AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9791091447881
Éditeur : Ring (25/10/2018)

Note moyenne : 4.78/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ilić tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mut... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Elodieuniverse
  15 janvier 2019
Voilà LE livre qui fait le buzz en ce moment et j'avais envie de découvrir ce que certains lecteurs ont pu rechercher et surtout trouver dans cette lecture. Je n'ai pas été choquée par ce livre (Je pense qu'il m'en faut plus que ça ou peut-être aurais-je été plus choquée par des images.) C'est bel et bien notre société que l'auteur dépeint. Et oui, tous ces faits ont existé ou existent, il a juste eu le culot de l'écrire sans détour et sans prendre de gants. Ils nous annoncent des faits, des actes, des mots...et nous plonge dans ce que l'homme a de plus malsain et abject. le conflit serbo-croate est vraiment intéressant, j'étais jeune et je n'y ai jamais vraiment prêté attention. Ce qui résulte de ma lecture est une réflexion sur le bien et le mal. Des notions qui sont souvent perverties. L'auteur a su mélanger ces notions tout comme nos repères et l'on en ressort KO!
C'est un livre puissant et dérangeant, à ne pas mettre entre toutes les mains. (...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
Anaislectrice
  25 octobre 2018
Il y a ces bouquins que j'attends avec fébrilité, excitation et avec une pointe d'angoisse, parce que je me demande comment un auteur peut écrire quelque chose de meilleur, ou tout simplement d'aussi bon, que ce qu'il a publié en première parution.
Il y a ce moment de stress, où je reçois un livre de 540 pages, à la police d'écriture relativement petite et qui me fait dire que si je n'accroche pas à cette histoire, ça va être long, très long…
Il y a ces auteurs qui passent devant tous les autres, devant tous ceux que j'ai en retard et qui m'attendent sagement dans ma montagne à lire depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Il y a ces heures de lecture pendant lesquelles je n'arrive pas à décrocher, le jour, la nuit…
Il y a ce bouquin surpuissant, qui va tout écraser sur son passage.
Il y a le manufacturier de Mattias Köping.
[ Sous le choc… ]
On sait qu'avec les thrillers des Editions Ring, il y a peu de chance d'être déçu, surtout si on aime les bouquins qui sortent du cadre, du gentil schéma classique qui constitue 90% des publications de polar et de thriller, ceux qu'on retrouve chez tout le monde, et dont on aura tout oublié d'ici deux semaines.
Si vous aimez les thrillers qui franchissent la ligne rouge, ceux qui vous aspirent l'âme et les tripes en vous donnant l'impression que vous allez en ressortir broyés et vidés de toute substance, si vous voulez de la littérature noire qui vous emmène dans les profondeurs les plus abjectes de l'âme humaine, c'est ce livre qu'il vous faudra lire. Oubliez tous les autres, concentrez-vous sur celui-ci, arrangez-vous ensuite pour vous en remettre et bon courage pour trouver autre chose à lire derrière ça.
Ce livre, il te ferait passer le premier opus de l'auteur, Les Démoniaques, pour une gentille balade bucolique du dimanche après-midi. Je n'aurais pas pensé écrire ça un jour à son sujet car je me souviens parfaitement de son intrigue deux ans après l'avoir lu, et niveau noirceur, il y avait déjà matière à vous décaper sévère les émotions. Plus sombre que le précédent donc, mais également plus complexe : multiples lieux, multiples personnages, multiples enquêtes, le Manufacturier est très riche, dense, l'action constante, rien n'est linéaire, rien n'est figé, chaque passage a son importance, lisez attentivement votre livre parce que parfois en l'espace d'une phrase de 5 mots, tout bascule : le rebondissement, THE rebondissement absolument inenvisageable vous saisi, vous laisse dans un état de sidération total. Tout est alors remis en cause, vous vous demanderez alors ce que vous avez loupé – « je dois être fatiguée » – , vous reviendrez quelques pages en arrière, vous feuilletterez quelques chapitres précédents – « j'ai loupé un truc c'est sûr » -, mais rien ne pouvait indiquer ce qui allait se passer, le choc est d'autant plus rude à encaisser – « mais c'est pas possiiiiiiiiiiible ! » hurlerez-vous en secouant votre bouquin de rage comme moi je l'ai fait.
Le mécanisme d'écriture est bien rôdé, pas trop de sensationnel pour rester crédible, mais assez pour donner un vrai coup de fouet supplémentaire au récit, comme s'il en avait besoin… Ce sont ces rebondissements judicieusement disséminés qui ont fait basculer ce bouquin de « coup de coeur » à « coup de foudre ultime« .
Le manufacturier, c'est de la drogue, de la prostitution, des règlements de comptes, c'est du cul et de la violence à chaque page. Je me suis sentie horrifiée à la lecture de certaines scènes, le ton est cru et sans filtre, tout à fait en adéquation avec ce que l'auteur nous raconte. Pourquoi prendre des précautions dans le choix de ses mots quand les événements sont dégueulasses ? L'auteur s'est largement documenté au sujet des heures les plus sombres de l'Histoire de l'Europe de l'Est pour développer son intrigue, il est allé raclé la crasse dans les milieux les plus extrêmes qui existent vraiment dans notre réalité, chez nous, en France, dans nos cités et quartiers difficiles… Ce n'est pas ici de la violence gratuite juste pour faire du buzz, du sordide, du marketing ou du voyeurisme non, on est dans le vrai, et c'est ce qui rend le livre encore plus explosif. Il y va Mattias Köping dans le sordide, quitte à t'en coller la nausée. Pour que moi je sois mal à l'aise dans une lecture, il en faut ! J'ai eu presque honte de prendre autant mon pied dans cette lecture, et j'ai tendance à me demander qu'est-ce qui fait que j'aime autant les thrillers extrêmes ? J'en sais rien à vrai dire, je ne cherche pas à savoir. J'ai aimé, j'ai eu un coup de foudre énorme pour ce livre, et c'est tout ce qui compte.
[ le mot de la fin ]
Mattias Köping, tu es un grand auteur.
Je n'arrive même pas à qualifier de manière objective et raisonnable ce bouquin, j'ai juste une panoplie de superlatifs qui me vient en tête. Ce livre est atroce, ultra noir, il est puissant et tellement intelligent, il est tout ce que j'attends d'un thriller, tout ce que je recherche mais que je ne trouve que trop rarement, car peu d'auteurs et de maisons d'édition ont le cran de publier ce genre de bouquin.
Si Les Démoniaques était un coup de massue, le manufacturier est un chef d'oeuvre.
Lien : https://anaisseriallectrice...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
audelagandre
  30 décembre 2018
Accrochez-vous, ça va secouer ! Si vous commencez ce livre, prévoyez de ne rien faire pendant deux jours, de boire beaucoup d'alcool, de laisser vos enfants crever de faim en hurlant sans cesse, « encore un chapitre et j'arrive », et éviter de manger toute nourriture aux alentours de la page 243 (chapitre 42)
Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur « le Manufacturier ». Personnellement, je n'ai lu aucune chronique négative, c'est un carton plein absolu. Je ne vais pas déroger à la règle en écrivant que ce livre est un chef-d'oeuvre de la littérature noire, certainement un des plus terrifiants qu'il m'ait été donné de lire cette année, un des plus addictifs aussi, une plongée dans les méandres vertigineux de la folie et du sadisme humain. Nous savons tous que certaines guerres ont été particulièrement dégueulasses : la seconde, le Vietnam, l'Algérie. Beaucoup de ceux qui ont survécu refusent même d'en parler. Je pense particulièrement à l'Algérie dont les combats et les horreurs restent tus, même venant d'un grand-père refusant obstinément d'en piper mot. le conflit serbo-croate a inondé tous nos écrans, il se déroulait aux portes de l'Europe, a pris la forme d'un génocide, une catastrophe humanitaire dont je ne savais au final pas grand-chose. Cette méconnaissance aveugle du conflit est ici réparée par Mattias Köping qui en révèle les arcanes et n'y va pas par le dos de la cuillère en terme d'horreurs et de scènes de tortures plus abjectes les unes que les autres.
Cette violence monstrueuse, répugnante, suffocante n'est pourtant pas gratuite. Elle sert le dessein de plusieurs histoires dans ce roman unique et met en lumière des portraits de personnages incroyablement vivants, tellement réels qu'ils pourraient être nos voisins de palier. Si les personnages sont brillants, la façon dont l'auteur les traite l'est plus encore. Volontairement, je ne citerai aucun nom par peur de dévoiler une intrigue savamment orchestrée. Mattias Köping souffle le chaud et le froid sur son lecteur. Il vous fait aimer ses personnages, les prendre en affection, ou en pitié, pour mieux détruire et lacérer tout ce que vous avez pu ressentir à leur égard. Ainsi, ceux qui semblent détestables, renvoyant bestialité et animalité en début de roman, vous les prenez en affection imaginant que la vie a dû être bien féroce pour qu'ils en arrivent là. Naît alors un instinct presque maternel de vouloir protéger ou juste câliner un être dont la dureté ne peut que révéler un passif désastreux. Mattias Köping vous assomme alors d'une révélation qui vous laisse KO debout. A contrario, les personnages que vous prenez en pitié, ceux qui ont toute votre compassion parce que l'auteur vous révèle, assez rapidement, les horreurs qu'ils ont subies, vous parvenez à les haïr du plus profond de vos tripes. Ce que vous lisez, n'est pas ce qui est. Tout le livre est construit en trompe-l'oeil. L'auteur vous balade, vous manipule, vous écoeure avec force détails par des scènes que vous ne pourriez même pas imaginer dans vos pires cauchemars. Et des cauchemars, il vous en donne un paquet. Vous vous retrouvez tour à tour membre d'une famille torturée, putain dans une chambre sordide, avocate entrain de crever, orphelin marqué au fer rouge rongé par une soif intense de vengeance.
La construction du roman est brillante. Je vous le disais, vous suivrez plusieurs histoires d'une même histoire, vous vous demanderez à chaque page et de quelle manière elles vont se rejoindre. La force qui frôle le sublime, c'est cette volonté de l'auteur de ne pas vous donner ce que vous attendez, de ne pas alterner équitablement les chapitres qui parlent de l'un ou l'autre des personnages. Il vous fait mariner, il vous fait attendre, il vous emmitoufle dans un sadisme inconscient en titillant votre curiosité malsaine de voyeur qui se planque. Parce que oui, Mattias Köping fait de son lecteur un voyeur et surtout un témoin privilégié. Comment ? En vous offrant toujours un coup d'avance sur l'intrigue. Concrètement, ça veut dire que vous en savez toujours un peu plus sur l'enquête en cours et que, fort de cet avantage, vous pouvez observer et analyser comment il déroule le fil. Je crois que c'est une façon de procéder que j'aime assidûment chez un auteur et qui en fait, pour moi, un auteur de talent. Ce n'est jamais la fin qui m'intéresse vraiment, même dans un thriller, c'est la dextérité avec laquelle un écrivain nous y amène. Autant dire qu'ici, on est face à la crème de la crème. Les révélations qui sont données, au compte-gouttes sont vertigineuses dans les implications qu'elles enfantent, et donnent une force inouïe au scénario. Cette façon de retourner le lecteur dans ses certitudes, de ne le laisser respirer que par à coups, de proposer une intrigue intelligente, réaliste, dans une atmosphère anxiogène en fait réellement un prodige de la littérature noire. Peut-on employer ce mot lorsqu'il est question de viols, de meurtres, de tortures, de bestialité, d'inhumanité, de scènes qui génèrent une plongée dans la folie ? Je dis oui! Absolument! Sans aucun doute ! Pourquoi ? Parce que le livre n'est pas tout à fait un roman, il se place dans une réalité qui a existé. C'est sans doute le point le plus troublant, le plus dérangeant, la pensée la plus atroce qui m'habite en le refermant. Ce monde décrit est en fait notre monde, et l'homme dépeint est celui que nous avons laissé grandir. C'est vraiment la chose qui devrait nous faire flipper. Refermer ce livre ce n'est pas en avoir fini, c'est savoir que de telles monstruosités ont existé, existent, et existeront encore. Alors, le constat fait par l'auteur est triste, dans ce pessimisme ambiant où l'homme reste un loup pour l'homme, incapable de progresser, retranché dans sa bestialité, ignorant compassion ou mansuétude.
Mattias Köping se fait le témoin d'une ère, d'un temps, de comportements, de laisser-faire, de silences. Il sait adapter son verbe à la teneur de ses propos. Il sait formuler des pensées philosophiques, voire métaphysiques lorsque c'est nécessaire et que cela sert ses intentions. Il dépasse le roman noir, l'utilise comme prétexte pour donner un sens plus profond au tableau peint de notre société. Il sait même être poétique.(voir page 165-166) Plus généralement, il met sur la table des connaissances d'un conflit qui ont dû nécessiter de nombreuses heures de recherche et de témoignages, dévoilant par ce biais, la nature de l'Homme en situation de crise. La fin qu'il choisit pour clore son roman le démontre étonnamment bien. Ce n'est pas la fin que j'aurai choisie. Cependant après mûre réflexion, il demande encore une fois à son lecteur-témoin de faire un choix dans l'horreur. Et ce choix est abominable, les implications accablantes, les sous-entendus abjects (qui choisiriez-vous de sauver ?) et les conséquences crasses.
Certes, ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Oui, certaines scènes sont abjectes, oui les mots sont parfois orduriers, oui les souffrances explicitées sont du domaine de l'indicible. Rien n'est épargné, ni femmes, ni enfants, toutes les valeurs sont bafouées, chaque scène vous plonge dans un nouveau degré de barbarie quand vous pensiez avoir atteint le sommet, et pourtant… C'est un bouquin remarquable, puissant, à l'équilibre parfait, autant sur la forme que sur le fond, qui provoque des montées d'adrénaline et des descentes polaires. Impossible de rester indifférent à cette oeuvre magistrale qui fait de son auteur, un grand parmi les grands.
Je termine en disant que Mattias Köping a gravé pour toujours dans ma rétine une statue que je ne verrai plus jamais sans penser à ce qu'il en a fait dans son livre. J'avais eu la chance de la voir en vrai dans la basilique Saint-Pierre du Vatican. Oser toucher ainsi à une forme de sacré en transformant le sublime en monstruosité ouvre un pallier vers le destin sombre promis à l'homme. Dans le pouvoir suprême d'une description transcendante, Mattias Köping offre à son lecteur de pouvoir toucher le summum de l'abomination.
Je referme ce livre en me disant chapeau bas, Monsieur ! Il y aura un avant et un après « le Manufacturier »…. Un livre qu'il va falloir citer lorsqu'on évoquera la littérature noire. Nous allons compter Mattias Köping dans la cour des grands et cela va permettre une émulation dont je me délecte par avance !

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
purgi89
  05 novembre 2018
J'ai découvert Mattias Köping avec son premier thriller Les Démoniaques (mon avis ici) qui avait été une sacrée découverte et un énorme coup de coeur. J'attendais donc avec impatience son nouveau livre pour voir à quelle sauce il allait nous manger, nous pauvres lecteurs. 
Dans Les Démoniaques les ingrédients étaient drogue, esclavage sexuel, meurtres, corruption, pédophilie et toute la pourriture humaine que l'on peut rencontrer dans ces domaines. Ici Mattias reprend quelques ingrédients qui ont fonctionné et en a rajouté d'autres : mafia, prostitution, pédophilie, tortures et crimes de guerre.
Milovan a quitté son pays la Croatie à l'âge de 10 ans suite au massacre de sa famille. Laissé pour mort, à moitié égorgé, il a rejoint la France pour vivre chez un oncle éloigné de la famille, Boris. Ce dernier l'a adopté et en a fait son fils. Un jour, il voit dans une émission, une avocate serbe qui enquête sur les criminels de guerre des pays de l'Est. Elle fait tout pour mettre derrière les barreaux des miliciens qui ont massacré les populations. Malgré son dégoût et sa xénophobie envers les serbes Milovan va la contacter pour qu'elle retrouve le bourreau qui a exterminé sa famille.
D'un autre côté, une équipe des stups sous le contrôle du capitaine Latrigan et une équipe de la judiciaire sous les ordres du capitaine Radiche, dit Zéro, veulent démanteler un parrain de la drogue dans la cité de la Vallée Verte au Havre. Radiche est un flic borderline, détesté de tous ses collègues. Il n'hésite pas à enfreindre la loi pour mettre derrière les barreaux les pires saloperies. Et des saloperies il s'en passe : traites humaines, proxénétisme, deals de drogues, un vrai business !
Et entre les chapitres, nous rencontrons Vivardoux, un geek qui surf sur le darknet et qui est accro aux snuff movies et autres merdes dégueulasses que l'on trouve dans les fins fonds du web. Il va régulièrement sur le site du Manufacturier où il trouve son bonheur. Mais le Manufacturier a l'air d'avoir un but en tuant et mettant en ligne ses crimes. Lequel? Quel est le lien entre le Manufacturier et l'enquête au Havre? 
Dès les premières lignes je retrouve mes addictions au style de Mattias Köping. C'est bien un des rares auteurs qui avec un livre à son actif m'a rendu accro. Style percutant, en osmose avec l'histoire, c'est brut de décoffrage, c'est crade, ça fait flipper tellement ce qu'il nous raconte est vrai et sonne vrai. Je ne sais pas où il va chercher tout ça mais en tout cas ça fonctionne! 
Je n'étais pas du tout familière avec les différentes guerres qu'il y a eu dans les pays de l'Est. Cette partie de l'Histoire est vraiment passionnante mais en même temps horrible. Je connaissais la Seconde guerre mondiale côté Allemagne et France, mais pas du tout le rôle de la Croatie ni de la Serbie à cette période. Et dans les atrocités ils ont aussi fait très fort! 
Le travail de recherches sur ces différentes guerres est tout simplement remarquable. L'auteur s'est très bien documenté et nous retrace les différents conflits de manière claire et précise.
Quel est le point commun entre un baron de la drogue, un serial killer, et une enquête sur des crimes contre l'humanité en Croatie? Qu'est-ce qui lie tous les protagonistes? 
Des rebondissements où on ne s'y attend pas vont vous surprendre. Premier effet kiss-kool : une claque dans la tronche une première fois car là on se rend compte que l'auteur nous a bien entubé et baladé depuis le début. 
Et puis deuxième effet kiss-kool : la réalisation. Une des grosses interrogations vient de trouver sa réponse, on croit avoir deviné et on se dit mais non ce n'est pas possible ?!?!? 
Ne cherchez pas, je vous préviens vous ne pourrez jamais deviner le scénario de cette histoire à l'avance. Vous pourrez toujours tenter mais vous vous planterez. Jusqu'à la dernière page vous serez surpris et cerné par l'horreur à l'état brut. Vous passerez par un maelström d'émotions en lisant le Manufacturier, mais le plus souvent la colère et le dégoût l'emporteront. Mais chaque détail d'horreur à son importance dans l'histoire, rien n'est gratuit, tout à un but. 
Pas de longueurs, l'histoire passe d'une enquête à l'autre dans la fluidité parfaite d'un métronome. Enquêtes en tiroirs, multiples lieux (Le Havre, La causse de Mende, la Croatie..), pléthore de protagonistes nous sommes happés du début à la fin. Plus les différentes enquêtes avancent et plus le canevas des enquêtes parallèles se dessine et se précise. Ce bouquin est un putain de chef d'oeuvre. Mais attention âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont vraiment abominables. Mais c'est la touche de Mattias, l'horreur absolue, mais l'horreur qui existe ou qui a existé. Si on l'avait censuré, ce livre n'aurait pas eu le même impact je pense. le pire de l'homme est décrit dans cette histoire. Je dirais même le pire DES hommes. 
C'est encore un énorme coup de coeur pour cette histoire que j'ai eu du mal à poser. Bon je me dis aussi que je dois avoir un problème pour avoir tant aimé une histoire aussi sordide ;-) ce doit être mon côté morbide.
Je peux dorénavant dire que Mattias Köping fait partie des grands et il me tarde maintenant de lire le suivant. D'ailleurs j'ai trouvé que la fin de ce livre était ouverte à une suite donc à voir! 
Par contre petit conseil, si vous n'aviez pas pu finir les Démoniaques car trop violent je vous déconseille de lire celui-ci car on passe à un niveau au-dessus dans le violent.
Lien : https://livresaddictblog.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          124
Killing79
  03 janvier 2019
« le manufacturier » est pour moi la parfaite représentation de l'impact actuel des blogs sur mes choix de lecture. Dans les émissions télé et radio, sur les sites littéraires ou dans les magazines, je n'avais jamais aperçu la moindre information sur ce livre. C'est donc grâce aux chroniques élogieuses de mes collègues blogueurs/ses que j'ai désiré découvrir cet objet intrigant. Et je les en remercie.
Parce que ce livre doit être absolument lu mais attention…pas par tout le monde ! Pour se lancer dans cette aventure, il faut avoir le coeur bien accroché, ne craindre ni la violence, ni l'hémoglobine, ni la torture, ni le viol… Vous allez me dire que cela fait beaucoup de restrictions mais il me semble nécessaire de prévenir. Cette histoire est très dure et il faut être préparé. Par contre, si vous cochez toutes les cases, préparez-vous à vivre une expérience décapante.
En effet, sur plus de cinq cents pages à l'écriture concentrée, Mattias Köping aborde frontalement des thèmes immoraux sans aucune concession. Chaque scène est le théâtre des plus bas instincts de l'Homme. On assiste alors à de la prostitution forcée, à du trafic mafieux, à de la violence policière, à des meurtres sanglants en série, à du commerce entre pervers et même à de la maladie grave. Aucun tabou n'est épargné. Basé sur l'Histoire tourmentée de l'ancienne Yougoslavie et sur la haine entre les peuples slaves, le récit propose des évènements d'une brutalité rare qui percutent le lecteur de plein fouet. Au fil de l'histoire, rien ne semble s'arranger et quand on pense être arrivé au fonds de l'âme humaine, on creuse, on creuse encore, au point que la mort devient une délivrance !
Vous l'avez compris, ce pavé m'a pris à la gorge et ne m'a pas lâché. La plume de Mattias Köping est efficace et le scénario réserve quelques surprises qui préservent le rythme. Je regrette seulement une lueur d'espoir ou au moins une étincelle positive, dans un coin, qui aurait un peu humanisé le livre. Il est tellement traumatisant et hypnotisant qu'il en devient presque irréel.
Certains lecteurs/rices définissent ce roman comme une énorme claque. Je me dois d'être plus précis. Cette lecture m'a plutôt fait le même effet que si j'avais été tabassé par cinq brutes sanguinaires, puis laissé pour mort dans une ruelle sombre et qu'une fois la douleur estompée, j'en redemandais encore. Est-ce que je suis masochiste (je ne crois pas) ou est-ce que j'ai simplement participé à un grand livre ? Je pense connaitre la réponse et je remercie (si je puis dire…) Monsieur Köping pour ce moment littéraire, noir intense, qui restera scarifié dans ma mémoire!
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LalitoteLalitote   26 novembre 2018
Mais compte tenu de ce que lui avaient fait subir les miliciens serbes de Dragoljub. L’idée de recourir à une avocate serbe ne souriait guère à Milovan. C’était une réaction épidermique, un réflexe xénophobe irrépressible.
Commenter  J’apprécie          30
RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   28 novembre 2018
Y a que les moutons qui marchent dans les clous, Lartigan. Et même si c’est l’immense majorité ça reste quand même des moutons. La justice et la loi sont les palissades qui les maintiennent dans l’enclos.
Commenter  J’apprécie          20
RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   06 décembre 2018
Voyez-vous , les faits sont têtus , Monsieur Lukić. Dans n’importe quel cas de figure, n’importe où dans le monde, élisez un nationaliste autoritaire hostile à ses voisins, et vous obtenez invariablement le même résultat : la guerre et ses horreurs.
Commenter  J’apprécie          10
RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   03 décembre 2018
Tu veux une carte de fidélité ?
Hein ?
C’est du business .On fidélise la clientèle.A cent grammes de hasch achetés , on t’offre 10 grammes.
Commenter  J’apprécie          10
RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   07 décembre 2018
L'espèce humaine admirait ses convulsions en direct , partout et tout le temps, filmant sa fin prochaine sans rien tenter pour l’empêcher.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Mattias Köping (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mattias Köping
Retrouvez vos "Live Books" du dixième numéro saison 2 de Gérard Part En Live ici :
Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti aux éditions La mécanique générale https://www.lagriffenoire.com/138427-divers-litterature-derniere-sortie-pour-wonderland.html
Sa Majesté des Ombres - tome 1 La trilogie des ombres de Ghislain Gilberti aux éditions Ring https://www.lagriffenoire.com/108530-meilleures-ventes-polar-sa-majeste-des-ombres---tome-1-la-trilogie-des-ombres.html
Le Manufacturier de Mattias Koping aux éditions Ring https://www.lagriffenoire.com/126894-nouveautes-polar-le-manufacturier.html
Les Démoniaques de Mattias Koping aux éditions La mécanique générale https://www.lagriffenoire.com/110744-nouveautes-polar-les-demoniaques.html
November Road November Road de Lou Berney aux éditions HarperCollins Noir https://www.lagriffenoire.com/139836-article_recherche-november-road.html
Une colonne de feu de Ken Follett aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/139453-poche-une-colonne-de-feu.html
Bakhita de Véronique Olmi aux éditions livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/139449-divers-litterature-bakhita.html
Où s'embrasser à Paris : le guide des meilleurs endroits de Thierry Soufflard aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/111206-guides-de-voyage-ou-s-embrasser-a-paris-2018.html
Paris Visites privées 2018 : Faites-vous ouvrir les portes de la capitale de Valérie Appert aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/117074-divers-voyage-paris-visites-privees-2018-faites-vous-ouvrir-les-portes-de-la-capitale.html
Paris à chacun son resto de Vanessa Besnard aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/41180-cuisine-a-chacun-son-resto.html
Petites cantines de Paris Petites cantines de Paris de Antoine Besse aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/125933-livres-de-cuisine-petites-cantines-de-paris.html
Petits et grands musées de paris 2018 de Valerie Appert aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/106037-divers-arts-petits-et-grands-musees-de-paris-2018.html
Paris dans les pas de Patrick Modiano de Gilles Schlesser aux éditions Parigramme https://www.lagriffenoire.com/138790-divers-litterature-paris-dans-les-pas-de-patrick-modiano.html
I hate Fairyland, Tome 4 : La pire contre-attaque de S
+ Lire la suite
autres livres classés : thrillerVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr

Autres livres de Mattias Köping (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1560 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
.. ..