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Iboo
  24 mars 2018
Comme j'aime l'écriture de Kourkov ! Avec lui, je plonge instantanément dans l'histoire. Pas de perte de temps à piétiner dans le vestibule en me demandant qui sont ces gens et si je vais me plaire avec eux. Dès les premières lignes, il m'emmène dans son monde et je m'y sens aussi à l'aise que si c'était le mien.

J'aime sa manière d'aller à l'essentiel, de ne pas se perdre en fioritures, en exercices de style. Ses mots sont précis, ses phrases concises et sensées, ses personnages d'une banale et si touchante humanité, ses intrigues pleines de rebondissements sont pourtant amenées sans roulements de tambour. Tout se déroule avec une étonnante fluidité.
Kourkov raconte, il n'est pas dans la démonstration. Il ne cherche pas à prouver qu'il est un bon écrivain. Il n'en a pas besoin. Il l'est. Et, incontestablement, de grand talent.
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fbalestas
  13 juin 2022
« L'ami du défunt » est ce genre de récit où le comique le dispute à l'absurde.

Nous sommes dans l'ère post soviétique à Kiev en Ukraine. le narrateur, un peu paumé dans la vie, délaissé par sa femme qui lui en préfère un autre, est décidé à en finir avec la vie. Mais comme il craint de ne pas réussir à se suicider, il décide d'avoir recours à un tueur à gages : pas difficile, lui dit son ami Dima : il y a de nombreuses personnes qui sont prêtes à se charger de ce type de besogne, pour un prix modeste.

Aussitôt dit, aussitôt fait : Tolia le narrateur imagine le scénario suivant : il a été victime d'un adultère et il en veut à l'amant de sa femme au point de vouloir l'éliminer. Il communique donc au truand une photo de l'homme à abattre, ainsi que ses habitudes de fréquentation d'un café mais ce portrait n'est autre … que celui de Tolia lui-même.

Tout fonctionne très bien : il se rend au café en essayant de deviner le visage de son tueur à gages avec qui il n'a communiqué que par courrier.
Oui mais voilà : les affaires de Tolia s'améliorent finalement, il trouve de l'argent, échange de plus en plus avec son ami Vania, rencontre une jeune femme très avenante au prénom de Lena (sa femme s'étant enfuie avec un véritable amant) et la vie redevient belle.

Résultat ? Il ne veut plus mourir. Mais le contrat du tueur à gages est en route, et il est impossible de le stopper. Seule possibilité : engager un autre tueur dont le rôle consistera à veiller sur Tolia dans le café, et éliminer le tueur à gages.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et le misérable Kostia – c'est son nom – se retrouve ad patres.

Tout va donc pour le mieux pour notre narrateur, nanti d'une belle somme d'argent (détenue par Kostia) et d'une jeune femme charmante qui va et vient chez lui quand bon lui semble.

Oui mais voilà : il se sent coupable vis-à-vis de Marina, la femme de Kostia, qui a un bébé et se retrouve veuve de façon précoce. Il va donc lui rendre visite et voir ce qu'il peut faire pour elle …

« L'ami du défunt » est un récit cocasse, très drôle si on apprécie cette forme d'humour grinçant mais très vivant qui le caractérise. le grand écrivain ukrainien, auteur du déjà très célèbre « Pingouin » qui m'avait fait déjà beaucoup rire par cet humour absurde, signe quelques pages très réussies. Publié en 2001 puis réimprimé en 2018, il a été porté à l'écran à la fin des années 90, et cette histoire a été sélectionnée en 1997 comme l'un des trois meilleurs scénarios d'Europe par l'Académie du film européen de Berlin.

A découvrir ou redécouvrir, sans aucune modération (contrairement à la vodka qui coule à flot dans ce récit).
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Arimbo
  17 novembre 2021

Un court et savoureux roman d'Andrei Kourkov, un livre et un auteur ukrainien contemporain découvert sur Babelio grâce à mon amie Babeliote mh17.

Nous sommes ici dans l'ère post-soviétique qui n'est pas celle de Volodine, mais l'époque des années 90 en Ukraine, faite d'illusions perdues, une « génération désenchantée », où l'on ne croit plus à rien, et où l'on peut se payer pour pas trop cher l'assassinat d'un de ses contemporains, voire le sien.

Tolia, chômeur de 35 ans, ne s'entend plus avec sa femme. Plutôt que de divorcer, il a l'idée saugrenue, pour bien embêter sa conjointe, non de se suicider, mais de se faire assassiner par un tueur à gages, qui pullulent dans l'Ukraine post-soviétique des années 1990.
Va s'en suivre une série d'événements d'une cocasserie mêlée d'une dérision cynique, jusqu'à une fin que je ne dévoile pas bien sûr mais qui permet de comprendre le titre du livre, puis d'un épilogue surprenant et un peu tiré par les cheveux.

Ce qui m'a vraiment plu, c'est l'atmosphère désabusée, ironique, frisant l'absurde, ce héros, ou plutôt cet anti- héros, ce pov' gars passablement noyé dans la vodka et le gin, à la fois décidé et indécis, donnant l'impression d'errer au gré des événements, mais franchement amoral et cynique quand on y réfléchit, et pas vraiment « torturé » comme un Raskolnikov.

Et puis une des grandes qualités du récit, c'est de nous faire ressentir l'atmosphère glauque de la ville de Kiev, ce temps qu'il fait, toujours triste, pluie ou neige, au diapason des sentiments du héros.

En conclusion, une belle lecture qui donne envie de lire d'autres romans de l'auteur, il paraît que le Pingouin est son meilleur roman
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mh17
  11 août 2020
Un petit roman à l'humour corrosif
Kiev, 1995. Tolia, le narrateur, au chômage, en a assez de sa morne existence. Avec sa femme, ils n'ont plus rien à se dire. Il a envie d'en finir mais il a beaucoup trop d'orgueil pour faire un bon suicidé. Un crime à énigme bien mystérieux, voilà qui aurait de la gueule ! Reste à trouver un killer. Rien de plus facile ! Un ex copain de classe, qui travaille dans une petite boutique privée à la porte blindée, lui en dégotte un rapidement. Un type bien qui vient d'avoir un petit, pratiquement un pro, pour 450 dollars...
J'avais aimé l'humour noir de Truite à la slave mais là on monte d'un cran dans la dérision et la satire de la société post-soviétique, en mal de repères. Tout s'achète. Que reste-t-il ? La vodka, l'amour, le rire.
Je remercie Bookycooky pour m'avoir fait découvrir cet auteur ukrainien formidable.
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Dez54
  23 octobre 2021
Kiev, années 1990.


Un mariage qui vole en éclats, une absence de travail et des soucis financiers encouragent Tolia à envisager sérieusement de mettre fin à son existence qu'il considère comme absurde et insignifiante. Et pour donner un peu de panache à sa mort, quoi de mieux que de se faire assassiner par un tueur à gage, l'assassinat accorde de l'importance à sa victime et lui assure une certaine postérité. Il décide donc commanditer sa propre mort. "Malheureusement", quelques jours plus tard, une rentrée d'argent bienvenue et surtout une rencontre amoureuse vont redonner à Tolia gout à la vie tandis qu'en professionnel consciencieux, le tueur embauché un peu plus tôt est déjà à ses trousses...


Auteur ukrainien de langue russe, Andreï Kourkov s'est rendu célèbre grâce à son roman le pingouin. Avec l'ami du défunt, on replonge dans le monde sans repère post-soviétique. Ce court roman est rempli d'un humour noir et absurde qui convient parfaitement au contexte historique dans lequel l'auteur situe son action et on s'attache rapidement à cet anti-héros qui a conscience de sa banalité.


L'ambiance historique, l'humour, le ton grinçant et les thématiques (la mort, la débrouille, la perte de repère, la déprime…) sont autant de points communs qu'on retrouve entre l'ami du défunt et le pingouin. À vrai dire, et ce sera l'unique reproche que j'aurais vis-à-vis de ce livre, les deux romans se ressemblent un peu trop à mon gout et j'aurais aimé voir l'auteur sortir un peu plus de sa zone de confort. L'écriture est maitrisée et fluide. Si le roman n'a pas de quoi surprendre ceux qui connaissent déjà Kourkov, il reste paradoxalement assez réjouissant et plaisant à lire. Un livre qui remplit bien son office.
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Renod
  12 janvier 2015
« L'ami du défunt » est un court roman publié en 2001 par l'écrivain ukrainien Andreï Kourkov.

Accoudé à sa fenêtre, au septième étage d'un immeuble de Kiev, Tolia ressent une grande lassitude. Son existence est dans une impasse : il se retrouve au chômage et se sépare de sa femme. Il a envie de mettre un terme à sa vie, sans être assez désespéré pour se suicider. L'idée lui vient de commanditer son propre assassinat. Etre exécuté en pleine rue, voilà une mort pleine de panache et de mystère, on est bien loin d'une vulgaire défenestration. Quand il explique à Dima, son ami d'enfance, qu'il souhaite se débarrasser de l'amant de sa femme, ce dernier lui fournit les coordonnées d'un tueur à gage et lui avance l'argent du contrat. Seulement, Tolia prend peur et une jolie rencontre lui redonne goût à la vie. Mais comment échapper à son sort quand on a confié la charge de sa mort à un professionnel consciencieux ? Tolia va parvenir à se dépatouiller de l'inéluctable et le récit va connaître un rebondissement plein de douceur et de… cynisme.

La lecture de ce roman est très agréable. le style est simple et le récit, bien construit, s'achève de façon inattendue. C'est tout le talent d'Andreï Kourkov de nous conter l'histoire d'un homme déprimé dont la vie simple, plongée dans le bain d'une Ukraine du début des années 2000 pleine de misères et de violences, connaît des aléas absurdes.
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livrevie
  06 juillet 2014
Plus rien ne va dans la vie de Tolia : alors qu'il est au chômage, sa femme le quitte. Si son absence le soulage, il n'en sombre pas moins dans le désespoir : quel sens donner à son existence qui n'en a plus ? Dima, son compagnon de vodka, lui parle alors d'une profession d'avenir dans cette Kiev post-soviétique : Killer –comprenez Tueur à gages. Et c'est ainsi que, contre toute attente, il met un contrat sur sa propre tête. Détachement dû à un désespoir réel ? Volonté de se sentir vivant ? Toujours est-il qu'il ne lui reste que trois jours, trois petits jours.

Mais comme la vie ne s'engage jamais sur les chemins attendus, l'amour frappe à sa porte. Lena entre dans sa vie. Vivre ? Mourir ? Tout n'est finalement qu'une question de choix. Mais si on peut bien mourir, comment bien vivre ? Et surtout, comment survivre ?

Peu d'éléments finalement dans ce très court roman, mais de très bons éléments, agencés à la sauce Kourkov. Je me suis laissée entraîner par le rythme des secondes qui s'égrainent, par cet homme qui se découvre, par l'angoisse suscitée par l'ombre du Killer, par le mystère de Lena, et par la vodka –et pourtant je déteste toujours autant la vodka- Et comme d'habitude, j'ai aimé…

Le visage de cette Kiev est moins piqué d'acidité que dans le Laitier de nuit, du moins en apparence (l'une des professions d'avenir n'est-elle pas Killer ?). Il suffit de gratter un peu ce vernis pour que sa grisaille nous saute aux yeux. le détachement initial du protagoniste, qui finit par envahir tout le roman est sans doute le plus sombre regard que l'on pouvait porter sur cette société. Rien ne vaut la peine, ou presque…

En effet, Kourkov a eu, une fois de plus, le talent de me surprendre. L'amour et l'amitié, le sens moral, la vie en somme, priment, mais pas forcément là où on les attend. Je suis définitivement conquise.
Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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evelynepapillard
  20 mars 2022
un homme désespéré de sa vie ratée cherche un tueur à gage qui accepte de le liquider...ma foi,un suicide comme un autre... Or le liquidateur va lui même être liquidé.Une histoire menée tambour battant,ou les personnages jamais tout bons ou tout méchants ne deviennent des voyous que par nécessité vitale ou pur hasard. La toute fin est très drôle, inattendue,et l'humour noir de Kourkov est partout dans ce court livre. Un rythme très cadencé, c'est drôle,absurde,et finalement touchant.
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Yuko
  19 juin 2017
L'histoire commence par une fin, celle que souhaite pour lui-même le narrateur. Une entrée en matière plutôt atypique qui marque immédiatement la singularité de ce petit récit. Une oeuvre à l'écriture fluide et aux personnages souvent étranges et impalpables, qui nous mène à travers les rues de Kiev à la rencontre de personnages souvent haut en couleurs.
Un fil conducteur initial qui s'avère assez rapidement rompu pour ancrer ses personnages dans une réalité quotidienne, entre ennui et désirs d'avancer. Un récit court sur le désir de vivre malgré la lassitude qui marque avec force l'importance de l'attente, de l'abattement et de la réflexion intrinsèque de ses personnages. Une oeuvre intéressante qui aurait cependant mérité une fin plus développée et moins abrupte. Un récit à l'humour décalé, entre désespoir et amour vibrant, qui se lit très facilement.
Lien : https://leblogdeyuko.wordpre..
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plumetis
  16 octobre 2014
Tolia décide d'engager un tueur pour en finir avec sa vie.
Des cafés, des litres de vodka, l'ennui mais aussi des rencontres et le sel de la vie.
Roman de l'absurde, plein d'humour, plus profond qu'il n'y parait.
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