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Critique de Alfaric


Alfaric
  08 juin 2016
Merci Babelio, merci masse critique, merci aux éditions Bayard (qui nous offre un livre objet plutôt plaisant, même si j'aurais tellement préféré qu'il soit accompagné d'illustrations) !

Au départ Guillermo del Toro voulait adapter "The Troll Hunter", un film norvégien low budget dans lequel trois adolescents découvraient et suivaient un chasseur de troll à travers monts et vallées (d'ailleurs l'héroïne du film a les mêmes prénoms que la guerrière troll ARRRGH ! dans le livre ^^). Il y avait un côté conspirationniste avec le gouvernement qui sait et le peuple qui ne sait pas, mais d'abord et su un côté écologiste avec le chasseur de troll qui se révélait être davantage un garde chasse chargé de réguler les populations trolls, espèces protégés car en danger. Mais il a été décidé d'édulcorer tout cela et on est passé d'un mélange en "Projet Blair Witch" et "Cloverfield" à une teen story entre "Chair de poule" et "Buffy contre les vampires" qui sent bon les années 1980/1990… fin du rêve pour moi, mais je ne doute pas un seul instant que le public cible va bien se marrer ! blink


Après un bon prologue, j'ai beaucoup de temps à rentrer dans le livre avant de me prendre au jeu et de passer un bon moment. Pourquoi ? Parce que la 1ère moitié du roman est truffée de trucs de mainstream voire clichés, avec quelques trucs cool et fun, alors que la 2e moitié est truffée de trucs cool et fun, avec quelques trucs mainstream voire clichés. Qu'est-ce qui ma fait tiqué ? Ben, on est dans une banlieue pavillonnaire californienne, avec un boloss vivant avec son père divorcé (John Sturges Junior), ami avec un pire boloss que lui (Tobias/Toby/Tub Pershowitz : juif, geek, gros, couard, qui est affublé d'un monstrueux appareil dentaire et qui vit chez sa grand-mère entourée de dizaines de chats ^^), racketté par un freshair badboy évidemment quater back de son lycée (Steve Jorgensen-Warner), et qui en pince pour la belle gosse de sa classe (Claire Fontaine), excentrique car étrangère, qui tranche sur les autres belles gosses de son lycée anorexiques… Oui, vous pouvez jouer avec moi au bingo des clichés car on nous a déjà le coup de tout ça environ 1 million de fois ! ^^
Je passe sur toutes la galerie de profs tous plus aigris et acrimonieux les uns que les autres, le vieux flic courageux mais blasé et inutile : une bonne littérature jeunesse ne doit pas se sentir obligé de montrer que tous les adultes son nazes et tous les ados géniaux pour flatter l'ego du public cible.
Et puis il y a une fête de fin d'année, avec une le match de football américain et une représentation d'une pièce de Shakespeare, et le boloss est pressenti pour jouer Roméo, la belle-gosse pour jouer le rôle de Juliette mais il se fait piquer le rôle par le quater back badboy… Au secours !


Après on a quand même un fil directeur fantastique/horrifique qui nous amène vers une 2e partie nettement plus plaisante : l'épidémie des briques de lait (cf. "Ça" de Stephen King), le monstre sous le lit (cf. "Au-delà du réel : L'aventure continue" 1x11), la cité troll (cf. "Hellboy 2"), les retrouvailles en cuisine entre le héros boloss, l'érudit tentaculaire Blinky (le traducteur Patrice Lalande a bien essayé de retranscrire le truc, mais j'aimerais bien savoir ce que donne son parler BBC en VO), la guerrière Johanna M. ARRRGH ! et un Peter Pan punk et badass, voire garbage (la scène étant un détournement d'un conte scandinave)… A ce moment on découvre alors avec le héros boloss l'envers du décor donc l'univers des créatures de la nuit



Oui comme le cycle "La Lignée", on sent très bien que le livre est écrit à 4 mains et on devine aisément à qui il faut attribuer les trucs cool et fun et les trucs mainsteams et clichés. Et le nouveau side kick de Guillermo del Toro a gagné des prix littéraires dans sa catégorie, cela en dit long sur le niveau de standardisation des professionnels de l'écriture américain. Alors oui, l'écriture est fluide et efficace et cela se lit bien et vite, mais tout est archi prévisible avec les twists placés en fin de chapitre et les cliffhangers placés en fin de partie, sans parler des whodunits dont on devine la résolution dès leur mise en place… Et puis il y a aussi le revers le médaille de cette formule : à trop suivre un cahier des charges, les spécificités du récit passent à la trappe… Et il y a ainsi cette détestable manie de lancer un mystère, puis de le laisser complètement de côté, avant de l'oublier ou de balancer toutes les explications d'un coup…


Visiblement le livre a bien marché, puisque DreamWorks veut en faire en film (et on se retrouve avec un truc encore plus édulcoré que je vais nommer « Monstres et Cie bis ») et Netflix veut en faire une série animée (vu le niveau de l'animation américaine, je n'en attends pas grand-chose, d'autant plus qu'on édulcore encore plus le truc avec des personnages encore plus jeunes, mais les artworks me donnent vraiment envie de laisser une chance à l'adaptation).
http://1.bp.blogspot.com/-FUw-4j1eCTo/VqAgUH3OT1I/AAAAAAAAAjk/6LL4ISfvSbI/s1600/Trollhunters-Artwork-1.jpg
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