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Critique de PoisonLady


PoisonLady
  12 juillet 2017
Avant la critique proprement dite, je tiens à remercier les éditions Points pour leur concours Twitter... et mon conjoint, pour m'avoir filé son lot! xD
L'affaire des coupeurs de têtes était, des trois romans gagnés, celui qui me faisait le plus envie et, une fois n'est pas coutume, celui par lequel j'ai commencé, au lieu de le garder pour la fin.

Il s'agit d'un roman très court, presque une nouvelle, de même pas 180 pages et imprimée assez gros. Autant dire que l'on se doute tout de suite que l'auteur ira à l'essentiel... eh bien, oui et non.
Les protagonistes principaux n'arrivent qu'après les cinquante premières pages, destinées à planter le contexte, présenter quelques-uns des personnages, et surtout à montrer à quel point ceux-ci pédalent dans la choucroute... Point de sentiment de longueur toutefois, la narration se veut assez fluide, sans temps morts, au détriment toutefois des descriptions, purement et simplement inexistantes tout au long de l'ouvrage, ce qui constitue son plus gros point faible. L'immersion se trouve vraiment gâchée par un manque cruel de détails: on ignore totalement (!) à quoi ressemblent Habib, Sosso, le commissaire Dembélé et le jeune policier Diallo, et il faut se débrouiller avec l'esquisse de leurs traits de caractère. Il en va naturellement de même pour les lieux, alors que la ville de Kita parait être un décor haut en couleur que l'on aurait aimé découvrir un peu plus à l'occasion de cette enquête!

Mais, mis à part ça, L'affaire des coupeurs de têtes est vraiment un très bon moment de lecture, durant lequel on ne s'ennuie jamais. Et si Moussa Konaté a été chiche sur le décorum, il ne l'a pas été sur les messages de fond. On découvre en effet une ville souffrant d'un fort clivage entre la jeune génération désabusée à l'extrême, et les aînés réfugiés dans leurs croyances. le folklore occupe ainsi constamment l'arrière-plan du récit, et si l'on s'étonnera au tout début de voir un préfet et un commissaire de police, censés incarner la logique et la rationalité, rendre des comptes aux anciens et écouter le devin local, on comprendra rapidement que les deux ne sont pas forcément incompatibles, de la même façon que l'animisme côtoie sans mal l'islam dans le quotidien des gens.
Le déroulement de l'enquête, lui, se suit sans déplaisir. Moussa Konaté laisse traîner suffisamment d'indices pour que l'on aie une idée du coupable dès la moitié du roman, tout en brouillant suffisamment les pistes pour que l'on n'en aie pas l'absolue certitude avant la toute fin.
Chose étonnante, ce n'est pas le commissaire Habib, comme le résumé pouvait le laisser supposer, que l'on suit le plus, mais bien Sosso, qui mène l'enquête sur le terrain pendant que son supérieur... vérifie des trucs sur internet. Impossible donc de ne pas ressentir une légère frustration quand ().
Enfin, si l'ouvrage se veut parsemé de quelques touches d'humour apportant une bouffée de légèreté, celles-ci se veulent majoritairement tournées autour des différentes ethnies des protagonistes, qui laisseront forcément sur le carreau la plupart des lecteurs, comme une private joke, un peu comme si l'on balançait sans contexte à un Chinois une vanne sur les Bretons, les Normands et le Mont Saint-Michel.

En résumé, L'affaire des coupeurs de têtes est donc un petit polar sympathique, plutôt bien fichu, et agréable à lire, mais dont le principal défaut, à savoir l'absence de détails, ne parvient malheureusement jamais à se faire oublier.
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