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EAN : 9782707320797
522 pages
Éditeur : Editions de Minuit (09/04/2009)
Résumé :

Je reste persuadé que la vie est ce qu'on en fait, et qu'il n'est pas d'âge qui soit particulièrement malheureux si ce n'est celui où l'on abandonne la partie et on peut l'abandonner à tout âge. Je trouverai la vie laide le jour où je me mettrai assis et ne voudrai plus me relever. Pour le moment - pour moi -, vingt ans, c'est l'âge d'une grande décision ; c'est l'âge où je risque ma vie, mon avenir, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
brigetoun
  13 août 2011
les lettres conservées par ses correspondants et qu'ils ont bien voulu confier - aucune lettre reçu par lui qui ne les gardait pas - constitue une sorte de journal qui serait à facettes, les lettres adressées à certaines occasions présentant selon les destinataires des similitudes mais aussi des différences qui peuvent métamorphoser complètement le point de vue. Admirables lettres à sa mère, pour tenter de lui faire comprendre ce qu'il y a de vital pour lui dans leurs différences, sans que soit remis en cause l'amour qu'il a pour elle.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
VulpespallidaVulpespallida   07 août 2020
Camarade, Il m’arrive de craindre une vraie fatalité de l’histoire sur les destins individuels : suffit-il d’une option intellectuelle (même doublée de militantisme) pour que son propre destin soit changé ? – ou : suffit-il d’être communiste pour être dans le camp des révolutionnaire ? […] Je sens bien que, à l’envers, je risque de reconnaître l’héritage honteux des années noires du colonialisme : je suis tant tenté de reconnaître la supériorité de la race noire sur la race blanche ! Alors, je me contiens, j’affirme ma lucidité, je ne sanctionne pas par une opinion mes impressions esthétiques, je refoule toutes ces choses le plus bas possible, je les emballe hermétiquement et mets les pieds dessus en disant : « Tout cela, c’est des histoires de cul ». Mais je demeure rêveur : tant de choses sont des histoires de cul. Je crains d’avoir emballé la politique dans le même paquet, et me voilà obligé de tout redéfaire pour y voir clair. […] Pourquoi moi, dois-je, aujourd’hui, payer le prix d’un siècle d’histoire imbécile ? À qui réclamer ma réhabilitation ? Quel témoignage produire ? […] Là, dans l’ombre, comme barrant l’entrée, – ses genoux sont repliés sur son ventre, un bras soutient sa tête, tandis que l’autre, de minute en minute, chasse mollement quelques moustiques – dort la future révolution. […] Chaque camp semble dessiné aussi précisément que sur un plan, dans la lutte des classes, et l’on ne traverse pas un chantier sans la profonde impression de l’imminence de la révolution, violente, sans doute, sous les ciels rouges des puits de pétrole. […] L’oppression permet de croire en la capacité infinie de la révolte de l’homme ; à mesure que la liberté lui est donnée se prouve sa totale impuissance : ce langage révolutionnaire est à la base, semble-t-il, de toute conversation politique ici. […] On m’abreuva d’informations : qu’il me suffisait d’une semaine ici pour devenir raciste […] Le même jour, un Africain était mort sur le chantier, écrasé par le carterpillar. On m’en mit plein la vue pour me montrer à quel point le fait était banal, presque quotidien, risible, sain, et prouvait à quel degré cette petite société, réunie autour d’un verre, parlant si gaiement entre Blancs, était faite d’hommes, durs, expérimentés, souverains, des vrais, quoi.
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VulpespallidaVulpespallida   07 août 2020
« En bref : je me suis trouvé en contact – pour la première fois peut-être, en tout cas d’une manière aussi violente – avec ce qui doit constituer le plus bas niveau de la classe exploitée, ou du moins celui qui m’a le plus bouleversé, sans doute parce qu’ils avaient moins de vingt ans, qu’ils me ressemblaient sur le plan des aspirations, et qu’enfin ils portaient la marque horrible d’une vie détruite déjà, sur leur visage. Te donner les détails serait trop long, inutile peut-être ; mais disons qu’il s’en ai suivi une conversation de toute une nuit, jusqu’à 10 heures le matin, qui m’a fiat un choc tel que je n’arrive pas encore à calmer mon esprit. Je n’ai pas pu ouvrir la bouche ; pour la première fois que je suis au Parti [communiste], je me suis senti du mauvais côté, et , enfin, j’ai fui comme un voleur, avec une honte dont je n’arrive pas encore à bien à voir quelles en sont les causes. […] Ainsi, ces exploités de vingt ans, c’est la part malheureuse, c’est – toujours métaphysique ! – la part de Dieu, sans conteste possible. Mais si, de l’autre côté, Rothschild, de Wendel, l’argent, et tous ses profiteurs, sont le Mal incontestable, nous, où sommes-nous ? Je me dis : je suis au Parti communiste, j’ai choisi mon camp ; mais quand la situation me catapulte à la figure me vrais exploités, je vois l’énormité du luxe de mon existence. J’ai choisi mon camp, me dis-je ? Mais en cas de catastrophe, sur quelle solidarité compterais-je, sinon sur celle de l’argent, et pourquoi pourrais-je y compter, sinon à cause de mes origines ? Sur quelle solidarité, eux, peuvent-ils compter ?
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VulpespallidaVulpespallida   07 août 2020
Je vois avec regret partir chaque jour les derniers restes de ma juvénilité ( ! ) et de mon pucelage, et cela me laisse un goût un peu amer. Je me sens m’asseoir, m’affirmer, vieillir en un mot. Mais enfin, je n’ai que vingt et un ans, et je me console provisoirement en pensant que j’ai encore un peu de temps pour vivre jeune, mourir jeune, et être un beau cadavre ! Ce qui est terriblement vicieux de la part de la Nature, c’est que le sentiment de la vieillesse approchante nous fait avoir des élans furieux de désir de vivre et de jouissance, et qu’en contrepartie, chacun de ces élans nous jette une ride de plus sur le front, un pli plus désabusé sur les lèvres, une intonation plus grave dans la voix, ou, plus invisiblement mais plus efficacement, une désillusion de plus dans l’esprit. Je redoute déjà le jour où tous ces sillons creusés dans la chair et dans le cerveau éclateront, et, en une nuit, désagrégeront toute cette carapace de fausse jeunesse et me feront pourrir sur pied, plus effectivement que la vérole ou la peste, avec cette odeur écœurante de putréfaction difficilement cachée que l’on dégage dès vingt-cinq ans.
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VulpespallidaVulpespallida   07 août 2020
L’autre jour, il y avait une réception dans la société pour les chefs noirs du village. Toutes ces dames européennes étaient fringuées comme tu peux l’imaginer. Mais au moment de l’arrivée des plats… cela a été une ruée invraisemblable, comme des chiens, de tous les Blancs, et en dix minutes, il ne restait plus rien. Les Noirs et leurs femmes restaient sans bouger dans leur coin. Je me suis enfui devant une telle humiliation. Bichette pleurait de honte. Je deviens foncièrement raciste anti-Blancs…
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VulpespallidaVulpespallida   07 août 2020
J’ai toujours l’impression, face à un personnage tracé psychologiquement, de me trouver devant la Xe variation de la même chose, fruit d’un travail acharné sur ce qu’il y a de plus petit, de plus mesquin de moins original en soi. Demander à des comédiens l’étude profonde de ce qu’ils ont de moins intéressant en eux me paraît aberrant. Ne parlons pas des personnages considérés à la manière de Brecht : si les personnages psychologiques sont petits, ceux-ci sont inexistants.
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Extraits DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON (Théâtre 2010)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Lettres, correspondance littéraire (87)
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