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EAN : 9782757863800
192 pages
Éditeur : Points (15/06/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 25 notes)
Résumé :
À Kita la foule venue accueillir l’équipe de foot est repartie de la gare en dansant et en abandonnant sur place un mendiant immobile et surtout sans tête. Dans la nuit un esprit vêtu de rouge est passé dans la colline armé d’une torche. Le matin suivant, un autre mendiant décapité a été trouvé au marché. Le commissaire Dembélé et son adjoint, le moderne Sy, sont dépassés par la situation. Les notables et les religieux y voient un châtiment de la dépravation moderne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  01 septembre 2017
Mon premier polar africain. Moussa Konaté écrit comme un conteur. Il raconte avec une verve particulière les aventures du Commissaire Habib patron de la brigade criminelle de Bamako et de son adjoint le jeune capitaine Sosso, dépêché par le Préfet dans la commune de Kita pour résoudre une affaire de meurtres en série. Des corps sans têtes sont découverts dans différents endroits de la ville.
Sur place, le commissaire Dembélé un Malinké né à Dialaya non loin de Kita et son adjoint le lieutenant Sy, un Peul de la ville de Nioro, ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée de policiers de la capitale, d'autant plus que Habib est un Malinké dont la famille habite toujours Kita et que Sosso, lui, est un Bambara.
Ne vont-ils pas démontrer, avec leurs méthodes peu conventionnelles, que Dembélé et Sy sont incapables de dénouer cette affaire ?
Diallo, un Peul, collaborateur de Dembélé est acquis aux méthodes des policiers de la capitale.
Kita se situe au Mali, ex Soudan français, la capitale est Bamako.
L'enquête policière est l'occasion pour Moussa Konté de faire découvrir l'histoire de ce pays d'Afrique où les Musulmans sont majoritaires. Les différents peuples qui y vivent, Malinkés, Kitankés, Peuls, Kassonkés s'affrontent au cours de l'enquête.
Les Malinkés traitent les Kassonkés de « fainéants passant leur temps à bavarder », « Malinkés balourds, mangeurs de pâte d'arachide. » répliquent ces derniers.
« Ne fais jamais confiance à un Peul » lance sous forme de boutade Habib à Dembélé en lui faisant remarquer que ses deux collaborateurs appartiennent à cette ethnie.
De la même façon il plaisante Sosso et Diallo, « J'espère que le Bambara et le Peul ne vont pas en venir aux mains… »
Avant l'arrivée d'Habib et Sosso, le Préfet convoque Dembélé à Moribougou, un quartier ancien de Kita où vivent les autorités tribales, le chef de village Fakourou Kéita, le chef des griots Balla Kouyaté et le devin Namory Dioumba.
Les structures administratives le plus souvent héritées de la période coloniale, Préfet, Police et Gendarmerie sont amenés à composer avec les anciens gardiens de la tradition « Tu es le chef, certes, mais nous sommes les anciens » préviennent-ils le Préfet, l'enjoignant de se soumettre aux cauris du devin exigeant un sacrifice (un mouton blanc et du lait) pour calmer l'esprit des ancêtres qui jugent les habitants de Kita coupables de céder aux sirènes de l'argent « L'argent achète tout désormais et nos filles vendent leurs corps. Nos ancêtres n'ont-ils pas raison ? Ne sommes-nous pas devenus indignes d'eux ?»
Les crimes en série sont-ils réellement commis par un esprit vengeur ou ne cachent-ils pas quelque manipulateur comptant sur la crédulité des habitants de Kita ?
Telle est la question à laquelle Habib et Sosso vont se trouver confrontés seuls, ne pouvant compter que sur l'aide de Diallo, tant les responsables locaux Dembélé et Sy semblent acquis à la thèse des esprits vengeurs ou par la suite à celle du fou possédé par l'esprit des ancêtres, un vagabond du nom de Ngaba qui se promène avec un coupe-coupe autour du cou.
La perspicacité d'Habib et Sosso viendra à bout de l'enquête et de ces croyances, se colletant avec des personnages emblématiques comme Kadia grande-gueule, « une femme unique en son genre. Elle a une bouche qui dit tout. Pour elle, le secret n'existe pas. En revanche, elle vend d'excellents fruits.», Kouassy l'Ivoirien « Oh, pour moi une fille est une fille. le reste je m'en fous. Je fais ce que j'ai envie, c'est tout. », le capitaine de gendarmerie Coulibaly, Mamadou Kébé le malfrat.
La ville de Kita, regorge d'arbres, témoins muets de l'enquête, kapokiers, manguiers, caïl-cédrats, tamariniers, flamboyants, une végétation que nous découvrons au fil des aventures d'Habib et Sosso.
Un roman très agréable à lire où l'on apprend beaucoup de choses sur l'Afrique, son histoire et les contraintes héritées des colonisateurs qui ont niés l'histoire du continent tout en s'appuyant sur certaines ethnies pour mener à bien leurs projets. Nicolas Sarkozy affirmait « L'homme africain n'est pas assez entré dans L Histoire », après la lecture du roman de Konaté je dirais plutôt qu'on a volé son histoire à l'homme africain.
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nadiouchka
  09 mars 2016
Dans ce livre, on rerouve le policier Habib et son adjoint Sosso qui figuraient déjà dans MEURTRE A TOMBOUCTOU. Ici, ils sont appelés pour aider le commissaire Dembelé et l'affaire est très compliquée car depuis quelque temps, des cadavres de sans domicile fixe sont retrouvés décapités.
L'affaire prend une autre tournure quand l'adjoint Sosso est victime d'une tentative de meurtre. Il paraît donc évident qu'il y a une taupe parmi les enquêteurs et que tout est tenté pour que la vérité ne se fasse pas.
Cette nouvelle enquête nous plonge dans un total dépaysement. Les méthodes policières, surtout les interrogatoires, n'ont aucun rapport avec les méthodes européennes et on trouve même, parfois, une note d'humour.
Moussa Konaté décrit ici un pays confronté au choc de la modernité et aux traditions.
Mais, malgré la violence des meurtres, le lecteur n'est jamais plongé dans le sanglant car l'écriture met surtout en avant l'humour et le tâtonnement de l'enquête.
Ce livre, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, ne peut pas laisser indifférent.
Dans la même veine que pour MEURTRE A TOMBOUCTOU, l'auteur met en avant toutes les contradictions de l'Afrique actuelle, coincée entre tradition et modernité.
L'éditeur a écrit : "Si l'écriture est maladroite, c'est parce-que l'écrivain n'a pas eu le temps de faire des modifications sur son premier jet, il est entré à l'hôpital juste après avoir remis son manuscrit et il est mort quelques jours plus tard."
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Pois0n
  12 juillet 2017
Avant la critique proprement dite, je tiens à remercier les éditions Points pour leur concours Twitter... et mon conjoint, pour m'avoir filé son lot! xD
L'affaire des coupeurs de têtes était, des trois romans gagnés, celui qui me faisait le plus envie et, une fois n'est pas coutume, celui par lequel j'ai commencé, au lieu de le garder pour la fin.
Il s'agit d'un roman très court, presque une nouvelle, de même pas 180 pages et imprimée assez gros. Autant dire que l'on se doute tout de suite que l'auteur ira à l'essentiel... eh bien, oui et non.
Les protagonistes principaux n'arrivent qu'après les cinquante premières pages, destinées à planter le contexte, présenter quelques-uns des personnages, et surtout à montrer à quel point ceux-ci pédalent dans la choucroute... Point de sentiment de longueur toutefois, la narration se veut assez fluide, sans temps morts, au détriment toutefois des descriptions, purement et simplement inexistantes tout au long de l'ouvrage, ce qui constitue son plus gros point faible. L'immersion se trouve vraiment gâchée par un manque cruel de détails: on ignore totalement (!) à quoi ressemblent Habib, Sosso, le commissaire Dembélé et le jeune policier Diallo, et il faut se débrouiller avec l'esquisse de leurs traits de caractère. Il en va naturellement de même pour les lieux, alors que la ville de Kita parait être un décor haut en couleur que l'on aurait aimé découvrir un peu plus à l'occasion de cette enquête!
Mais, mis à part ça, L'affaire des coupeurs de têtes est vraiment un très bon moment de lecture, durant lequel on ne s'ennuie jamais. Et si Moussa Konaté a été chiche sur le décorum, il ne l'a pas été sur les messages de fond. On découvre en effet une ville souffrant d'un fort clivage entre la jeune génération désabusée à l'extrême, et les aînés réfugiés dans leurs croyances. le folklore occupe ainsi constamment l'arrière-plan du récit, et si l'on s'étonnera au tout début de voir un préfet et un commissaire de police, censés incarner la logique et la rationalité, rendre des comptes aux anciens et écouter le devin local, on comprendra rapidement que les deux ne sont pas forcément incompatibles, de la même façon que l'animisme côtoie sans mal l'islam dans le quotidien des gens.
Le déroulement de l'enquête, lui, se suit sans déplaisir. Moussa Konaté laisse traîner suffisamment d'indices pour que l'on aie une idée du coupable dès la moitié du roman, tout en brouillant suffisamment les pistes pour que l'on n'en aie pas l'absolue certitude avant la toute fin.
Chose étonnante, ce n'est pas le commissaire Habib, comme le résumé pouvait le laisser supposer, que l'on suit le plus, mais bien Sosso, qui mène l'enquête sur le terrain pendant que son supérieur... vérifie des trucs sur internet. Impossible donc de ne pas ressentir une légère frustration quand ().
Enfin, si l'ouvrage se veut parsemé de quelques touches d'humour apportant une bouffée de légèreté, celles-ci se veulent majoritairement tournées autour des différentes ethnies des protagonistes, qui laisseront forcément sur le carreau la plupart des lecteurs, comme une private joke, un peu comme si l'on balançait sans contexte à un Chinois une vanne sur les Bretons, les Normands et le Mont Saint-Michel.
En résumé, L'affaire des coupeurs de têtes est donc un petit polar sympathique, plutôt bien fichu, et agréable à lire, mais dont le principal défaut, à savoir l'absence de détails, ne parvient malheureusement jamais à se faire oublier.
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Pirouette0001
  21 juin 2015
Dernier roman écrit par Konaté peu de mois avant sa mort. Roman policier qu'il a choisi de situer dans sa ville natale Kita.
Ce n'est pas le meilleur ouvrage que j'ai lu de cet auteur loin s'en faut. L'histoire est courte, ce qui n'est pas un défaut, mais l'intrigue fort simple, voire simpliste.
Ceci n'empêche pas l'auteur, comme à l'accoutumée, de nous présenter, et on le sent avec beaucoup de tendresse, les antagonismes qui nourrissent la population africaine, divisée entre animisme, croyance dans les esprits des ancêtres et islam, mais qui divisent aussi la population plus âgée aux plus jeunes, qui vivent, eux, pleinement à l'heure de la mondialisation.
Et c'est là que réside principalement l'intérêt de lire les oeuvres de Konaté, pour ce livre-ci également.
Merci à Babelio et aux éditions Metalié de m'avoir fait découvrir ce titre.
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Polars_urbains
  25 mars 2018
Pour leur dernière enquête, Moussa Konaté emmène le commissaire Habib et de son adjoint Sosso à Kita, la ville de son enfance, où un gang de coupeurs et de voleurs de têtes s'en prend aux mendiants. La police locale, écartelée entre les partisans de la tradition et les tenants de la modernité - avec les autorités locales en arbitre -, doit accepter qu'Habib quitte Bamako pour lui prêter main forte et retrouve ainsi sa ville natale.
Respectueux des coutumes et mythes traditionnels mais doté d'un esprit logique, le commissaire laisse son adjoint mener les recherches sur le terrain et interroger les témoins et suspects potentiels alors que lui-même se concentre sur les réseaux internet. Dans une ville où la population, sous l'influence de l'imam et avec l'approbation du préfet, préfère croire à une vengeance des esprits au mépris d'arguments rationnels, il ne sera pas facile de démasquer et d'arrêter les coupables. Ce que fera Habib lors d'une séance d'explications digne d'Hercule Poirot !
L'affaire des coupeurs de têtes propose une intrigue solide et une enquête convaincante, mais c'est aussi le portrait contrasté d'une société malienne (et aussi africaine) avec ses rivalités ethniques (évoquées ici sur le mode de l'humour par le Malinké Habib, son adjoint Bambara et quelques collègues Peuls), ses croyances traditionnelles, les aspirations de sa jeunesse et son désir de modernité. Dernier roman de Moussa Konaté avant sa disparition en 2013, L'affaire des coupeurs de têtes, à l'écriture plus rigoureuse que celle de Meurtre à Tombouctou, se lit d'une traite et, à travers une histoire policière assez classique, constitue une bonne introduction à la réalité d'un pays.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 mars 2016

Le ballon, qu’il avait empêché de passer par-dessus sa tête, alla s’écraser et se coincer entre les jambes du mendiant, toujours endormi, adossé à la clôture. Un autre enfant accourut et, sans aucun égard pour le pauvre homme, plongea sa main entre ses jambes et en arracha le ballon. Le mendiant bascula, s’écroula sur le côté. Le turban noué autour de sa tête se défit et tomba dans l’herbe. Il n’a pas de tête ! Il a perdu sa tête ! hurla, le garçon en tremblant, les yeux exorbités. Il s’enfuit sans demander son reste, aussitôt imité par ses copains également épouvantés. Effectivement, le corps gisait au sol, le cou sans tête couvert de caillots de sang. A leur tour, après un moment d’hésitation et d’incrédulité, une fois face à l’évidence, les adultes s’empressèrent d’abandonner le lieu en poussant force BISMILAH ! et Allah Akbar !. Même le chef de gare qui, dans son grand boubou brodé, voulait vérifier l’information qui lui avait été donnée, tourna rapidement les talons à mi-chemin après avoir aperçu le cadavre de loin.
P.12
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nadiouchkanadiouchka   10 mars 2016

Après la courte visite de courtoisie de Habib au préfet, les deux chefs de police allaient entamer une discussion longue, encadrant Ngaba, leurs quatre jeunes collaborateurs se firent annoncer et s’introduisirent dans le bureau. A la vue du fou, à l’allure d’homme préhistorique, Habib et Dembélé ne purent cacher leur ahurissement. Ngaba se tenait immobile, les yeux fixés dans le vide, comme s’il vivait sur une autre planète.
- Il était dans sa cabane, expliqua Sosso, aux patrons. Il a failli nous tuer avec son coupe-coupe. Pour le maîtriser ça n’a pas été facile. Voilà ce que nous avons découvert sous sa hutte, quatre couteaux.
- Tu dis bien qu’il a été violent ? insista Habib en prenant le sachet en plastique que lui avait tendu son adjoint.
- Oui, chef. Il était extrêmement violent.
P.65
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AxelinouAxelinou   02 août 2015
- Les mythes et les coutumes qui ont façonné des générations ne sont pas non plus à l'abri de la mondialisation.
...
- C'est vous dire donc qu'il ne faut plus rêver. Notre vieux monde s'en va, le nouveau que véhicule la mondialisation est en train de s'installer.
[p. 147]
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Polars_urbainsPolars_urbains   25 mars 2018
J’ai moi-même aperçu une silhouette habillée de rouge arpenter la colline avec un flambeau. Et cette année là, il y a eu une épidémie de choléra et une invasion de criquets qui ont dévasté pratiquement tous les champs. Nous avons tous été convaincus que c’étaient les catastrophes annoncées par l’apparition. Aujourd’hui, j’ai de forts doutes, même si les coïncidences me paraissent toujours troublantes. Si un policier épouse de telles croyances, il n’a plus de raisons de mener une enquête. Donc, laissons les Kitankés croire comme ils le font, mais nous, nous opérons dans le rationnel.
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nadiouchkanadiouchka   10 mars 2016
Regardez la dérive de notre cité. Tout le monde ne parle que d'argent, tout le monde ne pense qu'à l'argent. L'argent achète tout désormais et nos filles vendent leur corps. Nos ancêtres n'ont-ils pas raison? Ne sommes-nous pas devenus indignes d'eux? Alors, ils sont décidés à nous tourner le dos et à nous laisser aux mains de mauvais génies tant que nous n'aurons pas retrouvé le droit chemin. Nous souffririons beaucoup et longtemps si leur colère ne s'apaise pas. Il faut donc d'ici trois jours que nous reconnaissions nos torts et que nous leurs présentions nos excuses.
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Des cadavres sans tête envahissent la belle ville de Kita au Mali. Une enquête haletante entre religion, football et ironie sur le pouvoir en place.
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