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EAN : 9782375793046
540 pages
Critic (17/05/2024)
3.96/5   12 notes
Résumé :
Antarctique, 2070.

Mila Stenson est l’héritière tourmentée d’une multinationale tentaculaire, fondée sur le cryo-dollar et le réchauffement climatique. Mais depuis quelques années, la situation se dégrade. La chute inexpliquée des températures menace son empire et des rêves étrangement vivants troublent son sommeil.

Lorsqu’un message, détecté dans la glace et rédigé dans une langue inconnue, arrive soudain à son attention, c’est le décl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Le froid déjoue les prévisions : normalement, tout montre que le réchauffement climatique devrait perdurer. Et pourtant, les températures baissent progressivement. Indirectement, plusieurs femmes et hommes vont enquêter sur cette incohérence.

Mila Stenson est une riche héritière qui a su faire fructifier l'héritage de ses parents, qu'elle a à peine connus car ils sont morts alors qu'elle était tout jeune. Mais elle arrive à un moment où elle piétine dans son existence et ses investissements. Et des phénomènes étranges la perturbent : un grand disque noir ourlé de flammes bleues vient parfois envahir son champ de vision. Et cela l'entraîne dans des rêves qui paraissent si vivants ! Rêves qui tournent tous autour d'une région froide et gelé, l'Antarctique. Et les quelques expéditions qui ont tenté l'aventure de sa découverte. Paul Damann, lui, travaille sur la station polaire de Self-HealthSteem, une compagnie appartenant à Mila Stenson et qui est censée permettre aux personnes amputées de retrouver des organes fonctionnels. Mais depuis quelques temps, la station accueille surtout des personnes très riches qui tentent d'améliorer leurs corps vieillissants. Enfin, Valda Kalitsch est une scientifique. Une des dernières de cette deuxième moitié du XXIe siècle, car les financements ont continué à baisser et la recherche a toujours été jugée trop chère. Voire inutile. Mais elle continue envers et contre tout, avec énergie et passion, à étudier la glace, le froid.

Et justement, ces trois personnages, qui ne se connaissent, au début du roman, ni d'Ève, ni d'Adam, vont finir par se rencontrer et chercher, ensemble, les raisons de la baisse progressivement inquiétante des températures sur notre planète. Car, comme je l'ai dit en introduction, les mesures s'écartent de tous les modèles établis jusque-là. Joie penseraient certains climato-sceptiques, trop heureux de voir ces maudits écolos se tromper dans les grandes largeurs ! N'empêche que tout cela est plus que préoccupant.

Mais en même temps passionnant. Car, je le pense depuis le début, Jean Krug est un auteur talentueux, qui manie avec brio le rythme et les personnages. Dès le début de la Couleur du froid, on est happé par la vie de Mila et de Paul. Les mystères s'accumulent, sans pour autant ressembler à une interminable liste de courses. Notre esprit est dès le début titillé par ces questions qui les hantent. Et, par ricochet, nous hantent. D'autant que le thème est central : l'avenir de la planète
(doit-on aller sur Mars, par exemple ?) ; l'avenir de l'espèce humaine. Ça rappelle quand même sacrément ce qu'on est en train de vivre. Même si dans ce roman, c'est le froid qui l'emporte face aux canicules qui devraient être notre quotidien prochainement (quoique, ces temps-ci, la chaleur manque dans pas mal de département pour ce mois de juin assez peu ensoleillé). Qu'est-ce qui explique cette descente des températures ? D'où vient ce froid si vif qu'il semble vivant et capable de pénétrer en nous par le moindre pore de notre peau ?

Il faudra parcourir les plus de cinq cents pages de la Couleur du froid pour connaître les réponses. En fait, non, dès la moitié du récit, on comprend beaucoup. La deuxième partie est plus une tentative de résolution, accompagnée d'explications scientifiques progressives et très vulgarisées (j'ai compris l'essentiel et, comme je le dis toujours, mon bagage en sciences dures est plus que léger) du problème enfin compris. Et toujours surgit la musique de la glace. Déjà très présente dans le premier ouvrage de Jean Krug paru aux éditions Critic, le Chant des glaces (2021) où les chanteuses et les chanteurs cherchent le cryel en utilisant la voix pour « manier » la glace, elle est ici un élément nécessaire à la bonne compréhension de l'intrigue. Car pour l'auteur, la glace possède une harmonie. Et elle la partage avec nous, si nous savons écouter. Sa richesse en teintes, en composition, en densité, est telle qu'on ne peut que comprendre sa richesse exceptionnelle. Pourquoi ne pourrait-elle pas également, dans ce cas, tenter de communiquer ? Car, par certains côtés, elle semble vivante.

Pour finir, un petit mot, encore, sur un autre point qui me touche dans les textes de Jean Krug : son amour des mots, de leurs sonorités, de leur rythme. Dans Cité d'ivoire (2023) comme dans le Chant des glaces, il avait un personnage aux vocables fleuris, à l'élocution surprenante mais très expressive. Pas de ça ici, même si certains des protagonistes de cette histoire possèdent leur façon de parler propre. Par contre, l'auteur use toujours d'images frappantes, d'associations de mots étonnantes et sonores, d'énumérations parlantes : « à creuser, piocher, pelleter, trancher, cisailler, à brasser la poudreuse et les croûtes de regel, les sastrugis, à enquiller les horizons blancs ». Pour ceux qui, comme moi, ignoraient l'existence des sastrugi, voilà ce qu'en dit Wikipedia : « ligne de crête tranchante et irrégulière sur une étendue de neige résultant de l'érosion causée par le vent, de la saltation de particules de neige et de leur dépôt dans les régions enneigées. ». Et encore cette précision du vocabulaire et les jeux sur les parallèles, à propos de la glace : « à défaut de la dire affermie, j'aurais préféré la dire affirmée. » Mais je ne suis pas Weirdaholic, donc je vais cesser cette étude de texte précise.

Je suis toujours impressionné de voir comment Jean Krug parvient à se renouveler. Même si, bien sûr, ses thèmes de prédilection ressortent dans chacun de ses romans, les intrigues, leurs développements et même les personnages diffèrent et nous permettent de nous évader sans avoir l'impression de lire la même histoire. Dans les trois oeuvres que j'ai lues (et appréciées), le fond des récits m'enthousiasme, qu'il soit social et/ou scientifique. J'aime cette façon d'observer le monde et de tenter de s'y impliquer aussi par l'écriture. Une façon de peser sur notre monde par la fiction.
Et un message d'amour touchant à l'Antarctique.
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En SF, j'aime être secouée et challengée mais parfois le challenge est un peu trop haut pour moi. C'est le sentiment que j'ai eu au cours de cette lecture vraiment vertigineuse lors de laquelle j'ai dû m'accrocher presque à chaque instant, où j'ai cru parvenir au sommet avant de chuter dans la dernière ligne droite… Est-ce que ça me retire de mon plaisir ? C'est ce que nous allons voir.

Découvert avec le chant des glaces l'an passé lors de sa sortie poche, Jean Krug s'est rapidement imposé en trois romans, avec celui-ci et Cité d'Ivoire qui le précède, comme un auteur qui sait mettre ses connaissances scientifiques au service d'aventures propres à me retourner la tête. J'ai eu un peu de mal avec ma première expérience qui n'avait pas été aussi immersive et dépaysante que je l'aurais souhaité, mais j'avais déjà adoré son enthousiasme pour parler de l'univers qu'il aime et connaît si bien : les glaciers. J'avais en revanche eu une belle surprise avec son deuxième roman plus politique où avoir un scientifique comme auteur apportait vraiment quelque chose dans cette critique politico-climatique pertinente sur notre évolution technique et technologique. J'ai eu un peu un mélange des deux dans La couleur du froid.

C'était la première fois après le chant des glaces que je rencontrais une SF mettant en avant à ce point le froid, l'Antarctique et les expériences qui y ont lieu. J'ai adoré découvrir et m'immerger les deux pieds devant dans ce cadre rude et âpre, peu propice à la vie. J'ai très vite été fascinée devant les noms de Vostok et autres bases scientifiques. J'avais froid avec les héros, j'avais peur avec les héros, j'étais seule avec les héros. Car l'aventure proposée n'est pas une sinécure. C'est à la fois une plongée dans le cambouis de l'Antarctique et une plongée dans les tréfonds de chacun des personnages. L'idée de donner vie et d'incarner ce froid qui nous pénètre là-bas était excellent et l'auteur a vraiment su jouer à la fois de nos connaissances sur ce lieu et de nos peurs quant à l'évolution de notre climat.

Mais tout son talent est de ne pas aller là où il est déjà allé, ni là où d'autres sont déjà allés et de proposer quelque chose de neuf et de rapidement vertigineux. L'inconvénient, c'est que pour le suivre dans cette aventure et dans les concepts qu'il propose, il faut avoir non pas le coeur mais le cerveau bien accroché et je l'ai rarement eu autant en surchauffe. D'habitude, lors des écrits de hard SF, je m'accroche mais j'arrive à visualiser, à comprendre l'essentiel et ça passe. Ici, j'ai vraiment dû faire des efforts intenses avec cette entropie et cette thermodynamique couplée dans une théorie tout droit sortie de l'imagination de l'auteur sur « la science du Froid », rendu vivant sous sa plume. Alors, j'ai adoré toute la mythologie dont il l'entoure, car pour moi ça tient quand même plus de la mythologie que de la science au final, malgré ses tentatives d'explications logiques et scientifiques. Mais c'est tellement tiré par les cheveux et non raccrochable, je crois, aux connaissances actuelles, que j'ai plus pris ça pour une extrapolation fantaisiste fascinante mais non crédible. Bref, j'ai aimé le voir nous en décrire les concepts et les concepteurs, les courants de pensées qui s'opposent, les expériences et observations, le tout au cours d'une aventure pleine de mystères.

Les mystères du récit m'ont vraiment tenue en haleine 80% du temps. J'ai aimé suivre, souvent sur une double temporalité, d'abord le personnage de Mila, héritière d'un vaste conglomérat scientifique qui part un peu en Antarctique sur les traces de ses parents et pour l'avenir de la Terre, suite à de mystérieuses découvertes incompréhensibles. J'ai aimé la suivre dans son périple entre froid et science où elle est vite rejointe par la scientifique Valda et l'artiste Paul, ce dernier travaillant pour elle pour tenter de faire quelque chose de sa vie suite à un deuil impossible. L'auteur mêle ainsi de vraies quêtes intérieures de personnages aux histoires familiales complexes, entre deuil et abandon, et mystères pseudo scientifiques autour de ce Froid et de ceux le théorisant. le côté périple, mystère et aventure aide vraiment à s'accrocher et ne pas se perdre dans l'histoire, contribuant à donner le vertige à chaque révélation et instant où on croit avoir saisi quelque chose de nouveau dans ce maëlstrom étrange et brumeux. Cependant il y a une sacrée surcharge cognitive qui a lieu petit à petit et j'ai été totalement perdue dans les 50 dernières pages T.T Dur dur alors que jusque là j'avais réussi à m'accrocher et suivre grâce à ce savant mélange d'histoires personnelles, de mystères et de sciences.

Je le regrette d'autant plus qu'à la fois les pistes scientifiques et les pistes humaines m'ont plu. J'ai adoré le personnage de Paul, ce veuf qui a perdu la vision des couleurs alors que c'était un artiste et qui a pris un job générique dans le coin le plus reculé du monde pour se cacher et se voiler métaphoriquement la face. J'ai trouvé à la fois poignant, poétique et fort symbolique, son histoire et son rapport aux couleurs et j'aurais aimé que l'auteur pousse cela encore plus loin, mais j'ai eu l'impression qu'il le lâchait en plein milieu de son évolution. J'ai également été fascinée par tout le travail conceptuel autour du Froid et j'ai grimpé de plus en plus haut au fil des trouvailles et révélations, pour là aussi avoir le sentiment d'avoir été lâché en plein vol avant de me crasher au sol lorsqu'on est arrivé à Arka Raan dans les derniers chapitres. On nous parle très tôt dans l'histoire et dans le résumé d'un certain message dans une langue inconnue. Je me suis donc dit que ce serait au coeur de l'histoire. J'ai eu l'impression que cela avait été longtemps oublié et puis quand ce fut repris, je n'en ai pas compris le but et l'intérêt. Son association avec toutes les théories sur le Froid est tombé à plat pour moi, je n'ai pas réussi à en comprendre le lien et l'importance. Enfin, il y a tout un volet politique et écologique, sur l'évolution climatique de notre planète que j'ai aussi trouvé sous exploité. On nous parle d'une Terre où le réchauffement est moins rapide que prévu. Je m'attendais là aussi à ce que ça nourrisse l'histoire. On est resté très en surface et l'explication m'a semblé un peu légère, un peu « c'est magique, pardon scientifique, et tais-toi…« . Je n'ai pas compris. Alors soit mon cerveau a fait une surchauffe et a loupé des informations, c'est possible, soit ça manque de développement.

La Couleur du Froid m'a donc emmenée aussi haut qu'elle m'a fait couler. J'ai adoré le vertige de cette conception du monde à travers une nouvelle entité vivante : le Froid. C'était fascinant, déstabilisant, challengeant. L'auteur a su nourrir mon imaginaire et me pousser à mieux comprendre la thermodynamique autour de nous, le tout dans une vraie aventure humaine riche et poignante autour des questions de deuil et d'abandon, avec également une touche de poésie autour de cette question des couleurs. Il m'a malheureusement définitivement perdue dans les ultimes soubresauts de cette quête et je n'ai pas trop compris ce que je faisais là au final, pourquoi on nous parlait de message, de dérèglement climatique, etc. Dommage. J'en garderai un sentiment de vertige et de froid quand même saisissant et effrayant.
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Héritière d'un empire économique, Mila Stenson gère ses affaires d'une main de fer. Alors que son projet d'aller coloniser Mars est au point mort, elle reçoit un étrange message de l'Antarctique la sommant de s'y rendre. En dépit de son aversion pour le froid, elle décide d'y aller en espérant, en même temps, trouver une réponse à ses inquiétants rêves qui hantent chacune de ses nuits ainsi qu'une solution pour son problème de santé puisque là-bas est implanté l'un de ses complexes médicaux ultra performants. Bien entendu, elle est loin de s'imaginer ce qui l'attend au coeur des glaces.

La Couleur du Froid est un roman d'anticipation qui nous propulse dans un futur proche, en 2070. Sans surprise la Terre est en souffrance. le projet de coloniser Mars, porté par certaines multinationales, piétine réduisant ainsi comme une peau de chagrin les chances de survie de l'humanité. L'Antarctique est devenue le théâtre des rivalités d'entreprises privées qui cherchent à y développer leur business ou un site privilégié pour l'armée qui y conduit ses essais. le traité sur l'Antarctique signé en 1959 garantissant la protection des lieux seulement dédiés à l'étude scientifique a donc été rompu.

Ainsi, Jean Krug a fait de l'Antarctique le coeur de son roman. Les descriptions sont vertigineux et les sensations sont intenses. Bien que l'endroit soit un objet d'étude depuis de nombreuses années, il est loin d'avoir révélé tous ses secrets. Or, l'auteur se sert de ses mystères que la rationalité scientifique n'explique pas pour y introduire un soupçon de surnaturel qui donne vie au froid. L'univers n'en est que plus immersif et intriguant puisque Jean Krug y mélange bien volontiers les genres. En effet, au-delà d'un récit prospectif reposant sur des principes scientifiques fort pédagogiquement expliqués, La Couleur du Froid est aussi un thriller qui essaime son lot de meurtres et de disparitions. Sans trop vous en dévoiler sur l'intrigue, Jean Krug parle de société secrète et manipule allègrement ses personnages et accessoirement ses lecteurs pour nous emmener sur un terrain très surprenant.

Cette science-fiction mêlant uchronie et horrifique nous entraîne au coeur d'une expédition glaçante. La Couleur du Froid est un texte riche de thématiques variées. En faisant de l'Antarctique presque son protagoniste principal, Jean Krug remet ce continent austral au coeur des préoccupations nous rappelant la nécessité de le protéger car il est la clé de la survie humaine.

Dans son livre, il change de paradigme. En effet, alors que l'humanité est obnubilée par le réchauffement, lui imagine plutôt une issue inverse davantage tournée vers un refroidissement climatique. Cela a le double intérêt de rappeler la nécessité du froid pour la régularisation des températures mais aussi et surtout que la vie dépend juste d'une question d'équilibre. Trop chaud ou trop froid aboutit au même résultat, à savoir la disparition de tout être vivant.

Au-delà de son propos écologique et climatique, il émet également une critique économique et sociétale en épinglant notamment cette aberration visant à détourner les améliorations que les nouvelles technologies permettent d'apporter au corps pour des fins futiles comme le prolongement de personnes âgées aisées. Il met donc en exergue le détournement des richesses pour servir exclusivement les intérêts privés plutôt que ceux de la communauté.

Le texte est puissant et la plume, engagée.

Jean Krug nous promet même une déferlante émotionnelle à travers sa communauté de personnages ballotés par le destin.

De livre en livre, sa plume s'affine pour nous livrer des textes de plus en plus incisifs. Entre décor grandiose et réflexions politiques et environnementales, Jean Krug se fait l'auteur d'un récit sans concession dont vous ne sortirez sans doute pas indemnes... plus sur Fantasy à la Carte.


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En 2021 paraissait le Chant des Glaces, premier roman de Jean Krug chez Critic. Jean Krug a la particularité d'être glaciologue et d'ecrire des romans entre deux expéditions en Antarctique. Son dernier ouvrage, La couleur du froid, est pour le mois de mai toujours chez Critic.

Nous sommes en 2070. le réchauffement climatique a laissé son impact sur la Terre. L'Antarctique a changé, les entreprises en lien avec le climat ont trouvé un nouveau territoire à exploiter. Mila Stenson est la présidente d'une multinationale tentaculaire dont le fonctionnement est lié aux changements climatiques. Elle a hérité son entreprise à la mort de ses parents. Depuis quelques années, le temps semble changer et les températures baissent. Mila est aussi sujette à des rêves étranges et des soucis de vision. Dans le même temps des messages apparaissent dans la glace de l'Antarctique.

Le récit suit 3 fils narratifs principaux et trois personnages qui vont se retrouver lier par des évènements étranges. Mila va s'entourer de Valda Kalitsch, une climatologue maladroite et brillante avec qui elle va se lier d'amitié. Paul Damann, un technicien polaire rongé par son passé, va se joindre à l'aventure pour essayer de comprendre ces messages qui sont bizarrement lié à Mila et à son passé.

Le livre est divisée en 4 parties. Les deux premières parties posent les bases de l'histoire, permettent de se familiariser avec les différents personnages. Elles sont très prenantes, on a envie de comprendre ce qui se passe, pourquoi Mila a des visions d'époques passées et où tout cela va les mener. Puis les 2 parties suivantes apportent les explications à tous ces mystères. L'auteur y développe toute une mythologie sur le froid intéressante et bien construite. Pourtant, j'ai trouvé ces explications un peu trop complexes, un peu alambiquées pour vraiment y croire. J'ai été plutôt déstabilisée par cette deuxième partie du roman, même si je la trouve pleine de qualités. Ce qui fait que j'ai aussi eu du mal à véritablement m'attacher aux personnages, par manque d'empathie pour eux.

La couleur du froid est ainsi une lecture agréable et prenante. L'auteur y déploie une mythologie très imaginative autour de sa passion pour le froid. La première partie du roman est très réussie.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Puisque l'été est là, au moins selon le calendrier, pourquoi ne pas se rafraîchir en partant en direction l'Antarctique, avec La Couleur du froid de Jean Krug ? Dans ce livre, l'auteur nous projette quelques années dans le futur, en 2070, alors que le réchauffement climatique s'est mystérieusement inversé et que les cryo-dollars sont devenus la monnaie de référence. Mila Stenson, héritière d'une multinationale qui a bâti sa fortune sur le dérèglement climatique, la recherche médicale et la course à l'espace, souffre de rêves étranges et de troubles de la vision. Et si la réponse se trouvait au plus près du pôle Sud, et la forçait à affronter son histoire familiale ?
Commençant comme un thriller écologique, La Couleur du froid change de facettes à chaque détour : hard SF avec la rencontre d'une nouvelle forme de vie et les explications scientifiques et artistiques qui la supportent, roman d'aventure quand les protagonistes affrontent la tempête ou se retrouvent dans des lieux extraordinaires, littérature « blanche » dans certains passages sur le passé de Paul ou de Mila, incursions temporelles. Ce qui peut décontenancer quand on s'attend à un roman de SF pure et dure. Personnellement, je ne m'attendais à rien de précis et je n'ai pas été déçue. Je me suis simplement laissée porter par l'histoire sans chercher à deviner où l'écrivain voulait nous emmener. Et même s'il y a quelques facilités (le statut réel de Mila qui se devine assez vite, les clichés sur les différentes factions de « froidscients » et la Coda) et que parfois au contraire, j'ai dû interrompre ma lecture pour rafraîchir mes connaissances sur le démon de Maxwell ou les ondes gravitationnelles, cette lecture fut un bien agréable voyage que je recommande. Aux amateurs de SF ou non, d'ailleurs.
Lien : https://www.outrelivres.fr/l..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Finalement, le luxe ne résidait pas dans les hôtels hors de prix ou dans les stations spatiales. Il n'était pas non plus dans les plats mijotés des restaurants chics ni dans le faste des suites de Self-HealthSteem. Il se terrait ailleurs. Partout ailleurs, en fait. Dans tous les plaisirs simples dont cet endroit était profondément dépourvu et que, paradoxalement, il intensifiait. Dans l'odeur laineuse d'une couverture épaisse, dans le confort d'une nuit sans vent, dans la saveur d'un rayon de soleil. Dans la perspective inhabituelle de cet horizon qu'on apercevait le soir, cet horizon cassé, qui substituait à l'habituelle platitude neigeuse un tacheté de formes et de couleurs, de rayons de soleil fracassés sur les hautes falaises et de ses éclats miroitants posés sur un bras de mer.
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Par quel mécanisme la science pouvait-elle admettre l'incompréhensible, autrement que par la plus franche humilité ? Autrement que par l'abandon de toute forme d'orgueil ? Autrement que par l'ouverture la plus totale et par l'émerveillement ? Cet instant fut celui où je laissai mes pensées cartésiennes s'égarer dans mes sensations fluides et dans la joie enfantine générée par ma surprise glacée.
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Pendant un temps à la fois court et proprement interminable, ma vision fut à nouveau gommée par ce disque n*ir, *paque et parfaitement circulaire. Ce cercle rayé de flammes bleutées, ce trou n*ir et ses putains de jets ionisés. Mon cerveau brûla, mes sens saturèrent au point que je ne sus plus où étaient mon c*rps, mes bras, mes pensées. Etais-je déjà morte, fauchée par cette balle ? Etais-je quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre, dans ce monde ou ailleurs ? Aucune idée. La lumière n*ire qui m'environnait était aussi dense qu'un c*smos rayonnant et aussi asséchée que le vide.
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– Cela fait des années qu'on t'observe, Mila.

– Vous n'avez rien d'autre à faire de votre temps libre ?
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Vivez, étape par étape, la conception de l'illustration destinée à la couverture de "Cité d'Ivoire" le deuxième roman de Jean Krug. Réalisation Sébastien Annoni.
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