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Nathalie Amargier (Traducteur)
ISBN : 2020477815
Éditeur : Seuil (02/04/2004)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 607 notes)
Résumé :
A Kiev, Victor Zolotarev et le pingouin Micha tentent péniblement de survivre. Victor, journaliste, est sans emploi et Micha, rescapé du zoo, traîne sa dépression entre la baignoire et le frigidaire de l'appartement. Lorsque le patron d'un grand quotidien offre à Victor d'écrire les nécrologies - les "petites croix" - de personnalités pourtant bien en vie, Victor saute sur l'occasion. Un travail tranquille et lucratif.
Mais un beau jour, les "petites c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Ecrits-slaves
29 juin 2008
Je vais être méchante : j'ai lu quelques commentaires mauvais sur certains blogs concernant cet ouvrage. Bon, en soi, on a le droit de ne pas aimer un livre.. mais les "raisons" de cette déception sont, quant à elles, fort amusantes... Comme d'habitude, dans la littérature slave, il faut replacer le recit dans son cadre historique, et surtout ne pas tout prendre au pied de la lettre ...
L'histoire se déroule dans la tourmente des années post-soviétiques en Ukraine. Tout n'est que mafia, grosses voitures et argent. Au milieu de tout ça, le héros se détache et par son originalité et par sa lenteur. En effet, il heberge chez lui un pingouin récuperé d'un zoo ... et il est écrivain ! C'est un détail ? non ce n'est pas un detail ... Les professions intellectuelles ont connu un gros gros malaise dans ces nouvelles sociétés en mutation .. un intellectuel c'est un etre inutile par definition... ça lit, ça gagne rien, ça produit rien ... il a donc un métier devalorisé, et un animal inutile, non acclimaté, quasiment dépressif. Animal qui n'est que son propre reflet... Il n'est qu'un homme qui se doit de s'adapter, sans pour autant y arriver.
De plus, écrivain raté, il trouve comme travail d'écrire pour un journal des "petites croix" : c'est à dire des nécrologies de personnes non encore décédées. Il se retrouve alors pris dans un engrenage mafieux puisque ces personnes, connues, se mettent à décéder les unes après les autres. On lui demande alors de se cacher, d'avoir un revolver, d'heberger une enfant pour la protéger ...C'est prometteur, ça fait livre thriller à suspense .. Et bien en fait non .. ce qui a déçu certaines personnes ... le héros Victor est dans une bulle. Il ne sort pas de chez lui, écrit ses petits articles, ne se pose pas de questions, boit, mange, nourrit son pingouin, joue avec l'enfant, couche avec la nounou ... mais ne s'etonne de rien... Et c'est là je pense la clef de ce roman. Ne plus s'étonner de rien ? Quel mécanisme peut entrainer un homme, mur, instruit et intelligent, à ne plus s'inquieter et à ne plus s'étonner de rien ? A vivre dans une société qui lui échappe completement, où sa vie est perpetuellement en danger sans réagir ?? C'est là, que le rythme lent du roman prend tout son sens selon moi... Cet homme est anesthésié par quelque chose, il est mou, il est lent, il a perdu ce qui fait de lui un citoyen réflechi.
Lui ne sait pas et ne voit plus rien, mais le lecteur, à travers l'auteur lui est choqué. Choqué par ses hopitaux qui laissent les vieillards à l'abandon, choqué par ses mines qui portegent la datcha (petites maisons secondaires), choqué par l'avarice de certains, ces jeunes mafieux en voitures étrangères... choqué par les séries mexicaines débiles qui passent à la télé ... choqué que tout le monde trouve le pingouin drole alors qu'il est en etat de survie permanent..
Ce roman est donc un chef d'oeuvre sur la condition humaine et sur la société post-soviétique. Sobre et étouffée, la critique de l'auteur n'est que plus belle. Elle est très proche de "Matin brun" de Franck Pavloff... Alors, par pitié, ne lisez pas les romans slaves de cette époque, au premier degré, comme on lit ceux de la rentrée littéraire française. Jugez chaque détail et tentez d'en voir le sens caché. Un extrait comme celui-ci ne devrait pas vous laisser indifférents et devrait vous amener à réflechir :
" Sa vie lui semblait paisible, malgré l'épisode alarmant qui lui avait valu de passer le réveillon terré dans la datcha de Sergueï. Tout allait bien pour lui, du moins en apparence. A chaque époque "sa "normalité". Ce qui, auparavant, semblait monstrueux, était maintenant devenu quotidien, et les gens, pour éviter de trop s'inquieter, l'avaient integré comme une norme de vie, et poursuivaient leur existence. Car pour eux, comme pour Victor, l'essentiel etait et demeurait de vivre, vivre à tout prix. "
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petitsoleil
16 juin 2013
cela faisait déjà longtemps que j'avais noté le nom de cet auteur, et que je me promettais de découvrir un jour un ou deux de ses livres ...
c'est maintenant chose faite, à la faveur d'un échange avec une autre personne de Babelio ! qu'elle en soit remerciée
ce livre n'est pas forcément réservé aux amateurs de pingouins, du monde arctique, de Linux (et son célèbre Tux) ou de Biboundé ... mais le pingouin prend quand même un statut de vrai personnage, assez étonnamment
Micha le pingouin semble vite devenir comme un double de Victor, énigmatique, un peu dépressif ... Victor, lui, est quadragénaire, il est aussi très seul
c'est un écrivain et journaliste un peu raté, un peu dépressif, qui semble ne plus avoir de prise sur la vie, et à qui on propose un jour d'adopter un animal, le zoo n'ayant plus les moyens d'entretenir ses pensionnaires ni ses employés ... par un hasard donc, Victor adopte un pingouin, Micha, et croisera un jour la route de Pidpaly, un scientifique auto-proclamé "pingouinologue", l'employé du zoo qui s'occupait de son protégé et des autres pingouins
par un autre hasard, un jour, Victor se met à écrire des "petites croix", articles nécrologiques pour des personnalités, à ce détail près que tous ses "clients" sont encore vivants ... mais le journal lui a "commandé" les nécros ... aventures mi-burlesques, mi-désabusées, dans une Ukraine post-soviétique qui semble ne jamais se remettre d'une gueule de bois carabinée (la vodka délie les langues, réchauffe les coeurs, mais ne fait rien avancer), dans un univers de plus en plus flou, kafkaïen et parfois inquiétant ...
quelques personnages apportent quand même un peu de chaleur et de fantaisie à l'univers de Victor : Sergueï, Micha ("pas le pingouin, l'autre"), Sonia puis Nina ...
une lecture intéressante, j'ai maintenant envie de lire la suite de ces aventures
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Zebra
29 avril 2015
« Le Pingouin » (Smert Postoronnevo, c. à d. Mort d'un étranger) est un livre écrit en 1996 par Andreï Kourkov, écrivain russe né à Saint-Pétersbourg en 1961. Sous un format réduit (274 pages), l'auteur nous raconte l'histoire de Victor Zolotarev, ancien journaliste au chômage et nouvellement préposé à la rédaction de nécrologies pour le quotidien « Les Nouvelles de la Capitales » (Stolitchnye Vesti).
Victor peinait à survivre lorsque le patron de ce quotidien lui a proposé d'entreprendre, sur sa commande, ce travail de rédaction : pas bien folichon comme boulot, mais très rémunérateur (au salaire mensuel de 300 dollars, il faut ajouter les nombreuses enveloppes remises sous le manteau par le commanditaire) ! L'argent permet bien vite à Victor de s'acheter le nécessaire, et même de nourrir correctement Micha, un pingouin récupéré au zoo de Kiev, zoo qui était au bord de la faillite. La vie s'écoulerait tranquillement si les nécrologies fleuries et élogieuses, écrites pour des VIP encore en vie (curieux, vous ne trouvez pas ?), ne coïncidaient avec la disparition, souvent par mort violente, desdites personnalités. S'agirait-il de crimes commandés par la mafia locale ? de règlements de comptes politiques ? de banale, l'histoire de Victor et de son pingouin prend vite une toute autre tournure et le suspense va grandissant au gré du ballet des limousines, des visites nocturnes d'individus non identifiés dans l'appartement de Victor, et des enterrements auxquels on le convie 'manu militari'. La fin est incroyable …
Sous cette apparence d'histoire pour les enfants (un pingouin, c'est si mignon !), Andreï Kourkov nous conte en fait deux autres histoires, à savoir celle d'un monde post-soviétique déboussolé, sans règles, où domine la loi du plus fort, et celle d'une véritable aventure humaine. Victor écrit des nécrologies qui finissent dans des tiroirs, comme les manuscrits de nombreux écrivains au bon vieux temps de l'URSS ; la ville est grise, en suspens au-dessus du trottoir avec des passants qui se hâtent comme s'ils redoutaient que les immeubles s'écroulent soudain ou perdent leurs balcons. Bon, c'est pas méchant comme dénonciation, mais attendez la suite : les prostituées se font descendre pour avoir manqué de respect à leurs clients (« c'est la vie, tout simplement »), des notables se mettent de l'argent plein les poches dans des affaires de privatisations, de transferts de capitaux sales vers des banques occidentales, de vente de matières stratégiques, de liquidation (sous forme de troc) de complexes militaro-industriels, de transport d'émigrants clandestins, de disparition d'avions donnés en location, de trafic d'organes, etc. Parfois, certains VIP se font prendre et sont liquidés pour l'exemple : « c'est chacun sa merde ». Dans ce monde-là, mieux vaut éviter de poser des questions si on tient à sa vie. Et Victor tient à la sienne depuis qu'il a tout pour mener une existence normale : une femme (Nina, nounou de Sonia), un enfant (Sonia, la fille d'un ami, malheureusement « liquidé ») et un animal de compagnie (Micha, le Pingouin). Et puis il y a l'amour que porte Sonia pour Micha, comme il y a l'amitié imprévue qui lie Victor à Pidpaly, pingouinologue cancéreux en phase terminale, comme il y a ce semblant d'amour qui va aller grandissant entre Sonia et Victor, puis entre Victor et Nina. Illusion provisoire de bonheur ou fusion artificielle d'éléments qui font en sorte que la vie semble valoir la peine d'être vécue ? Cette aventure humaine devrait permettre à Victor de supporter le monde brisé et incompréhensible dans lequel il est obligé d'évoluer, un monde qu'il faudrait nettoyer, entreprise ô combien délicate et périlleuse. L'étranger, c'est lui, c'est Victor : il ne peut se fondre dans ce moule post-soviétique qui l'enferme et qui ne lui propose qu'un avenir médiocre. Une issue ? Boire « pour que ça ne soit pas pire ; mieux, ça a déjà été » (page 99). Mais c'est une issue désespérée, réservée aux ivrognes, et Victor compte bien rester lucide. Il bénéficie de l'aide de Micha, son miroir, qui en impose par sa réflexion, son silence, son ennui, sa tristesse et ses choix. Mais Victor sera victime de sa propre naïveté ...
Splendide, bien écrit, avec de l'ironie et des touches d'humour comme s'il en pleuvait, des personnages au profil ciselé et une addictivité certaine. Je mets cinq étoiles et je recommande ce petit bijou de littérature absurde et russe qui vous fera penser aux écrits de Gogol.

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livrevie
11 avril 2015
Je crois qu'on devrait tous avoir un pingouin en tant qu'animal domestique. Les chiens et les chats sont très surfaits, un pingouin, c'est réellement mieux. Ça ne fait pas de bruit, ça ne coûte pas cher en chauffage, et accessoirement, on peut le louer pour donner un côté extraordinaire aux enterrements : pas besoin de lui enfiler un costume, il est déjà habillé pour l'occasion, et inviter un pingouin à un enterrement est très prisé, du moins dans l'Ukraine post-soviétique.
Victor a adopté Micha, son pingouin, dans le zoo de Kiev en faillite. Ecrivain raté qui peine à arrondir les fins de mois, il a vu dans le regard de son nouveau compagnon l'issue à sa solitude. Mais les fins de mois sont vraiment difficiles, surtout lorsqu'on a plus une mais deux bouches à nourrir. Sans vraiment réfléchir, Victor accepte le travail de « petites croix », élaborer des nécrologies de personnalités pourtant bien en vie.
Notre écrivain se retrouve plongé dans le coeur de ce pays qui tarde à se relever de ses cendres. Mafia, armes, personnes disparues, une enfant qui lui tombe sur les bras, fuir, se cacher, refaire sa vie, revenir à la surface, un sac plein d'argent... Rien d'anormal pour Kiev. Rien d'anormal pour Victor qui est blasé. Pourquoi le lecteur devrait-il donc s'étonner du fait que le pingouin (d'ailleurs, quoi de plus normal qu'un pingouin dans un appartement, n'est-ce pas ?) ait besoin d'une greffe du coeur ? Victor n'est pas surpris, et met tout en oeuvre pour sauver son ami. Je n'ai pas été surprise, tout est tellement normal...
Bien loin d'être un roman drôle, ce sont des lignes assez tristes qui défilent sous nos yeux. Comment rire de cette Ukraine hasardeuse qui chercher à se reconstruire et à échapper aux mains des puissants? Comment rire de Nina qui s'installe chez Victor sans amour mais faute de mieux? Comment rire de Victor qui l'accueille sans illusions mais qui lui est reconnaissant de cette chaleur qu'elle lui apporte dans cette ville si froide? Tout n'est que question de survie. Pour tous. Tout n'est que banalités, simples faits anodins. Malheureusement.
Comme à mon habitude avec Kourkov, j'ai aimé ce Pingouin. J'ai aimé ce portrait au vitriol de cette Ukraine. Si Kourkov avait été un personnage de son roman, il aurait été indubitablement une de ces petites croix à abattre. Son regard est trop perçant, et sa plume beaucoup trop juste. Un régal.

Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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Erik35
10 avril 2017
QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE UN PINGOUIN...?
Posée ainsi - et paraphrasant la blague de feu le regretté Coluche -, la question est aussi absurde qu'insensée, mais c'est pourtant d'une manière assez similaire que Victor, un écrivain raté, journaliste ukrainien et de second plan, au chômage, va se retrouver heureux possesseur d'un exemplaire d'un de ces volatiles des grands froids polaires (pour être exact, le Pingouin de cette histoire est en réalité un Manchot, mais la confusion est de plus en plus répandue et banalisée). Nous sommes à Kiev au début des années 90, en compagnie de ce Victor et de Micha - c'est ainsi que l'animal s'appelle -, ce dernier est neurasthénique et cardiaque, la mafia gangrène presque tout le jeune pays, émergeant dans la douleur de plus d'un demi-siècle de lendemain qui vont chanter soviétiques, les profiteurs, politiciens, artistes et autres gogos de tout acabit sont saisis d'une frénésie de dollars, de signe extérieurs de réussite et de luxe tapageur, ça défouraille à tout va et il ne fait pas bon être un politicien devenu trop puissant ou tombé en disgrâce. Mais rassurez-vous : tout va bien, surtout en compagnie d'un pingouin !
Et puis, il y a surtout cette offre d'emploi pour le moins particulière : la rédaction pour un grand journal de nécrologies de personnalités publiques qui ne sont cependant pas encore mortes... Victor accepte sans trop se faire prier mais, on s'en doute, il se voit rapidement plongé dans des histoires de mafia, de politique et de voyage vers l'Antarctique qui le dépassent plus ou moins totalement mais sur lesquelles il semblent surnager sans jamais se laisser départir de son flegme et de sa gentille déprime existentielle.
Roman assez bref, celui-ci n'en adopte pas moins un rythme trompeur et assez lent -de plus en plus au fur et à mesure de la lecture -, décalé, ou rien ne se passe bien que tout y change tout le temps, mais par touches inattendues, sans vraiment crier gare. Victor, qui n'est pas exactement un personnage des plus courants, qui traîne sur lui une espèce d'insaisissable ennui, de regard sans surprise sur des événements pourtant souvent assez incompréhensibles ou extraordinaires, tel un Oblomov de la modernité grise, ne va cesser d'en croiser d'autres - auxquels on s'attache assez peu, mais là n'est pas, semble-t-il, le but de l'auteur - tout aussi loufoques, bizarres, saugrenus, parfois vraisemblablement dangereux mais tellement piqués qu'on a du mal à ne pas avoir envie de rire - jaune - à suivre leurs pérégrinations.
Les rares personnages un peu plus humainement attachants sont les jeunes femmes décrites par Andreï Kourkov, même si l'on peut leur attribuer leur propre part d'extravagance.
Roman d'une certaine solitude, urbaine et contemporaine, de l'absence de sens à offrir à l'existence, dans cette Ukraine vendue à une sorte d'hyper-capitalisme tribal (ou les faibles, les déclassés et les rêveurs n'ont décidément plus leur place), le Pingouin nous plonge avec son humour loufoque autant que négligemment désespéré - comme seuls les écrivains des pays de l'Est en sont capables - au coeur d'une de ces anciennes Républiques communistes devenue une manière de chaos vaguement organisé dans laquelle il ne fait bon vivre que pour une microscopique minorité. Dommage que la nonchalance imposée par la rythmique de cette écriture pourtant subtile et sûre plonge, surtout en milieu de texte, le lecteur dans les rets d'un endormissement possible. Un peu plus de vivacité n'eut pas nuit, bien qu'à tout prendre, l'ensemble demeure aussi agréable que convaincant. Une oeuvre satirique plus burlesque qu'immédiatement désopilante d'un auteur à découvrir, assurément.
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra26 avril 2015
[...] Ils trinquèrent et burent leur cognac.
- Tu sais, poursuivit Igor Lvovitch, en veine de confidences, j'ai déjà plusieurs confrères qui m'ont appelé. Ils sont jaloux, ces parasites ! Ils disent que j'ai inventé un genre !
Il pouffa de satisfaction.
- C'est à toi qu'en revient tout le mérite, naturellement ! Mais ton existence doit rester secrète, et donc, je prendrai sur moi toutes les retombées, positives ou négatives, d'accord ?
Victor acquiesça, mais fut intérieurement peiné de ne pas pouvoir se montrer sous les projecteurs de la gloire, fût-elle journalistique. Le rédacteur en chef dut remarquer quelque chose dans ses yeux, car il ajouta :
- T'en fais pas, un jour, tout le monde connaitra ton vrai nom, si tu le veux ... Mais pour l'instant, et dans ton intérêt, il vaut mieux que tu restes un "Groupe de Camarades" anonyme."
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BMRBMR13 décembre 2009
[...] Micha, le pingouin, se promenait dans le couloir sombre, cognant de temps à autre à la porte fermée de la cuisine. Victor finit pas se sentir coupable et lui ouvrit. Il s'arrêta près de la table. Haut de presque un mètre, il parvenait à embrasser des yeux tout ce qui s'y trouvait. Il fixa d'abord la tasse de thé, puis Victor, qu'il examina d'un regard pénétrant, comme un fonctionnaire du Parti bien aguerri. Victor eut envie de lui faire plaisir. Il alla lui préparer un bain froid. Le bruit de l'eau fit immédiatement accourir le pingouin, qui s'appuya au rebord de la baignoire, bascula et plongea sans attendre qu'elle soit pleine.
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PilingPiling31 juillet 2008
incipit :
Ce fut d'abord une pierre qui tomba à un mètre de son pied. Victor se retourna. Au bord de la chaussée aux pavés disjoints, deux types le regardaient, l'air narquois. L'un d'eux se baissa, ramassa un nouveau projectile, et, comme s'il jouait au bowling, le lança vers Victor, en contrebas. Celui-ci fit un bond de côté, et, d'un pas rapide proche de celui des marcheurs de compétition, gagna le coin de la rue, où il tourna, se répétant : "Surtout ne pas courir !" Il ne s'arrêta qu'à proximité de son immeuble. Un coup d'oeil à l'horloge publique lui apprit qu'il était vingt et une heures. L'endroit était calme et désert. Il entra dans le hall. La peur l'avait abandonné. La vie des gens ordinaires est si ennuyeuse, les distractions sont devenues hors de prix. C'est pour cela que les pavés volent bas...
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petitsoleilpetitsoleil15 juin 2013
Telles des cases de mots croisés, les fenêtres de l'immeuble d'en face se dessinaient dans la nuit. Elles comportaient de nombreuses lettres.
Victor contemplait ces témoignages de vies ordinaires. Il était triste, mais le silence le réconfortait, et il fut peu à peu gagné par un grand calme, étrange, presque douloureux, comme avant un orage.
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PiertyMPiertyM22 janvier 2015
L'automne est la saison idéale pour les nécrologies. C'est le temps du déclin, de l'affliction, du repli sur le passé. L'hiver, lui, correspond bien à la vie. Il est joyeux en soi, avec son froid vivfiant, sa neige qui scintille au soleil.
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