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Laurent Bury (Traducteur)Charles Douglas Taylor (Éditeur scientifique)Brigitte Krulic (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782253154341
347 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (05/02/2003)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 87 notes)
Résumé :
L'Église ne fait pas de politique et c'est là sa force, affirme dans les années trente le pasteur de la Domkirche de Magdebourg, "le gouvernement dirige les gens dans une direction, l'Église les dirige dans l'autre. C'est une tolérance mutuelle et chacun est libre de parvenir à ses fins". Son fils pourtant, étudiant en théologie, qui se destine lui aussi à être pasteur, a mieux perçu les dangers de l'époque : "Le problème du nazisme c'est qu'il ne se développe plus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  22 avril 2015
Roman ou essaie, un beau livre! C'est un témoignage qui nous révèle un aspect très important sur l'homme qui a marqué négativement le vingtième siècle tonton Hitler notamment le rapport entre sa politique du fascisme et la religion. le fascisme avait pu se frayer un chemin dans la politique, dans l'armée et dans d'autres institution. Mais, pour Hitler, cette domination n'était pas totale, pour atteindre son apogée, il fallait que le fascisme s'empare de la religion. le catholicisme étant déjà condamné puisque la papauté constituait une force extérieure difficile à terrasser, alors les catholiques ont été persécutés. Par contre le fascisme a jugé bon de s'intégrer dans l'église protestante d'où nous avons dans ce livre, le témoignage d'un pasteur protestant qui faisait partie, avec son père pasteur également, des résistants qui se sont opposés farouchement à cette intégration.
On découvre la folie de leur envahissement dans les services des églises où tout devrait être modifié, en commençant par remettre en cause l'ancien testament, l'instruction religieuse devrait se baser désormais sur le transfert des pouvoirs car les juifs n'étaient plus peuple élu de Dieu, c'est maintenant la race aryenne qui devenait le peuple élu. L'église devrait instruire la population sur la force, la pureté et l'origine divine du sang aryen qui ne devrait plus se mélanger avec du sang impur, dieu devenait alors discriminatoire...
Les fascistes se sont également emparés de l'université notamment dans la faculté de la théologie où tous les cours devraient se focaliser sur la supériorité de la race aryenne, vraiment aberrant!
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Missbouquin
  22 mars 2012
Ce que j'en ai retenu
- de l'importance des universités dans l'Allemagne d'avant-guerre : formation des futures élites, stimulation intellectuelle essentielle, liberté d'étude. Et la fin de cet état de fait avec la montée du nazisme, la restriction des libertés et surtout le basculement d'une partie de la jeune génération en faveur de cette nouvelle idéologie qui promettait de sortir l'Allemagne de la décadence. “Une Allemagne puissante renaîtrait, en échange de leur acquiescement et peut-être à condition qu'ils ferment les yeux sur les actes du nouveau régime qu'ils n'approuvaient pas totalement.”
- du fait que le prestige de l'armée et des valeurs militaires restaient intacts en Allemagne, valeurs sur laquelle Hitler s'est appuyé.
- de la fracture idéologique d'une société : Nazisme / Protestantisme ou l'opposition de deux religions : “tu crois au salut par le sang du Christ et je crois au salut par ce sang noble qui coule dans les veines de tous les Aryens”. Conséquence : remplacement du crucifix par le portrait du Fuhrer
- de la montée en puissance d'Hitler : une centralisation des pouvoirs de plus en plus forte
- de l'annihilation de la résistance de l'Eglise protestante : Les Eglises sont unifiées, l'evêque sera désormais nommé (campagne interdite pour le candidat non gouvernemental, bulletin de vote truqué).
- Des tragiques erreurs d'appréciation qui ont égaré l'opinion allemande, et en particulier les autorités religieuses : au départ les Eglises ne se sentent pas concernées par HItler, insistant sur la distinction séculaire des deux royaumes. Durant plusieurs années, elles se sont méprises sur la nature et les objectifs du nouveau régime qui souhaitait la suppression de l'autonomie de la société civile et des corps intermédiaires, dont les Eglises, au profit d'un Etat tentaculaire.
Ce que j'en ai pensé
J'ai été totalement passionnée par ce livre, d'un bout à l'autre, malgré quelques longueurs à certains endroits. C'est un “essai romancé qui profite du récit de la vie d'un homme, sous le pseudonyme de Karl Hoffmann, en Allemagne dans les années 1930, pour analyser la montée du nazisme, ses racines historiques et intellectuelles. Mais il le fait à travers la politique hitlérienne vis-à-vis des Eglises protestantes. J'y ai énormément appris, non seulement sur l'histoire de l'Allemagne mais surtout sur la psychologie, la culture, l'état d'esprit des Allemands dans l'entre-deux-guerres. Ce qui est essentiel car cela explique en grande partie le succès d'Hitler et le déclenchement de la Seconde guerre mondiale.
L'angle de vue religieux est donc très intéressant et très peu connu, y compris pour des laïcs. Puisque comme le dit très bien Karl, le nazisme a été la tentative de remplacer une religion (le protestantisme, 98% des Allemands de l'époque) par une autre (le culte à Hitler, à l'Allemagne militaire, etc.). “Le problème du nazisme c'est qu'il ne se développe plus désormais en tant que puissance politique ; c'est en train de devenir une religion. Et ils ne tolèreront aucune religion rivale.”
Deux points m'ont cependant gêné, et ils étaient en cela bien expliqués dans la postface de mon édition :
Tout d'abord, la tendance à la surestimation, dans le roman, de la résistance à Hitler, y compris au sein des Eglises. A le lire, on a l'impression que tous les protestants ont fait bloc (ce qui aurait signifié d'ailleurs la population entière …). Mais il faut penser que le roman a été publié en 1942 et donc que le protagoniste n'avait pas de recul sur les choses, ni idée de l'ampleur de phénomène de résistance en Allemagne. Il ne pouvait juger que par rapport à ceux qui l'entouraient et aux événements de sa région. En réalité, les Eglises ont eu beaucoup d'atermoiements pour ne pas placer les fidèles dans un dilemme entre la loyauté confessionnelle et la loyauté nationale => elles étaient donc plutôt dans une attitude de non-alignement.
Ensuite, et c'est expliqué à la fin, ce qui m'a beaucoup déçue : certes c'est une histoire vraie, mais la chronologie et les événements de la vie de Karl n'ont que peu de rapport dans le détail avec la vie du vrai Karl Hoffmann (Léopold Bernard)
Cependant, cela reste un roman captivant sur l'ascension implacable du nazisme vue par un résistant. Kressman Taylor a réussi le tour de force d'en faire une réflexion passionnante sur les faiblesses des hommes, le “génie” d'Hilter, tout en mettant en scène des personnages forts représentatifs de la société allemande de l'époque. Il reste tout de même remarquable qu'une Américaine ait pu, en 1942, se livrer à un tel réquisitoire.
Un grand “roman” ? “essai” ? “document”? Un peu tout à la fois. A découvrir dans tous les cas.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Arthore
  11 février 2019
Très belle lecture. Livre beaucoup plus dense qu'Inconnu à cette adresse. En effet il s'agit de l'histoire vrai de Karl Hoffmann relatée, étape parétape. de son instruction en faculté de théologie en Allemagne durant la montée du nazisme, de la mise sous contrôle de l'Eglise par Hitler, de la résistance des pasteurs et certains hommes d'église, et de la nécessité pour Karl Hoffmann, persécuté, de fuir son pays pour sauver sa vie.
Arrivés une USA, installé dans un petit village, il rencontrera en 1940 Kressmann Taylor et lui racontera son histoire.
Le récit est très détaillé, parfois trop, il montre la façon insidieuse, puis brutale, dont le pouvoir nazi va tenter de manipuler toutes les forces du pays.
Karl H ne va pas arriver aux USA détruit, cassés par les épreuves vécues en Allemagne. La peur n'aura pas été son moteur, mais sa foi, l'importance de laisser Dieu maitre de l'Eglise.
Moins percutant que son premier roman, Kressmann Taylor continue de nous faire vivre de la façon la plus juste les horreurs et abus de cette période entourant la seconde guerre mondiale. Pour sa justesse et précision, à mettre dans votre pile de lecture si la période vous intéresse.
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july57
  16 mai 2016
Ce livre est un récit autobiographique d'un jeune pasteur,Karl Hoffmann, étudiant en théologie et fils de pasteur, qui fuit en Amérique pour échapper aux nazis.
Le lecteur apprend que les nazis tentent d'utiliser l'Eglise luthérienne comme outil de propagande. Mais ils vont se heurter à une résistance secrète, notamment de la part de Karl Hoffmann.
Au fil des pages, le lecteur assiste à la montée du nazisme en Allemagne et qui s'effectue même au sein de l'Eglise.
Karl Hoffmann nous fait partager ses activités de résistance dans la paroisse de son père mais aussi dans la faculté de théologie que les nazis ont investi pour enseigner leur idéologie.
Un roman captivant qui éclaire une autre facette de la résistance allemande à travers l'Eglise protestante. Une belle leçon de courage et d'engagement de la part de certains intellectuels et religieux allemands face au désastre annoncé.
Ce livre explique également le mécanisme insidieux et implacable qui a plongé le peuple allemand dans la tyrannie nazie: d'intimidations quotidiennes en petits renoncements.
Petit bémol: ce roman manque quelque peu d'objectivité mais qui reste passionnant du point de vue historique.
Enfin, la postface de l'historienne Brigitte Krulic, indique que les faits relatés s'inscrivent parfaitement dans la chronologie de l'Histoire: ce qui donne une autre dimension au livre.

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EmmaHG
  03 avril 2021
Kressmann Taylor nous raconte l'histoire de Karl Hoffmann, c'est un nom d'emprunt, telle qu'il lui a racontée en 1940, sous protection du FBI, dans sa volonté de témoigner des agissements des nazis envers l'Eglise. Karl étudiait la théologie à Berlin et a subi les pressions des nazis comme tous les théologiens, pasteurs et prêtres afin de se soumettre à une religion d'Etat, le seul Dieu possible étant Hitler. Ce livre est édifiant par sa clarté, la description lente, la manière dont il relate la manipulation et le piège qui se referme sur les insoumis. "Karl" a pu s'évader à temps vers les USA pour ce témoignage. Mais aux USA, plus surprenant, il sera aussi confronté à des allemands favorables à Hitler et risquera d'être renvoyé en Allemagne qui traque les fugitifs.
Le livre est complété par un témoignage du fils de Kressmann Taylor qui a rencontré aux USA plus tard "Karl" alors que sa mère avait regretté avant de mourir de'avoir perdu le contact avec lui. Poignant.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
archerymanarcheryman   08 juin 2011
Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir un bulletin à la main et de regarder une urne nazie. Ils prenaient nos noms quand nous avions voté. Comment pouvions-nous savoir si nos bulletins étaient mélangés dans l'urne ? C'était une urne nazie et nous n'en avons jamais vu l'intérieur. Les bulletins s'y empilaient peut-être en ordre, pour qu'ils puissent ensuite associer chaque vote à un nom. C'est le genre de choses auxquelles on pense quand on est là. On ne peut pas s'en empêcher. Si les gens ont eu peur, je ne peux pas le leur reprocher. (Il eut un geste de dégoût.) Il y a pourtant une chose dont je suis sûr, dit-il sur un ton de défi. Leur élection n'a pas été unanime, puisqu'il y avait au moins une voix contre.
-Bravo ! murmurai-je, et nous échangeâmes un sourire.
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WyomingWyoming   17 décembre 2018
Revenir, c'est toujours prendre conscience de ce que l'on a perdu. De même qu'il est impossible de remonter dans le temps vers un passé qu'on se rappelle avec joie et qu'on aimerait revivre, de même il est impossible de revenir exactement au même lieu. Ce cadre parfaitement connu auquel on aspirait a disparu. Des changements sont intervenus. Les visages de l'an dernier ne sont plus tout à fait les mêmes; l'atmosphère s'est transformée. Nous nous sentons tellement égarés lorsque nous regagnons des lieux qui nous sont chers mais qui nous accueillent avec un aspect inconnu. L'ami vers qui je cours ne pense plus comme autrefois. Il n'est plus le même, et à ses yeux, je suis devenu un autre. Dans notre poignée de main, nous comprenons tout ce que nous avons perdu, sachant que la maison, l'ami, la nation de l'année précédente n'existent que dans notre souvenir, tout comme le printemps dernier, et qu'on ne les retrouvera plus.
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july57july57   16 mai 2016
Notre Seigneur est une forteresse.

Ils chantent encore ce chant, et ils le chanteront jusqu'au jour de la délivrance, jusqu'au jour où le sang et les peines auront montré à tous que, pour vivre comme des hommes, ils doivent aimer comme des hommes, jusqu'au jour où les fragiles rênes du pouvoir tomberont des mains des puissants, jusqu'au jour où les hommes de bonne volonté chercheront l'espoir auprès de Dieu, jusqu'au jour où ils verront leur enfants nés dans la joie labourer leurs champs et tailler leurs arbres, jusqu'au jour où la Puissance qui tient dans la balance les luttes humaines sourira sur Ses enfants, jusqu'au jour sans retour.
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archerymanarcheryman   08 juin 2011
Mon père se mit à fouiller dans une poche intérieure, dont il finit par tirer un morceau de papier que je dépliai. On y lisait cette phrase :

PENSEZ-VOUS COMME LE FÜHRER QUE MÜLLER DOIT ÊTRE REICHSBISCHOF ?
OUI ( )
NON ( )

-Tu veux dire que ça, c'est un bulletin de vote ?
-C'est le bulletin officiel.
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ArthoreArthore   29 janvier 2019
Si l'on vous dit que Karl Hoffmann vient de fuir l'Allemagne, où il a vécu des années de persécution, vous restez pantois. On ne trouve pas chez lui ce qui réunit tous les réfugiés arrivés en Amérique : la peur, les yeux hantés, l'esprit ébranlé. Ce jeune pasteur n'a pas appris la peur.
....
Le plus étrange dans l'histoire de Karl Hoffmann, est qu'elle évoque la défaite des nazis en Allemagne. Il y a au coeur de leur pouvoir une citadelle qu'ils n'ont pu abattre; vivent en Allemagne des gens qui leur ont résisté avec succès. Ceux qui croient à la force physique peuvent conquérir, mais ils ne gagnent pas. Ils n'ont pas d'arme qui puisse coquérir les esprits.
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Vidéo de Taylor Kressmann
Après Gérard Darmon et Dominique Pinon, Patrick Timsit et Thierry Lhermitte livrent leur version d'Inconnu à cette adresse, le best seller de Kressman Taylor. C’est l'histoire d'une amitié brisée par la montée du nazisme reconstituée en 19 lettres poignantes entre un Juif américain et un Allemand juste avant la Seconde guerre mondiale. (Source BFMTV)
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