AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2754804250
Éditeur : Futuropolis (02/05/2011)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 22 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'une armée sans pays, la Légion tchèque, composée des 70 000 prisonniers de guerre Tchèques et Slovaques, qui a un projet fou: revenir "chez elle", grâce au chemin de fer transsibérien afin d'obtenir la création d'une république tchécoslovaque. C'est l'histoire d'une nation en marche, au sens propre comme au figuré. Au bout de la voie, leur cri de guerre deviendra réalité: "Svoboda ! Liberté !". Kris et Pendanx nous entraînent dans une véritable od... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
alouett
  24 juin 2011
30 septembre 1938. Joseph Cerny, alias Pepa, a 38 ans lorsqu'il apprend à la radio que les accords de Munich ont été ratifiés. Pour cet ancien soldat tchèque qui a combattu sur le front russe en 1918, cette nouvelle affligeante fait vaciller ses idéaux et l'image qu'il avait de la France.
Il se retranche alors chez lui et reprend ses carnets de croquis et les textes écrits vingt ans plus tôt par son ami et compagnon d'armes Jaroslac Chveïk. Les deux hommes s'étaient rencontrés à Prague en 1914 à la veille de la première guerre Mondiale. Après quelques mois sans nouvelles l'un de l'autre, ils se retrouvent en mai 1918. Leurs trains sont bloqués en gare de Tcheliabinsk, ils souhaitent trouver un moyen de rentrer chez eux…
-
Svoboda ! est le fruit d'une collaboration que je n'aurais manqué pour rien au monde. Au scénario, Kris dont j'apprécie le travail, de l'autobiographique (Les ensembles contraires, Coupures irlandaises qui s'inspire en partie de son vécu) au récit historique (Un Homme est mort, Notre mère la guerre). Un auteur qui se diversifie peu, quoique, si l'on regarde bien, je trouve son registre d'une richesse sans pareil (chronique sociale, polar…) et j'apprécie son engagement, même lorsqu'il s'agit de s'essayer à l'adaptation de romans comme Un sac de billes paru en avril 2011 (il retrouve ainsi Vincent Bailly avec qui il avait collaboré pour Coupures irlandaises). Ces dernières années, il a progressivement délaissé les one-shot pour étoffer ses intrigues et fouiller ses personnages. En ce qui nous concerne, pour Svoboda !, nous partons a priori sur une aventure qui devrait compter 9 tomes au final (dès 2012, le rythme de publication sera semestriel…).
On aborde la Seconde Guerre mondiale via la lutte que les légionnaires tchèques ont mené pour défendre leur liberté (en slave, liberté se dit « Svoboda »). Kris crée pour l'occasion deux personnages fictifs pour servir ses desseins, deux hommes diamétralement opposés. Voici les mots de l'auteur à leur sujet :
J'ai toujours pensé que l'on fait entrer le lecteur dans la grande histoire par le truchement de la petite, que l'on perçoit bien mieux l'essence d'une aventure humaine à travers le destins de quelques-uns. Et que pour mieux la raconter, il faut aussi, paradoxalement, savoir s'en éloigner un minimum. Dès le début, je me suis dit que l'interprète idéal de ce périple serait une sorte de Victor Hugo tchèque, un écrivain nationaliste et démocrate, qui aurait participé à cette anabase et nous raconterait ses souvenirs. Même si j'étais décidé à créer un personnage de fiction, en empruntant justement des traits biographiques de tel ou tel grand auteur répondant aux critères évoqués plus haut, j'ai un peu fouillé afin de savoir si ce personnage n'aurait pas réellement existé. Et je suis rapidement tombé sur Jaroslav Hasek, considéré comme l'un des pères fondateurs de la littérature tchèque, auteur du roman le Brave Soldat Chveïk.
Ainsi, grâce à Hasek, je tenais mon personnage principal, que je vois comme un mix entre lui-même et Chveïk, son héros de roman (d'où son nom dans l'album : Jaroslav Chveïk). Romancier et pamphlétaire, anarchiste ne croyant en rien mais prêt à s'engager sur tout, juste pour « la beauté du geste », noceur invétéré et séducteur impénitent, adepte des bas-fonds et pourtant amoureux de la pureté. Ce dernier terme est important, car c'est ce qui va l'amener à nouer une amitié passionnée avec son exact contraire, un personnage totalement imaginaire lui : Josef Cerny dit « Pepa » (« le noir » en tchèque, un terme désignant en fait des personnes au teint plus ou moins « basané », souvent tout simplement d'origine juive).
Contrairement à Chveïk, dépassant déjà allègrement la trentaine en 1918-1920, Pepa a tout juste vingt ans. Juif slovaque, peintre-illustrateur et amoureux de la littérature, il voue une admiration sans borne à la culture française et par-dessus tout à sa Révolution. Démocrate convaincu, il s'engagera avec toute l'énergie de sa jeunesse dans la Légion tchèque. Admiratif des talents littéraires et du caractère de Chveïk, cela ne l'empêchera pas de haïr parfois son compagnon pour ses attitudes et paroles anarchistes. Ces deux-là seront comme le feu et la glace et s'accompagneront pour le meilleur et pour le pire, y compris jusque dans les bras d'une même femme : la comtesse Nora Kinsky » (extrait du dossier de presse Futuropolis).
Le scénario est agréable, son contenu est riche et dense. Une nouvelle fois, j'apprécie cette grande qualité d'écriture de Kris. le rythme du récit est en partie assuré par des allées venues régulières entre passé et présent, les époques se répondant en écho. Ce premier tome jette les bases de l'épopée, le grief majeur serait que l'album met un temps fou à démarrer et que, lorsqu'il démarre, le tome se termine. Belle frustration pour le lecteur !
Au dessin, on retrouve Jean-Denis Pendanx. le trait est un peu vieillot, les visages (trop) émaciés, personne ne se détache réellement si ce n'est les trois personnages qui occupent le devant de la scène : le duo d'amis et Nora, une jeune noble au caractère bien trempé. Les angles de vues donnent un sentiment de grands espaces, un bon rendu des perspectives. J'ai trouvé l'ambiance des scènes en intérieur plus étouffante, comme si les personnages étaient étriqués dans les décors. Certes, la majorité de ces scènes se passe dans des wagons : on est censé ressentir la chaleur étouffante de l'été russe, le confinement des hommes dans un espace réduit… concrètement, si j'ai perçu l'objectif du dessinateur, le rendu n'est pas concluant. Les dessins sont loin d'avoir la profondeur de ceux d'Abdallahi, j'avoue avoir eu des attentes (en terme de voyage visuel) à l'égard de cet album et être assez déçue. Accompagné par Isabelle Merlet qui s'occupe de la mise en couleurs, l'équipe graphique est alléchante pour un résultat qui, pour le moment, me laisse également sur ma faim (pour le moment… reste 8 tomes, ne l'oublions pas). Des tons sépia (ocre, rouille, sable) sont utilisés pour marquer la période de souvenirs (et le tumulte de la vie de garnison) et des tons plus tristes (bleu, gris, bruns) pour marquer le présent (et son ton intimiste) mais là aussi, pour avoir déjà eu l'occasion de lire des albums sur lesquels Isabelle Merlet a travaillé, je trouve le choix plutôt convenu.
Je reste partagée sur ce ressenti de lecture. J'avais peut-être trop d'attentes à l'égard de cet album, cela me semblait justifié vu le trio d'auteurs qui l'anime. Pourtant, le temps consacré à la présentation du contexte historique et des personnages m'a semblé durer une éternité. le pari d'accrocher un lectorat sur 9 tomes est, je trouve, fort ambitieux. Je ressors de cette lecture avec une certaine frustration : celle d'avoir beaucoup appris mais de n'avoir rien vu. le rythme de l'album est celui d'un train de marchandises qui prend peu à peu son rythme de croisière et, quand ce dernier est atteint, la porte se referme d'un coup sec sous notre nez. Clac ! La suite au prochain numéro !
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
tchouk-tchouk-nougat
  12 juillet 2018
En mai 1918, les trains entiers de soldats tchèques se retrouvent coincer à la gare de Tcheliabinsk. Selon les accords les russes doivent les laisser passer mais dans les faits c'est moins sur...
Kris et Pendanx début ainsi leur grande épopée du transsibérien, en pleine première guerre mondiale et dans un contexte de guerre civile dans les pays de l'est.
J'avoue, je connais très peu l'histoire de ses pays. des tchèques, de l'Ukraine, de la Russie et tous ses pays de l'est où semble-t-il il régnait un joyeux bordel à cette époque. du coup, comme aucun rappel historique n'est fait, j'étais complétement perdue. J'ai eu beaucoup de mal à saisir les différents politiques et les changements de nationalités de nos personnages centraux. cela m'a énormément gênée dans ma lecture.
Nous suivons deux soldats ukrainiens : Jaroslav l'écrivain à la langue bien pendue, et Pepa le peintre plus jeune plus réservé. Tous les deux attendent des jours meilleurs à la gare de Tcheliabinsk avec leurs compatriotes.
L'histoire est très lente à démarrer, fait quelques retours en arrière pour nous montrer la première rencontre de nos héros et le début de la guerre. Puis se termine par un coup d'éclat qui met le feu au poudre.
Le dessin de Jean-Denis Pendanx est fin, proche de l'esquisse des fois, et avec une colorisation aquarelle dans les tons sépias qui donne un air nostalgique à cette bande dessinée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
badpx
  05 décembre 2019
On apprend la première guerre mondiale à l'école. Mais on l'apprend avec un regard uniquement Français... on sait ce qu'il s'est passé là où sont les français.... ailleurs... c'est flou. Alors oui, on est bien obligé de nous parler un peu de l'empire Autro-Hongrois, parce que l'attentat de l'Héritier du Trône serait ce qui a déclenché la guerre.
Alors évidemment je manque un peu de connaissance historique et même géographique pour bien apprécier tout ce qui est raconté dans cette BD. Mais cela me permet de mettre la première couche de culture générale sur le sujet... je ne suis pas sûre d'avoir le temps un jour d'en mettre une seconde.
J'aime beaucoup le dessin, la mise en couleur... un plaisir pour les yeux.
Commenter  J’apprécie          110

critiques presse (3)
BoDoi   23 août 2011
Quoiqu’un brin touffu, l’ensemble convainc et ne manque pas de souffle romanesque.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   14 juillet 2011
Une fresque que mériteront ceux qui n’hésiteront pas à se lancer dans une aventure qui comportera neuf épisodes. Osez ce premier tome et donnez une chance à la vie, l’amitié et l’amour pour qu’ils bousculent le train de l’Histoire
Lire la critique sur le site : BDGest
BDZoom   05 juillet 2011
Cette tranche d’Histoire complètement ignorée de par chez nous, où une nation en marche va s’organiser démocratiquement et expérimenter une future société qui servira de base à la constitution tchécoslovaque, nous est racontée avec passion par le talentueux Kris.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
alouettalouett   24 juin 2011
Oui, je me souviendrais toute ma vie de ce jour, ce 30 septembre 1938 où, à des centaines de kilomètres de Prague, dans les immenses bureaux nazis de Munich, ma mère m’a trahi et menti. J’étais orphelin depuis un âge où l’on est trop jeune pour conserver ne serait-ce qu’une seule image parentale. Mais à seize ans, je m’étais fabriqué une mère. Elle s’appelait la France, celle de 1789 et de Voltaire. Celle de 1848 et de Victor Hugo. Celle des Soldats de l’An II et des Communards. Je ne l’avais jamais vue qu’en livres, qu’en rêves et qu’en discours, mais j’ai bu à son sein jusqu’à plus soif. Jusqu’à déborder d’amour et de citoyenneté entremêlés. Orphelin pour la seconde fois… C’est étrange comme on n’en meurt pas
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   12 juillet 2018
Pepa ne croit pas aux proverbes, il est encore jeune.Assez jeune pour espérer que l'histoire ressemble à autre chose que les cercles concentriques d'un vieux chêne qui sait bien, lui, que tout n'est qu'éternel recommencement.
Commenter  J’apprécie          30
alouettalouett   24 juin 2011
Il suffit de voir un matin russe se lever pour espérer le grand soir. Et, la nuit venue, rêver d’un lendemain qui chante. A n’en pas douter, la chimère est un enfant de putain russe
Commenter  J’apprécie          10
raph731raph731   13 décembre 2015
N'oubliez pas que la plus sûre victoire est elle dont on parle au futur ! Alors, rejoignez-nous vite avant que nous ne célébrions le passé d'une idée morte ! (pl. 32)
Commenter  J’apprécie          10
Lire un extrait
Videos de Kris (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Kris
[EMISSION] LA PETITE LIBRAIRIE S2E5
autres livres classés : révolution russeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1833 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre