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ISBN : 2203089539
Éditeur : Casterman (31/08/2016)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Dans les monts gelés de Jigokudani, une capsule spatiale s'écrase avec à son bord un singe rhésus. Ce dernier, pris pour une divinité par les macaques du clan de Taro, profite de la situation et met en place le culte de Diou. Mais cette influence grandissante sur le peuple des singes ne plaît pas à Taro, le chef du clan.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  30 mars 2018
Une capsule spatiale s'écrase dans une forêt où vit un clan de macaques dirigé d'une patte de fer par Taro. A bord de la capsule, un singe. Pour se faire accepter, et même devenir un leader, ce singe malin comme... un singe va jouer les prophètes et inventer une religion.
"Le crépuscule des idiots" est une critique acerbe de la religion. L'auteur ne vise aucune religion en particulier, il les vise toutes (surtout les 3 grandes monothéistes) en tant que système d'oppression et d'aliénation. Chapitre après chapitre Krassinsky brocarde à la fois l'hypocrisie des prophètes et la crédulité des croyants, crédulité qui permet à ces gourous de jouir du pouvoir. L'auteur est plutôt subtil dans son propos. S'il se moque de la naïveté des croyants, il porte sur eux un regard dénué de méchanceté, on ressent de l'empathie (parfois un peu de pitié) à leur égard, sa rage, Krassinsky la réserve à ceux qui profitent de la bêtise d'autrui pour accaparer le pouvoir. de plus, ce n'est pas tant le fait de croire que Krassinsky critique mais plutôt le fait de prendre sa croyance pour une certitude, d'oublier que ce n'est qu'une hypothèse, qu'une possibilité parmi d'autres.
C'est une très bonne idée d'avoir choisi des singes comme protagoniste, cela permet une plus grande liberté de ton et donne au récit un aspect de fable universelle.
Selon moi, la seule limite de cette B.D c'est que son propos ne touchera que les convaincus. Je ne pense pas qu'un croyant convaincu puisse se laisser aller au doute avec cette lecture.
En tout cas, je conseille vivement cette B.D au propos intelligent et au graphisme réussi. Une lecture qui ravira les esprits critiques.
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Erik35
  21 septembre 2017
SINGES DE PEU DE FOI, PASSEZ VOTRE CHEMIN !
Singe... Singer... Singerie... Payer en monnaie de singe... Ce n'est pas à un singe qu'on apprend (etc)... Malin comme un singe... Faire le singe... Les mots et expressions dérivés ne manquent pas dans notre langue - parions qu'il en est de même dans moult autres - dès lors qu'il s'agit de moquer les hommes via les travers supposés de nos plus proches cousins, comme le veut la formule consacrée. Aussi est-ce bel et bien des humains, trop humains, dont nous parle cette fable anthropomorphe car, en dehors de quelques expédients cosmétiques, il est bien peu question des vrais singes dans le crépuscule des idiots. Et c'est tant mieux, car nos parents à fourrure méritent certainement bien moins que nous que l'on s'en moquât !
Nous nous retrouvons donc à l'abri dans des montagnes enneigées d'un pays d'Asie (on pensera très vite à ces singes japonais ayant développé un goût salvateur, en plein hiver, pour les sources d'eau chaude locales), deux jeunes macaques jouent à prier. Voyant cela, le vieux Fukito, sage parmi les singes leur donne à tâter du bâton. Les deux singeteaux ne comprenant pas le mal qu'il y avait à lancer des "Ohmmmm" vers le ciel tout en courbant l'échine, l'ancêtre leur raconte l'histoire du singe Nitchii :
A une époque lointaine que le vieillard connut enfant, le clan était sous l'emprise de l'impitoyable et puissant Taro, un singe albinos au caractère intransigeant, possessif, hargneux et particulièrement musculeux, décidant du haut de sa puissance qui pouvait accéder aux sources d'eau chaudes ou pas. Il s'était bien évidemment arrogé les bonnes grâces de la plus belle femelle, Hisayo. Malgré un fort agacement des dominés à l'endroit de leur chef, craint et honni, la plupart courbait l'échine. Et lorsqu'il arrivait que l'un d'entre eux se rebelle, l'ignoble Taro se jetait sur lui et le battait à mort.
Parmi ces singes dominés se trouvait Nitchii, lequel était fou amoureux d'Hisayo. Un jour qu'il s'approcha de la belle (qui était son amie d'enfance) il fut surpris par Taro qui décida de le bannir du clan. C'est ce même jour qu'une capsule spatiale en fin de mission choisit de tomber du ciel. Mais cet étrange objet des humains n'était pas qu'une coquille vide : un singe y avait été embarqué ; un singe répondant au nom étrange de Rhésus («Et Dieu dit : buvez-en tous car ceci est mon sang»...… Matthieu 26:28) Malin, bien plus malin que les autres, ce nouveau venu s'imposa rapidement comme le prophète de Diou, leur faisant rapidement prendre des vessies directement intéressées pour des lanternes... divines.
En effet, Rhésus, qui n'est pas né de la dernière pluie, s'aperçoit rapidement qu'il est tombé au beau milieu d'une tribu de macaques niais et crédules, déjà plus ou moins asservi par leur chef (ce qui rend les choses forcément plus simple). Il leur fait donc part de sa mission prophétique et leur inculque le culte de ce Diou dont ils n'avaient bien entendu jamais entendu parler auparavant. Peu à peu, par le biais de salamalecs incompréhensibles du commun des mortels et de bizarres gesticulations très inspirées, il parvient à s'imposer auprès de ces esprits faibles et une foi toute nouvelle gagne leur coeur au point de surpasser l'ancien pouvoir viril de Taro (qui en devient d'abord l'une des mires). C'est à ce moment-là que Niitchii, n'écoutant que son courage, se décide à revenir de son bannissement. Ayant sauvé le prophète, il sera bientôt consacré en tant que premier serviteur de Diou. A sa suite apparaîtra une cohorte de prêtre, chacun d'entre eux se persuadant qu'il est plus proche de la Vérité de Diou que son prochain...
Bref, la machine infernale de la Crédulité religieuse, des luttes de pouvoir entre les disciples, les entames de théologies, les églises, l'abêtissement des fidèles, etc a commencé de faire son oeuvre...
Bien que la réflexion de Jean-Paul Krassinsky, l'auteur de cette bande dessinée particulièrement engagée sur le terrain sensible de la foi et de la religion ne date pas d'hier - dans une interview, il reconnaît avoir commencé à réfléchir comment traiter ces thèmes dès 1995 et la vague d'attentats qui secouèrent alors Paris -, il faut reconnaître plus qu'un sens de l'à-propos à l'auteur ainsi qu'à l'éditeur, Casterman, pour publier un tel roman graphique à l'été 2016, après les attentats terribles que nous avons connus tant en France que chez nombre de nos voisins et amis européens. Sans oublier l'action mortifère des sectes islamistes djihadistes que sont Daech, al Qaïda et autres Boko-haram.
Mais il serait tout aussi vain de ne penser qu'à cette actualité brûlante s'agissant de cet album : c'est l'ensemble du phénomène religieux, de l'affirmation de l'existence d'un Dieu (quel qu'il soit), de la prédominance de quelques "élus" (prophètes, religieux, etc) sur l'ensemble des fidèles que Krassinsky met en cause, examine, décortique. L'auteur s'en explique d'ailleurs fort bien : «L'existence de Dieu, ça reste une hypothèse et à partir d'une hypothèse, on est prêt à changer beaucoup de choses dans nos vies. Je trouve donc que la place de la religion est un peu trop prépondérante et je trouve cela un peu agaçant. C'est pourquoi, j'ai eu envie de parler de ce sujet mais de manière drôle car on peut aussi en rire.»
Le résultat en est donc cette fable philosophique contemporaine prenant au pied de la lettre le verbe singer (mais cette fois, juste retour des choses, ce sont les singes qui nous imitent, dans ce que nous avons de plus veule, triste, pitoyable, désagréable), dont l'intitulé est bien entendu une référence directe autant qu'un détournement du titre de l'essai de Frédéric Nietzsche "Le Crépuscule des idoles".
Ce qui attire indubitablement lorsqu'on feuillette une première fois le livre sans trop s'arrêter au texte, ce sont ces planches réalisées pour bonne part à l'aquarelle et qui sont véritablement magnifiques - loin de ces aquarelles fadasses et trop oniriques pour retenir longtemps le regard - au beau milieu desquelles sont plantés, volontairement et brutalement d'un coup de crayon souvent anguleux et nerveux nos petits singes pas toujours très malins ni très beaux.
Pour autant, ces trois cents pages apparaissent rapidement superflues, surnuméraires. Elles encombrent le propos plutôt qu'elles ne le servent. Ce dessin rapide, accrocheur, on aurait tant apprécié le retrouver accompagné d'un rythme narratif plus soutenu, plus cinglant, se perdant moins dans les détails, dans le trop : trop de prêtres, trop de retour en arrière, trop de bêtise, trop de blabla, trop de redondances. C'est fort dommage car ce livre engageait une sincère et intéressante réflexion sur l'origine de la foi, sur "l'invention" de dieu, sur les manipulation de masse par le pouvoir d'intrigue, de communication et de persuasion de quelques uns, sur les rapports entre le pouvoir "temporel" et le spirituel, sur la crédulité et l'angélisme du troupeau des fidèles, sur la stupidité, sur la violence morale, etc.
Peut-être trop de thèmes abordés, aussi, pour un seul livre qui n'est pas, à proprement parler, un essai. Il s'en faut de peu que la démonstration ne tourne ou au coup de maître ou à l'article imbuvable. Resterons en mémoire quelques bons moments de rire - d'un rire sincère et intelligent - ainsi que ces planches franchement sublimes disséminées un peu partout dans le corps de l'album. Malgré des excès de zèle, un auteur à suivre, c'est indéniable.
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jamiK
  13 octobre 2017
Qui sont les idiots ?
Cette bande dessinée est un pamphlet puissant et subtil contre les religions. Chez ces macaques (du japon ?) régnait jusqu'alors la loi du plus fort, mais un jour, un capsule du genre Apollo (n'y voyez pas la moindre science-fiction ou fantasy, il n'en est absolument pas question dans ce livre) tombe du ciel, à son bord un singe, moins sauvage que les autochtones. Celui-ci va profiter de leur crédulité, avec l'aide de Nitchii qui voudrait voir tomber Taro, le chef tyranique, et instaurer une religion. A travers cette aventure, c'est toute l'histoire des religions qui est épinglée, avec cynisme et lucidité, avec tous ses aspects : fanatisme, endoctrinement, illumination, opportunisme, cruauté... le fait de choisir des singes rend la leçon encore plus cruelle :
"Certains humains sont bêtes comme des singes, dit-on. Mais il est aussi des singes qui sont sots comme des humains."
L'histoire va crescendo, montée en chapitres, comme des paliers progressifs vers le dénouement. C'est une lecture vraiment marquante, d'une grande force, qui ne parle pas vraiment de singes, un peu comme dans "La Ferme des Animaux" de George Orwell.
PS. Merci à Rosendero qui m'a fait découvrir cette BD.
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RosenDero
  12 septembre 2017
Une sonde spatiale contenant un singe rhésus s'écrase au milieu d'un clan de macaques d'une autre planète.
Mais la crédulité et la soif de pouvoir sont pangalaxiques...
---
Drôle et bien pensée, cette oeuvre satirique se paie les croyances et les religions, les idiots et les crédules, les manipulateurs et les menteurs, qui font tourner toute cette sphère. L'allégorie des singes et de leur "Diou" ne peut que permettre au lecteur de remettre en perspective l'origine et la finalité des religions, ou de le conforter d'une manière satisfaisante dans ses convictions :)
A lire et à diffuser.
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ladyshania
  11 mars 2017
Une tribu de singes vit sous l'autorité brutale de leur chef Taro. Un jour s'écrase une capsule spatiale sur leur territoire. A l'intérieur, ils découvrent un singe vêtu d'un drôle de costume et qui va se faire passer pour le messager de Diou. Grâce aux paroles divines prononcées par ce prophète, la tribu trouve le courage se s'opposer à leur chef tyrannique Taro et le chasse. Mais celui-ci promet de revenir se venger...
Une BD qui réussit à aborder la religion, la croyance et la foi avec humour et sans porter de jugement. Même si les personnages principaux sont des singes, on ne peut s'empêcher de s'identifier à eux et à l'actualité avec le développement des religions radicales. Cette BD nous interpelle et nous rappelle qu'il faut toujours garder un esprit critique sur la religion que l'on soit croyant ou athée. le graphisme est aussi très bien travaillé, notamment le décalage entre les singes dessinés de façon humoristique et la beauté des paysages en arrière-plan.
Une BD très réussie et à placer entre les mains de tout le monde !
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critiques presse (3)
BDGest   08 novembre 2016
Un livre à mettre entre les mains de tous les chrétiens, musulmans, juifs, témoins de Jéhovah, mormons, animistes, créationnistes, sans oublier tous les autres.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   31 octobre 2016
A la fois sombre et somptueux, ce Crépuscule des idiots amuse d’abord, avant de laisser sourdre un habile malaise.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario   12 octobre 2016
Un divertissement piquant de 300 pages qui conforte le talent de son créateur et qui suscite bien des réflexions.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BouvyBouvy   21 septembre 2016
Certains humains sont bêtes comme des singes, dit-on. Mais il est des singes qui sont sots comme des humains.
Commenter  J’apprécie          251
polymniapolymnia   05 janvier 2017
Nombreux furent ceux qui périrent en ces temps de terreur. Dès lors, Diou, s'il avait existé, ne pouvait même plus croire en lui-même.
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Erik35Erik35   21 septembre 2017
- Ils sont libres de croire en Diou s'ils le veulent !

>>> SBAT !
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RosenDeroRosenDero   14 avril 2017
Diou décide.
Diou trucide.
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Erik35Erik35   26 décembre 2016
Muni muni muni muni muni…
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Videos de Jean-Paul Krassinsky (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Krassinsky
Avec des titres aussi divers que Kaarib, Génial, Les coeurs boudinés, ou Toutoutes premières fois, Jean-Paul Krassinsky évolue un peu en marge des canons du 9e art franco-belge. Dans le registre de l'humour, il n'hésite pas à être jouissivement décalé, comme le prouvent ses Fables de la poubelle avec un slogan très accrocheur, pondu par cet auteur venu du milieu de la pub : Toutes les belles histoires ont déjà été racontées, il reste les autres...
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