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Critique de BazaR


BazaR
  12 mars 2020
Un numéro consacré à Nancy Kress en particulier et aux auteures en général.

Nancy Kress est une auteure américaine finalement assez peu connue en France (en Belgique aussi j'imagine). Il n'y a qu'à voir le relativement faible nombre de titres du guide de lecture comparée à sa bibliographie exhaustive (les deux présents dans ce numéro). de son propre aveu, elle est plus à l'aise dans le format novella, et ceci explique probablement cela car ce n'est pas un format qui court les rues dans l'édition française (il court un peu plus à présent grâce aux collections Une Heure-Lumière du Bélial' et Dyschroniques du Passager Clandestin, merci à eux).
Le dossier est assez court : quatre articles en comptant le guide de lecture et la bibliographie. le premier est un chouette et récent entretien réalisé par le duo Quarante-Deux (qui a publié au Bélial' des recueils de nouvelles de Greg Egan, Ken Liu, Peter Watts et… Nancy Kress). Il en ressort quelqu'un de très abordable, arrivée à l'écriture – de SFFF en particulier – un peu par hasard (elle est instit' à la base), mariée trois fois, dont une fois avec l'écrivain et physicien Charles Sheffield un peu connu par ici. Elle a écrit un peu de fantasy, un peu de space opera (trilogie de la probabilité) mais elle est plutôt spécialisée dans les récits où le génie génétique a un rôle important sur la personnalité et la société. Ce n'est pas une scientifique de formation, mais elle se renseigne à fond, d'où la vraisemblabilité scientifique de ses récits. Elle aime mettre en scène des femmes fortes et des personnages occupant n'importe quelle place sur la pyramide des âges (on pense à l'enfance des deux soeurs dans L'une rêve, l'autre pas ou les résidents de la maison de retraite dans le nexus du docteur Erdmann). Enfin, les conflit intérieurs et familiaux sont souvent mis en scène.

Le deuxième article enchaine sur un entretien avec le duo d'interviewers précédent, Quarante-Deux. S'il fait sens dans la mesure où il décrit la façon dont il a effectué les choix des textes courts présents dans le recueil de Nancy Kress Danses Aériennes (incontournable selon le guide le lecture), il s'écarte quand même beaucoup du sujet principal (Kress). Cela dit, ce n'est pas inintéressant.

Dossier court compensé par un groupe élargi de cinq nouvelles d'auteures de très bonne tenue.
Dans « Martin, le mercredi », Nancy Kress développe l'idée d'une thérapeutique basée sur le développement de multi-personnalités pour vaincre le cancer. L'incompréhension de ce pauvre Martin qui ne saisit pas le sens de ses absences est poignante.
Elizabeth Bear fait de la zoologie Lovecraftienne en se focalisant sur le racisme (contrepied au maître de Providence réputé raciste et antisémite) et l'esclavage. La fin percutante s'ouvre à plusieurs interprétations, tout comme j'aime.
Isabelle Dauphin propose son premier récit fantastique – En finir – et on peut dire que son personnage de compétitrice habituée à se dépasser et à ignorer la douleur qui refuse l'évident danger qui lui tombe dessus est effrayant. Un texte dans la lignée de Mélanie Fazi.
Quant à Linda Nagata et son Obélisque martien, c'est une atmosphère post-apocalyptique soft, au suspens très étudié, qui laisse percevoir à la fin une lueur d'espoir.
Enfin, la mini nouvelle de Kelly Stewart, « Un jeu d'enfant », ne m'a pas emballé plus que ça.

Si l'on ajoute le très bien senti article de Sébastien Steyer et Roland Lehoucq sur l'évolution des espèces en SF, on s'aperçoit qu'on a entre les mains un excellent numéro. Meilleur que les autres ? Difficile à dire tellement cette revue nous habitue justement à l'excellence.
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