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EAN : 9782253101307
96 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (11/03/2020)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 266 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

"Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c'est pas possible d'avoir survécu..."

Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944 se trouvaient deux jeunes filles dont elle dev... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (89) Voir plus Ajouter une critique
Deslivresalire
  18 septembre 2019
"Papa, Gilbert, prenez le camion !"
C'est toujours ça qu'ils n'auront pas à faire à pied.
Je ne les embrasse pas. Ils disparaissent.
Ils disparaissent.
C'est le dernier souvenir que Ginette Kolinka garde de son père et de son frère. Lorsqu'elle leur conseillait, à la descente du train, de prendre ce camion pour moins se fatiguer, alors que celui-ci menait aux chambres à gaz.
Arrêtée en 1944 et déportée à Birkenau, Ginette raconte l'essentiel de la vie dans ce camp d'extermination, le quotidien des coups, de la peur, de la honte et surtout de la faim.
Et puis son transfert à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt, avant son retour à Avignon, parmi sa famille, parmi ceux qui restent...
A mon avis :
Évidemment, c'est un témoignage bouleversant que celui des déportés juifs qui ont connu les camps d'extermination ou de concentration.
Celui de Ginette Kolinka raconte la même chose que Primo Levi dans son fameux "Si c'est un homme" : la faim, la maladie, les coups, les humiliations, les vols, la crasse...
Mais le témoignage de Ginette Kolinka est plus court, plus concis, comme une conversation.
De fait, il survole une large période sans détails trop longs ni superflus, comme si elle avait voulu nous dire son histoire mais avec l'humilité de celle qui y a survécu, sans s'apitoyer et sans fioriture.
Et cette simplicité, cette franchise font de ce livre un véritable coup de poing qu'on lit d'une traite mais qui laisse une trace profonde en nous.
C'est sans doute le but de son auteur, qui s'attache depuis des années maintenant à informer les enfants de ce qui s'est passé là-bas, y compris en leur faisant visiter les lieux, même s'ils ont été aseptisés depuis.
Un livre touchant donc, au sens propre du terme.
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Annette55
  21 mai 2019
«  Jusqu'ici nous étions encore des êtres humains .
Nous ne sommes plus rien. »
Voici un témoignage nu, émouvant, pétri d'humilité , terrible, d'une femme simple de 94 ans rescapée du camp de Birkenau, dénoncée , arrêtée par la Gestapo, à l'âge de 19 ans en mars 1944, à Avignon , avec son père, son petit frère, et son neveu , la dernière de six soeurs...
Elle se souvient : le bloc de la quarantaine , n° 9 , le bloc où elle travaillait , n ° 27, l'effroi et la surprise , la peur lors du tatouage n° 78 599, les odeurs , la faim , les coups , la crosse qui brise les os , les poux, les appels sans fin, l'alignement comme des revenants , les guenilles, les pieds sales, les paillasses pouilleuses, les plaies cachées et pour cause, les mortes de la nuit—— la peur perpétuelle des sélections,—- la honte cuisante de la nudité ——et celle intolérable de la puanteur des toilettes , planches de bois alignées ———, l'obsession de la nourriture à son retour , le silence à ses proches .....
Comment donner des détails sur ce qu'elle a vécu , une barbarie innommable, à sa mère et à ses soeurs lorsque les vôtres : père, petit frère, neveu sont morts , gazés dès leur arrivée ? Elle sera la seule à revenir ...
Elle conte non seulement la cruauté , la nudité ,la haine, le froid , la terre battue, les gravats , le ciment , les baraques mais aussi parfois la solidarité et l’humanité chez les compagnes ....
Là - bas perdre le moral, c’est précipiter la mort .....
Elle nous narre sa rencontre avec Simone Jacob, partie avec sa mère et sa soeur , qui lui a donné une robe, ce qui la sauva ...Elle viendra la voir sur le marché d'Aubervilliers plus tard., devenue Simone Veil , son amitié indéfectible avec Marceline - Loridan- Ivens dont j'avais lu le livre « : Et tu n'es pas revenu . »disparue il y a peu...
Se demande comment elle a pu survivre à « ça ? ».
Aujourd'hui, elle raconte dans toutes les classes de France et à Birkenau , où elle retourne plusieurs fois par an avec des élèves ..

A lire pour que nous n'oublions jamais !

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Jean-Daniel
  21 janvier 2020
A 94 ans, Ginette Kolinka est une des dernières rescapées d'Auschwitz-Birkenau. Déportée à 19 ans, en mars 1944, avec son père, son petit frère et son neveu, dans le même convoi que Simone Veil, elle fut une des rares survivantes de ce convoi qui transportait 1500 juifs. Un drame qu'elle a longtemps eu du mal à évoquer avant de se décider à lutter contre la banalisation de cette horreur. Témoigner, transmettre inlassablement, est devenu le combat de Ginette Kolinka.
Ginette Kolinka rappelle régulièrement l'instinct de survie qui subsiste malgré tout : « ce n'est pas possible d'avoir survécu » écrit-elle. A son arrivée au camp, elle n'a pas peur, elle croit se trouver dans un camp de travail : « J'aperçois de la fumée, sans doute la cheminée de l'usine » … Elle ne peut soupçonner que des hommes puissent être capables d'infliger une telle barbarie. Toutefois, dans un monde où rester en vie compte plus que tout, les gestes de solidarité sont toujours présents, et finalement les rescapés ne savent pas comment ils ont pu survivre aussi longtemps.
Le témoignage de Ginette Kolinka est poignant et d'une grande pudeur, elle raconte l'indicible, ce qu'elle a vécu, sans se plaindre, sans jamais tomber dans le sensationnel. Son histoire est celle de nombreuses victimes, elle la raconte dans ce livre, mais témoigne également dans les établissements scolaires et lors de voyages scolaires à Birkenau afin qu'on n'oublie pas ce dont les hommes sont capables. Un témoignage émouvant, une formidable leçon de vie.
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thedoc
  31 janvier 2020
« Retour à Birkenau » nous apporte un nouveau témoignage d'une rescapée de la Shoah, Ginette Kolinka.
Dans ce récit bref, fort et touchant, la vieille dame (94 ans), raconte son arrestation à 19 ans, en 1944, avec son père, son petit-frère et son neveu. le convoi dans les wagons à bestiaux, son arrivée au Birkenau, sa survie au camp, de la sidération à l'habitude des souffrances physiques et morales. Ne plus rien voir, ne plus rien sentir. La solidarité entre les femmes, la débrouille pour manger, la chance qui vous sauve. Ses retrouvailles avec sa famille et sa vie, qui continue, malgré tout. Parler de tout ça ? De la culpabilité, de la douleur, de l'inhumain ? Non, ne pas embêter les gens. Ginette attendra un déclic qui se produira au début des années 2000.
Ses souvenirs sont entrecoupés de remarques sur ses voyages scolaires avec des lycéens. Lorsqu'elle revient pour la première fois à Birkenau, Ginette découvre en même temps que les jeunes la grandeur du camp, bien plus vaste que ce qu'elle croyait. Elle découvre ce que fut l'agonie de son père et de son petit-frère. Elle réalise également que les lieux actuels ne peuvent retranscrire la réalité de l'époque.
Le devoir de mémoire est nécessaire, essentiel, éternel. Mais au fil des années, les lieux changent, les tas de boucles soyeuses aux diverses couleurs deviennent un amas uniforme de cheveux ternes et gris qui tombent en poussière. Des pavillons coquets ont été construits le long de l'ancienne Judenrampe. Quand il n'y aura plus les rescapés pour faire entendre leur voix et parler de cette époque où le monde a sombré dans un enfer bien réel, que restera-t-il pour toucher les générations qui arrivent ? Je dis bien toucher et non pas juste enseigner. C'est la question que pose Ginette Kolinka à travers son récit. "Aux élèves, je le répète : c'est la haine qui a fait ça, la haine à l'état pur. Les nazis ont exterminé six millions de Juifs. Souvenez-vous de ce que vous avez trouvé impensable."
Elle espère même que ces jeunes à qui elle parle, n'ont pas pensé qu'elle exagérait... Pourtant, tout cela s'est passé il y a tout juste 75 ans. A l'échelle de l'Histoire, c'était hier. Il faut se souvenir, encore et toujours.
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montmartin
  22 juin 2019
« Birkenau, maintenant, c'est un décor. Quelqu'un qui n'en connaît pas l'histoire peut ne rien voir. D'ailleurs quand j'y retourne, je dis toujours aux élèves : surtout, fermez les yeux, ne regardez pas ! . Et je leur répète : Sous chacun de vos pas, il y a un mort... »
16 avril 1944, le train s'arrête enfin. Derrière la porte on entend des voix qui crient, des chiens qui aboient, le bruit des gonds que l'on déverrouille. Des cris, des hurlements, on les pousse violemment. à 19 ans elle vient d'arriver au camp de Birkenau. La honte de la nudité, la puanteur, six sur une paillasse, couchées sur le dos, encastrées les unes sur les autres. Jusqu'ici elles étaient encore des êtres humains, maintenant elles ne sont plus rien. La vermine qui vous ronge, les coups qui tombent au hasard. Se faire la plus petite possible, ne jamais se révolter, tout accepter.
Libérée un an plus tard, sur la balance elle ne pèse que 26 kilos, elle sera malade pendant trois ans et la nourriture sera sa seule obsession.
Comme beaucoup d'anciens prisonniers des camps, elle n'a rien dit, ni à son mari ni à son fils. Elle n'éprouvait pas le besoin de parler ni à la famille ni aux amis. Aujourd'hui âgée de 94 ans, Ginette Kolinka nous livre un témoignage poignant. Si le récit est cours, à chaque page l'émotion étreint le lecteur.
J'ai visité le camp d'extermination de Bikernau fin mai 2019, autant dire que ce livre m'a profondément ému. L'écriture comme l'auteure est simple, mais chaque mot porte. Une femme extraordinaire, malicieuse, qui aime la vie et qui ne se considère pas comme une personne héroïque. Emmenée dans le même convoi que Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens elle déclare dans un article récent :
« Je suis en colère après ces deux-là, parce qu'elles m'ont devancée. J'aurais aimé qu'elles viennent à mon enterrement, on aurait dit : ce sont les copines à Ginette ! »
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critiques presse (1)
Liberation   27 juin 2019
Un récit bref et cru de Ginette Kolinka.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
7Polymnie7Polymnie   25 octobre 2020
Moi-même, je le raconte, je le vois, et je me dis ce n’est pas possible d’avoir survécu à ça. Je vois et je sens.
Mais vous, qu’est-ce que vous voyez ? (p.22)

Elle dit : « La mort est rapide, vingt-cinq minutes. »
C’est très dur, ce moment.
Et plus dur encore d’apprendre dans quel état on retrouve les morts. Des années après ce premier voyage, pour les 70 ans de la libération d’Auschwitz, un rescapé des Sonderkommandos est là, qui nous raconte : les corps agrippés les uns aux autres, les plus costauds grimpés sur les plus chétifs, contre les murs, qui pensent qu’ils seront sauvés là-haut. Et une fois qu’on a retiré tous les cadavres pour laver le sol : le sang, les excréments, les bouts de peaux déchirés...Et pendant ce temps-là, pendant vingt-cinq minutes, vous en aviez qui jetaient les granules, qui observaient...Non, ce n’est pas possible. Pour moi, c’est trop. Ce n’est pas humain.

Aux élèves, je le répète : c’est la haine qui a fait ça, la haine à l’état pur. Les nazis ont exterminé six millions de Juifs. Souvenez-vous de ce que vous avez trouvé impensable. Si vous entendez vos parents, des proches, des amis, tenir des propos racistes, antisémites, demandez-leur pourquoi. Vous avez le droit de discuter, de les faire changer d’avis, de leur dire qu’ils ont tort.
Le font-ils ? (p.89)

J’espère que vous ne pensez pas que j’ai exagéré, au moins ? (p.91)
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Annette55Annette55   21 mai 2019
«  Birkenau, maintenant, c’est un décor .
Quelqu’un qui n’en connaît pas l’histoire peut ne rien voir.
D’ailleurs quand j’y retourne , je dis toujours aux élèves : «  Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas! . »
Et je leur répète : «  Sous chacun de vos pas, il y a un mort ... »
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thedocthedoc   31 janvier 2020
Birkenau, maintenant, c'est un décor.
Quelqu'un qui n'en connaît pas l'histoire ne peut rien voir.
D'ailleurs, quand j'y retourne , je dis toujours aux élèves : "Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas !"
Et je leur répète : "Sous chacun de vos pas, il y a un mort."
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mumubocmumuboc   22 décembre 2019
Aux élèves, je le répète : c'est la haine qui a fait ça, la haine à l'état pur. les nazis ont exterminé six millions de Juifs. Souvenez-vous de ce que vous avez trouvé impensable. Si vous entendez vos parents, des proches, des amis, tenir des propos racistes, antisémites, demandez-leur pourquoi. Vous avez le droit de discuter, de les faire changer d'avis, de leur dire qu'ils ont tort. (p95)
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nelly76nelly76   19 janvier 2020
Il n'y a pas une seule fois où je retourne là-bas, sur la Judenrampe, sans penser à eux,mon père, mon petit frère Gilbert,mon neveu.La dernière fois ,c'était en 2019 ,quatre-vingts ans après la déclaration de la guerre,j'ai songé : il y a soixante -quinze ans ,quasiment jour pour jour ,je ne les ai pas vus descendre du train.Je ne leur ai même pas dit au revoir.
J'espère que vous ne pensez pas que j'ai exagéré ,au moins?
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Videos de Ginette Kolinka (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ginette Kolinka
Extrait de "Retour à Birkenau" de Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri lu par Christina Crevillén. Parution le 12 février 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/retour-birkenau-9791035401498
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