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Bernard Hoepffner (Traducteur)
ISBN : 2070773086
Éditeur : Gallimard (21/08/2006)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 284 notes)
Résumé :
A New-York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle.
Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandit sans lui.
Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman...

Trois solitaires qu'unit pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  16 août 2018
Un rayon de soleil illumine les pavés de New-York, de Pologne et du Chili. Je mène mon chemin vers ces trois destinations simultanées à la rencontre de l'amour, celui de l'éternel, celui d'Alma. En poche, un étrange bouquin, pages jaunies par le temps, une odeur de temps s'évapore, la traduction espagnole d'un roman qui parle d'amour. Oui. L'amour. Toujours. Au centre de l'histoire, l'histoire d'un livre qui voyage à travers les eaux et les mers. Et les âmes.
Et quel livre ! Les histoires se mélangent, comme les lieux, les époques et les personnages. Un puzzle qui page après page se construit sous mes yeux. Une fois le dessin achevé, je ne reste que silencieux devant la beauté de cette image. Ah… l'amour… toujours. L'amour des seins, l'amour pour une femme passée.
J'aime quand les histoires s'entremêlent, surtout quand il est question d'amour, comme des corps qui se mêlent dans une sueur commune de désir et de passion. L'amour, c'est le partage de fluides et de livres. Et au milieu de ces amours à travers les temps, les âges et les lieux, il y a l'écriture de Nicole Krauss que je découvre, l'histoire d'un roman dans un roman, l'histoire de l'histoire de l'amour.
J'aime voyager à travers les mots, qu'un chapitre m'embarque à New-York avec le vieux Léo, excentrique solitaire et cynique, et que le suivant me débarque sur les terres chiliennes en compagnie d'un immigré polonais. Entre deux, la jeune Alma Singer qui vit ses quinze ans à Brooklyn… Les romans me transportent dans des mondes de mots, de regrets et de passion, à la recherche de l'amour… toujours. Dans la vie, il n'y a que les livres, l'amour et la bière, enlever l'un de ces trois composants et la vie devient tout de suite plus fade, pas la même saveur.
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latina
  05 février 2015
C'est l'histoire éternelle... C'est l'histoire de l'amour, qui hante encore et qui hantera toujours l'humanité.
Elle hante Léo Gursky, un vieil homme qui a quitté il y a très longtemps l'horreur de son pays, la Pologne. Elle taraude Litvinoff, l'écrivain sombre et tourmenté par son passé. Et puis elle s'immisce en Alma, la jeune fille juive de 15 ans, moderne habitante de New-York.
Ces 3 personnes sont racontées tour à tour à travers 3 narrateurs, et leurs histoires s'imbriquent l'une dans l'autre grâce à la magie d'un roman : « L'histoire de l'amour », roman faussement naïf où la femme s'appelle Alma...
Vous l'aurez compris, l'histoire tisse un entrelacs de relations amoureuses, de liens parents-enfants, de désirs d'être reconnu, de volontés de vivre, tout simplement. La mort rôde, la mort, cette éternelle amie de la solitude... Mais l'amour sauve de tout. Ce roman, cette « histoire de l'amour », - écrite par ...qui, finalement ? – est un mystère, mais est aussi une fulgurance qui fera naitre les plus beaux écrits. Chacun des 3 personnages a un rendez-vous avec « l'histoire de l'amour », et cela fournit l'occasion aux 3 narrateurs d'écrire des passages où l'authenticité rime avec poésie et profondeur :
« Il apprit à vivre avec la vérité. Pas à l'accepter, mais à vivre en sa compagnie. C'était comme s'il vivait avec un éléphant. Sa chambre était minuscule et, chaque matin, il devait se glisser le long de la vérité simplement pour se rendre à la salle de bains. La nuit, quand il fermait les yeux, il la sentait planer au-dessus de lui. »
La subtilité du style, sa sobriété mêlée à la luxuriance, l'humour vif mélangé à la profonde mélancolie, tout cela révèle Nicole Krauss, une auteure remarquable, sensible et pleine de justesse, que je pourrais peindre tout entière par une de ses propres phrases : « (Sa façon d'écrire) suit le fil d'une intelligence naturelle, elle est entièrement ombragée, presque intuitivement, par des pauses, des suggestions, des ellipses, qui finissent par produire une sorte de pénombre dans laquelle le lecteur ou la lectrice peut projeter sa propre imagination. ».
C'est tout à fait de cela qu'il s'agit, et je vous recommande chaudement ce roman lumineux, difficile à résumer, mais finalement... « la plus ancienne émotion du monde est sans doute de se sentir ému ; mais la décrire – simplement la nommer – devait être comme essayer d'attraper l'invisible. »
Je laisse donc la place à l'ineffable, qui pousse la porte du silence.
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Archie
  28 mars 2017
Un livre éblouissant !
L'histoire de l'amour devrait plutôt s'appeler L'histoire de L'histoire de l'amour. Un livre dans le livre, une fiction dans la fiction ; un premier livre qui aurait été ignoré de (presque) tous, et dont le second raconte les avatars mystérieux sur plusieurs décennies, de la Pologne aux États-Unis, en passant par le Chili.
New York, début des années deux mille. L'histoire de l'amour, Leo Gursky, un vieux juif américain né en Pologne, affirme en avoir écrit le manuscrit il y a soixante ans, au lendemain de la chute de l'Allemagne nazie. Un recueil de contes philosophiques et poétiques, dont les héroïnes se nomment toutes Alma. Une oeuvre inspirée par son amour fou pour Alma, une jeune fille du village, avant qu'elle ne réussisse à fuir, enceinte, vers New York, au début de la guerre. Une évocation de l'amour unique de la vie solitaire de Leo, un amour inaccessible depuis soixante ans. Peut-être même Alma n'a-t-elle jamais reçu les chapitres que Leo lui avait envoyés par courrier et qu'il n'a jamais adressés à un éditeur.
Comment se fait-il alors, que dans les années cinquante, L'histoire de l'amour ait été publié au Chili – un tirage confidentiel ! – par un certain Zvi Litvinoff ? Un ouvrage en langue espagnole ne gardant du contexte original yiddish que le nom d'Alma.
Bien des années plus tard, un jeune ingénieur en voyage en Amérique du Sud tombera par hasard sur l'un des rares exemplaires encore en état. Il l'achètera et l'offrira à la femme de sa vie avec ces mots : « Voici le livre que je t'aurais écrit, si j'avais été capable d'écrire ». Quand ils auront une fille, conviennent-ils, elle s'appellera Alma.
Autre question, quel est donc ce Jacob Marcus disposé à payer une fortune pour faire traduire en anglais, à son seul usage personnel, cette version espagnole de L'histoire de l'amour ?
Enfin pourquoi le second livre de Leo Gursky, écrit sur le tard, est-il sur le point d'être publié sous le nom d'Isaac Moritz, un écrivain célèbre dont la mère porte le nom d'Alma ?
Voilà l'énigme que réussira à élucider Alma, une jeune fille new-yorkaise de 15 ans bercée depuis son plus jeune âge par les mots de L'histoire de l'amour lus à haute voix par ses parents. Une enquête aboutie grâce à un coup de pouce du petit frère d'Alma, un enfant curieusement inspiré et ... différent.
J'ai admiré la très grande cohérence des péripéties et de leur enchaînement, telles qu'elles apparaissent progressivement, comme dans un puzzle où les pièces viennent s'emboîter les unes après les autres. Les faits se dévoilent au fil des deux narrations qui s'entrecroisent : d'un côté, les soliloques empreints d'autodérision amère d'un homme très âgé passé à côté de sa vie, et de l'autre, le journal d'une jeune adolescente en construction dans le monde d'aujourd'hui, en quête de la mémoire d'un père décédé quelques années plus tôt.
Je me suis agréablement promené dans les nombreuses digressions des deux narrateurs, transcrites dans une écriture transparente à leur personnalité : une expression hachée pour le vieux Leo au souffle court ; un style appliqué, entrecoupé de quelques facéties, pour la jeune Alma.
Une histoire très émouvante. Quelques passages un peu obscurs pourraient rebuter certains lecteurs. Ils auraient tort. Passer les pages difficiles n'aura pas d'incidence sur la compréhension ni sur le plaisir de lire.
La manière littéraire de l'auteure, Nicole Krauss, m'a rappelé Vladimir Nabokov et Albert Cohen, deux magiciens de la littérature du vingtième siècle. Je ne peux manquer de penser aussi à Jonathan Safran Foer, dont le premier roman, Tout est illuminé, m'avait enthousiasmé il y a une douzaine d'années. Un livre écrit dans une poésie burlesque et absurde pour évoquer des événements tragiques et tristes. Émotion et éclats de rire. L'histoire de l'amour, qui date des mêmes années, est de la même veine. Est-ce lié au fait que Nicole Krauss était alors l'épouse de Jonathan Safran Foer ?
Deux romancier jeunes. Cela laisse espérer d'autres histoires illuminées…

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Allantvers
  14 décembre 2016
J'ai oscillé entre trois et quatre étoiles.
Trois, parce que cela a quelque chose d'un peu agaçant de se demander si le livre que l'on a dans les mains n'est pas juste un produit formaté de plus usiné par la maison Safran Foer – Krauss, tant les similitudes entre les écrits de Monsieur et Madame sont flagrantes : récits à plusieurs voix, utilisations innovantes de la page, construction en puzzle, etc bref la sensation d'être l'otage d'un concours de creative writing matrimonial.
Mais finalement, tant pis, et ce sera quatre étoiles pour cette polyphonie touchante, la construction à la fois simpliste et complexe de l'histoire, quelques jolis mots, l'histoire de vie de Leopold Gursky (le plus abouti des personnages, les autres étant moins incarnés). On n'est pas dans la « méditation déchirante sur la mémoire et le deuil » annoncée en quatrième de couverture, mais quand même, « l'histoire de l'amour » tient son lecteur en haleine et sa petite musique nous atteint le cortex.
Félicitations, Madame Safran (ou Monsieur Krauss ?)
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MarianneDesroziers
  08 mai 2010
Très bon roman composé d'histoires croisées, entre New York, Israël, la Pologne, l'Amérique du Sud et l'Angleterre, des années 30 à aujourd'hui. de très beaux personnages comme le vieux Léo Gursky, la jeune Alma Singer ou l'étrange Bird, son petit frère. La bonne idée du roman, c'est que le lien entre les personnages est un mystérieux livre intitulé " L'histoire de l'amour " écrit en Pologne avant guerre par un très jeune homme amoureux d'une Alma. Jolies idées au coeur du roman (ou plutôt du livre dans le livre) : on peut faire une histoire de la naissance des sentiments et avant le langage, les gens ne communiquaient que par gestes, ce qui créait de nombreux quiproquos mais aussi une attention démultipliée à Autrui et un désir de faire des efforts pour se faire comprendre. La narration est bien menée avec l'alternance des voix des trois personnages ainsi que des passages de ce fameux livre par une mise en abyme assez réussie.
En plus, l'histoire du manuscrit étant compliquée (de Pologne jusqu'à un kibboutz en Israël en passant par la devanture d'une librairie sud-américaine), et chaque personnage ne détenant qu'une pièce du puzzle, il y a un vrai suspens jusqu'à la fin. Amusant de penser aux échos entre ce roman de Nicole Krauss (son deuxième) et le premier livre de son mari, Jonathan Safran Foer " Tout est illuminé ": on dirait que les deux romans se répondent, tant dans leurs thématiques que dans leurs personnages ou leurs constructions complexes faisant se croiser les époques et les lieux. C'est aussi un bel hommage à la littérature (références explicites à Kafka et Borges) et plus largement au pouvoir de l'imagination.
Un seul petit bémol au niveau du style : l'expression " et pourtant. " qui revient sans cesse dans la bouche de Léo et qui finit par lasser à la longue.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 mars 2007
Lecture jeune, n°121 - D’abord il y a Leo, vieil immigré juif polonais qui croupit dans la crasse et la solitude de son appartement new-yorkais. Ses rares moments de joie, au cours desquels il se remémore son pays, son amour de jeunesse (Alma), et son premier manuscrit – tous trois perdus –, il les partage avec Bruno, un voisin qui pourrait bien n’être qu’un fantôme. Ensuite il y a Alma, 14 ans, New-Yorkaise elle aussi. Depuis la mort de son père, sa mère traductrice est dépressive et son petit frère se prend pour le Messie. Alma doit son prénom à l’héroïne du livre préféré de ses parents, L’histoire de l’amour. A la demande d’un mystérieux commanditaire, la mère d’Alma entame la traduction de ce chef-d’oeuvre méconnu signé Zvi Litvinoff, écrivain chilien d’origine polonaise, aujourd’hui disparu. Alma entre dans l’âge où elle aimerait en savoir plus sur elle-même. Pour cela, elle le sent, il faut qu’elle découvre la genèse de L’histoire de l’amour… Un livre mystérieux est donc au coeur de cet ambitieux roman que Nicole Krauss a construit comme un puzzle. A travers les souvenirs de Leo, le journal d’Alma et les extraits de L’histoire de l’amour, le lecteur happé doit deviner ce qui lie les personnages. Il savoure autant l’élaboration complexe et l’originalité du récit que la justesse des voix : Alma a le mordant, l’humour décalé et la fraîcheur des adolescents, et Leo nous bouleverse lorsqu’il évoque sans concession ni pathos son quotidien de vieillard isolé. Attention, talent ! Gaëlle Glin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   04 mai 2018
Il était déjà dix heures et quart. Je me plais à penser que le monde n’était pas prêt pour moi, mais sans doute est-il plus vrai de dire que je n’étais pas prêt pour ce monde. Je suis toujours arrivé trop tard pour ma vie. J’ai couru jusqu’à l’arrêt de bus. Ou plutôt, sautillé, enfilé jambe de pantalon, petits-bonds-sautillements-pause-puis-halètements, enfilé jambe de pantalon, un pas, traîne-savate, un pas, traîne-savate, etcetera. Je suis monté dans le bus menant aux quartiers chics. Bloqué par un embouteillage. Ce truc ne peut pas aller plus vite ? Ai-je dit à voix haute. La femme à côté de moi s’est levée et est allée s’asseoir un peu plus loin. Il se peut que, trop démonstratif, je lui aie tapé sur la cuisse, je ne sais pas. Un homme avec une veste orange et un pantalon imitation peau de serpent s’est levé et s’est mis à chanter. Tout le monde s’est détourné pour regarder dehors à travers les vitres jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’il ne mendiait pas. Il chantait, tout simplement.
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le_Bisonle_Bison   26 mai 2018
Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil levant tombèrent sur la couverture de L'histoire de l'amour. La pionnière d'une série de mouches atterrit sur la jaquette. Les pages moisies commencèrent à sécher à la chaleur tandis que le chat persan bleu-gris qui régnait sur la boutique le contournait pour prendre possession d'une flaque de soleil. Quelques heures plus tard, le premier d'une longue série de badauds lui jeta un coup d’œil rapide en passant devant la vitrine.
La propriétaire du magasin ne chercha pas l'un ou l'autre client d'acheter le livre. Elle savait que, s'il tombait en de mauvaises mains, ce livre serait aisément rejeté ou, pire encore, ne serait pas lu. Elle préféra le laisser là où il était avec l'espoir que le bon lecteur l'y découvrirait.
Et c'est ce qui arriva...
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fredhofredho   20 décembre 2015
Ma mère n'a jamais cessé d'être amoureuse de mon père. Elle a conservé son amour pour lui aussi vivant que l'été où ils se sont rencontrés. Pour y parvenir elle a écarté la vie. Parfois elle ne vit que d'eau et d'air pendant des jours. Étant le seul specimen connu de vie à pouvoir le faire, on aurait dû donner son nom à une espèce. Un jour oncle Julian m'a raconté que le sculpteur et peintre Alberto Giacometti avait dit que parfois, pour peindre une tête, il fallait abandonner le reste du corps. Pour peindre une feuille, il faut sacrifier tout le paysage. On peut avoir l'impression, au début, de se limiter, mais au bout de quelques temps on se rend compte qu'en ayant un centimètre de quelque chose on a plus de chance de tenir un certain sentiment de l'univers que lorsqu'on prétend peindre le ciel tout entier. Ma mère n'a choisi ni une feuille ni une tête. Elle a choisi mon père et, pour préserver un certain sentiment, elle a sacrifié le monde.
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le_Bisonle_Bison   10 mai 2018
lorsqu'il glissa sa clé dans la serrure, le froid pénétra son cœur. Il resta debout dans sa chambre sombre sans allumer la lumière. Pour l'amour de Dieu, pensa-t-il. Où as-tu la tête ? Mais que pourrais-tu donc offrir à une fille comme elle, ne sois pas idiot, tu t'es laissé tomber en miettes, les miettes ont disparu et il n'y a pas maintenant plus rien à offrir, tu ne peux pas cacher ça bien longtemps, un jour ou l'autre elle saisira la vérité : tu n'es que la coquille d'un homme, il lui suffira de se cogner contre toi et elle comprendra que tu es vide.
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dnaldnal   29 novembre 2009
The first language human had was gestures. There was nothing primitive about this language that flowed from people's hands, nothing we say now that couldn't be said in the endless array of movements possible with the fine bones of the fingers and wrists. The gestures were complexe and subtle, involving a delicacy of motion that has since been lost completely.
During the age of silence basic survival demanded that the hands were almost never still, and so it was only during sleep (and sometimes not even then) that people were not saying something or other. No distinction was made between the gestures of language and the gestures of life. The labor of building a house, say, or preparing a meal was no less an expression than making the sign for I love you or I feel serious. When a hand was used to shield one's face when frightened something was being said, and when fingers were used to pick up what someone else had dropped something was being said ; and even when the hands were at rest, that, too, was saying something. Naturally there were misunderstandings. There were times when a finger might have been lifted to scratch a nose, and if casual eye contac was made with one's lover just then, the lover might accidentally take it to be the gesture for Now I realize I was wrong to love you. These mistakes were heartbreaking. And yet, because people knew how easily they could happen, because they did'nt go around with the illusion that they understood perfectly the things other people said, they were used to interrupting each other to ask if they'd understood correctly. Sometimes these misunderstandings were even desirable, since they gave people a reason to say, Forgive me, I was only scratching my nose. Of course I know I've always been right to love you.
If at large gatherings or parties, or around people with whom you feel distant, your hands sometimes hang awkwardly at the ends of your arms – if you find yourself at a loss for what to do with them, overcome with sadness that comes when you recognize the foreignness of your own body – it's because your hands remember a time when the division between mind & body, brain & heart, what's inside and what's outside was so much less. Clapping, pointing, giving the thumbs-up : all artifacts of ancient gestures. Holding hands, for example, is a way to remember how it feels to say nothing together. And at nights, when it's too dark to see, we find it necessary to gesture on each other's bodies to make ourselves understood.
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Videos de Nicole Krauss (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicole Krauss
Où l'on parle de Nicole Krauss au Festival America 2018.
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