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Thibaud Desbief (Traducteur)
EAN : 9782871299288
104 pages
Kana (21/04/2006)
3.77/5   110 notes
Résumé :
Le Pays des Cerisiers est une histoire courte et complète proposant une œuvre tout en finesse traitant d'un sujet pourtant délicat à présenter : l'immédiat après-guerre à Hiroshima !

L'auteur, Fumiyo Kouno, dépeint cet univers avec d'autant plus de justesse qu'elle est, elle-même, née, dans les années 60, à Hiroshima et a donc vécu la douloureuse reconstruction physique et psychologique.

Malgré ce thème délicat, Fumiyo Kouno ne nous pré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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Osmanthe
  30 janvier 2020
1955, à Hiroshima, la ville du Yûnagi, le moment des soirs d'été où le vent change de sens, pour venir de la mer et non plus de la terre. La jeune femme de 23 ans Minami Hirano est rescapée de la bombe atomique. Son père et ses deux soeurs ont perdu la vie. Elle vit chez sa mère, survivante qui a eu le visage déformé et a perdu la vue pendant un mois. Son petit frère Asahi a été placé chez sa tante. Minami travaille comme couturière et un client de la boutique, M. Uchikoshi, la repère et aimerait l'épouser...Mais Minami est bien incapable d'accepter, ne se sentant pas de ce monde, hantée par les ravages de la bombe. A peine auront-ils le temps de se comprendre à demi-mots que ses forces vont l'abandonner à son tour...
Dans un second récit, nous sommes plusieurs décennies plus tard, et suivons la petite Nanami Ishikawa, dont la mère est morte de la bombe, et qui est élevée par sa grand-mère. Son petit frère Nagio est hospitalisé à cause des conséquences, et sa grand-mère souffre encore des suites de la bombe, qui ne vont pas tarder à l'emporter. Nanami est copine avec Tôko, mais elle n'est pas aussi favorisée, et elle est victime de discrimination par les autres jeunes, surnommée Goemon comme le prénom d'un célèbre joueur de base-ball. Elle aurait bien des rêves, mais dans cette ambiance, est-ce vraiment possible de les exprimer à l'école ?
Quelques années après, nous retrouvons Nanami et son frère désormais rétabli, vivant à Tokyo chez leur père, qui n'est autre qu'Asahi. Depuis quelques temps, ce dernier part de manière répétée en déplacement...Nanami va le filer, retrouvant au passage par hasard Tôko. Tôko est devenue infirmière, décidément tout lui réussit. Au bout de sa filature, Nanami découvre que son père se rend au cimetière d'Hiroshima, pour se recueillir sur les cendres de tous les morts de la famille Hirano. Pendant que Nanami découvre que son frère Nagio, ce malade de la bombe pas fréquentable, a préparé une lettre aux parents de Tôko dont il est amoureux pour renoncer à elle, son père Asahi se remémore sa rencontre avec la jeune Kyôka, gamine qui venait aider sa mère, et qui deviendra sa femme...elle aussi était une hibakusha, une victime de la bombe...et en paiera les tristes conséquences en succombant à l'âge de 38 ans.
Un beau manga chargé du poids terrible qui pèse sur les hibakusha, les victimes à retardement de la bombe, qui sévit au fil des générations, sur le plan médical, mais surtout sur le plan psychologique et social, au travers de discriminations insidieuses, souvent sous-entendues. L'auteur s'attache particulièrement à mettre en lumière le statut plus difficile de la femme. C'est aussi émouvant de voir des familles brisées, des enfants en souffrance, orphelins ou qui voient leurs frères et soeurs malades ou disparaître prématurément, et dont le propre avenir est incertain, tant une épée de Damoclès pèse sur leur santé fragile.
Un beau travail, un joli dessin précis et simple, qui parfois s'estompe jusqu'à disparaître avec la perte du souffle vital du personnage. L'oeuvre n'est pas pour autant larmoyante. Elle reste empreinte d'une grande fraîcheur, avec un regard tendre sur l'enfance, et un certain optimisme porté par les fleurs de cerisiers et l'omniprésence de la référence à ce sport devenu national qu'est le baseball et le club des Craps d'Hiroshima ! La première histoire de Minami est plus simple dans sa construction et du coup plus fluide à la lecture et plus émouvante. Le second récit découpé en deux parties joue de retours en arrière au gré des souvenirs des personnages, et on s'y perd parfois. J'ai dû ainsi le relire en diagonal avant de rédiger ce billet, qui aura forcément le grand défaut de se présenter comme un résumé, mais j'en avais besoin moi-même pour m'y retrouver !
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sld09
  04 mars 2022
J'ai été très émue par ce manga qui évoque les répercussions de la bombe d'Hiroshima sur la population de la ville au fil des décennies : les nombreux morts, y compris des années après l'explosion alors effets sur la santé continuent à se manifester, sans compter une certaine méfiance vis à vis des habitants d'Hiroshima. En effet, il est mal vu de les fréquenter, de fonder une famille avec des irradiés qui pourraient contaminer leurs enfants, etc.
Le livre se découpe en trois chapitres pour trois histoires qui s'étalent de 1955 à 2004 et dont on découvre qu'elles sont liées car elles parlent d'une même famille qui, même soixante ans après les faits, subit encore les conséquences de la bombe atomique (deuil difficile, inquiétude pour la santé,...).
Les dessins m'ont un peu moins plu que l'histoire en elle-même mais ils véhiculent parfaitement les émotions des personnages.
Un très beau récit, profondément touchant.
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Shan_Ze
  28 septembre 2017
Le pays des cerisiers, c'est 3 histoires qui racontent comment la bombe d'Hiroshima touchent encore les consciences humaines 10 ans après. Dans la première histoire, c'est Minami qui culpabilise dans la perte de sa famille lors de l'explosion. Dans les deuxième et troisième histoire, on découvre Nanami, un garçon manqué qui fait du base-ball qui s'inquiète du comportement de son père…
J'ai mis du temps à rentrer dans l'histoire de Minami mais elle m'a beaucoup ému. Celle de Nanami m'a moins touché, j'ai eu du mal à comprendre certains éléments de l'histoire, à différencier et à mettre un âge aux personnages… du coup, j'ai un peu décroché même si je trouvais une certaine poésie aux histoires. Je les ai tout de même trouvées touchantes, elles nous montrent que la bombe continuent de marquer physiquement et mentalement très longtemps après.
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Palmyre
  29 décembre 2013
J'ai choisi ce livre à la médiathèque sans avoir regardé le résumé. Le titre et la couverture ne me laissaient pas imaginer ce genre de récit.
Si je vous dis Hiroshima, beaucoup d'entre vous penserons à la bombe A. C'est dans l'espoir que cet évènement ne tombe pas dans l'oubli que l'auteur a voulu créer ce manga. Subtilement écrit, on devine très clairement dès les premières pages qu'il s'agit de la bombe atomique et de ses conséquences. L'auteur ne rentre pas dans les détails, elle laisse au lecteur une liberté de compréhension.
J'ai apprécié dans la post-face un passage qui me paraît intéressant:
" Même si l'on a pas vécu la bombe, la guerre, on peut réfléchir à la paix avec les mots de son époque et de sa terre! et l'on se doit de le transmettre."
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Yanoune
  03 octobre 2018
Alors pour celui-là... c'est un peu particulier.
Je me pose la question est-ce que ça compte l'endroit où on lit les livres... où on découvre les histoires ?
Hein ? Est-ce que ça compte ?
Parce que pour celui-là, je me souviens de soleil tapageur, de fausse pelouse verte, d'être adossée à un arbre, il avait encore des fleurs et ça sentait bon... et de tas de gens autour de moi prenant une pause.. d'hommes de femmes jeunes et moins jeunes, d'enfants aussi, qui lisaient, des piles de livres près d'eux... la cour extérieure d'un musée... celui du manga à Kyoto... et je me demande est-ce que ça compte ce genre de truc pour un ressenti de lecture... pour une lecture, surtout celle-là ?
Parce que bonjour, la tarte dans la face...
Reprenons... visite du musé Tezuka... très chouette... y a plein de bibliothèques partout, remplies de manga.. plein un truc de chtarbe jusqu'au plafond sur des étages et des étages.. bon le hic je lis pas un kanji.. et puis des expos de trucs... et puis au détour d'une étagère des mangas dans d'autres langues, et même des en français... des dons.
Et je sais pas, j'ai sorti celui-là.. y en avait pas tant non plus. Direction dehors pour lire au soleil, sur l'herbe synthétique très verte.
Et bonjour....
L'histoire de ces gens, les émotions qui vous sautent dessus.. l'après guerre, Hiroshima... notre route passerait par là aussi... c'était prévu.
Les petites histoires qui font partie de la grande.. les petites histoires qui crée la grande.
Les petites ou grandes touches d'humanité qui luttent contre la grande histoire.. et qui avancent malgré tout... Parce que y a la vie encore.. même si.. et si y a la vie, y a l'espoir...
La douceur mélancolique et légère du ton... ou du dessin... parce que sans ça, ça serait trop dur... et puis l'un n'empêche pas l'autre...
Cette justesse, finesse de l'humain.. le trait qui rejoint parfois le dedans, brouillé tremblant.. parce que le dedans, c'est le bord des larmes, mais que quand même il faut se ressaisir.. Et les personnages qui avancent un peu plus... Et le trait qui se stabilise un peu...
Les ruines des paysages qui renvoient à celle de l'interne des personnages...
Bon vous l'avez compris il m'a un peu retourné la tête celui-là... profondément touché...
Et le plus drôle, si c'est drôle, le soir en retournant chez notre logeuse, une petite grand-mère très énergique.. quant au moment du diebrief de la journée je lui ai fait part de notre destination « le musée du manga » elle a eu l'air un peu surprise, un peu revêche, nous regardant en coin, ne comprenant pas du tout... le manga c'est pas bien... et une discussion à eu lieu.. c'était pas de la tarte.. et au final c'est moi qui lui ai expliqué des trucs... Pour elle manga était égal à Hentai, ou à Shonen...
Et je lui ai parlé de ce livre, Le pays des cerisiers, de cette petite histoire qui rejoignait la grande et qui au milieu de ce jardin m'avait fait couler des larmes...
Elle a été surprise que ça existe, et touchée par mes paroles je crois..
Alors franchement, hein ? Est-ce que ça compte l'endroit où on lit les livres ?...
Je ne sais pas, mais celui-là, il a une place à l'intérieur.. Et je le porterais longtemps en moi, je crois.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   29 janvier 2020
- Eh bien...tu rentres tard, ces derniers temps. Plus tard que les étudiants de l'université !
- Oui. Aujourd'hui on m'a fait rester à l'école pour la leçon d'éducation civique...Hier c'était pour le calcul.
- Oh ! Tu as une de ces bosses, dis donc !
- J'ai reçu tellement de coups de bâton en bambou que j'ai grandi !
- Quand j'étais petite, j'ai été infectée par le poison de la lumière...et du coup, il me manque des "choses".
- Qui t'a dit ça ?
- Tout le monde le dit.
- Ton professeur aussi ?
- Oui.
- Ce n'est pas normal d'accuser systématiquement la bombe atomique...
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OsmantheOsmanthe   27 janvier 2020
10 ans ont passé depuis.
A chaque fois que je pense que je suis heureuse...A chaque fois que je pense que quelque chose est beau...je suis ramenée au jour où tout a disparu.
Je me souviens de toute cette ville que j'aimais tant, de tous ces gens. Et j'entends cette voix qui me dit : "le monde où tu vis n'est pas ici."
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sld09sld09   04 mars 2022
Personne n’en parle.
On ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé.
Tout ce qu’on sait, c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu.
Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenus des êtres qui acceptent que d’autres aient pensé ainsi, et qui s’y résignent.
Commenter  J’apprécie          100
popsybullepopsybulle   22 mars 2017
Personne n'en parle. On ne sait toujours pas pourquoi c'est arrivé. Tout ce qu'on sait, c'est que quelqu'un s'est dit que notre mort importait peu. Malgré cela, on a survécu.
Mais le plus effrayant, c'est que depuis, nous soyons devenus des êtres qui acceptent que d'autres aient pensé ainsi, et qui s'y résignent.
Commenter  J’apprécie          70
LudivineLudivine   13 juin 2011
Personne n'en parle.
On ne sait toujours pas pourquoi c'est arrivé.
Tout ce qu'on sait, c'est que quelqu'un s'est dit que notre mort importait peu.
Malgré cela, on a survecu
Commenter  J’apprécie          120

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