu envie de hurler, de lui crier : « Es-tu folle ? »
L’étais-je, moi ?
Il ne faut pas retourner à Birkenau au printemps. Quand les enfants jouent sur leur toboggan dans les jardins des petites maisons longeant l’ancienne voie ferrée qui menait au camp et à son funeste arrêt, la Judenrampe.

(Incipit)
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«  Birkenau, maintenant, c’est un décor .
Quelqu’un qui n’en connaît pas l’histoire peut ne rien voir.
D’ailleurs quand j’y retourne , je dis toujours aux élèves : «  Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas! . »
Et je leur répète : «  Sous chacun de vos pas, il y a un mort ... »
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Moi-même, je le raconte, je le vois, et je me dis ce n’est pas possible d’avoir survécu à ça. Je vois et je sens.
Mais vous, qu’est-ce que vous voyez ? (p.22)

Elle dit : « La mort est rapide, vingt-cinq minutes. »
C’est très dur, ce moment.
Et plus dur encore d’apprendre dans quel état on retrouve les morts. Des années après ce premier voyage, pour les 70 ans de la libération d’Auschwitz, un rescapé des Sonderkommandos est là, qui nous raconte : les corps agrippés les uns aux autres, les plus costauds grimpés sur les plus chétifs, contre les murs, qui pensent qu’ils seront sauvés là-haut. Et une fois qu’on a retiré tous les cadavres pour laver le sol : le sang, les excréments, les bouts de peaux déchirés...Et pendant ce temps-là, pendant vingt-cinq minutes, vous en aviez qui jetaient les granules, qui observaient...Non, ce n’est pas possible. Pour moi, c’est trop. Ce n’est pas humain.

Aux élèves, je le répète : c’est la haine qui a fait ça, la haine à l’état pur. Les nazis ont exterminé six millions de Juifs. Souvenez-vous de ce que vous avez trouvé impensable. Si vous entendez vos parents, des proches, des amis, tenir des propos racistes, antisémites, demandez-leur pourquoi. Vous avez le droit de discuter, de les faire changer d’avis, de leur dire qu’ils ont tort.
Le font-ils ? (p.89)

J’espère que vous ne pensez pas que j’ai exagéré, au moins ? (p.91)
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Il y a quelques années, j’ai rencontré l’un de ces enfants de Bergen-Belsen, un monsieur déjà âgé. Ce qu’il m’a confié m’attriste encore : il haïssait sa mère, à l’époque. Pourquoi ? Les Allemands leur donnaient un pain pour quatre jours, afin qu’il ait une chance de survivre, sa mère était donc obligée de le rationner, de l’empêcher de tout manger d’un coup. Toutes les mamans faisaient ça, elles divisaient leur part en petites portions dans l’espoir de tenir le plus longtemps possible. Mais le gosse crevait de faim. Il avait 5 ou 6 ans, le pain était toujours planqué en hauteur, il suppliait sa mère : « Donne-moi du pain, il est là-haut. » Elle refusait. Il était trop petit pour pouvoir grimper. Alors, en secret, il la maudissait. Les dents serrées, il rêvait que les soldats venaient la tuer. Il faut vivre, après, avec ces souvenirs.
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Lorsque je suis arrivée à Birkenau par le convoi 71, avec Papa et Gilbert, le train était à un kilomètre de l’entrée du camp, c’était une route à travers un champ gris cendré. Aujourd’hui, on peut visiter cet arrêt, la Judenrampe. Des pavillons ont été construits le long de la voie ferrée. Je ne sais pas comment on a pu laisser faire ça, laisser des familles s’installer là où des milliers et des milliers d’enfants sont arrivés et ont été assassinés. Dans les jardins de ces maisons, se dressent des portiques, des balançoires, des toboggans.
 
Il n’y a pas une fois où je retourne là-bas, sur la Judenrampe, sans penser à eux, mon père, mon petit frère, Gilbert, mon neveu. La dernière fois, c’était en 2019, quatre-vingts ans après la déclaration de la guerre, j’ai songé : il y a soixante-quinze ans, quasiment jour pour jour, je ne les ai pas vus descendre du train. Je ne leur ai même pas dit au revoir.
 
J’espère que vous ne pensez pas que j’ai exagéré, au moins ?
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