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La Trilogie des jumeaux tome 0 sur 4
EAN : 9782757801789
464 pages
Points (02/11/2006)
4.36/5   168 notes
Résumé :
Regroupe les trois tomes de la trilogie des jumeaux Klaus et Lucas (Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge)
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Pendant la guerre, deux jumeaux, Claus et Lucas, sont placés par leur mère chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent pas.

A priori, ils ont entre sept et huit ans. La grand-mère est sale, méchante, intransigeante, les force à travailler.

D'une intelligence peu commune, ils font face à tout, s'adaptent à toutes les atrocités de la guerre et des hommes, avec un détachement et une clairvoyance sidérants. Tout est consigné dans un grand cahier.

Leur comportement est si étrange qu'ils font penser à des extraterrestres.

Dans cette première partie, le ton est sec, sans émotions ; Les évènements s'enchainent, frôlant souvent l'horrible, sans que rien n'entache la force et la détermination des jumeaux. C'est dur.

A quinze ans, Claus est parti. Il a réussi à franchir la ligne de démarcation. Lucas se retrouve seul dans la maison de la grand-mère.

Le pays est sous un régime totalitariste. Il devient un homme, fait quelques rencontres déterminantes, rachète une librairie, fait sien l'enfant de Yasmine, mais il reste toujours un être à part.

Dans cette deuxième partie, il n'est question que de Lucas qui, toute sa vie, attend le retour de son frère.

Le ton est plus doux, le style plus allongé, les personnages plus humains.

Dans la dernière partie, Claus refait surface, mais plusieurs versions de l'histoire des deux frères se succèdent.

Quelle et la bonne version ?

Qui est Lucas, qui est Claus ?

Y a-t-il vraiment deux frères.

On se perd en conjectures. Qui croire ? Que croire ?

Là aussi, le style est plus élaboré

C'est une trilogie absolument passionnante et qui se dévore d'une traite. le sentiment de malaise sordide du début se transforme en sentiment de mal-être des deux frères et se termine en sentiment d'incompréhension. Mais chaque lecteur se fera sa propre opinion de la vérité.

En tous cas, c'est une véritable réussite.

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La guerre a éclaté. Une femme confie ses enfants, des jumeaux, à sa mère, à la campagne. Les garçons sont fusionnels et ne font rien l'un sans l'autre. Pour faire face à toutes les douleurs, ils décident de s'endurcir et se livrent à de cruels exercices. « À force d'être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu'ils portent en eux s'atténue. » (p. 27) de l'insensibilité à la cruauté, les jumeaux font l'apprentissage d'une résistance à toute épreuve. Mais il reste une chose qu'ils doivent surmonter : la séparation. L'un part donc, traverse la frontière, se rend dans l'autre pays. Lucas reste seul, sans Claus, dans la maison de la grand-mère. Il continue à écrire dans le grand cahier, pour que Claus sache qu'il ne l'a pas oublié. « Nous avons décidé de nous séparer. Cette séparation devait être totale. Une frontière n'y suffisait pas, il y fallait aussi le silence. » (p. 319) Lucas rencontre Yasmine et Mathias : il essaie de former une famille avec cette femme et cet enfant, mais sans Claus, il n'est que claudiquant, incomplet. « Je connais la douleur de la séparation. […] le départ d'un frère avec qui je ne faisais qu'un. Il est parti. Il a traversé la frontière. » (p. 220) Quand vient l'heure de tomber les masques, il faut relire toute l'histoire et démêler le vrai du faux, le véridique de l'inventé.

La générosité froide et automatique du/des protagonistes est effrayante, tout comme leur histoire aux accents si vrais et pourtant si faux. « Ne me remerciez pas. il n'y a aucun amour et aucune bonté en moi. » (p. 233) Qui sont Lucas et Claus ? Existent-ils ? Où est la vérité dans leur histoire ? Qu'y a-t-il dans ce grand cahier ? « Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d'autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n'écrira rien est un être perdu, il n'a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256) Les trois parties de cette trilogie ne sont en fait que trois versions de la même histoire, celle d'un drame si bouleversant qu'il a fallu écrire sur les mots pour les faire taire. « J'essaie d'écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l'histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335) Les dialogues sont terriblement efficaces, incisifs et décisifs. S'il y a beaucoup de mensonges entre les lignes, les répliques disent beaucoup. « Quelqu'un qui n'existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)

J'ai lu ce roman une première fois, il y a près de 10 ans. Déjà, le texte m'avait éblouie, bouleversée, retournée. Forcément, une histoire de jumeaux et de séparation… Cette relecture est tout aussi poignante, le choc est le même. Ce superbe roman, une nouvelle fois, m'a mise KO.

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Klaus et Lucas sont jumeaux, ce qui dans leur cas signifie être deux parties pas si distinctes d'une même entité. D'ailleurs, c'est au pluriel qu'ils conjuguent le mieux leur enfance. C'est la guerre et leur mère les envoie dans la Petite Ville chez sa propre mère pour leur éviter de sombrer sous les décombres de la Grande Ville. C'est auprès de cette grand-mère aride qu'ils grandissent dans un dénuement qui n'est pas mal vécu. L'un et l'autre grandissent marge d'une société qu'ils connaissent mal. Dans ce monde qu'ils se construisent l'un pour l'autre, ils cherchent à s'endurcir et la douleur est provoquée pour être domptée. Ils grandissent entre deux murs immenses : la vérité l'un envers l'autre – vérité qu'ils couchent dans un grand cahier – et le mensonge pour les autres, et parfois pour eux-mêmes.

Au fil des tomes, ils grandissent et leur vie se peuple de fantômes de chair, d'os et d'esprit. L'auteure joue avec le lecteur en déconstruisant par morceaux l'histoire déjà écrite. Elle déploie son talent à plusieurs niveaux. Justement dans cette fiction qui revient sur ses pas et se corrige, voire se nie. Mais également grâce à une plume d'une sobriété déroutante. C'est sans état d'âme qu'elle raconte, annulant toute représentation morale préétablie. Aucun voyeurisme dans ces pages, mais une exposition de faits qui se heurtent les uns les autres, effleurant à peine les personnages mais remuant nécessairement le lecteur. Il y a une beauté froide dans cet épurement et une violence sourde dans ces histoires emplies de solitudes et d'amours extrêmes et extrêmement malmenées.


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C'est dans un style très simple, très épuré, qu'Agota Kristof nous emporte dans le récit passionnant de deux frères jumeaux durant la Seconde Guerre Mondiale.

Moi qui m'attendais à un récit terre-à-terre du genre "Au revoir les enfants", j'ai été fort surpris par ce style très particulier. En effet, derrière l'apparence d'un conte pour enfants et au fur et à mesure que le lecteur entre dans le récit, c'est à l'âpreté d'une vie cruelle et misérable, aux horreurs de la guerre, que l'on est confronté.

Et puis, survient ce qui confère à cette "trilogie" son cachet si particulier, sa touche personnelle qui en fait une oeuvre unique : une touche subtile de fantastique, un zeste de dérèglement psychologique que l'auteur laisse lentement pėnétrer dans l'esprit du lecteur... Qui des deux jumeaux est le narrateur ? Derrière l'anagramme formé par les prénoms de Lucas et Claus, n'est-on pas face à une maladie psychique magistralement restituée par le talent littéraire d'Agota Kristof ?...

Une tournure dramatique totalement bluffante attend le lecteur qui se plongera dans ce roman.

Une belle découverte en ce qui me concerne !

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La trilogie des jumeaux est un ensemble de romans qui en réalité ne font qu'un seul récit. Agota Kristof publie "Le grand cahier" en 1986 (directement en français). le roman forme un tout et l'histoire semble s'arrêter là. Sauf que les publications de "La preuve" en 1988, puis du "Troisième mensonge" en 1991 remettent en cause ce qu'on a lu dans le premier livre.

Si l'univers reste le même (cette petite ville hongroise, bien que jamais citée ou située), les personnages réapparaissent, mais le point de vue différent et les distorsions du récit obligent le lecteur à questionner ce qu'il a déjà lu. Pour preuve le changement de narrateur, selon les récits : « nous » dans "Le grand cahier", « je » (mais un « je » différent) dans les deux autres romans.

Au départ, donc, des jumeaux sont confiés par leur mère à une grand-mère qu'ils n'avaient jusqu'alors jamais connue, dans une petite ville de province. La femme est sale, haineuse, fait travailler les enfants et les insulte constamment. Pour survivre les enfants vont faire des exercices pour s'endurcir et leur attitude se révèle étrange, troublante voire inquiétante.

Tout sentiment ou empathie leur semble inconnu. Ce qui ne les empêche pas d'aider la voisine handicapée et leur fille… comme un devoir.

Un sentiment trouble, voire un malaise, s'empare du lecteur au fil des pages et pourtant impossible de lâcher le livre, tant la destinée tragique des jumeaux intrigue. Capables de violence comme de gestes d'entraide envers leur entourage et tout cela avec une logique qui leur est propre.

Les romans suivants ne feront qu'accentuer cette attitude, avec l'interrogation supplémentaire sur l'existence réelle ou supposée d'un jumeau, les années qui passent, les blessures qui perdurent. Sans oublier l'évolution sociale et politique du pays : la guerre, puis l'occupation par le « libérateur », une frontière fermée vers l'Ouest.

Un ouvrage, trois romans, une lecture souvent dérangeante, un style sec et incisif comme taillé au couteau, "La trilogie des jumeaux" a propulsé à juste titre l'auteure parmi les grands écrivains de la fin du XXe siècle. du grand art.

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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation

" J'essaye de raconter mon histoire, mais je ne peux pas, je n'en ai pas le courage, elle me fait trop mal. Alors j'embellis tout." Agota Kristof.

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« Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d’autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n’écrira rien est un être perdu, il n’a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256)

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« J’essaie d’écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l’histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335)

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« Quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)

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« À force d’être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu’ils portent en eux s’atténue. » (p. 27)

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