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EAN : 9782373050660
Éditeur : Aux forges de Vulcain (23/08/2019)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 176 notes)
Résumé :
Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l'un de l'autre, voient leur vie bouleversée par l'explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n'a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d'oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine. Premier roman. ©Electre 2019
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Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  07 février 2020
C'est l'histoire de Léna et Ivan, deux très jeunes adolescents très liés, séparés par la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl, tout près de Pripiat où ils habitent. Léna, privilégiée a pu partir vivre en France, à une époque où un mur séparait encore l'est et l'Ouest, avec ses parents et sa grand-mère, tandis qu'Ivan a dû rester sur place dans cette zone d'exclusion, puis à Kiev.
C'est à la fois le récit d'une catastrophe humaine sans précédent où des milliers de vies ont été sacrifiées, mais c'est surtout une histoire d'exil, l'exil de tout un peuple, à travers l'histoire de cette enfant, Léna, déracinée pour qui l'oubli est impossible. Elle ne peut en parler à ses parents qui eux désirent oublier. Seule la grand-mère Zenka l'aidera, grand-mère qui sera en quelque sorte sa psychologue et l'accompagnera dans sa quête du soi et son désir de liberté.
J'ai été touchée par cet amour de la nature qui lui permet de s'évader un peu, et plus tard dans sa vie, par cet attrait et cette fusion avec les ruines notamment d'Herculanum et de Pompéi qui sont pour elle comme un ancrage et un appel. C'est un récit émouvant et réaliste, décrivant avec justesse et beaucoup de psychologie ce que peut ressentir un exilé qui a tout laissé et en particulier le sens de sa vie , à savoir son amour, un récit où le suspense est maintenu jusqu'au bout. Les lettres splendides qu'Ivan va lui écrire sans jamais les envoyer, ignorant son adresse, sont bouleversantes et terribles.
Sont abordés dans le roman outre la catastrophe de Tchernobyl, la guerre froide entre les deux blocs Est-Ouest, la présence puis la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, la vie en Ukraine dans les années 1930 de même que sa sortie de l'URSS en 1991, sans oublier, maintenant les visites organisées dans cette fameuse Zone. En étayant son roman avec tous ces éléments historiques, Alexandra Koszelyck le rend encore plus réel et intéressant.
La beauté, la poésie, la mélancolie imprègnent ce roman qui m'a beaucoup touchée et émue.
L'homme croyant maîtriser la nature est à tout moment faillible et cela peut lui être fatal. Quant à la nature, si l'homme l'abandonne, elle ne s'en porte que mieux. L'environnement et l'amour, les pièces maîtresses de À crier dans les ruines en font un roman très subtil et très contemporain, une véritable ode à la vie, à la liberté et à l'amour.

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Fandol
  28 janvier 2020
À crier dans les ruines est un formidable roman qui explore un passé récent et s'avère tellement actuel qu'il ne peut laisser indifférent.
Le nucléaire, cette énergie que l'homme croit maîtriser, énergie électrique fournie chaque jour par des centrales voisines, est au centre d'une histoire bouleversante, à la fois tellement poétique et formidablement réaliste.
Léna revient à Pripiat trente ans après la catastrophe du 26 avril 1986, dans un groupe de touristes sévèrement encadré et c'est tout son passé qui surgit à nouveau. Elle qui, enfant, vivait une amitié magnifique avec Ivan, une amitié allant encore plus loin que l'amour entre deux pré-adolescents, revit toutes ces années : le désastre, la fuite, le passage à l'ouest avec ses parents et surtout l'amour de Zenka, cette grand-mère essentielle.
Inutile de détailler la suite car il faut lire cette histoire à la fois ordinaire et passionnante. Au moment, à une époque où la terre natale ne veut presque plus rien dire, où tant de gens fuient des conditions de vie insupportables pour tenter de survivre, cet amour pour ce coin d'Ukraine ravagé par l'inconscience et surtout la suffisance des hommes, cet attachement viscéral mérite le respect.
Alexandra Koszelik met tout cela en scène, remarquablement, passant de l'extraordinaire au plus simple pour finir au summum de l'émotion. Au passage, elle m'a appris quantité de choses, précisé quelques étymologies et surtout remis les évidences du danger du nucléaire au premier plan.
Dans la zone interdite de Tchernobyl, la nature reprend ses droits, s'adapte mais les radiations sont encore là pour des millénaires ! Comme elle l'écrit, après Tchernobyl, et j'ajoute Fukushima, on continue, malgré tout à construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur notre planète sans trop savoir que faire des déchets, d'ailleurs.
J'ai beaucoup aimé ce roman d'une auteure que je découvre grâce à ma médiathèque. Elle m'a fait passer par tous les sentiments au fil de son roman. Même si certains passages sont plus ordinaires, c'est pour mieux rebondir et monter plus haut, plus fort.
J'ai vibré après avoir été très triste en lisant les lettres d'Ivan, resté en Ukraine, lettres qu'il ne pouvait envoyer à Léna puisqu'il ne savait pas où elle était.
La trame de leur histoire d'amour m'a permis de comprendre un peu mieux les difficultés rencontrées par les expatriés, l'aide essentielle apportée par la littérature et surtout, comme je l'ai déjà dit, tous les risque du nucléaire, cette épée de Damoclès terrible, incontrôlable, que nous nous sommes installée au-dessus de nos têtes.

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Kittiwake
  16 octobre 2019
Les romans sont des instruments efficaces pour mettre en lumière ce que le politiquement correct s'efforce de passer sous silence. Alexandra Koszelyk n'est pas la première à s'y risquer, mais il s'agit pour elle d'une première production.
C'est à Tchernobyl, dans les ruines devenues touristiques que l'on fait la connaissance de Lena. Très vite, son attitude laisse penser qu'elle n'est pas là comme la plupart des visiteurs, juste pour se faire un peu peur, et entendre le discours officiel des guides. Cet endroit lui a été familier.
On revit avec elle l'enfance, éclairée d'un amour inconditionnel pour Ivan. La complicité, le bonheur d'être ensemble jour après jour, le temps qui modifie peu à peu la candeur de leur attachement.
Et puis c'est l'accident, la panique, la fuite, et la séparation. le lien ténu qui persiste jaunit au fond d'une boite, les lettres jamais envoyées en témoigneront des années plus tard.
Léna grandit en France, s'acclimate, se fond dans la foule, riche de son intelligence, mais rongée par les souvenirs de celui qu'elle pense avoir perdu à tout jamais.
L'histoire est intéressante, même si elle prend parfois des allures de romance. On s'attache à la jeune femme vaillante , et fidèle dans ses convictions.
Quelques redites alourdissent un peu le texte, qui reste cependant agréable à parcourir.
Un premier roman salué par les talents Cultura, et riche d'un potentiel d'écriture.

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La_Bibliotheque_de_Juju
  27 août 2019
Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'élégance.
C'est le terme. Exact.

Dans le dictionnaire, je trouve cette définition. « Qualité esthétique de ce qui est harmonieux, gracieux dans la simplicité. »
Alexandra Koszelyk possède de cette grâce innée, et dans ces mots, et dans ce qu'elle est. Croisée en de rares occasions, elle m'inspire un grand respect, non, une grande émotion. Que je ne m'explique pas. Et tant mieux. Et peu importe.
Dans ce premier roman, fou et fort à la fois, elle raconte une histoire d'amour, elle raconte un effondrement.
La catastrophe de Tchernobyl.
Des années après le drame, Lena revient sur les lieux de son enfance. En Ukraine, à Prypiat. Elle n'a pas oublié. Elle a juste un peu avancé. Depuis 1986. Depuis ce "Tchernobyl", cette tâche incongrue dans l'inconscient collectif. Cette folle erreur humaine. Ce drame incommensurable.
Adolescente à l'époque, elle s'est vue séparée de son amour de jeunesse, Yvan, qu'elle a cru mort. Elle s'en va à la rencontre de son passé. de cette frontière entre ceux qui partent. Et ceux qui restent.
J'ai lu ce roman. J'ai vu des choses. Peut-être des fantômes. J'ai entendu ce cri. En moi. En nous. Un cri d'une humanité folle.
Ce roman lyrique, hypnotique comme le sont parfois les contes, documenté et enivrant, parle d'exil, de déchirures et d'abandon. Ce roman, qui ne ressemble à nul autre.
Un premier roman donc qui se lit avec force. Qui se respire presque. Une plume qui envoûte et qui souffle court. Comme ce cri rentré qui a mis des décennies à pouvoir sortir. Sans maniérisme et sans vanité. Chaque mot est habité. Chaque phrase s'allume dans l'esprit de son lecteur.
Il y a de la beauté chez Alexandra Koszelyk. Il y a de ce supplément d'âme.
De l'élégance, vous dis-je, de l'élégance.
Prenons-en de la graine.

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kateginger63
  27 septembre 2019
« Une terre peut-elle pardonner d'avoir été oubliée ? » ou le chant d'amour qui perdure au-delà des ruines
*
Lu dans le cadre des #68premièresfois
*
Encore un livre sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl? Effectivement, j'ai lu il y a peu , le très bon "Traverser Tchernobyl" de Galia Ackerman ainsi que la bande dessinée/documentaire d'Emmanuel Lepage. Vous savez comme moi, que cet accident fascine. On croit avoir épuisé les récits mais l'être humain a cette faculté de toujours écrire pour exorciser la détresse, l'irradiation de ces âmes meurtries.
*
L'auteure, avec ce premier roman, a utilisé l'amour et l'exil pour décrire tout ce que les sacrifiés de Tchernobyl ont vécu.
Il est question également d'identité, de ce qui nous définit, nos racines.
Malgré le coté fictionnel de l'histoire, ce récit se pose comme un témoignage de ce drame qu'a vécu le peuple ukrainien.
*
Sur un ton mélancolique et intimiste, l'auteure raconte tout d'abord la fin de l'insouciance à travers deux jeunes adolescents amoureux puis l'exil forcé.
De manière non linéaire, elle narre une reconstruction morcelée, quelquefois à travers des contes et légendes,et également en puisant dans des symboles littéraires. Ses personnages utilisent tout ce qui est en leur pouvoir pour panser leurs blessures à vif.
*
Plusieurs fois j'ai pensé à une tragédie antique dans l'aventure romanesque de nos deux héros. le titre d'ailleurs en est une allégorie.
Mais à l'inverse d'Aragon dans son poème "A crier dans les ruines" -qui renoue avec le lyrisme négatif dans sa jalousie- , ces amoureux portent un message positif. Celui de la liberté du désir.
Cette âme slave , celle qui clame un retour à la terre. "L'appel de la patrie et de ses racines est plus fort que ces radiations invisibles"
*
Au fur et à mesure de ma lecture, j'ai tout à tour été subjuguée par cette plume si belle, si juste, si maîtrisée. Puis également envoutée par ces contes venus d'ailleurs, émue par le drame personnel de ces jeunes gens, impatiente et fébrile de les voir réunis pour le meilleur et pour le pire.
J'ai été chamboulée par ces mots, malgré toutes mes lectures sur le sujet.
*
Un roman vibrant nécessaire. Pour ne pas oublier que n'importe quelle centrale nucléaire peut potentiellement détruire le Vivant à tout moment.
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critiques presse (3)
Actualitte   19 novembre 2019
Un premier roman de qualité sur les racines qui se rappellent à nous, même lorsqu’on croit les avoir maîtrisées. Un roman d’amour, oui, mais qui ne tombe jamais dans le mièvre ou la facilité. Un de mes coups de cœur de la rentrée !
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint   31 octobre 2019
Voici un très beau premier roman qui nous transporte sur les terres maudites de Pripiat, ville modèle soviétique devenue cauchemar. À crier dans les ruines, de la Française Alexandra Koszelyk, nous raconte la romance entre deux enfants qui s'aiment, Lena et Ivan.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte   26 septembre 2019
Alexandra Koszelyk traite avec élégance de l’identité et du déracinement à travers une narration d’une incroyable poésie, tout en images légendaires et en métaphores littéraires. Le récit d’un cataclysme se pare soudain de la douceur de la mélancolie et donne à voir la réalité d’une guerre méconnue, d’un combat perdu, celui contre le nucléaire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   09 février 2020
Quelques téméraires décideraient de rester cachés dans cette forêt à l'agonie, et de crever sur leur terre, car cette amputation était inconcevable pour eux. Certains seraient débusqués par les militaires et renvoyés immédiatement dans un car. Ils devaient quitter la Zone. les expulsés seraient relogés pour la plupart dans des appartements de fortune à la périphérie de Kiev. Pendant trois jours, sur les routes, des cars bondés d'exilés répondraient à la régularité métronomique des convois militaires.
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CancieCancie   13 février 2020
"En 1986, il y a eu une autre catastrophe : l'explosion de Challenger. Il paraît que cela a fait perdre vingt ans au programme spatial international. Tout ça pour sept morts. Et Tchernobyl ? Combien de morts ? Combien d'années cela a-t-il fait perdre ? Aucune. Dans le monde, les réacteurs nucléaires ont continué de proliférer, comme si tout le monde avait détourné le regard. Comme si notre ville avait été enfouie sous le tapis. L'humanité ne peut pas gérer ce genre de vérité. Voilà la vraie raison. tout cela nous dépasse."
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hcdahlemhcdahlem   13 septembre 2019
« J’ai longtemps espéré ton retour. En 1990, j’ai cru chaque jour que tu reviendrais. Tu sais ce que ça fait d’attendre? D’espérer? Quand ça s’arrête, on tombe de haut. Je croyais en toi, en ta force, en notre complicité. Mais ce n’était que du vent.
Comme les autres. Tu es comme les autres. Dès que tu as franchi cette putain de frontière à la con, tu m’as oublié. Peu importe ce qu’on avait vécu. Pfft, du vent! Les promesses ne tiennent que le temps d’être dites. Après, on trouve toujours des choses pour s’en détourner. Se divertir. Qu’as-tu trouvé là-bas pour y rester? Je ne te suffisais pas? L’homme est pourri jusqu’à la moelle. Les dirigeants ont détruit ma vie, la région, ce pays. Tu sais ce que ça fait de voir la mort en face? De voir les gens tomber malades? p. 142
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CancieCancie   07 février 2020
Pripiat défie les lois, la vie s'étale malgré la ruine, et appose un pansement providentiel. Les arbres clament leur regain, même si l'agitation tragique du passé bruit encore sur chacune de leurs ramifications. Chaque feuille projette son éventail de couleurs, dans lequel se reflète l'incendie qui a dévoré cette région un certain 26 avril 1986.
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CancieCancie   10 février 2020
Les nettoyeurs, recouverts de protections hasardeuses, entreraient dans la ville contaminée comme ces soldats de première ligne que la guerre sacrifie et appelle vulgairement de la "chair à canon". Une fois les villageois évacués, les militaires traqueraient les animaux domestiques et les tueraient tous. les cadavres s'agglutineraient , bientôt dans la Zone régnerait le silence. Aucun oiseau ne le troublerait.
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Videos de Alexandra Koszelyk (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandra Koszelyk
Selectionnée pour le Prix Libraires en Seine 2020 pour son premier roman "A crier dans les ruines", éditins Aux forges de Vulcain, Alexandra Koszelyk est allée à la rencontre des lecteurs des libraires en Seine.
Retour en images sur sa soirée à la librairie l'Amandier à Puteaux le 3 mars, quelques jours avant le confinement. Une soirée littéraire pleine de rires et de bonne humeur!!!
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