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ISBN : 2707317551
Éditeur : Editions de Minuit (06/03/2001)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 205 notes)
Résumé :
Un trajet invraisemblable, un personnage mythique, un héros comme Samson ou Goliath, monstres de force, abattus finalement par un caillou ou par une femme.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  24 janvier 2018
C'est toujours déroutant de lire une pièce de théâtre.
Plus encore quand les personnages et les faits ne semblent obéir à aucune logique. A aucune rationalité. Ils se contentent d'être là, sur scène, et de se succéder dans la seule évidence de leur présence et de la chronologie.
Mais la pièce, à une lettre près, porte le nom d'un serial killer célèbre, Roberto Succo, dont le personnage - dans la pièce, Roberto Zucco- , reproduit fidèlement la trajectoire criminelle: il ne s'agit pas d'une fable.
Encore moins d'une tentative d'explication psychologique, d'un plaidoyer ou d'un "thriller" théâtral destiné à frapper de terreur l'imagination du spectateur.
Roberto "ne se connaît pas d'avance", comme disait Peter Handke. Ses meurtres adviennent presque sans qu'il y ait part.
Lui qui rêve d'être invisible, et refuse avec horreur d'être un héros dont les vêtements couverts de sang le rendraient par trop remarquable, revient pourtant sur ses scènes de crime, pour tuer encore, s'en prend avec la même violence aux policiers qui le poursuivent et aux enfants sans défense.
On l'aime, pourtant: la gamine qu'il a violée, la femme dont il vient de tuer l'enfant, sa mère qu'il a rendue veuve..
C'est qu'il y a, dans ce personnage aveugle à lui-même, meurtrier dans ses actes, une sorte de fraternité poétique avec le genre humain. Ses coups , étrangement, délivrent : l'une, de l'oppression familiale, l'autre, des servitudes maternelles, la troisième, du chagrin et de l'amour déçu.
Roberto Zucco est fascinant, transgressif et libératoire- et beau comme l'ange de la mort.
On pense au personnage étrange de Théorème, interprété par Terence Stamp, dans le film de Pasolini.
Dans Roberto Zucco, on est dans un univers symbolique, poétique, au-delà du bien et du mal. Quand l'existence humaine est d'une vue si courte qu'on serait bien en peine de lui donner un sens, comment en chercher un au destin? Et juger de son équité, de sa moralité ?
Tout le trouble, tout le scandale de la pièce vient de là. Et même la seule lecture -bien moins sans doute que la représentation- provoque malaise et interrogation.
A découvrir!


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Marti94
  06 avril 2019
Souvent les novateurs dérangent parce qu'ils cassent les codes classiques auxquels on est habitué. C'est le cas de Bernard-Marie Koltès au théâtre notamment lorsque son nom est associé à celui de Patrice Chéreau.
Ils ne sont plus là ni l'un ni l'autre mais des pièces comme "Roberto Zucco" continuent à être montées et c'est bien. C'est dans une mise en scène de Rose Noël que je l'ai vu récemment au théâtre de l'épée de bois à la Cartoucherie de Vincennes.
Achevée en 1989, c'est la dernière pièce écrite par Bernard-Marie Koltès. Elle raconte la vie d'un tueur en série italien qui s'est échappé de prison, inspirée par la biographie réelle de Roberto Succo qui a sévit dans les années 80.
Assassin de son père, il retourne chez sa mère qu'il tue également. En cavale, il rencontre une adolescente qu'il va violée. Pourtant, elle tombera amoureuse de ce démon fascinant pour échapper au carcan familial. On se doute que, pris dans la spirale infernale de la violence, ça va mal finir. Mais Koltès sait se placer avec humanité et sans compassion du côté des marginaux et des fous. Parce que même les monstres comme Roberto Zucco peuvent se vouloir ange.
C'est donc une pièce terrifiante qui fait partie des classiques du genre.
Lu en avril 2019
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frandj
  01 octobre 2015
J'avais entendu parler de cette pièce sulfureuse qui avait fait grand bruit, au moment de sa création. Quoique je ne sois pas féru de théâtre, j'avais eu vaguement envie de la voir, mais je ne l'avais pas fait. Je viens enfin de la lire.
En fait, Roberto Succo (et non Zucco) n'est pas une invention de Koltès. Entre 1981 et 1988, ce tueur en série a réellement sévi en Italie, en France et en Suisse. Les premières personnes qu'il a tuées sont ses parents: déclaré « schizophrène », il fut interné en hôpital psychiatrique dont il s'enfuit en 1986. Il a ensuite commis de nombreux vols, viols et meurtres, avant d'être arrêté. Il s'est finalement suicidé en prison.
Il fallait avoir de l'audace pour choisir un tel homme comme "héros" d'une pièce. Le parcours que Koltès décrit est presque conforme aux faits réels. Indiscutablement l'homme est fou, d'une certaine manière, et en même temps il a des côtés attachants. Il commet ses crimes comme à l'improviste, incité par une obscure pulsion: le lecteur, quoique prévenu, se trouve surpris. A part ses actes répréhensibles, il nous apparait compliqué et obstiné certes, mais presque comme sympathique. Une scène tragi-comique le montre prenant en otage, au hasard, un jeune garçon (qu'il tuera) et sa mère; les témoins du drame se comportent involontairement de manière très comique. A noter aussi un personnage secondaire important, qu'on appelle la Gamine, violée par Zucco (auquel elle restera attachée). Comme il se doit, la pièce se termine par la mort du "héros".
Il est clair que la création du personnage de Zucco est une réussite. Mais, décidément, je crois que je n'apprécierai jamais le théâtre à sa juste valeur. Dans cette pièce pourtant courte, de longs passages m'ont semblé verbeux. En outre, je n'arrive pas à admettre certaines conventions usuelles, propres au théâtre. J'aurais sûrement bien mieux apprécié de lire un roman sur ce même sujet et avec le même personnage.
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loveandsomeverses
  12 août 2011
Ce livre m'a totalement fait adoré le théâtre. C'est une pure merveille. Bernard Marie Koltès s'est inspiré d'une histoire vraie et nous raconte le parcours impressionnant de Roberto Zucco qui tue son père, sa mère, un inspecteur, dépucelle une gamine (qui va tombé amoureuse de lui) et tue un petit garçon. A chaque fois qu'il se retrouve en prison, il en ressort, on ne sait jamais comment. On assiste à l'évasion de Zucco, jusqu'à sa destination finale à travers des mots poignants et frappants, un livre que je ne suis pas prête d'oublier.
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Warrenbismuth
  30 août 2018
Dernière pièce de théâtre achevée par KOLTÈS en 1988 avant son décès du sida un an plus tard, ce « Roberto Zucco » est bien sûr, vous l'aurez sans doute deviné, une biographie du tueur délirant des 80's Roberto SUCCO.
S'attachant aux dernières heures du meurtrier avant son suicide, cette pièce stylisée fait intervenir pas mal de témoins, des proches aux quidams en passant par les gardiens de prison entre autres, une vingtaine de personnes se succédant ou dialoguant. le ton est brut et poétique à la fois, les situations parfois choquantes (la pièce a fait scandale à sa sortie), une biographie stylisée et sans concession, à l'écriture soigneuse, pointilleuse et exigeante. Oui ce Zucco est fou à lier : assassin de ses parents, d'un flic, interné en hôpital psychiatrique puis évadé, repris et incarcéré, la pièce commence alors qu'il est juché sur le toit de sa prison, c'est le dernier baroud d'honneur de l'italien. On va rapidement en savoir plus sur son parcours par ses proches, par celles et ceux qui l'ont côtoyé d'une manière ou d'une autre, mais aussi par ses propres rencontres avec l'un ou l'autre des protagonistes, assister même au meurtre de sa mère, protectrice et dépassée.
Dans cette pièce, KOLTÈS s'est inspiré du théâtre classique, même si l'on peut çà et là ressentir les influences du théâtre contemporain. Support ambitieux que celui de présenter une biographie par le truchement du théâtre où l'on peut imposer librement un ton, un rythme différents, en version brut de décoffrage, faire parler l'imaginaire sans suivre de fil, moins de deux heures pour résumer une vie qui se clôture en forme de naufrage, une manière bien singulière de redécouvrir ce Roberto complètement azimuté qui a fasciné l'opinion publique à la fin des années 80 (et fait s'interroger pas mal de professionnels de la psychiatrie).
La pièce fut écrite la même année que la mort de SUCCO (1988), donc en quelque sorte le nez dans le guidon. Dans ce livre, des bonus permettent de jouer les prolongations en compagnie de l'auteur : « Tabataba », un dialogue tendu entre une soeur et son frère cadet sur fond de Harley Davidson, « Coco », une esquisse de pièce de théâtre avec Coco CHANEL comme personnage central (que visiblement KOLTÈS ne portait pas dans son coeur), le recueil se terminant par « Un hangar, à l'ouest », interview où KOLTÈS parle de son travail (notamment pour les pièces « Quai ouest » et « Combat de nègres et de chiens »), son approche, sa perception du théâtre, etc. le tout est sorti en 2001 aux Éditions de Minuit, alors que la pièce « Roberto Zucco » fut montée en 1990 à Berlin.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
Lien : https://deslivresrances.blog..
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
loveandsomeversesloveandsomeverses   12 août 2011
La Gamine. - Je t'ai cherché, Roberto, je t'ai cherché, je t'ai trahit, j'ai pleuré, pleuré, au point que je suis devenueune toute petite île au milieu de la mer et que les dernières vagues sont en train de me noyer. J'ai souffert, tellement, que ma souffrance pourrait remplir les gouffres de la terre et déborder des volcans. Je veux rester avec toi, Roberto; je veux surveiller chaque battement de ton coeur, chaque souffle de ta poitrine; l'oreille collée contre toi j'entendrai le bruit des rouages de ton corps, je surveillerai ton corps comme un mécanicien surveille sa machine. Je garderai tous tes secrets, je serai ta valise à secrets; je serai le sac où tu rangeras tes mystères. Je veillerai sur tes armes, je les protégerai de la rouille. Tu seras aussi mon agent et mon secret à moi, dans tes voyages, je serai ton bagage, ton porteur et ton amour.
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sparklywavesparklywave   16 mai 2013
Il t'est arrivé une petite histoire de gamine, tu as rencontré un garçon, il a été idiot comme tous les garçons, il a été maladroit, il t'a brusquée ? Je connais cela, mon pinson, j'ai été une gamine, j'ai été à des fêtes où les garçons sont des imbéciles. Même si tu t'es fait embrasser, qu'est-ce que cela peut faire ? Tu te feras encore mille fois embrasser par des imbéciles, que tu en aies envie ou pas ; et tu te feras mettre la main aux fesses, ma pauvre, que tu le veuilles ou non. Parce que les garçons sont des imbéciles et tout ce qu'ils savent faire, c'est de mettre la main aux fesses des gamines. Ils adorent cela. Je ne sais pas quel plaisir ils y trouvent ; je crois bien, d'ailleurs, qu'ils n'y trouvent aucun plaisir. C'est dans leur tradition. Ils n'y peuvent rien. Ils sont fabriqués avec de l’imbécillité.
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loveandsomeversesloveandsomeverses   12 août 2011
La gamine rejoint Zucco caché sous la table.

La Gamine. - Toi, mon vieux, tu m'as pris mon pucelage, tu vas le garder. Maintenant il n'y aura personne d'autre qui pourra me le prendre. Tu l'as jusqu'à la fin de tes jours, tu l'auras même quand tu m'auras oublié ou que tu seras mort. Tu es marqué par moi comme par une cicatrice après une bagarre. Moi, je ne risque pas d'oublier, puisque je n'en ai pas d'autre à donner à personne; c'est fini, c'est fait, jusqu'à la fin de ma vie. C'est donné et c'est toi qui l'a.
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Charybde2Charybde2   28 août 2019
LA MÈRE. – Je te donne de l’argent. C’est de l’argent que tu veux. Tu t’achèteras tous les habits que tu veux.
ZUCCO. – Je ne veux pas d’argent. C’est mon treillis que je veux.
LA MÈRE. – Je ne veux pas, je ne veux pas. Je vais appeler les voisins.
ZUCCO. – Je veux mon treillis.
LA MÈRE. – Ne crie pas, Roberto, ne crie pas, tu me fais peur ; ne crie pas, tu vas réveiller les voisins. Je ne peux pas te le donner, c’est impossible : il est sale, il est dégueulasse, tu ne peux pas le porter comme cela. Laisse-moi le temps de le laver, de le faire sécher, de le repasser.
ZUCCO. – Je le laverai moi-même. J’irai à la laverie automatique.
LA MÈRE. – Tu dérailles, mon pauvre vieux. Tu es complètement dingue.
ZUCCO. – C’est l’endroit du monde que je préfère. C’est calme, c’est tranquille, et il y a des femmes.
LA MÈRE. – Je m’en fous. Je ne veux pas te le donner. Ne m’approche pas, Roberto. je porte encore le deuil de ton père, est-ce que tu vas me tuer à mon tour ?
ZUCCO. – N’aie pas peur de moi, maman. J’ai toujours été doux et gentil avec toi. Pourquoi aurais-tu peur de moi ? Pourquoi est-ce que tu ne me donnerais pas mon treillis ? J’en ai besoin, maman, j’en ai besoin.
LA MÈRE. – Ne sois pas gentil avec moi, Roberto. Comment veux-tu que j’oublie que tu as tué ton père, que tu l’as jeté par la fenêtre, comme on jette une cigarette ? Et maintenant, tu es gentil avec moi. Je ne veux pas oublier que tu as tué ton père, et ta douceur me ferait tout oublier, Roberto.
ZUCCO. – Oublie, maman. Donne-moi mon treillis, ma chemise kaki et mon pantalon de combat ; même sales, même froissés, donne-les moi. Et puis je partirai, je te le jure.
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yaelleangelyaelleangel   26 septembre 2014
Je crois qu'il n'y a pas de mots, il n'y a rien à dire. Il faut arrêter d'enseigner les mots. Il faut fermer les écoles et agrandir les cimetières. De toutes façons, un an, cent ans, c'est pareil ; tôt ou tard, on doit tous mourir, tous. Et ça, ça fait chanter les oiseaux, ça fait rire les oiseaux.
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Video de Bernard-Marie Koltès (8) Voir plusAjouter une vidéo
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