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ISBN : 2020301016
Éditeur : Seuil (16/10/1996)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Hier. Aujourd'hui recommence la course imbécile. Se lever à cinq heures, prendre le bus, pointer toujours le même trou dans la même pièce. Et gagner juste assez d'argent pour manger, habiter quelque part, être en mesure de recommencer la course, demain.
Pour que demain soit différent, il faudrait qu'apparaisse enfin Line, la femme idéale dont rêve Sandor depuis qu'il a quitté son pays natal. Alors, il y aurait un avenir possible dans lequel Sandor deviendrait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
JeanLouisBOIS
  04 juillet 2011
Hier est un roman bien particulier. Il retrace la vie d'immigrés de l'est de l'Europe en Suisse mais vue à travers le prisme d'Agota Kristof; ce qui nous évite tout pathos et autres apitoiements pour nous plonger tout de suite dans une authentique oeuvre littéraire où la tendresse, les fioritures et les périphrases sont absentes. Ce récit va pourtant explorer le fond de l'âme humaine en nous montrant le désespoir, l'impasse et le profond malaise de ceux qui, par nécessité et/ou par choix, ne vivent qu'au présent La distance recherchée du narrateur vis-à-vis de l'histoire, cet aspect froid qui parcoure l'ensemble du livre renforce cette impression de fatalisme et fait parfois penser au roman de Camus: l'Étranger.
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Ingannmic
  26 mai 2016
Agota Kristof est une romancière de la brièveté. A l'instar des volumes de sa "trilogie des jumeaux", "Hier" est un récit court, servi par une écriture tirée au cordeau. L'économie de mots, le laconisme du narrateur, confèrent au texte une certaine sécheresse qui peut mettre mal à l'aise, d'autant plus qu'elle est associée à un propos glauque et anxiogène.
Le héros lui-même apparaît rapidement comme un individu étrange, presque effrayant. Exprimant une profonde détresse sur un ton curieusement atone, en une succession de phrases souvent brèves, qui impriment au roman un rythme saccadé, et donne aux événements décrits une dimension irrémédiable.
Les indications relatives au lieu, à l'époque, restent vagues, ajoutant à la sensation de malaise que suscite par moments la lecture. On comprend que l'action se déroule dans une ville de taille moyenne, d'un pays d'Europe. Sandor Lester, le narrateur, y vit depuis son adolescence, et qu'il s'est enfui de son pays natal pour d'obscures raisons que dévoile l'évocation de ses souvenirs. Il vit seul, exerce à l'usine un travail abêtissant, répétitif, qu'il ne supporte plus. Chaque samedi, il dîne chez Yolande, sa maîtresse, avec laquelle il entretient une relation qui s'apparente davantage à une pratique hygiénique qu'au résultat d'une réelle affection. Car Sandor est obsédé par l'idée de l'unique femme de sa vie, créature qu'il prénomme Line, dont on ignore dans un premier temps si elle est réelle, ou le fruit d'une imagination parfois à la limite de la démence...
Si le style elliptique, rugueux, "d'Hier" peut heurter, il en émane aussi une surprenante poésie, sombre et mélancolique. La mensonges et les délires de Sandor, ses espoirs et ses découragements, expriment avec une intensité peu commune la détresse provoquée par l'exil, la solitude, l'oubli des siens.
Agota Kristof fait de cette triste histoire un conte à l'ambiance bien particulière, dont elle parvient en un laps de temps très court à marquer profondément le lecteur...
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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cathe
  20 septembre 2015
Quand le psychiatre demande à Sandor de lui parler de son enfance, il s'invente des parents morts dans les bombardements, un orphelinat et un exil. Pourtant lui sait que tout cela est faux. Sa mère : une prostituée dont il entend les ébats dans la chambre à côté. Son père : l'instituteur, marié et père de famille, qu'il poignarde sans réussir à le tuer. Line : la fille de l'instituteur, son amour de jeunesse qu'il a dû quitter. Quand il la retrouve de nombreuses années plus tard, il ne lui révèle pas qu'elle est sa demi-soeur et continue à l'admirer et à l'aimer.
Entre délire et réalité, ce roman nous transporte, comme souvent chez Agota Kristof, dans un monde d'exil et de malheurs. le sujet de ce livre est tout ce qu'il y a de plus sordide, pourtant elle réussit à ne pas sombrer dans le pathos grâce à une écriture dépouillée. En évitant toute description et tout sentiment, elle donne au texte une belle universalité. A ne pas lire toutefois si on veut quelque chose de léger et de distrayant....
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luis1952
  08 juin 2019
Roman d'à peine 150 pages mais superbe histoire.
Celle d'un immigrant venant d'un pays de l'est et arrivé en Suisse. Il raconte son présent, son passé aussi, son histoire à lui.
Son amour pour Line qui est en fait sa demi-soeur dont il est amoureux follement.
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laurentgui
  14 mars 2014
Un petit roman, racontant l'exil d'un jeune homme qui a fui son pays. Enfant, il vivait dans la pauvreté, fils solitaire, un peu mal aimé, de la prostituée du village. Cet homme est tiraillé, dans un présent pesant, accablé par le passé et son drame, et l'on fait sa connaissance alors que la vie lui devient insupportable. Un hasard a bouleversé sa vie, et créé un pont entre deux époques, deux mondes, difficilement conciliable. le style d'Agota Kristof est très simple, direct, naïf sans l'être, hypersensible ; il rappelle l'univers de l'enfance. Mélancolique et touchant, un beau livre.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
luis1952luis1952   07 juin 2019
Je marchais. Il n'y avait rien d'autre que la marche, la pluie, la boue. Mes cheveux, mes vêtements étaient mouillés, je marchais pieds nus. Mes pieds, mes orteils étaient blancs, leur blancheur se détachait de la boue. Il faisait froid. La pluie était froide.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   04 juillet 2011
En général, je me contente d'écrire dans ma tête. C'est plus facile. Dans ma tête tout se déroule sans difficultés. Mais, dès qu'on écrit, les pensées se transforment, se déforment, et tout devient faux. A cause des mots. (p.16)
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   04 juillet 2011
Va là ou les gens sont heureux car ils ne connaissent pas l'amour. Ils sont si comblés qu'ils n'ont plus besoin l'un de l'autre ni de Dieu. Le soir, ils ferment leurs portes à double tour et attendent avec patience que passe la vie. (p.144).
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StephDStephD   28 juillet 2010
Hier tout était plus beau
la musique dans les arbres
le vent dans mes cheveux
et dans tes mains tendues
le soleil
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lecassinlecassin   06 novembre 2011
Hier, à l'hôpital, on m'a dit que je pouvais rentrer chez moi et recommencer à travailler. Alors, je suis rentré, j'ai jeté les médicaments qu'on m'a donnés, roses, blancs, bleus, dans les toilettes.
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Videos de Agota Kristof (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agota Kristof
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