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EAN : 9782358152532
254 pages
Éditeur : Editions Glyphe (02/02/2019)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dernier né d'une famille de six enfants comportant déjà quatre médecins, Olivier Kourilsky a ressenti très tôt la vocation médicale. Élève du professeur Hamburger, puis assistant du professeur Gabriel Richet pendant une dizaine d'années, il a été nommé à 37 ans chef de service de néphrologie dans un hôpital qui sortait de terre à Evry et l'a digité avec enthousiasme pendant près de trente ans.
Déjà auteur de plusieurs ouvrages de médecine, mais aussi de roman... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
paulmaugendre
  16 mars 2019
Les romanciers issus de la vénérable corporation des médecins sont si nombreux qu'il est difficile de les comptabiliser. Citons pour mémoire, Arthur Conan Doyle, A.J. Cronin, Franck Slaughter, Robin Cook l'Américain, Georges Duhamel, Louis-Ferdinand Céline, et dans des domaines plus particulier de la littérature dite populaire, Jean-Pierre Goiran alias Jean-Pierre Garen, Robert Clauzel et combien d'autres qui ne sont pas souvent répertoriés.
Sans oublier André Soubiran et sa saga des Hommes en blanc qui joue dans le même domaine que ce récit (ou inversement) mais était consacré à l'apprentissage d'un futur médecin généraliste et dont le texte était plus romancé.
Si Olivier Kourilsky, docteur K., s'est fait connaître par sa dizaine de romans policiers édités chez Glyphe, il se plonge avec cet ouvrage dans ses souvenirs d'étudiant en médecine, narrant ses débuts comme jeune élève, fils de parents oeuvrant dans le domaine de la médecine, sixième enfant d'une fratrie qui se consacra elle aussi à non pas un travail mais à une vocation. Je ne reviendrai pas sur Raoul Kourilsky, le père d'Olivier, mais sachez que le petit (il a bien changé maintenant !) Olivier fut à bonne école. Puis son séjour prolongé, dix ans, à l'hôpital Tenon et son long séjour à Evry dans un établissement qui venait tout juste de sortir de terre lors de sa nomination.
Un récit qui oscille entre bonne humeur, blagues de potaches - il faut bien que jeunesse se passe et évacuer le stress des interventions médicales - entre sérieux des diverses opérations, relations avec les patients et leurs familles, et réquisitoire diplomatique envers les nouvelles méthodes de responsabilisation du personnel, méthodes qui privilégient l'aspect comptable à l'aspect humain.
Les souvenirs se réduisent parfois à des vignettes qui s'enchaînent comme des images, des diapositives montrant souvent la détresse des malades, leurs attentes, celles, détresse et attentes, des familles, les petites joies et les grandes peines. Les noms des divers médecins, internes, professeurs et spécialistes qu'Olivier Kourilsky a été amené à côtoyer au cours de sa carrière, plus principalement à l'hôpital Tenon puis au nouvel établissement d'Evry dans sa carrière de néphrologue, lui sont familiers et il les décline avec amitié la plupart du temps. Des noms qui ne diront rien la plupart du temps aux profanes comme moi qui ne connaissent que certains mandarins ayant fréquentés les plateaux télévisés tel les professeur Hamburger (le père de Michel Berger) et Cabrol. de même que le jargon médical employé pour décrire des interventions peut perturber le profane (dont toujours moi) mais cela n'entrave en rien la lecture qui joue avec la bonne humeur, ce petit goût de farces entre collègues. Olivier Kourilsky étant né un 1er avril, ceci explique sûrement cela.
Mais il s'agit également d'un réquisitoire et d'une diatribe envers les psychorigides qui n'acceptent pas que la déontologie ou l'éthique puissent être détournés au profit de l'humanisme. Concernant un problème d'éthique ayant un lien avec l'avortement (dans les années 1970, c'était non seulement un sujet tabou mais une pratique interdite quoi que de nos jours des praticiens refusent encore ce genre d'intervention sous couvert d'une morale chrétienne), Olivier Kourilsky écrit :
Je ne veux prendre aucun parti dans cette histoire, juste témoigner de mon malaise et rappeler ma conviction que toute position rigide dans ce domaine délicat fait fi des situations individuelles.
L'auteur pointe également du doigt certaine campagne médiatique qui n'aurait pas eu lieu d'être, déclenchée par le Canard, qui pour une fois s'était trompé de cible et mis la plume dans l'oeil, relayée par des journaux pourtant prétendument sérieux.
Il est plus facile de stimuler des polémiques infondées que de reconnaître que l'on s'est trompé.
Il revient également sur la loi Caillavet de 1976, loi qui démontre l'importance des mots dans un texte et surtout l'interprétation qui peut en être faite, selon des critères, encore une fois, journalistiques erronés. Et il faut se souvenir qu'entre le fond et la forme, il existe souvent un gouffre qui ne peut être comblé.

Enfin, je ne résiste pas à citer cette phrase extraite de la préface de Pierre Ronco :
Ce livre offre l'opportunité de mettre en avant les innombrables difficultés engendrées ces dernières années par des lois tatillonnes et des personnels administratifs parfois condescendants, portés au premier rang par la loi HPST et par la création des pôles dont le principal objectif est la gestion financière sans grande considération pour les malades et leurs besoins. Si l'objectif de contrôle des dépenses est évidemment louable, les injonctions paradoxales dont les médecins et le personnel non médical sont la cible vont souvent à l'encontre de l'objectif souhaité.
Naturellement, il faut associer ces deux phrases à des directives administratives et comptables qui sont de plus en plus appliquées, notamment la fermeture de lits et surtout la fermeture de maternités, plus particulièrement en milieu rural, obligeant les parturientes à se déplacer plus loin, plus longtemps, avec les risques que cela implique. Et je ne pense pas uniquement aux accidents de la route qui peuvent être préjudiciables, mais aussi aux frais, à la fatigue, aux perturbations engendrées. Les technocrates qui pondent ces dérives vivent à Paris et ne sont pas assujettis à ce genre de problèmes.
Un livre qui devrait se trouver sur la table de chevet de bien des hommes (et femmes) politiques et de ceux qui, se flattant d'être bien portant, seront amenés un jour à être les hôtes d'hôpitaux comptant des bouts de chandelles et qui pour gagner quelques euros vont en dépenser dix fois plus en restructurations diverses. Mais ceux qui décident ne voient pas la plupart du temps plus loin que le bout de leur nez et les aberrations de leurs décisions. Mais je suis hors sujet. Quoi que…
Il ne faut pas oublier que pour soigner des affections plus ou moins graves, souvent chroniques, l'emploi de médicaments à base de corticoïdes est la norme alors que justement ces corticoïdes entraînent l'apparition de diabète chez des patients qui n'en étaient pas atteints. Alors on se cache derrière ce slogan, mangez moins gras, moins sucré, moins salé… Une façon de culpabiliser le malade et de se retrancher derrière des arguments fallacieux. Et des médicaments préconisés afin de soulager un patient et qui déclenchent une autre maladie, cela fait bien les affaires des laboratoires pharmaceutiques. Mais ce n'est que mon avis.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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Root
  13 septembre 2019
Du Docteur K, on connaît surtout les romans policiers, des titres aux jeux de mots bien sentis (Meurtres avec prémédication, Dernier homicide connu, plus récemment Marche ou greffe !). Mais qui est l'homme derrière ce nom de plume aussi mystérieux qu'évocateur ?
De ses classes à Vincennes à l'hôpital militaire de Lille, ses « premières armes », en passant par Tenon jusqu'à Évry, où il a dirigé le service néphrologie pendant près de 30 ans (il était des premières dialyses et des premières greffes de rein), Olivier Kourilsky retrace, à travers ce livre, une carrière qui force le respect (je l'imagine hocher la tête en signe de dénégation à la lecture de cette phrase). Cadet d'une fratrie de six enfants, il est âgé d'à peine plus de 20 ans lorsqu'il entame son extraordinaire aventure médicale, marchant sur les traces de ses ainés, et de son père. Une vocation. On retient très vite le prénom du jeune docteur K. : Olivier est un professionnel passionné, infiniment humain, et très apprécié, tant de ses pairs que des patients.
Si vous avez eu affaire au milieu médical, vous n'en gardez peut-être pas un bon souvenir. Visages fermés, mots comptés, chronomètres en bandoulière et gestes mécaniques, sens du relationnel inexistant… Alors qu'un sourire, une main sur l'épaule, vous entendre appelé par votre prénom aurait pu vous faire oublier, l'espace d'un instant salvateur, votre vulnérabilité dans votre blouse bleu terne ouverte à l'arrière. Cela, Olivier Kourilsky le sait bien, et chaque jour des décennies durant lesquelles il a exercé, il a porté la même considération aux malades. Un surnom affectueux pour l'un, une parole d'encouragement pour l'autre, naturellement disponible et empathique.
Autobiographie, chronique sociale, album d'anecdotes et bel hommage à tous ceux qui lui ont accordé leur confiance, La Médecine sans compter est aussi un récit de confidences où l'on découvre un grand amateur de piano (il en joue divinement bien, ne vous fiez pas à sa modestie), un homme plein d'humour, réellement engagé dans sa profession, qui ne fait pas dans la complaisance et n'hésite pas à taper cordialement du poing sur la table lorsque les coupes de budget lèsent les malades. J'ai été très touchée par la délicatesse et la justesse avec lesquelles il aborde l'importance du don d'organes, une prise de position sans propagande qui sera peut-être entendue des plus réfractaires.
Est-ce que je vous conseille ce livre ? Évidemment. Pour les raisons que je viens de citer. Et vous l'apprécierez sans doute pour d'autres raisons encore, toutes personnelles. Rares sont les médecins à prendre la parole avec une telle simplicité, une telle aménité. Une belle rencontre.
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Coryne1966
  17 mars 2019
Olivier Kourilsky (Docteur K pour les habitués) était médecin néphrologue et directeur du service de néphrologie-dialyse de l'Hôpital d'Evry. Depuis quelques années à la retraite, il nous concocte des polars fabuleux qui nous font perdre pas mal d'heures de sommeil. Mais là, pour son dixième livre, exit Claude Chaudron, et le personnage principal est... Olivier Kourilsky lui-même.
Nous allons découvrir sa vie, ses études et ses années de travail au sein de la médecine au sens large du terme. J'ai beaucoup aimé les relations qu'il a tissées avec certains de ses patients (toujours à ce jour, des amis) et quelquefois, nous rêvons de rencontrer de nos jours, le même praticien lorsque nous sommes malades.
Cette lecture nous raconte l'évolution dans la vie "interne" des hôpitaux avec la partie administrative incombant aux médecins de plus en plus lourde, les budgets alloués à l'hôpital de plus en plus restreints qui obligent à faire de plus en plus d'heures et de gardes,... et tout cela est forcément pris sur le temps consacré aux malades.
Nous y découvrons les blagues entre les médecins et le personnel soignant pour "déstresser" après les heures de travail.
Mais surtout, Olivier Kourilsky nous parle des IVG clandestines et leurs conséquences avant la célèbre loi de Simone Veil. Ce livre m'a fait prendre conscience de ce terrible "mal".
Le don d'organes y est forcément abordé (activité de l'auteur) et par des exemples, on se rend compte de l'importance de ce don pour certains malades. Alors, oui, Olivier Kourilsky je n'étais pas à convaincre sur ce sujet car je suis "POUR" (comme cela, tout le monde le saura maintenant) mais vous l'expliquez avec beaucoup de tact et d'arguments à travers tout ce livre pour faire peut-être changer d'avis les réfractaires !
C'est un livre agréable à lire, que l'on peut poser et reprendre sans problème et je me suis régalée à découvrir la vie de "Docteur K" (même l'origine du surnom est donnée).
Une bonne lecture pas prise de tête que je vous conseille. Et si vous aimez, lancez-vous dans les neuf premiers qui sont des polars.
A quand le onzième ?
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
paulmaugendrepaulmaugendre   16 mars 2019
Ce livre offre l’opportunité de mettre en avant les innombrables difficultés engendrées ces dernières années par des lois tatillonnes et des personnels administratifs parfois condescendants, portés au premier rang par la loi HPST et par la création des pôles dont le principal objectif est la gestion financière sans grande considération pour les malades et leurs besoins. Si l’objectif de contrôle des dépenses est évidemment louable, les injonctions paradoxales dont les médecins et le personnel non médical sont la cible vont souvent à l’encontre de l’objectif souhaité.
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paulmaugendrepaulmaugendre   16 mars 2019
Je ne veux prendre aucun parti dans cette histoire, juste témoigner de mon malaise et rappeler ma conviction que toute position rigide dans ce domaine délicat fait fi des situations individuelles.
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paulmaugendrepaulmaugendre   16 mars 2019
Il est plus facile de stimuler des polémiques infondées que de reconnaître que l’on s’est trompé.
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