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Elisée Reclus (Préfacier, etc.)Frank Mintz (Préfacier, etc.)
EAN : 9782912339171
298 pages
Éditeur : TOPS (12/11/2002)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Les meilleurs d'entre nous, si leurs idées ne devaient plus passer par le creuset du peuple pour être mises à exécution, et s'ils devenaient maîtres de cet engin formidable - le gouvernement - qui leur permit d'en agir à leur fantaisie, deviendraient dans huit jours bons à poignarder.

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
BVIALLET
  14 juillet 2019
Né en 1842, mort en 1921, Pierre Kropotkine, issu de la haute aristocratie russe, fut à la fois géographe, explorateur, zoologiste, et anthropologue. Il est surtout connu comme théoricien du communisme libertaire. Avec Bakounine, Fourier et Proudhon, il est considéré comme un des penseurs majeurs de l'anarchisme et comme le fondateur de ce mouvement politique aussi radical que particulier. Accusé d'affiliation à « une société internationale ayant pour but de provoquer la suspension du travail, l'abolition de la propriété, de la famille, de la patrie et de la religion », en un mot, d'avoir commis par ses écrits un véritable attentat contre la paix publique, il dut purger trois années de prison en France. Mais que prônait cet imprécateur ? La véritable collectivisation des terres, des richesses et des moyens de production. Il voulait développer l'entraide, la solidarité prolétarienne, une morale basée sur la liberté, l'égalité, la fraternité et la justice sociale. Il fustigeait la spéculation et tous les profits indûment engrangés sur la sueur et le labeur des travailleurs. Il condamnait sans appel le capital et surtout la bourgeoisie qui avait manqué à toutes ses promesses lors des diverses révolutions (1789, 1830, 1848 et surtout au moment de la Commune qu'il étudie tout particulièrement comme étant la seule véritable tentative avortée de révolution anarchisante).
« Paroles d'un révolté » est un recueil comportant 19 articles précédemment parus dans le journal « La Révolte ». Publié en 1885, cet ouvrage pourra être lu sans problème de nos jours et certainement avec grand profit tant l'analyse des mécanismes révolutionnaires est pertinente. le lecteur s'apercevra au fil des articles que peu de choses ont changé et que d'une oppression, le peuple est passé à une autre peut-être encore plus hypocrite et plus rapace. Il comprendra que l'ordre bourgeois a toujours su récupérer toutes les révolutions, les a retournées à son profit. Les nantis osant même se présenter comme « socialistes ». Pour Kropotkine, tout « gouvernement révolutionnaire » est un oxymore, une forfaiture et un piège dans lequel sont tombées toutes les révolutions « sociales » sans aucune exception. Ce que l'Histoire nous a d'ailleurs montré ultérieurement. La Révolution de 1917, le stalinisme, le maoïsme, guerre d'Espagne, ne faisant que conforter a posteriori les thèses de l'auteur. Pour lui, il faudrait prioritairement abolir toute forme de propriété et procéder sans attendre à une expropriation généralisée. « Ni Dieu, ni maître », donc pas d'armée, pas de clergé, pas de gouvernement, pas de pseudo « représentants du peuple » qui ne songent qu'à se servir au lieu de servir, pas de taxes, pas d'impôts. Une commune, autant dire, une communauté, un communisme total, absolu, sans compromis. Il pensait cet avenir tout proche comme une suite logique de la Commune de Paris. Nous, grâce au recul que nous avons, savons qu'il donnait sans doute un peu beaucoup dans un idéalisme utopique sans parler d'un certain misérabilisme compréhensible vu l'époque. À lire pour qui veut en savoir plus sur ce courant politique qui ne parvint jamais à inscrire ses principes dans la réalité.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
stekasteka   25 novembre 2016
L’histoire du suffrage universel n’est-elle pas là pour le dire ? — Tant que la bourgeoisie a craint que le suffrage universel ne devînt entre les mains du peuple une arme qui pût être tournée contre les privilégiés, elle l’a combattu avec acharnement. Mais le jour où il lui a été prouvé que le suffrage universel n’est pas à craindre, et qu’au contraire on mène très bien un peuple à la baguette avec le suffrage universel, elle l’a accepté d’emblée. Maintenant, c’est la bourgeoisie elle-même qui s’en fait le défenseur, parce qu’elle comprend que c’est une arme, excellente pour maintenir sa domination, mais absolument impuissante contre les privilèges de la bourgeoisie.
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stekasteka   25 novembre 2016
« L’inviolabilité du domicile ? — Parbleu ! inscrivez-la dans les codes, criez-la par-dessus les toits » ! disent les malins de la bourgeoisie. — « Nous ne voulons pas que des agents viennent nous surprendre dans notre petit ménage. Mais, nous instituerons un cabinet noir pour surveiller les suspects ; nous peuplerons le pays de mouchards, nous ferons la liste des hommes dangereux, et nous les surveillerons de près. Et, quand nous aurons flairé un jour que ça se gâte, alors allons-y drument, fichons-nous de l’inviolabilité, arrêtons les gens dans leurs lits, perquisitionnons, fouillons ! Mais surtout, allons-y hardiment, et s’il y en a qui crient trop fort, coffrons-les aussi.
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stekasteka   25 novembre 2016
Il y a droits et droits. Il y a des droits pour lesquels le peuple est toujours resté froid, parce qu’il sent parfaitement que ces droits ne sont qu’un instrument entre les mains des classes dominantes pour maintenir leur pouvoir sur le peuple. Ces droits ne sont pas même des droits politiques réels, puisqu’ils ne sauvegardent rien pour la masse du peuple ; et si on les décore encore de ce nom pompeux, c’est parce que notre langage politique n’est qu’un jargon, élaboré par les classes gouvernantes pour leur usage et dans leur intérêt.
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BVIALLETBVIALLET   14 juillet 2019
L'agiotage tuant l'industrie, c'est cela qu'ils appellent la gérance intelligente des affaires ! C'est pour cela que nous devons - disent-ils - les entretenir !
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