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Paule Guivarch (Traducteur)
EAN : 9782823609196
272 pages
Editions de l'Olivier (12/05/2021)
3.83/5   29 notes
Résumé :
Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche.
Et pourtant... Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Isidoreinthedark
  02 août 2021
« Être un homme » est un recueil de nouvelles écrites sur une période de dix-huit ans, entre 2002 et 2020, qui révèle une étonnante cohérence, liée à la douceur amère qui enveloppe les récits ainsi qu'à la personnalité des protagonistes qui habitent les très belles histoires de Nicole Krauss.
Si la dernière nouvelle donne son titre au recueil, le thème récurrent est la judéité que l'ouvrage interroge avec délicatesse. La question juive est ainsi examinée par touches impressionnistes, où l'auteure revient sur les multiples facettes d'une religion qui définit une manière de vivre autant que d'appréhender le monde.
Au fil des textes, elle aborde les rites, l'art de vivre, le sentiment tribal d'une communauté qui s'est dispersée de par le vaste monde. Les narratrices de la plupart des courts récits du recueil vivent loin de la terre promise, le plus souvent à New York, et éprouvent un sentiment ambivalent à l'égard l'Israël et notamment de Tel Aviv. La cité juive réveille une nostalgie enfouie, ravive un attachement viscéral aux racines familiales, et pourtant les adultes que les narratrices sont devenues ont l'impression qu'elles sont à présent étrangères à la cité de leur ancêtres.
Nicole Krauss ne se dérobe pas lorsqu'il s'agit d'évoquer la charge mentale que constitue l'appartenance à la communauté juive. L'entraide, la joie des retrouvailles et des Bar-mitsvas, l'attachement indéfectible qui relie les membres d'une famille ne sauraient constituer l'unique facette du judaïsme. L'ombre de l'holocauste continue de planer comme un aigle noir sur une génération pourtant épargnée par l'horreur indicible des camps nazis. Cette ombre obscurcit notamment la relation amoureuse d'une narratrice juive avec un boxeur allemand, lorsque le couple s'interroge douloureusement sur la forte probabilité que le vaillant boxeur eût rejoint les Waffen SS, s'il était né quelques décennies plus tôt.
Si la judéité reste présente en filigrane, elle ne constitue jamais le coeur de l'intrigue des différents récits qui composent « Être un homme ».
Dès la première nouvelle, « En Suisse », l'auteure donne la tonalité empreinte de douceur, de nostalgie, et de gravité qui fait la cohérence du recueil. La narratrice, une juive de treize ans placée dans un pensionnat suisse pour jeunes filles de bonne famille y fait la connaissance d'une adolescente iranienne qui se noie dans l'ivresse de son pouvoir de séduction sur la gent masculine. Tout en pudeur et en retenue, la nouvelle suggère plus qu'elle ne décrit les failles béantes qui menacent d'engloutir à tout jamais la jeune Soraya.
La nouvelle « Le mari » illustre le goût pour l'étrange de l'auteure, lorsque la mère de la narratrice, une veuve septuagénaire habitant Tel Aviv, reçoit la visite inopinée des « services sociaux » qui lui confient « la garde » d'un vieux monsieur d'origine hongroise qu'elle n'a jamais vu et qui lui est présenté comme son mari enfin retrouvé. La narratrice qui vit à New York comprend peu à peu, éberluée, que le dit « mari » trouve inexplicablement sa place au sein du foyer maternel.
Dans « Urgences futures » qui se déroule peu après le 11 septembre, les habitants de New York sont appelés par les autorités à se procurer de toute urgence un masque filtrant à retirer dans des stocks qui semblent prévus de longue date, et à calfeutrer leurs fenêtres, sans que les raisons de ces mesures drastiques ne soient jamais clairement explicitées.
« Être un homme » constitue ainsi un kaléidoscope qui aborde dans un style poétique et limpide, la question juive, l'irruption de l'étrange dans un quotidien des plus banals, ainsi que la pertinence de la relation amoureuse au XXIème siècle qui est sans doute le véritable sujet que tente de traiter Nicole Krauss. D'une jeune juive qui découvre l'amour charnel avec l'assistant du rabbin qui vient de s'occuper du divorce de ses parents, à la jeune femme qui s'interroge sur l'avenir de son couple avec son ancien professeur français nettement plus âgé qu'elle, toutes les narratrices sont à leur manière « amoureuses » et font preuve d'une magnifique résilience lorsque surgit l'inattendu.
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BonoChamrousse
  26 juin 2021
"Je n'aime pas les nouvelles !"
C'est ce que je réponds quand on essaie de me convaincre d'en lire et je conclu toujours avec un truc complètement idiot du genre "Et puis, c'est trop court, moi ce que j'aime c'est les pavés ! Au moins j'ai l'impression d'en avoir pour mon argent !"
Pourtant, il n'y a pas à fouiller longtemps dans ma bibliothèque pour en trouver (Henry James, Jack London, William Faulkner, Flannery O'Connor, Francis Scott Fitzgerald, Pete Fromm, Ted Chiang, Romain Gary, Annie Saumon, Haruki Murakami, ...).
Moi ? de mauvaise foi ? Oups, très certainement !
Le dernier livre de Nicoke Krauss, ÊTRE  UN HOMME, est donc un recueil de nouvelles.
Et comme elle publie peu, seulement quatre romans en pratiquement vingt ans (et seulement trois publiés en France), je me suis jetée sur ce livre sans le faire attendre des années dans ma PAL (comme à mon habitude) malgré le fait que ce ne soit pas un roman.
Ces dix nouvelles parues entre 2002 et 2020 dans diverses publications (Esquire, New Republic, New Yorker, ...) sont exceptionnelles et prouvent, si besoin était, à quel point Nicole Krauss est un des meilleurs (voir le meilleur) écrivains de sa génération car (et ce n'est pas moi qui le dit mais William Faulkner) la nouvelle est la forme littéraire la plus exigeante après la poésie.
Pour ma part, cette lecture a été un énorme COUP DE COeUR  et j'ai adoré chaque nouvelle. "En Suisse", "Voir Ershadi" et "Le mari" m'ont particulièrement touchées alors que le côté métaphysique de "Zoucha sur le toit" m'a quelque  peu désarçonnée. Chaque personnage est si vrai qu'il nous emmène avec lui, que ce soit à New-York, Tel-Aviv, Genève, ... et les pages filent à tout allure.
Même si, comme moi, les nouvelles ne sont pas votre genre littéraire préféré, il ne faut pas passer à côté de ce livre sous prétexte que c'est un recueil de nouvelles. Nicole Krauss excelle dans la narration et elle porte un regard très acéré sur la charge du passé, la judéité d'aujourd'hui et la situation en Israël.
Soit vous êtes familiers de son oeuvre et certaines nouvelles titilleront peut-être votre mémoire puisque "En Suisse" et "Au jardin" sont évoquées dans "La grande maison" (que je viens de relire pour en être sûre).
Soit vous n'avez jamais lu Nicole Krauss et ces nouvelles sont une excellente manière d'aborder son univers... À condition d'aimer l'oeuvre de Philip Roth ! Car ce n'est certainement pas un hasard si ces deux-là étaient amis. On y retrouve des thèmes similaires et une façon identique de berner le lecteur car Krauss, tout comme Roth, s'inspire de sa propre expérience pour créer des fictions.
A lire absolument !
ÊTRE UN HOMME de Nicole Krauss
Traduit par Paule Guivarch
Éditions de l'Olivier
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JIEMDE
  23 juin 2021
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer…
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer et Être un homme de Nicole Krauss – traduit par Paule Guivarch – en fait partie. Une chronique commencée à plusieurs reprises et abandonnée autant de fois. Une vingtaine de chroniques de blogueurs ou journalistes lues, sans qu'elles m'inspirent pour trouver des mots à moi.
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer, mais à défaut, impossible de taire les émotions profondes que ce livre m'a fait ressentir. Des nouvelles lues une à une pendant dix jours, parenthèses de plaisir entre d'autres lectures, espaces apaisants de grâce et de poésie, étonnants miroirs me renvoyant à plusieurs de mes propres tourments.
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer, mais dont je me souviendrai. « Zoucha sur le toit », « Je dors mais mon coeur veille » et « Au jardin », sont trois nouvelles qui m'accompagneront longtemps. Et « le Mari », texte à l'étrange résonnance qui m'a tant chamboulé, sera à coup sûr relu.
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer, mais une fois Être un homme refermé, je suis déjà nostalgique de ces moments de lecture où, comme dans une bulle égoïste, je me sentais en si grande proximité avec Nicolle Krauss et chacun de ses personnages.
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer, mais qui nous rappellent utilement que « les gens qui nous arrivent de nulle part et de rien ne sont jamais que ceci : un cadeau, que nous recevons sans avoir eu l'idée de le demander, simplement émerveillés devant l'infinie prodigalité de la vie ». Un peu comme certains livres…
Il y a des livres que je ne sais pas chroniquer, mais dont je peux en revanche fortement vous conseiller la lecture.
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Flodopas78
  07 septembre 2021
Le peu de critiques sur ce remarquable recueil de nouvelles souligne le peu d'intérêt des lecteurs français pour ce genre très prisé des anglo-saxons et pratiqué par de grands auteurs. J'en veux pour preuve le prix Nobel de littérature attribué à l'auteure canadienne Alice Munro qui excelle dans cette forme littéraire. Nicole Krauss, dont le roman, La Forêt obscure, m'avait laissé un souvenir mitigé, m'a totalement séduite par l'atmosphère unique de chaque nouvelle et l'originalité de traitement des situations décrites : des hommes et des femmes qui se débattent dans des complications existentielles et se trouvent confrontés à de douloureuses remises en question. L'auteure aborde avec intelligence et une grande sensibilité différents thèmes : le couple, la vieillesse, le déracinement, le poids des traditions religieuses… Elle montre une grande tendresse pour ses personnages tout en pointant avec lucidité leurs manques et leurs faiblesses.
Comme il serait fastidieux de résumer chaque nouvelle, je retiendrai l'image de ce vieil homme, convalescent, prenant dans ses bras son petit-fils nouveau-né sur la terrasse de l'immeuble où habitent sa fille et son gendre, le jour de sa circoncision. le portant tendrement dans ses bras, il souhaiterait en cet instant fugace mais très symbolique lui transmettre un peu de cette sagesse qu'il a reçue quand il était sur le point de mourir. Malheureusement, les mots sont impuissants à traduire ce dont il a déjà peine à se souvenir. Dans une même scène se côtoient deux fragilités : celle d'un vieil homme au crépuscule d'une vie où il est trop tard pour en modifier un seul iota et celle d'un nouveau-né à l'aube d'une vie où tout est à écrire. Ce sentiment d'incomplétude habite la plupart des personnages de ces nouvelles qui nous offrent un bel aperçu de la condition humaine.
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Catherinedenanc
  29 août 2021
L'auteure est américaine, mais toutes les nouvelles tournent autour de la judéité. Les dix nouvelles parues dans différentes revues au cours des vingt années écoulées, ont pour personnages principaux des femmes ou des hommes de tout âge et de pays variés. Par exemple la première nouvelle a pour toile de fond la Suisse et met en scène des jeunes filles étrangères, pensionnaires à Genève. Dans la seconde une circoncision se tient à New-York et un grand-père sortant d'une rude maladie fait la connaissance de son petit-fils. La troisième une jeune femme revient à Tel-Aviv pour ensevelir son père…
Le propre des nouvelles est d'esquisser des personnages en plongeant le lecteur à un moment charnière du principal d'entre eux. L'auteure nimbe ses héros de poésie et de mystère et c'est ce qui rend la lecture agréable. Pourtant définitivement, je préfère les romans dont la lecture me permet de mieux comprendre l'attitude des uns et des autres devant un événement ou une décision à prendre, ou ne pas prendre… Je crains fort d'oublier instantanément les personnes rencontrées lors de cette lecture une fois le livre refermé.
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critiques presse (7)
Bibliobs   02 août 2021
Qu’est-ce qu’être un homme ? C’est la question que formule le magnifique recueil de nouvelles de la romancière américaine.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   09 juin 2021
Un magnifique recueil de nouvelles de Nicole Krauss autour des thèmes : Que sait-on de soi-même ? Quel sens ont nos vies ?
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   04 juin 2021
Après quatre romans, dont trois sont traduits, l’autrice rassemble des textes publiés depuis 2002. Une réussite.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   27 mai 2021
Que sait-on de soi-même? Quel sens ont nos vies? La talentueuse Américaine répond en dix histoires.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   27 mai 2021
L’écrivaine américaine propose un recueil de nouvelles étincelantes, qui illustrent l’incapacité de chacun à échapper à l’absurdité de l’existence.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   25 mai 2021
Ce recueil de nouvelles de Nicole Krauss dresse le portrait d'une poignée d'êtres humains à travers le monde, qu'elle photographie à un moment clé de leur existence. Du concentré, digne des plus grands nouvellistes américains.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LesInrocks   03 mai 2021
Dans “Etre un homme”, l’autrice américaine explore la question philosophique du devenir soi-même, de la liberté et du vivre avec les autres. Un livre sublime qui confirme qu’elle joue dans la cour des grand·es.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   06 mars 2022
Maintenant que je le voyais de dos, je commençais à douter qu'il s'agisse d'Ershadi. Mais juste au moment où la déception se répandait en moi telle une coulée de béton, l'homme s'est arrêté et s'est retourné, comme si on l'avait appelé. Figé, il regardait derrière lui le jardin zen où les pierres étaient censées symboliser des tigres bondissant vers un lieu qu'ils n'atteindraient jamais. Une lumière douce tombait sur son visage impénétrable. Il était de nouveau là, le bord du désespoir. En cet instant, j'ai été envahie d'un sentiment de tendresse si extrême que je ne peux l'appeler qu'amour.
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berni_29berni_29   06 mars 2022
Amour : je ne peux l'appeler autrement, aussi différent fût-il de toutes les autres expériences amoureuses que j'avais pu avoir. Ce que je connaissais de l'amour avait toujours découlé du désir, de l'envie d'être transformée ou détournée de mon chemin par une force incontrôlable.
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berni_29berni_29   28 février 2022
Cela paraît cruel, mais je l'ai moi-même éprouvé plus tard, ce rejet soudain engendré par la frayeur que l'on éprouve en se rendant compte combien on a été intime avec quelqu'un qui n'était pas du tout comme on l'imaginait, mais quelque chose d'autre, de totalement inconnu.
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JIEMDEJIEMDE   21 juin 2021
La nature n'est qu'ingratitude. Mais il n'essaya jamais de la dompter, il ne lui ôta jamais ses griffes, ni son venin. C'était là son secret, ce qui le distinguait de tous les autres : il la faisait seulement plier, il ne la brisait jamais.
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IsidoreinthedarkIsidoreinthedark   27 juillet 2021
Que la Suisse - neutre, alpestre et ordonnée- possédât le meilleur institut du monde en traumatologie semble paradoxal. A cette époque-là, le pays tout entier dégageait une atmosphère de sanatorium ou de clinique psychiatrique.
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