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Nathalie Amargier (Traducteur)
EAN : 9791034906208
448 pages
Liana Lévi (26/03/2022)
3.72/5   227 notes
Résumé :
De retour chez lui après un séjour mouvementé en Antarctique, Victor n’a qu’une idée en tête: retrouver Micha, son pingouin d’adoption. Un jour à Kiev, le lendemain à Moscou, le jour suivant dans les recoins les plus sombres de la Tchétchénie en guerre, Victor traverse sans jamais s’étonner de rien une région déboussolée, livrée à la corruption et aux situations les plus rocambolesques.
En funambule virtuose, Andreï Kourkov retrouve ses personnages fétiches p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Fortuna
  06 avril 2022
A la fin du roman précédent, le Pingouin, Victor avait abandonné ce dernier, Micha, pour partir à sa place en Antarctique, histoire de sauver sa peau. Or une opportunité s'offre à lui de rentrer à Kiev : un banquier rencontré dans ces confins du monde, lui confie avant sa mort – il a été empoisonné – une carte de crédit et une lettre à remettre à sa femme à Moscou. Plus un billet de retour…Retour qui s'avère compliqué pour Victor dont l'appartement est occupé par sa fille d'adoption, la petite Siona, la nounou de cette dernière Nina, et l'amant de Nina, un sinistre individu…Ne se sentant pas chez lui, il ère dans Kiev et atterrit au cimetière où il lui semble apercevoir Micha…Enlevé par un malfrat, le riche Sergueï Pavlovitch qui veut se lancer dans la politique, il accepte de devenir son conseiller et de rédiger son programme…avant de partir à la recherche de son pingouin…
Recherche qui va le mener de Moscou où il rencontre la veuve du banquier et apprend que Micha est dans les mains d'un certain Khatchaïev, en Tchétchénie. Il n'hésite pas à s'embarquer dans un bus de passeurs pour rejoindre ce pays en guerre. Et pour continuer dans le domaine du funéraire, il est employé comme esclave dans une entreprise de crémation qui marche à plein rendement et même parfois un peu trop…
Du loufoque dans le macabre, mais toujours ce souci de mettre en lumière les failles profondes de la société post-soviétique gangrenée par la corruption, la violence et la guerre, un système dans lequel celui qui dérange doit disparaître. Et si finalement risquer sa vie et payer une fortune pour récupérer un pingouin peut sembler complètement absurde et invraisemblable, c'est peut être une des choses les plus sensées à accomplir dans un monde déboussolé. Car on ne peut trahir une promesse faite à une enfant. Ni résister au regard mouillé d'un pingouin reconnaissant…
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KOLIATHI
  24 juin 2019
Je viens de terminer cette géniale saga racontant les péripéties de Victor et de son pingouin Micha tentant de survivre dans cette période post soviétique entourés de mafieux, de politiques corrompus et même de mercenaires tchétchènes... mais qui toujours devoilent, in fine, un fond d'humanité. C'est un livre sur l'amitié, la tendresse. Kourkov nous dit qu'il ne faut pas désespérer de l'homme malgré ses lâchetés ou ses violences. Lisez cette saga et vous ne regarderez plus les pingouins de la même façon !
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Woland
  26 décembre 2007
Le lecteur qui avait laissé Viktor (Vitia) Zolotarev s'embarquant pour l'Antarctique à la place de son pingouin Micha - de son manchot, pour être exact - parce qu'il était poursuivi par une bande de malfrats, assiste à son retour à Kiev, muni d'une commission importante et d'une carte de crédit que lui a confiées un banquier rencontré sur le navire polaire.
Quand il téléphone à son appartement, c'est pour apprendre, par l'entremise de la petite Sonia - laquelle voit la chose d'un mauvais oeil - que Nina s'est mise en ménage avec un parfait abruti. Et le médecin qui a opéré Micha a une nouvelle encore plus mauvaise à lui apprendre : suite à l'un de ces concours de circonstances à la fois farfelu et très logique qu'affectionne l'auteur, le pingouin a été emporté par l'un des créanciers du "bienfaiteur" qui avait fourni l'argent pour l'opération.
A partir de là, Viktor n'aura de cesse de récupérer Micha. Pour ce faire, il n'hésitera pas à se vendre comme "esclave" en Tchétchénie et à y affronter le redoutable Khatchaïev. Mais c'est en définitive grâce à l'aide de ce dernier que Viktor comme Micha - mais à quinze jours d'intervalle l'un de l'autre - parviendront à rentrer en Russie.
Cette suite du "Pingouin" n'est pas d'un comique aussi absurde que le premier volume. Sous le sourire et la gaieté dont Kourkov ne se départ jamais, se dévoile une Russie où la pègre s'allie impunément à l'Etat pour remporter les élections et où l'on peut regretter non pas l'URSS mais l'ordre relatif qu'elle avait instauré. La guerre en Tchétchénie est traitée avec pudeur mais sans complaisance et Kourkov renvoie les combattants dos à dos, raillant au passage l'orgueil insensé des rebelles Tchétchènes. Bref, la Russie de Kourkov est une jungle où il faut savoir fermer les yeux si l'on veut survivre.
A la fin du roman, Viktor quitte Kiev, laissant cette fois-ci Nina et Sonia à la charge de son ami Liocha mais dans son appartement. Mais Micha l'accompagne et l'épilogue voit enfin le pauvre manchot rejoindre l'Antarctique. Une fin douce-amère car de Viktor ou du lecteur ayant suivi ses aventures, qui pourra dire qui s'était le plus attaché à ce curieux compagnon, muet certes mais dont les yeux parlaient si bien ? ... ;o)
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holley
  25 juin 2012
Avant d'être des polars où des satires de la décomposition politique de l'urss, "le pingouin" et sa suite" les pingouins n'ont jamais froid", d'Andrei Kurkov sont d'abord les témoins d'une vision du monde, d'une "weltanschaung" très particulière de l'auteur. Pourtant point de fumeuses références littéraires ou de constructions alambiqués, un simple point de départ : un journaliste à la peine dans son travail et dans un désert affectif récupère un pingouin dans le zoo délabré de Kiev qui n'a plus les moyens d'entretenir ses pensionnaires.
C'est là l'extrême gageure de ce livre c'est qu'on ne sort pas cet axiome : sa première responsabilité c'est de s'occuper de cet oiseau, coûte que coûte. Dans un univers de délabrement morale, psychique et politique, où le dollar est la seule loi, c'est MIscha le pingouin qui devient le centre névralgique de toute l'histoire. Là où la vie des hommes ne vaut plus rien, celle de l'oiseau austral prend paradoxalement une plus grand valeur. C'est à l'aune de ses sentiments (oui Misha a des sentiments) que se mesure le sentiment des quelques reliefs d'humanité que croise victor dans son chemin et avec qui il constitue une communauté justement autour de l'oiseau.
Souvent j'ai remarqué dans les livres russes, il y a cette référence à une communauté fraternelle cachée du fond des âges : celle peut être des vieux croyants que des siècles de persécution ont renforcé dans leur pratique et dans leur certitude.
Chalamov en parle dans les souvenirs de la Kolyma où ils croisent quelques spécimens réfugiés en sibérie. Il dit d'ailleurs que ce sont ceux qui ont le mieux résisté à l'oppression.
Pour revenir à Kourkov, le langage est au service de l'histoire, ni trop ni trop peu. On prend donc un plaisir, grand, teinté tout de même d'une forte mélancolie, une amertume proprement slave qui est comme la première gorgée d'une bière sombre.
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PostTenebrasLire
  01 janvier 2022
Ce roman est une suite directe du Pingouin. Je vais divulgâcher un peu. Si vous n'avez pas lu « le Pingouin », vous êtes prévenus.
Victor s'était enfui d'Ukraine à la place de son pingouin Micha à la fin du roman.
Il revient en Ukraine après s'être fait oublier. Il part à la recherche de Micha. La route vers son palmipède préféré sera tortueuse.
Ce roman est moins fantasmagorique que le précédent. Il y a moins de moments loufoques ou poétiques.
Sauf si évidemment, on considère qu'une campagne électorale ukrainienne et ses coups particulièrement tordus sont de pures affabulations.
Victor est comme dans le récit antérieur, la proie de forces qui le dépassent.
Dans un torrent de corruption, de perte totale de valeurs morales, d'hypocrisie, Victor essaye de ramer vers son pingouin.
Pour le sauver ? Pour se sauver lui-même ?
Il va même le chercher en Tchétchénie où il sera esclave pour un four crématoire.
Il va bruler les corps des combattants des deux côtés. Une sorte de purgatoire au milieu de l'enfer d'un conflit.
La peinture peut vous sembler bien sombre ?
Le livre serait trop noir s'il n'était pas truffé de rencontres improbables. Une galerie de portraits qui vaut le détour. Une galerie remplie d'humanité, cette humanité qui reste quand on en a retiré tout le superflu.
C'est dans tous les cas une peinture acerbe du monde postsoviétique.
Je ne divulgâcherais pas : lisez le roman vous saurez si Victor retrouve Micha et s'il lui rend sa liberté et si Victor se libère lui-même.
Lien : https://post-tenebras-lire.n..
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
FortunaFortuna   31 mars 2022
Il sortit aussitôt son portable et composa un numéro.
- Où on en est pour ma campagne ? demanda-t-il d'un ton sévère.
Il écouta la réponse durant plusieurs minutes, raccrocha et rangea son portable.
- Deux cent mille tracts avec ton programme et ma profession de foi ont été remis aux électeurs, quatre-vingt-dix mille colis de nourriture distribués à des retraités, on a établi une liste de tous les nécessiteux qui toucheront une aide après ma victoire, trois écoles ont été équipées en ordinateurs, sans parler d'un tas d'autres petits trucs ! Et sans oublier tes prothèses, d'ailleurs ! Tu trouves que ça ne suffit pas ?
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BMRBMR   03 février 2010
[...] Chaque pays est une sorte d'immense corps composé de milliers d'organes et de millions de petites cellules qui s'agitent en tout sens, les humains. Plus le corps est grand, moins il est sain. Il faut en permanence le traiter, l'opérer, anesthésier certaines parties en espérant ne jamais avoir besoin de recourir à une anesthésie générale. Cette crainte contribue à multiplier les anesthésies locales.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   08 janvier 2022
Chaque pays est une sorte d’immense corps composé de milliers d’organes et de millions de petites cellules qui s’agitent en tous sens, les humains. Plus ce corps est grand, moins il est sain. Il faut en permanence le traiter, l’opérer, anesthésier certaines parties en espérant ne jamais avoir besoin de recourir à une anesthésie générale. Cette crainte contribue à multiplier les anesthésies locales. Tous les organes et toutes les cellules concernés adoptent alors un comportement étrange, en fonction de la puissance du produit. Pour entrer ou sortir de ces zones, il faut être soi-même anesthésié, totalement, afin de ne ressentir ni douleur ni émotion trop vive en passant la frontière, et rester indemne.
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petitsoleilpetitsoleil   23 septembre 2013
Le seul endroit où l'on pouvait se détendre un moment était le bar, au rez-de-chaussée du bâtiment d'habitation.
Mais même là, tout était glacial.
On n'y vendait pas à boire et il n'y avait jamais eu de serveur.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   15 décembre 2021
Victor pensa tout à coup que ce serait bien de vivre éternellement et de mourir jeune. Que la vie soit infinie, distincte du temps, isolée par une sorte de cloche transparente. Que tout reste naturel, que les arbres du boulevard Chevtchenko continuent à pousser, que les chiens continuent à lever la patte sur eux, que les jeunes filles deviennent des femmes, sans que lui, Victor, ne change.
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Vidéo de Andreï Kourkov
À l'occasion du Festival Étonnants Voyageurs, Andreï Kourkov vous présente son ouvrage "Les abeilles grises" aux éditions Liana Levi.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2590331/andrei-kourkov-les-abeilles-grises
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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