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ISBN : 9791092444469
Éditeur : l'Atelier contemporain (08/11/2017)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Ce petit recueil, totalement hors normes dans la production de l’auteur, se déploie en deux volets – comme deux ailes de papillon :
« Dans les prairies d’asphodèles » puise aux sources de l’onirisme et de l’enfance, à travers une prose délibérément concise ; « Jours », à l’inverse, explore une forme élégiaque pour traduire des visions très concrètes – enchaînant atmosphères urbaines, puis bucoliques.
Mais une même déchirure baigne ces textes conçus com... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
El_Gabier
  06 février 2018
Dans les prairies d'asphodèles  l'être s'abîme dans l'esseulement des caresses du vent. Tempête de souvenirs, effluence de souffrances, bouquet de blessures, des nuages d'onirisme s'échappent, pallient les fêlures sous-jacentes.
Mais la nitescence refleurit inlassablement dans ces prairies d'asphodèles, le vide s'emplit à nouveau, l'amour, la vie renaissent, reviennent, et l'immobilisme se tait.
  "Et maintenant je crois que si un jour je devais monter au paradis - il doit bien exister quelque part dans les cimes une sorte de jardin, d'île perdue, où les enfants retrouvent père et mère - alors avec eux je saurais bien rire et jouer, sans plus rien craindre pour mon habit de Pierrot".
  Dans les prairies d'asphodèles, il faut se perdre dans les méandres des mots, dans cette élégie à deux temps. Sombrer pour se retrouver, entre enfance et errance, entre ville et campagne, entre rêve et réalité, succomber à toutes ces cruelles délices, à cette nature omniprésente le temps de deux récits. Se laisser porter par le sifflement des proses, sans retenue, sans armure pour effleurer ces "lointaines et douces prairies".
Merci à  Babelio et aux éditions l'Atelier contemporain pour cette masse critique.
Lien : https://leserrancesdelgabier..
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Seraphita
  15 février 2018
J'ai pu découvrir ce recueil grâce à une opération Masse Critique.
« Dans les prairies d'asphodèles » est un petit recueil construit en deux volets autour de deux formes d'art qui ici, se complètent et se marient harmonieusement. D'un côté, le ciseleur des mots, Bruno Krebs, né en Bretagne. de l'autre, une orfèvre des images, Cristine Guinamand. Pour clôturer ce dialogue minutieux, une lecture d'Antoine Emaz, poète angevin, vient brosser une vue d'ensemble de l'oeuvre, en judicieux point de capiton.
Sous la forme d'une prose poétique, Bruno Krebs dessine deux volets d'une oeuvre originale. le premier volet, intitulé « Dans les prairies d'asphodèles », se veut structuré, les mots agencés précisément, de façon concise, venant restituer des songes et souvenirs d'enfance. le second volet se nomme « Jours ». Peu à peu, la prose semble se libérer des contraintes syntaxiques, comme si les mots, en se heurtant, s'entrechoquant, juxtaposés sans la ouate des virgules ni des points, s'envolaient, permettant à un sens d'éclore, autorisant le monde de l'auteur et celui du lecteur à se rejoindre. Dès lors, des étincelles d'émotion jaillissent, à la confluence des mots patiemment façonnés, polis par Bruno Krebs, des images créées par Cristine Guinamand qui enserrent délicatement les deux volets - un papillon en devenir dans sa chrysalide - et de solitudes qui consentent, pour un temps, à s'extraire du monde, le temps de l'écriture pour les uns, le temps de la lecture pour les autres, pour mieux retrouver et son centre et son sens.
« … en elle je trouverais le tout, le rien, le plein et le vide –
le silence et le vent –
mon centre et mon sens et mon souffle, épanouis sans borne aucune » (p. 29.)
Deux volets donc, scandent le recueil, deux contrepoints, deux chants à la courbure inversée, depuis la rêverie jusqu'au réel, un point de départ et d'arrivée, tel un Ouroboros.
L'auteur explore la solitude en une série de fresques où la nature, sous diverses formes, explose, respire, vient faire écho à ses paysages psychiques. Car le manque est là, qui traverse les deux volets – brisure continue – en échos intérieurs, portés par les mots, autant de déchirures, de fêlures muettes.
« Amours de rien ne me protègent, ne m'habillent – me laissent peau nue écaillée au soleil – aux brûlures de l'absence. » (p. 75.)
Les prairies d'asphodèles seraient-elles au fond ces limbes que hantent les apatrides, condamnés à boire les eaux du Léthé, rongés par l'oubli, maintenus dans une indifférence lénifiante ?
Malgré la mélancolie qu'exsude chaque fresque, peinte ou écrite, les artistes savent capter et retenir la lumière que le noir met en valeur. Fleurs, air marin, froid rugueux des montagnes enneigées, soleil qui pleure des larmes d'or, enfance qui déferle et bouillonne en écumes de souvenirs, paysages et passages urbains, l'oeuvre bouleverse, transmute et chavire pour qui sait prendre le temps de s'immerger dans l'inédit de ce voyage des sens.
Si la plaie vive de l'absence s'inscrit en creux de chaque mot, l'oeuvre reste portée par une énergie vive. Elle est marquée par la continuité d'une quête qui se veut patiente, qui, pas à pas, saison après saison, déroule en litanie d'images et de visions le chemin d'une construction de soi.
Je tiens à remercier les éditions l'Atelier contemporain et Babelio pour cette très belle découverte.
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isanne
  08 mars 2018
Je ne sais comment composer ma critique, tant mes mots sont pauvres après la lecture de ce beau livre. Forcément, je vais appauvrir, les pouvoir du conte, dénaturer la musique des phrases et je ne parviendrai pas à retranscrire l'atmosphère envoûtante des mots.

J'ai énormément aimé être bercée par le récit en forme d'écriture poétique de ce petit livre précieux mais comme toutes les rencontres précieuses, son appréciation ne se partage pas, il faut le découvrir seul à seul, et pénétrer dans cette luxuriante nature que l'on peine à quitter.

Merci pour ce beau cadeau qu'a été la découverte de ce livre dans le cadre de la Masse Critique.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
El_GabierEl_Gabier   05 février 2018
(...) j'en ai le cœur chaviré, mains tremblantes car je n'ose les saisir vos bouquets si amoureusement assemblés - cette rose-là, et cette blanche, ces lourds pétales humides, ces corolles dentelées, je voudrais, ces étamines poudreuses voudrais les caresser, et puis tant caresser vos joues, tendrement, tendrement- oh, mes petites, mes adorées- oui, donnez, donnez-moi ces bouquets que je vous délivre de ce fardeau, que s'épanouissent vos sourires et vos bouches vos lèvres qui maintenant m'effleurent, m'échauffent et la joue et le cœur -oh, venez, venez dans mes bras vous serrer parmi les fleurs, et contre vous buvant léchant mes larmes me laisser pleurer, pleurer à satiété, que plus jamais soif ni peine d'amour nous tourmentent.
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coco4649coco4649   15 avril 2018
 
 
Écoute – si tu écoutes la cloche, la cloche de l'église sonner, égrener les heures – écoute jour après jour la cloche tinter, sonner les heures – non les heures ne signifient rien absolument plus rien pour toi mais la cloche – la cloche oui qui sonne tinte résonne quelque part dans ton corps quelque part où – ta tête ton cœur tu ne sais pas, ta mémoire peut-être oui ta mémoire c'est cela : elle sonne la cloche résonne dans ta mémoire, sonne le glas de quelque chose fait tinter quoi le souvenir ou l'oubli ou le souvenir de l'oubli, la cloche te rappelle quelque chose ou quelqu'un ou toi-même – oui toi-même la cloche te rappelle à toi-même te ramène te retire en toi-même citadelle – ta cloche citadelle écoute la cloche sonner le glas de ta citadelle fissurer ses murs, écoute comme ta mémoire au son de la cloche frémit bat faiblement au choc du marteau vibre, vibre un temps, deux temps, lentement secoue voiles et haillons, couches de feuilles et de cendres, sourdement s'éveille et revit
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coco4649coco4649   15 avril 2018
 
 
L'été vient et rien avec.
L'été bientôt sa tiède chaleur ses bras nus, sombres ses feuilles et rien tu ne vois rien venir que le soleil jour après jour plus installé quand cet hiver rappelle-toi comme tu l'avais guetté le printemps et puis l'été.
Mais rien – ou si peu de chose – le vent peut-être oui, le vent qui sous les branchages s'infiltre doré ou la blancheur peut-être, la blancheur voilée du ciel là-haut –
n'avais-tu guetté rien d'autre qui vaille d'attendre, si longs jours gris si longues nuits si blêmes –
mais non peut-être rien ne devait venir rien d'autre que cet été-là qui juste commence –
s'anime houle matinale se lève mauve au soleil, se déploie, doucement ourle sa lèvre, et silencieuse étale son écume
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coco4649coco4649   15 avril 2018
 
 
Pédalant soleil dans mon dos – pas le soir encore mais plus si loin projette mon ombre sur la route droit devant moi – l'ombre de ma chemise battue déchiquetée par le vent la vitesse – et celle de ma chevelure.
Un frisson m'a saisi, en dépit de la chaleur.
Pédalant, fixant cette ombre, j'y ai reconnu la même exactement que vingt ans, trente ans plus tôt – en arrière.
Identique cette ombre, immuable cette découpe fouettée par le vent, la vitesse.
Grande frayeur.
Face à l'ombre de moi-même, lambeau flottant la mort en ombre légère m'apparut d'un coup très proche, comme si j'avais pédalé, effrangé, repoussé par le vent, ma vitesse – en arrière
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SeraphitaSeraphita   13 février 2018
Chevelure, ciel tissé de nuages, estuaire tramé de brumes – lac diapré d’algues, forêt d’émeraude, roches, dos de baleines, mauves écumes – en elle je trouverais le tout, le rien, le plein et le vide –
le silence et le vent –
mon centre et mon sens et mon souffle, épanouis sans borne aucune. (p. 29.)
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