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ISBN : 2081348195
Éditeur : Flammarion (13/01/2016)

Note moyenne : 2.86/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Ania, qui n’a guère vu son père Gabriel ces dernières années, apprend par sa nouvelle femme qu’il vient de se suicider. Cette mort volontaire semble faire suite au scandale qui a éclaboussé ce journaliste et intellectuel de gauche quand il a publiquement pris la défense de deux jeunes « Français » qui ont massacré un Comorien sans-papiers. Comment les haines ont-elles pu en arriver là ? Dans le village où il doit être enterré, l’ambiance est délétère, chacun prenant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  14 avril 2016
Ania se rend avec son fils aux « Epinettes », la propriété de son père. Cela fait quatre ans qu'ils ne sont pas parlé. L'accueil est froid, l'homme pose peu de questions et monologue sur des sujets qui le concernent. Gabriel est un journaliste célèbre qui a perdu tout crédit après avoir adopté des positions réactionnaires. Soudain, il apostrophe son petit-fils et trahit ainsi qu'il a tout oublié de sa surdité . C'en est trop pour Ania qui décide d'abréger sa visite.
Le lendemain, elle apprend le suicide de son père. L'organisation des obsèques va être l'occasion pour elle de retourner sur les lieux de son enfance et de redécouvrir un homme avec qui elle n'a jamais pu communiquer. Elle apprend que peu avant sa mort, Gabriel s'était retrouvé au coeur d'une vive polémique en soutenant des jeunes du village qui avaient massacré sans raison un immigré.
J'ai été marqué par la justesse des personnages décrits dans ce roman. Un couple de gardiens, un conjoint d'origine serbe, une femme de la haute société, tous sont crayonnés en quelques lignes . Ils sont plus suggérés que décrits. Avec des mots simples, Pascale Kramer parvient à leur offrir une présence, une évidence et une épaisseur. Théo, le fils sourd-muet d'Ania, est un personnage clef du roman. Sa sensibilité développée par son handicap lui permet de capter toutes les tensions des scènes où règnent les non-dits.
J'ai apprécié la multitude de sentiments qui sont dépeints dans toute leur complexité. Ania, par exemple, passe par différents stades : l'appréhension, l'angoisse, l'ennui, le malaise, le trouble, la déception sans que cela soit livré de manière trop explicite. Tout est esquissé avec une grande délicatesse.
En moins de deux cents pages, Pascale Kramer parvient à évoquer des problèmes familiaux et des questions sociétales, des malaises intimes et des inquiétudes de notre temps. Elle sait retranscrire l'incommunicabilité entre un enfant et un parent, quand un père se montre incapable de comprendre sa fille, l'humiliation d'une enfant en échec scolaire face à un père intellectuel qui la brise par son ironie ; le sentiment de solitude et d'abandon d'un homme en pleine disgrâce médiatique ; le huis-clos de deux femmes – la fille et la belle-mère que tout oppose -.
Mais elle réussit à dépeindre ces habitants d'un village qui se sentent laissés-pour-compte, « la France d'en bas » en décalage avec une société urbaine et multiculturelle. Quand les peurs et les haines couvent, un incendie peut partir au moindre prétexte...
Je remercie les éditions Flammarion et Babelio pour ce beau cadeau.
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JeanPierreV
  16 avril 2016
Mais qui donc rédige les quatrièmes de couverture...et comment les auteurs peuvent-il accepter celles qui sont très éloignées de leurs écrits ?
La quatrième de couverture de ce livre précise "En auscultant une France sous tension et au bord de l'explosion, Pascale Kramer nous offre un puissant roman ..." ces quelques mots m'avaient séduit, et m'avaient incité à accepter la proposition de Babelio et de l'éditeur : le livre en échange d'une critique : je pensais trouver une description et une analyse, découvrir une auteure que je ne connaissais pas.
Semi-déception.
La France se limite au village, voire à la propriété, où habitait Gabriel, celui par qui le malheur arrive.
Journaliste de gauche il a soutenu les deux assassins d'un jeune comorien qui avait eu le malheur de croiser leur chemin. Comment les a t-il soutenus, quelle était la teneur de son article? de ses propos ? Quelle a été la teneur des réactions ...On n'en saura pas beaucoup.

"L'autopsie" de ce père qui devrait comme toute autopsie nous permettre d'en savoir beaucoup plus sur le passé de ces relations père-fille, les causes de cette distance, ne va pas assez loin et se limite à des échanges assez superficiels entre Clara la nouvelle femme de Gabriel et Ania sa fille, à des bribes d'information, à des non-dit entre ces deux femmes, à des rappels de cette absence de relation entre le père et la fille, à une sombre histoire de dessins disparus de Degas, qui attisent notre curiosité, une curiosité restée sans réponse.

Comment un homme instruit, un homme public, écouté et lu n'a pu écouter et comprendre sa fille, qui n'arrivait pas à apprendre..? Comment cette relation d'amour n'a pu se créer entre eux, pour "un mot écorché" ? Pourquoi cet homme écouté, et semble-t-il, humaniste a pu soutenir des gamins, fils de bourgeois, assassins d'un jeune immigré? Un sujet d'actualité et un non-amour père-fille trop vite traités.

J'aurais aimé lire ces dialogues de ressentiment entre ces deux femmes, écouter le père et la fille, en savoir plus sur l'origine de cette passivité de Ania, fille du suicidé, lire la violence des mots de Gabriel, celle de ses détracteurs....et je n'ai trouvé qu'une certaine forme de passivité des personnages dont aucun ne semble éprouver une quelconque peine suite au décès de Gabriel. Je n'ai pas lu ces larmes et ces mouchoirs...deux mots qui, je pense, ne sont pas écrits dans ce roman, ni lu ces regrets, ces mots qu'on ne s'est pas dit, qu'on ne dira jamais plus. C'est semble-il une forme d'écriture propre à l'auteure. Ses mots sont certes forts, mais les dialogues, pourraient l’être encore plus, surtout dans ces situations.

Gabriel était-il aimé, aimait-t-il ? On reste avec ces questions à l'issue de la lecture. Peut-être était-il trop orgueilleux du fait de son métier?

Pascale Kramer décrit les dialogues, mais ne nous les fait pas suffisamment vivre. Et pourtant, à l'occasion d'un décès les pièces voisines de la pièce où repose le corps, sont des lieux de pleurs, de souvenirs tristes ou gais et souvent des lieux où l'on n'attend pas que le corps soit froid pour commencer à régler des comptes, à ressasser des rancunes, des lieux dans lesquels les larmes viennent parfois plus souvent de la méchanceté des mots que de la peine des parents et amis du défunt ! Et que dire de ces dialogues, entre une fille absente, et la femme qui a succédé à sa mère dans le coeur du père...dialogues dans lesquels la méchanceté est plus souvent présente que l'amour.

Rien de cela dans le roman. C'est dommage.

"L'auscultation de la France sous tension et au bord de l'explosion" a été décidément beaucoup trop superficielle et rapide, elle s'est limitée à l'auscultation partielle de relations père-fille, belle-mère et belle-fille et en aucun cas à l'auscultation de la France J'aurais aimé en savoir plus sur le désespoir du défunt, sa lente descente et sur les autres personnages.

Pascale Kramer nous donne envie d'en savoir plus, mais ne nous permet pas de satisfaire tout à fait ces envies. Elle en a certainement le talent pour le faire.
Je ne vais pas rester avec cette impression de manque, mais poursuivre la découverte de cette auteure avec un autre de ses ouvrages

Merci à Babelio et à Masse critique
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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zabeth55
  21 avril 2018
Ania , accompagnée de son fils sourd, rend visite à son père qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans. Visite décevante.
Le lendemain, celui-ci qui est sujet d'un scandale médiatique, se suicide.
Ania retourne chez son père où elle fait la connaissance de sa belle-mère.
L'action se déroule sous trois jours, jusqu'à l'enterrement.
Le père est décrit comme hautain, méprisant
Ania est comme déconnectée de tout, apathique sans véritables réactions
La belle-mère assure mais est plutôt too much.
Les autres personnages laissent aussi sur notre faim.
On ne sait pas trop bien où veut en venir l'auteur
Le scandale provoqué par le père et les évènements que cela entraîne ne sont pas assez développés.
La distance entre le père et la fille n'est pas suffisamment expliquée.
Une impression de froideur et d'incomplet domine et empêche d'adhérer à l'histoire.
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Maldoror
  07 mai 2016

À Margaux P. !


Puisque toute oeuvre interroge le monde, la mienne pose la question au cosmos, of course, mais également à tout lecteur et donc bien sûr à vous, Babelionautes, l'élite de l'élite : « doit-on lire la quatrième de couverture avant de commencer un ouvrage ? » Sans traiter de manière définitive cette problématique, ma contribution à sa résolution est tout de go : ben là, fallait pas !

Car en l'espèce en le faisant, on pouvait s'attendre à participer peu ou prou, en toile de fond, à un débat de société sur le racisme, la haine ordinaire, le politiquement correct, la bien-pensance, la culpabilité médiasphérique. D'autant plus que l'auteur venant de Suisse, pays beaucoup plus décomplexé que la France sur ces sujets-là, on pouvait donc espérer un peu de discussion, tout de même. Et ben non !

Toutefois, si le livre n'entame pas vraiment la controverse, on y lit la violence de cette réalité. Ainsi faute de vrai débat, la question se réduit à l'appréhension de l'horreur des dégâts. Ce qui donne des arguments un peu courts, du style : le racisme, ouuuuh ça fait mal donc c'est caca boudin !

Mais bien évidemment, vous avez compris que l'important n'était pas là (nonobstant la quatrième de couverture). Car, même l'héroïne se tape complètement de tout cela. En effet, son problème majeur c'est surtout d'essayer de se sortir de ses problèmes perso. Alors le racisme… Alors la haine… même ordinaire… Alors la bien-pensance… (Il faut avouer que du côté de la pensance tout court, elle a quand même quelques faiblesses. On y reviendra car c'est ce que lui faisait souvent remarquer son papa (le soi-disant autopsié (on y reviendra (si, si, juré)))).

Bon ! N'en déplaise à cette fameuse quatrième de couverture, l'irruption de ce xénophoboracisme ordinaire conduit surtout à bien pourrir l'ambiance et donc à déstabiliser nos personnages.
Ça y est le mot est lâché : "ambiance". Car, c'est finalement celui du livre puisque l'histoire n'est exprimée qu'à travers les sensations de notre héroïne. Contrairement à ce que le mot "autopsie" du titre peut laisser entendre, cette oeuvre n'est pas analytique (dans tous les sens du terme (même avec l'usage du mot "père")). Et donc, notre lecture chemine au gré du ressenti de cette jeune femme perdue dans la vie, toujours en réaction, ballotée par les événements. le récit se partage ainsi entre actualité et flashbacks, entre un présent mal vécu et tendu et un passé mal vécu (pas de bol), douloureux, non digéré mais surpassé dans un effort de survie psychique.
Finalement, vivant l'intrigue avec ses yeux et ses états d'âme, on se demande si l'autopsie dont il est question n'est pas, au sens figuré, celle de la fille plutôt que celle du père. Et donc, puisque toute oeuvre interroge le monde, la mienne pose la question au cosmos, of course, mais également à tout lecteur et donc bien sûr à vous, Babelionautes, l'élite de l'élite : « doit-on lire le titre avant de commencer un ouvrage ? » Sans traiter de manière définitive cette problématique, ma contribution à sa résolution est tout de go : ben là, ça commence à devenir compliqué.

Bon. Il va bien falloir entamer l'autopsie du père puisque c'est pas celle de la fille qui est supposée intéresser le lecteur, dixit le titre. Auparavant, je redis à ceux, les nécrophiles de tout poil, qui s'attendent à une oeuvre médico-légale que s'il y a autopsie elle n'est bien sûr qu'au figuré, même si le père est bien mort (d'où le jeu de mots du titre, s'il faut vous mettre les points sur les i), et donc à tous les autres, c'est pas la peine de fermer les yeux.
Bon. Rappel des épisodes précédents : où nous avions vu que notre héroïne n'avait pas besoin du suicide de son père pour être une bousculée de la vie. Il est vrai qu'elle a quelques circonstances atténuantes, car la fifille au papa, elle avait beau être unique, elle n'était pas trop sa princesse, mais plutôt son vilain petit canard qu'on aime bien (peut-être) mais qui est toujours à côté de la plaque et qu'on laisse à l'écart. Elle a donc tout faux la bambinette parce que, comme je le disais, elle a la pensance un peu faible. Et cela constitue un péché quasi-mortel, en tout cas difficilement pardonnable, aux yeux d'un papa intello. Faut avouer, quand on pense que le pauvre bougre, issu de sa cambrouse et de son milieu modeste, a lutté année après année par le travail en suant sang et eau pour choper l'ascenseur social et atteindre le statut officiel parisien d'intellectuel, et de gauche qui plus outre (le summum de la reconnaissance dans l'intellectuellat, quoi !) et de voir que sa descendance n'est pas capable d'aligner deux idées, ça dégoutte quoi ! Bref, quand vous ajoutez l'hallali mené par la police politico-médiatique pour une ultime arrogance qui lui signifie finalement le double échec et la vanité de son arrivée au nirvana médiatique, ben y a de quoi se flinguer. Et ben, il l'a fait. RIP. Rideau.

Bon. Finalement, comme vous l'avez sûrement deviné, le livre ne s'arrêtant pas à la lecture de la quatrième de couverture, et heureusement, il ressort que l'oeuvre est beaucoup plus en délicatesse que ce que j'ai pu la décortiquer jusque-là (mais j'sais pas faire autrement, j'ai eu une enfance malheureuse, j'suis matheux), puisque c'est essentiellement un livre d'ambiances, de descriptions, malgré tout peu rempli d'intériorité et relativement pudique sur les émotions et qui se veut d'une verve plutôt poétique (même si ladite verve ne tape pas dans le mille du poétique à tous les coups). En effet, l'histoire est décrite en fines esquisses qui ne se dévoilent que lentement, sans brusquer le lecteur, tout en douceur. Et j'ai aimé cette délicatesse qui adoucit les différentes violences permanentes du pitch.



PS : Je voulais exprimer également toute mon émotion et ma gratitude pour cette expérience que m'ont fait vivre Babelio et Flammarion. Imaginez ! Pour la première fois de ma vie, j'ai été sélectionné pour lire un livre pour lequel on me demande mon avis. Imaginez ! Un matin vous ouvrez votre boîte aux lettres et un paquet vous attend contenant une lettre de Margaux P., qui prend la peine de vous écrire de chez Flammarion, de vous envoyer un livre comme à un critique littéraire ! Imaginez ! Mais imaginez ! Ah ! Margaux ! Je ne peux maintenant plus ouvrir ma boîte à lettres sans être tenaillé par un secret espoir. Vous habitez maintenant cette tâche quotidienne que vous avez su sortir de cette banalité navrante, construite par des factures, des publicités et autres retap à déprime en tout genre, qu'un petit paquet un matin a éclairé à jamais ! Mille mercis !


PPS : Bon. A ceux qui ont réussi à tout lire jusqu'au bout, l'élite de l'élite de l'élite, une question subsidiaire : avez-vous remarqué le nombre de phrases commençant par "Bon" ? Ça craint, non ?
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Louis_LUCAS
  16 avril 2016
La première chose qui interpelle lorsqu'on entame pour la première fois la lecture d'un roman de Pascale Kramer, c'est le style. Outre le fait qu'il n'y ait quasiment aucun dialogue, l'auteure se démarque par une lenteur exacerbée, un besoin de prendre son temps et de dépeindre chaque scène avec force détails et émotions. Si au premier abord, cette approche peut rebuter, au fil des pages cela renforce le réalisme de l'histoire et l'impression d'être le spectateur privilégié de cette "autopsie".
La gêne que procure la lecture de ce roman ne vient donc pas de cette intimité avec les personnages mais plutôt de la quatrième de couverture. Contrairement à ce qui est annoncé, il ne s'agit en aucune façon d'une réflexion sur le basculement politique ou d'un livre ancré dans la réalité sociétale de l'époque. La prise de position controversée de Gabriel ou l'évolution de ses convictions sont à peine esquissées dans ce roman qui, de la dernière rencontre entre Ania et Gabriel à l'enterrement de ce dernier, s'intéresse à l'autopsie, non d'un père, mais de la relation entre une fille et son géniteur.
Sans jamais juger ses personnages,Pascale Kramer expose au compte-gouttes les raisons qui les ont poussés à s'éloigner l'un de l'autre. La disparition brutale de la mère, un père qui ne correspond pas aux attentes d'une fille, une fille qui ne correspond aux attentes d'un père, sont autant d'éléments qui justifient l'éloignement progressif entre Gabriel et Ania. Malgré l'attention resserrée sur ces deux personnages, Pascale Kramer choisit de maintenir la distance entre eux sans jamais essayer de les rapprocher, un parti pris auquel elle ne dérogera pas. Lorque la mort frappe Gabriel, Ania demeure impassible, fataliste, incapable de se laisser à l'empathie et d'essayer de réellement comprendre les motivations de ce père qu'elle connaît mal, les raisons qui l'ont poussé à en finir.
L'attachement envers Gabriel et Ania opère difficilement. Les personnages secondaires gravitent autour d'eux sans avoir de réelle emprise sur leur vie ou leur décision. Malgré la main tendue de Clara, les besoins de son fils de créer un lien et l'implication de son ancien compagnon, Ania s'entête et, ce faisant, apparaît comme un personnage difficile à appréhender et pour lequel il est difficile de ressentir une réelle compassion malgré son enfance.
"Autopsie d'un père" laisse donc un sentiment mitigé. Le style singulier et l'approche inédite du deuil apportent beaucoup à ce court roman mais le traitement de l'histoire, obstiné dans sa démonstration et trop éloigné de son accroche initiale, tend à nous laisser sur la faim.
Je remercie Babelio via Masse critique pour la découverte de cette auteure et pour m'avoir donné l'opportunité de m'exprimer sur ce roman.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jbicreljbicrel   17 avril 2016
Cet homme portait en lui une loi obscure et très ancienne qui intimidait. Ania réalisa qu'elle avait imaginé exactement ce visage de nuit luisante, ce corps dressé comme un fagot sous la longue tunique sombre, à l'homme qui avait été retrouvé noyé dans la rivière à V. Le fils de l'horloger n'avait jamais été ni un vandale ni un courageux. Quelle sorte de haine avait trouvé à se soulager à piétiner à mort des membres secs revêtus d'une simple cotonnade ? [...] La préoccupation de ces vies si précaires, échouées là de plus en plus nombreuses, l'accablait d'une angoisse et de réactions de rejet qu'elle n'arrivait pas toujours à raisonner.
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MaldororMaldoror   24 avril 2016
Nous venions des mêmes montagnes lui et moi, nous avions été dans le même lycée à Clermont. Il a tellement travaillé pour effacer toute rusticité en lui et atteindre à un raffinement de connaissance dont il est vrai que tout le monde se moque aujourd'hui. J'imagine que c'est ça qui l'a rendu haineux
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RenodRenod   13 avril 2016
Au bord du lavabo traînaient un rasoir en plastique encroûté de mousse sale et toute une pharmacie d'homme anxieux de mourir. Ania découvrait l'intimité d'un père dont elle n'avait connu finalement que les postures, c'était à la fois indolore et embarrassant.
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MaldororMaldoror   17 avril 2016
Leur fidélité avait été récompensée puisque Gabriel s'était finalement rangé à leurs valeurs, d'accord avec eux peu à peu, pour déplorer l'implantation des magasins d'usine à l'entrée du bourg, la disparition des derniers commerces du village, plus tard, l'indigence des programmes télé, la saleté des trains bondés à Saint-Lazare, les invasions de gus comme l'était Novak d'une certaine manière. Le suicide de Gabriel confirmait en quelque sorte la menaçante débâcle annoncée d'un monde où ils s'alarmaient de ne plus se sentir ni en sécurité ni chez eux.
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MaldororMaldoror   11 avril 2016
Elle avait avec le petit des familiarités de mères seules, copines par défaut de gosses mûris trop tôt aux tracas des adultes.
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Videos de Pascale Kramer (14) Voir plusAjouter une vidéo
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