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ISBN : 2757816543
Éditeur : Points (04/02/2010)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Au cœur de la saison sèche, sans prévenir, le fleuve Niger entre en furie, laissant sans vie le chef Kouata et son épouse. Ils étaient tous deux des Bozos, une ethnie réputée pour sa connaissance des mystères du monde aquatique. En dépit des preuves apportées par le commissaire Habib, les villageois croient à une mort surnaturelle : c'est le Lamantin, le génie du fleuve, qui s'est vengé. Mais de quoi ?
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  02 juin 2016
Ma critique de la malédiction du lamentin risque de ressembler à celle de L'empreinte du renard : le roman est trop court. Certes, Moussa Konaté met en scène une mort horrible : le chef d'une tribu de Bozos et son épouse sont retrouvés sans vie. Évidemment, les locaux croient à une malédiction, à une intervention divine. Leurs actions sont tournées vers la prière. Mais Habib croit plutôt à une intervention humaine, à un crime. Encore une fois, il doit se démener pour trouver le coupable tout en ménageant les traditions de ce peuple ancien. C'est une histoire originale, qui me dépayse beaucoup, mais…
En effet, il y a tellement plus que j'aurais souhaité apprendre. D'abord, de quoi a l'air l'inspecteur Habib ? On sait qu'il n'est plus très jeune mais quoi d'autre ? Rien. Est-il grand ? Bedonnant ? Grisonnant ? Porte-t-il une barbiche, at-t-il une cicatrice quelque part ? Et que fait-il de ses temps libres ? Beaucoup de questions qui permettraient de le faire ressortir du lot de tous ces enquêteurs qui pullulent dans les romans. Je ne m'attends pas à ce qu'il joue du violon comme Sherlock Holmes, qu'il aille à l'opéra comme Kurt Wallander ou qu'il consulte son dictionnaire comme Kostas Charitos, mais au moins qu'il ait ce petit quelque chose.
Ensuite, ces Bozos, à quoi ressemblent-ils ? Ont-ils des traits physiques particuliers qui les distinguent des Maliens ou des autres groupes ethniques, par exemple les Dogons ? Sont-ils plus grands, plus petits, plus trapus, ont-ils les lèvres plus épaisses, la peau plus sombres ? Et qu'en est-il de leurs attributs ? Portent-ils des signes particuliers, des vêtements plus traditionnels ? Bref, beaucoup de questions, peu de réponses. Les seules informations auxquelles on a droit se rapportent à leur culture. Sur ce point, en tous cas, c'est réussi. Konaté s'est visiblement bien renseigné sur la culture des Bozos, leur culture, leurs traditions, etc. Et il le rend bien.
L'enquête elle-même avance bonnement. En fait, je ne peux pas dire que l'inspecteur Habib y soit pour grand chose. J'ai l'impression que le dénouement s'est déroulé de lui-même, un peu par chance – voire beaucoup. Éventuellement, j'aimerais lire un de ses enquêtes qui se déroule à Bamako, son territoire, et qui ne met pas en scène un énième groupe ethnique de son pays. Il y a tellement d'autres sujets à aborder comme l'avancée du désert, la préservation du patrimoine, l'approvisionnement en eau des quartiers défavorisés, etc. Surtout, je souhaiterais qu'il nous démontre l'étendue son talent. À suivre.
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Taraxacum
  16 décembre 2014
La malédiction du lamantin est le second roman que je lis de cet auteur mais il se situe auparavant dans la série. Je l'ai préféré à L'empreinte du Renard, l'autre roman en question, surtout parce que la fin est mieux construite je trouve, mais cela n'empêche pas quelques défauts...
Plus qu'un roman policier, c'est un roman d'atmosphère et tous les lecteurs qui auront envie d'un roman policier changeant un peu de décor, dans un genre littéralement envahi par les auteurs britanniques et américains, se délecteront de ce portrait de la société malienne. J'avoue que mes connaissances sur ce pays sont proches de zéro, mais cela peut être découvert sans la moindre difficulté pour autant et les complications de relations entre ethnies, entre tenants de la modernité et de la tradition, sont vraiment intéressantes et en même temps accessibles.
Et j'avoue de la tendresse pour ce personnage de commissaire vieillissant mais resté profondément humain, honnête et luttant pour ce qu'il estime juste. Comment ne pas être de son côté, attaché à cet homme qui cherche la vérité et qui se trouve à tout bout de champs confronté à des obstacles incompréhensibles pour lui, qui croit à la science et aux coupables, sûrement pas aux esprits?
Pas de grands effets de manches, non, juste des flics besogneux dans un pays compliqué, obligés de démêler les légendes ancestrales et les cadavres très actuels, le tout avec la constante opposition de tous ceux qui veulent stopper l'enquête car pour eux, c'est un blasphème d'enquêter sur la mort de personnes certainement tuées par l'esprit du lamantin!
Un roman à la fin un peu rapide mais qui se lit avec plaisir
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Sallyrose
  26 août 2018

Première enquête du commissaire Habib, ce roman est l'occasion de découvrir la structure sociale du Mali, organisée autour des sachants (ceux qui sont allés à l'école) et des ethnies encore gouvernées par des croyances d'un autre âge.
Ce sont dans ces conditions que le commissaire Habib et son assistant Sosso vont enquêter sur le décès d'un couple dont lui n'est autre que le chef des Bozos et elle, sa seconde épouse. Les Bozos ne croient pas en Dieu mais en Mâa, la divinité des eaux qui se présente sous la forme d'un lamantin (Les lamantins sont un genre de gros mammifères aquatiques herbivores, au corps fuselé, vivant en eaux littorales peu profondes, dans les lagunes ou l'embouchure des fleuves et les marais côtiers de la zone tropicale de l'Atlantique. Merci Wikipédia).
Le commissaire sera victime de menaces car tous croient que ces décès sont la juste vengeance de Mâa et que ce dernier n'hésitera pas à jeter des sorts à ceux qui viendraient mettre leurs nez impies dans les décisions de la divinité.
Les nombreuses pages sur la légende qui unit les Bozos au lamentin n'ont pas trouvé d'échos dans mon esprit cartésien. J'ai eu beaucoup de mal à aller au bout de ce roman et j'ai trouvé que le dénouement, rationnel celui-là, était trop facile, l'enquête ayant à peine eu lieu.
Malgré tout, le style était agréable, j'essayerai donc un autre titre de cet auteur.
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Sylviegeo
  01 septembre 2014
Je découvre le malien Moussa Konaté et son personnage le commissaire Habib. Un court récit (trop?) qui nous promène dans Bamako, qui nous fait découvrir l'ethnie des Bozos, qui nous affirme que la cohabitation est possible (islam et animisme) bref, qui nous présente une facette de l'Afrique contemporaine. La difficulté sera de comprendre que toujours l'irrationnel côtoiera le rationnel, que la modernité sera confrontée aux traditions solidement ancrées et que le commissaire Habib devra composer avec cette constante dualité. Cette lecture me laisse toutefois sur mon appétit. Oui cette lecture nous sort du familier mais ce qui m'a énervée je crois, c'est la naïveté des personnages qui leur enlève, selon moi, toute crédibilité. Il reste que d'un point de vue ethnographique, découvrir les Bozos, maîtres du fleuve et vivant de et par celui-ci est des plus intéressants.
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Bigmammy
  13 décembre 2013
C'est au moment où je découvre avec enthousiasme l'écrivain Malien Moussa Konaté (1951 – 2013) que j'apprends aussi sa très récente disparition.
Je viens juste de refermer un de ses courts romans policiers mettant en scène le Commissaire Habib, dans l'épisode de la malédiction du Lamantin et je me retrouve au bord de la route poudreuse parcourue par les taxis-brousse, dans la banlieue de Bamako, au milieu du peuple Bozo.
Ce commissaire Habib est un brave homme, très respecté de ses équipiers et de la population, formé aux écoles françaises mais qui ne renie rien de ses traditions africaines, et surtout non dénué d'humour. Dans cette aventure, il va cependant mettre sa démission en balance, car les autorités supérieures – c'est-à-dire politiques – lui conseillent fortement d'abandonner ses investigations sur le meurtre d'un chef coutumier et de son épouse.
La quasi-totalité de la population est en effet persuadée que ces décès sont le résultat de la vengeance de Maa, la divinité des eaux du fleuve Niger, et que nul autre humain ne saurait être incriminé, sauf à provoquer d'autres drames. Des événements qui semblent sans lien, viennent corroborer cette thèse, on craint des réactions de panique dans la population …
Et c'est là que l'on comprend mieux l'âme et la culture maliennes. Animisme et Islam inextricablement mêlés, ferveur religieuse, croyances ancestrales, légendes fondatrices des différents clans, ethnies, sont connues des vieilles personnes et sont transmises de génération en génération et demeurent aussi prégnantes que les mythes grecs qui fondèrent l'Occident. Qui doutait, à l'époque de Périclès, de la véracité des récits d'Apollon se vengeant d'Achille ou de Poséidon entravant pendant 7 ans le retour d'Ulysse à Ithaque ?
Pourtant formé au raisonnement cartésien, Habib Keïta en vient à douter. Car son jeune adjoint Sosso, qu'il considère un peu comme son fils, court un très grand danger …
Comme toujours, dans le genre choisi par l'auteur qui déclarait : « Je ne vois pas de différence entre le roman policier, et le roman en général. le romain policier a toute sa place dans la littérature. », l'énigme sera résolue, mais le mystère demeure.
A méditer, en ces temps troublés de cette région tiraillée, en pleine effervescence.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   11 mars 2016
En fait, c'est comme si tu me disais : "Fais comme font les autres, rentre dans le rang et ne cherche pas plus loin."
Si tu le monde courbait la tête, avalait sa conscience, tu imagines dans quel état serait notre pays ?
Je ne veux pas être une exception, je veux être honnête, c'est tout.
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Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
De quel droit des gens n'ayant aucun lien avec la police pouvaient-ils se donner l'autorité d'imposer au chef de la brigade criminelle d'abandonner une enquête ordonnée par le procureur de la République ? Était-ce la république ou la gérontocratie ? Certes, on pouvait comprendre l'attachement des personnes âgées aux traditions ancestrales, mais elles n'étaient ni élues ni nommées. À supposer qu'on leur cédât une fois, ne faudrait-il pas céder toujours ? Ne deviendraient-elles pas les vrais maîtres du pays, qu'elles gouverneraient strictement selon les traditions millénaires ? À quoi cela pourrait-il mener, sinon au chaos ? (pages 108-109)
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SachenkaSachenka   26 mai 2016
- Kouata, que la foi ne quitte pas ton âme, dit le devin. Ce qui doit advenir adviendra : ni les rires ni les larmes n'y pourront rien. Souviens-toi qu'on ne meurt pas deux fois et que nul sur terre n'a de remède contre la mort. Ressaisis-toi.
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BMRBMR   17 mai 2015
[...] Le Mali est un pays bien complexe. Il n’y a pas que les Dogons. Les Bozos sont tout aussi étranges. Tu as remarqué qu’il y avait côte à côte l’imam et le devin, c’est-à-dire l’islam et l’animisme, sans que ça gêne personne ? Au contraire, ça leur paraît tout naturel que l’un s’adresse à Allah et l’autre aux esprits.
[...] D’un côté, ils soutiennent que c’est Allah qui a foudroyé le chef Kouata et son épouse, de l’autre ils présentent leurs excuses à Maa le Lamantin, une divinité des eaux.
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SoundandfurySoundandfury   30 septembre 2012
Si tu me demandes s'il y a un pouvoir, je te répondrai qu'il y en a en fait deux. Il y a ceux qui sont au pouvoir par la grâce de la colonisation, et ceux qui s'estiment les héritiers du pouvoir ancestral.
Au sommet même de l'état, on reconnaît cette dualité. Une autre m'a trouvé au bureau sans rendez-vous; ils pourront rencontrer n'importe quel ministre, n'importe quel président de la République de la même façon.
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