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ISBN : 2867469287
Éditeur : Liana Lévi (06/04/2017)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 119 notes)
Résumé :
Avez-vous déjà entendu parler de "l'antifrousse"? Ce breuvage made in Ukraine qui permet de vaincre sa timidité, de triompher de ses ennemis, de surmonter toutes les épreuves. Un remède pour lequel on tuerait père et mère, n'est-ce pas? Mais là, c'est son inventeur, un estimable pharmacien de Kiev, qui est assassiné. Ensuite?`Ensuite tout se complique. Dans cette fable échevelée, les chats ressuscitent, un somnambules se fait suivre la nuit, un député ambitieux exig... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  23 février 2012
Ночной молочник
Traduction : Paul Lequesne
Se risquer dans le monde d'Andreï Kourkov, c'est un peu comme si, dans une impulsion similaire à celle d'Alice, on suivait le fameux Lapin blanc s'engouffrant en quatrième vitesse dans son terrier magique. Bien sûr, l'univers dépeint par l'écrivain ukrainien n'a pas, en apparence, grand chose à voir avec celui de Lewis Carroll. Mais ce n'est là, répétons-le, qu'apparence.
Insoucieux d'un monde victorien qu'il n'appréciait pas particulièrement, un monde plein d'interdits et de non-dits, l'Anglais rêveur, qui ne trouvait d'autre exutoire que dans l'absolu des mathématiques, a façonné de toutes pièces un récit hautement onirique et poétique, peuplé de petites filles désobéissantes et aventureuses, d'adultes complètement à la masse ou alors tournés en ridicule et de créatures fantasmagoriques issus des comptines de la nursery ou, tel l'inoubliable Jabberwock, de son propre imaginaire échevelé. Chez Carroll, la Reine de Coeur, devant qui tout le monde tremble et pourtant à qui tout le monde désobéit, ne rêve que de couper les têtes, y compris celle d'une enfant comme Alice, tandis que, derrière le Miroir, les Reines rouge et blanche se révèlent infiniment poseuses et superficielles. Bref, si le rêve est bien là, il peut très vite virer au cauchemar - ce qu'ont très bien compris les créateurs du jeu vidéo "Alice Madness Return" par exemple ou un créateur de génie comme Tim Burton.
Chez Kourkov, né un siècle et près de trente ans plus tard que Carroll, non dans un Empire monarchiste en plein essor mais dans un empire communiste et athée déjà sur le déclin, le choix pour l'écrivain reste le même : ou bien un récit réaliste où la tragédie l'emportera, ou bien un récit louchant fortement vers l'onirisme sans gommer pour autant les ombres du paysage, et usant en outre des ficelles léguées à l'imagination par le développement antérieur de mouvements littéraires et poétiques comme le surréalisme. Les motivations aussi sont les mêmes : échapper à un univers oppressant, le recréer en dénonçant par l'excès tout ce qui, dans ce monde imposé, va de travers.
Si la mélancolie slave affecte - ou rehausse, c'est selon - le binôme du "Pingouin", Kourkov la laisse carrément tomber dans "Laitier de Nuit". Il faut dire qu'il a changé d'animal-héros puisqu'il a choisi pour ce livre un chat de gouttière dénommé Mourik (un clin d'oeil au célébrissime Chat du Cheshire ? Wink ) qu'il pousse même la malice jusqu'à doubler pour les besoins de l'intrigue. Or, le symbolisme du chat est évidemment bien différent de celui du pingouin : plus riche pour nos contrées que la banquise ne recouvre pas encore et aussi plus mystérieux, pour ne pas dire plus occulte.
Pour les amoureux des chats - dont je suis - je précise que, en dépit de ce que le lecteur (et le maître de Mourik lui-même) en pensent à certains moments délicats de l'histoire, il n'arrive absolument rien à Mourik et à son acolyte, que l'on retrouve tous les deux en excellente forme à la fin du roman, en train de se partager de l'esturgeon. Toutes les morts enregistrée dans "Laitier de nuit" ne concerne que cette espèce irrémédiablement vouée au Mal et à l'Incohérence, la seule capable de tuer pour le plaisir ou pour l'argent : la race humaine. Car un doute demeure sur le sort réservé au chien-pisteur du maître-chien Dima, porté disparu corps et bien à un certain moment mais sur l'heureuse survie duquel on peut s'interroger.
Quant à l'histoire elle-même ...
En gros, sachez que Dima et deux bagagistes de l'aéroport de Kiev repèrent une valise contenant sans doute de la drogue. Dans l'espoir de se faire un peu d'argent - les salaires en Ukraine ne sont pas des plus élevés - ils escamotent donc la petite valise noire qui, ouverte, révèle toute une collection d'ampoules recelant non de la poudre mais un liquide. Invité à absorber le contenu de l'une des ampoules, Mourik, le chat bien-aimé de Dima et de son épouse, décède. En tous cas, il ne respire plus et son coeur ne bat plus. Afin de ne pas faire de peine à sa femme, Dima se débarrasse comme il peut du cadavre de son chat. Et, le chagrin de son épouse ne se calmant pas, il se procure même une sorte de jumeau de Mourik. Sa femme, Valia, tombe dans le piège et est toute heureuse d'avoir retrouvé son Mourik. Seulement, au bout de quelques semaines, retour du vrai Mourik à la porte de le maison. Maigre, affamé, pelé et suffisamment plein de courage pour se jeter sur le pittbull que le voisin aime à expédier faire ses besoins dans le jardin de Dima. Pas de doute : c'est bien Mourik, revenu d'entre les morts. Mais est-il vraiment mort ce jour-là, après avoir bu la drogue inconnue ? ...
A cette intrigue centrale déjà plutôt délirante, s'ajoutent les mésaventures d'Irina, fille-mère qui vend son trop-plein de lait maternel à un mystérieux organisme de Kiev, les interrogations perplexes d'un garde du corps convaincu de somnambulisme et les allées et venues très agitées de la veuve d'un pharmacien qui tient à conserver le cadavre de son mari, momifié, dans son salon. (Précisons que le pharmacien travaillait, pour le compte de mystérieux commanditaires, sur toutes sortes d'expériences, dont la création d'une drogue destinée à rendre - peut-être - plus courageux.) le tout avance, recule, s'entremêle, comme dans une espèce de polka frappée de folie mais le lecteur, bien loin de juger l'ensemble impossible ou lassant, se cramponne et veut à tous prix savoir où et comment tous ces agités finiront par trouver la clef de leurs interrogations et, pour certains, de leurs actes.
L'humour, un humour jubilatoire et chaleureux, domine l'intégralité du récit, même dans ses instants les plus sombres ou les plus périlleux - réponse de Kourkov à la maléfique Reine de Coeur de Carroll. Pour vous glisser plus ou moins timidement dans l'univers d'Andreï Kourkov, "Laitier de Nuit" constitue une porte d'entrée de première qualité. Ce n'est peut-être pas un "grand" roman mais, dans sa folie apparente et avec sa tendresse ironique, il témoigne bien des problèmes rencontrés par la société ukrainienne après l'effondrement de l'URSS et de sa tentative pour survivre, vaille que vaille. Car, sous la loufoquerie de l'histoire, courent toujours des hommes de main capables d'intimider, voire de liquider un tel ou un tel pour de l'argent. A l'ombre du totalitarisme déchu, dont l'énorme statue déboulonnée traîne encore à terre, fleurissent non pas une mais plusieurs organisations mafieuses, auxquelles les politiciens eux-mêmes sont susceptibles d'appartenir ...
"Laitier de Nuit" : un très agréable moment de lecture. A renouveler avec d'autres romans de son auteur, Andreï Kourkov.
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livrevie
  06 juillet 2014
Laitier de nuit est un ouvrage atypique : l'éventail des personnages est vaste et coloré. le maître-chien qui travaille à l'aéroport de Kiev, et qui entretient une relation particulière avec son chat, Mourik, qui lui-même est revenu à la vie ; la mère célibataire, la fille-mère comme on l'appelle car elle n'a pas de mari, qui prend tous les matins le bus qui rallie son village à la capitale ; la veuve du pharmacien qui refuse de clore l'histoire avec son mari, et la fait durer de la manière la plus improbable qui soit… Et quelques autres encore…
Tous ces personnages, aux origines différentes, qui finissent par se croiser au gré de l'humeur du destin, et qui, effet domino oblige, influenceront la vie des autres… Tous ces personnages m'ont touchée à leur manière, me faisant passer de l'attendrissement à l'énervement en moins de temps qu'il ne faut pour passer à la page suivante.
Chaque chapitre nous fait pénétrer dans leur intimité : nous rejoignons Irina au village, ou Dima sur son lieu de travail ou dans son garage. Dans chacun de ces chapitres, le burlesque pointe le bout de son nez nous plongeant dans des situations tellement improbables, incongrues, mais paradoxalement tellement cohérentes.
« Ai-je bien lu ? », « C'est vraiment çà ? », voici quelques questions récurrentes qui ont jalonné ma lecture. Et le cynisme de l'auteur de reprendre le dessus, et moi de ne pouvoir réfréner cette lecture, portrait au vitriol de l'Ukraine, cette « fille-mère » comme l'appelle l'un des personnages, ce pays en construction après son indépendance de 1991.
Malgré les difficultés de la vie, la corruption, la part importante de la religion, c'est un pays au peuple attachant qui nous est livré, parce que, comme le dit un conducteur, le « jour où les gens ne s'entraideront plus, j'irai moi-même me flanquer à la flotte. Peut-être que tu me tireras de l'eau ce jour-là ! Qui sait ?! »
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SeriallectriceSV
  18 septembre 2016
Une satire sociale étonnante, un portrait caustique de l'Ukraine actuelle, indépendante depuis 1991 et qui se cherche encore, empreint d'humour et d'absurde.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, les histoires sont loufoques, la construction est très intéressante, les histoires s'enchaînent et s'entrecroisent attisant la curiosité du lecteur (tout du moins la mienne a été attisée!), rendant la lecture absolument addictive, une fois le livre ouvert, il est difficile de le lâcher, c'est un tourbillon qui nous entraîne au coeur d'une Ukraine où corruption, pauvreté, violence, petits trafics en tout genre, sociétés secrètes font partie intégrante du décor.
La description de la société est très réaliste et pourtant, certains éléments surréalistes parsèment le récit et rendent l'atmosphère à la fois plus glauque et paradoxalement plus douce.
Une belle découverte, même si la fin m'a quelque peu laissée sur ma faim...
Ce livre fût un coup de coeur pour un bibliothécaire de ma ville, et c'est qui m'a donné envie de le lire. Bien m'en a pris. D'autres oeuvres de l'auteur me tentent : le Pingouin, le dernier amour du président, L'ami défunt, le Caméléon. Sa plume et son humour décalé me séduisent.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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traversay
  29 août 2012
Il s'en passe de belles, la nuit, dans le centre de Kiev. Et les chats n'y sont pas gris, mais vengeurs masqués défendant la veuve et l'orphelin. Ceci n'est qu'une des innombrables péripéties de Laitier de nuit, qui nous réconcilie avec Andreï Kourkov dont l'ultime roman en date, le dernier amour du président, manquait singulièrement de piquant et de fantaisie. Laitier de nuit, avec sa construction chorale (une dizaine de personnages principaux se partagent la vedette, se croisant à l'occasion) est très ambitieux avec un mélange d'absurde (façon Paasilinna), traité avec un ton pince sans rire, et de réalisme ironique qui peint sans aménité une Ukraine gangrenée par la concussion et la corruption à tous les étages. Ce livre est d'une jubilation constante, avec ses héros hauts en couleur, très portés pour la plupart sur la gnôle à l'ortie, et leurs aventures improbables, qui les mènent de l'affliction à l'euphorie, en une fraction de seconde. de la littérature très riche mais saine, qui ne risque pas d'indisposer le lecteur consentant, pour peu qu'il ait prévu une bonne bouteille de gnôle à l'ortie à portée de main. L'ivresse qu'il connaîtra alors sera un doux mélange entre les effets de l'alcool et ceux de ce roman épique qui cavale sur plus de 400 pages sans oublier de décrire l'essentiel : la dérision de notre condition humaine.
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le-mange-livres
  05 avril 2012
Envie d'un roman où les chats acquièrent des capacités hors-normes grâce à un mystérieux breuvage volé à la douane, où des bébés apparaissent et disparaissent, où des prêtres orthodoxes bénissent des laboratoires à fromage, où les cadavres sont embaumés selon des procédés révolutionnaires, où les sectes prospèrent, et où le lait maternel trouve des usages bien curieux ? Alors, le dernier opus en poche de Kourkov est pour vous !
L'écrivain poursuit son exploration sans pitié de l'Ukraine des années 1990 et 2000, ici prise dans les suites de la révolution orange. Une galerie délirante de personnages, attachants et décrits avec tendresse, évolue dans le petit théâtre de Kourkov, où leurs destins se croisent et s'entrecroisent, se recoupent ou ne se recoupent pas. le rythme est comme toujours enlevé, et les fragments narratifs, conçus comme de petits épisodes où les rappels sont fréquents, s'enchaînent à toute allure.
Roman savoureux, certes, mais complexe et profond aussi, qui dessine, à petites touches presque impressionnistes le portrait de cette Ukraine où l'espoir d'une société nouvelle et démocratique côtoie la corruption, la collusion des milieux politiques, financiers et mafieux, la multiplication des trafics en tous genres, sur le ton de la fable tragi-comique, au travers de péripéties plus loufoques les unes que les autres - j'avoue une petite préférence pour la vie et l'oeuvre de l'inénarrable député, ambitieux et de toutes les combines, qui resurgit à tout instant dans le récit. Les personnages, comme l'Ukraine finalement, sont extraordinairement "résilients", et capables de revenir de tout, même des aventures les plus improbables.
Peut-être un peu moins déjanté qu'un Pingouin ou un Caméléon, un ton peut-être un peu plus noir ou plus amer (ou acide, c'est selon), sans doute moins brillant, dans sa construction, que l'extraordinaire Dernier amour du président ... mais cela n'empêche pas Kourkov de rester une valeur sûre ... et un conteur hors-pair.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld09   01 octobre 2017
Dans le ciel d'hiver, la voie lactée se morfondait, privée de l'attention des hommes. Il régnait en cette nuit un silence surprenant, pas un chien n'aboyait, comme si le ciel chargé d'étoiles qui pesait sur la terre les eut tous écrasés de sommeil. Seule Irina ne parvenait pas à dormir...
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WolandWoland   23 février 2012
[...] ... Durant les dix premières minutes de route, le prêtre se tint silencieux sur la banquette arrière.

- "Dieu nous a enseigné de partager avec les pauvres, n'est-ce pas ?" demanda-t-il soudain d'une belle voix de baryton, cependant que bourdonnait en fond sonore le programme de "Chansons."

Volodka [second garde du corps de Guennadi Ilitch et camarade de Semion] coupa aussitôt la radio et regarda dans le rétroviseur.

- "Eh ! bien, moi, je vous le dis, il faut partager avec les pauvres," répéta le prêtre. "Parce que les pauvres sont toujours en plus grand nombre et que, lorsqu'on est en plus grand nombre, on représente une force.

- Mais pourquoi nous parlez-vous des pauvres ?" s'enquit poliment Semion.

- "Oh ! juste comme ça, pour me disposer à la bonté," bâilla le prêtre.

Et comme il bâillait, la voiture s'emplit d'une odeur de bon cognac.

- "Comment trouvez-vous l'église de Guennadi Ilitch ?" demanda Semion qui avait perçu la senteur de l'alcool.

- "C'est une belle église, imposante. Elle n'a qu'un seul défaut. Elle n'a pas de paroissiens ! A part Guennadi Ilitch, personne n'y va à la messe.

- Mais lui, il y va ?" s'exclama Semion, surpris.

- "Oui. Il n'a appelé qu'une seule fois pour annuler. Au moins, ça m'a évité de me déplacer pour rien."

Semion tenta d'imaginer la scène : Guennadi Ilitch, tout seul, debout au milieu de l'immense église [qu'il avait fait construire], et devant lui le père Onoufri prononçant son sermon.

- "Des églises sans paroisse, comme ça, nous en avons pas mal aujourd'hui," poursuivit le prêtre. "Beaucoup de députés s'en font construire près de leur maison de campagne, des fonctionnaires aussi. Tant mieux, après tout ! Un député est un mortel et, à sa mort, que feront ses enfants ? Ils offriront l'église au peuple en mémoire de leur père chéri ... " [...]
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urbanbikeurbanbike   10 mars 2010
Dima se sentit davantage intéressé par un couple de perroquets dodus logés dans une belle et vaste cage. Après cinq bonnes minutes passées à observer ces oiseaux qu’on eût dit doués d’intelligence, il lui fallut bien revenir à son problème initial. Il alla faire un tour du côté de la ligne de tramway, au-delà de l’enceinte du marché. Aux dires de la vieille aux chats siamois, il y avait là des SDF qui pour trois hryvnia vous vendaient « n’importe quel bâtard à poil gris ». À ces mots, Dima avait tout de suite pensé à Mourik. Mais ce jour-là aucun SDF trafiquant de chats de gouttière n’était visible derrière la clôture du marché. Et pour finir, Dima, transi jusqu’à la moelle, se retrouva devant une femme aperçue auparavant, chaussée de grosses bottes et vêtue d’une chaude pelisse de paysanne, aux pieds de laquelle, dans un panier posé sur l’asphalte, plusieurs chatons gris se blottissaient sous un morceau de couverture.
- C’est d’un grand gris que j’aurais besoin, déclara Dima dans un soupir.
- Grand comment ? s’enquit la femme emmitouflée.
Dima écarta les mains pour indiquer la taille approximative de Mourik. Puis il expliqua en quoi consistait son problème. Il parla du chagrin de sa femme et de la photographie du chat dans son cadre endeuillé d’un ruban noir.
- Oh ! moi-même, quand ma Torchonette est passée sous une voiture, j’ai frisé l’infarctus ! s’exclama la femme en levant les bras au ciel. Votre femme a de la chance d’avoir un mari comme vous ! Le mien m’a traitée d’idiote durant trois semaines d’affilée !
Dima goûta le compliment. Il faillit débiner l’époux indélicat, histoire de prolonger la conversation, mais se retint à temps : il venait de remarquer qu’une lueur s’était allumée dans les yeux de la femme.
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WolandWoland   23 février 2012
[...]... - "Bien !" soupira le député, une fois installé à la table de Semion. "Ecoute ! J'ai viré mon assistant. Je voudrais te proposer sa place. Ca ne changera rien pour toi [Semion lui sert déjà de garde du corps] sinon que tu toucheras plus d'argent, sorti de la caisse de l'Assemblée, et non plus de ma poche. Tu n'auras qu'à présenter là-bas ton livret de travail, et en échange tu recevras une carte. Pour toi, ça veut dire des honneurs, une expérience professionnelle, du respect, et moi, ça me fait plaisir !

- D'accord !" répondit Semion.

Guennadi Ilitch sourit et commanda un verre de cognac.

- "Guennadi Ilitch, peut-être avez-vous entendu parler d'un médicament "rajeunisseur" importé d'Allemagne ?" demanda Semion à voix basse.

Le député éclata de rire et posa sur son lieutenant un regard amusé.

- "Un médicament ? Mais les médicaments, c'est de la chimie ! Or, la chimie, ça fait crever les gens plutôt que les rajeunir ! La jeunesse, on la retrouve grâce à autre chose.

- Et grâce à quoi ?

- Grâce aux produits laitiers frais", déclara Guennadi Ilitch, toujours le sourire aux lèvres, puis, adoptant soudain le chuchotement, il ajouta : "Et le meilleur de tous, c'est le lait maternel ! Fini le temps des lactariums pour les gosses. A présent, ils sont pour les adultes ! Et pour les dames, ce sont les "restos-hormones" Ne me demande pas ce qu'on leur sert au menu, je n'ai pas envie de dégueuler ! Ma femme aussi est adepte de ces trucs-là. Elle va sur les quarante-cinq berges mais je peux te dire que ce qu'elle a sur le cul, c'est de la peau de bébé. Et sans chimie, sans chirurgie ... Mais pourquoi demandes-tu ça ? Tu as l'intention de te lancer dans la politique ?

- Pourquoi la politique ?" dit Semion, interloqué.

- "Eh ! bien parce que, en politique, le plus important, c'est d'avoir un teint de jeune fille, une mine de porcelet bien nourri au sens naturel du terme. C'est pour les gens comme ça qu'on vote le mieux." ... [...]
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   18 septembre 2016
Boris, qui arborait de somptueuses moustaches lui descendant jusqu’au bas du menton, lança un coup d’œil en direction du chien et de son maître, figé sur place. Et il se tut pour mieux observer. Son collègue, Génia, lui aussi tourna la tête.
– Il a repéré quelque chose, on dirait! s’exclama Génia.
– Merde! soupira Boris en hochant tristement la tête. Une mallette comme ça, et on pourrait se tourner les pouces jusqu’à la fin de nos jours!
Ils jetèrent chacun leur mégot par terre, et l’écrasèrent sous leurs grosses bottines noires, conformément aux règles de sécurité anti-incendie. Puis ils s’approchèrent de Dima.
– Alors quoi? demanda Boria, le moustachu, au maître chien. Tu vas encore refiler la prise à tes connards de chefs, pour qu’ils puissent changer leur BMW contre une Lexus?
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Videos de Andreï Kourkov (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Kourkov
Andreï Kourkov - Le jardinier d'Otchakov .A l'occasion du Salon des livres de Poche "Lire en Poche" 2013, Andreï Kourkov vous présente son ouvrage "Le jardinier d'Otchakov" aux éditions Liana Levi. Traduit du russe par Paul Lequesne. http://www.mollat.com/livres/kourkov-andrei-jardinier-otchakov-9782867466922.html Notes de Musique : These Animals 01 Side By Side - freemusicarchive.org
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