AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

François Kérel (Traducteur)Elizabeth Turner Pochoda (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070370437
Éditeur : Gallimard (19/07/1978)

Note moyenne : 4/5 (sur 614 notes)
Résumé :

L'univers absurde d'une station thermale spécialisée dans le traitement de la stérilité sert de décor à cette valse mi-tragique, mi-grotesque. Dans cette lutte éternelle entre les visions masculine et féminine de l'existence, avec un sens aigu de la dérision, Kundera nous invite à une parenthèse dialectique dont les deux volets, mouvement et immobilité, ne sont qu'une traduction des deux pôles identitaires qui sous-tendent toute son oeuvre : l'individu et le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
andman
  03 janvier 2015
Avec l'année nouvelle viennent les bonnes résolutions !
Deux ans sur Babelio et pas la moindre critique à mon compteur d'auteurs tels Michel del Castillo, Romain Gary, Milan Kundera, Vladimir Nabokov que je lisais avec délectation dans les années 80.
L'année 2015 sera en partie consacrée aux relectures : il me semble important de présenter aux plus jeunes des romans intemporels un peu tombés dans l'oubli, victimes en quelque sorte de la course à la nouveauté.
“La valse aux adieux”, dont l'écriture remonte au début des années septante, est le dernier roman écrit par Milan Kundera sur le sol tchécoslovaque. Quelques années plus tard, en 1975, il quittera “un pays qui ne veut plus de lui” pour s'installer en France.
Depuis la fin du Printemps de Prague, l'écrivain n'a de cesse de dénoncer le néo-stalinisme ambiant. “La valse aux adieux” ne déroge pas à la règle : la chape de plomb qui s'est abattue sur le pays durant l'été 1968 est présente en filigrane tout au long de l'intrigue.
L'espace temps de ce roman n'excède pas cinq jours et se déroule au sein d'un havre de paix, en l'occurrence une ville d'eau au charme désuet. De par l'enchevêtrement des relations entre les huit personnages principaux, les premiers chapitres donnent l'impression trompeuse d'une comédie de boulevard saupoudrée de marivaudage.
Dans cette station thermale où l'essentiel des curistes se compose de femmes en recherche de fécondité, ne voilà-t-il pas que la plus jolie des infirmières, Ruzena, est enceinte. Elle n'en est pas certaine mais se persuade que le géniteur est un trompettiste de renom, Klima, avec lequel elle a passé la nuit qui suivait le concert donné dans la petite ville quelques semaines auparavant.
Ruzena se garde bien d'annoncer à son petit copain Frantisek, le mécanicien, ce début de grossesse et choisit au contraire d'appeler au téléphone le trompettiste pour lui annoncer l'heureux événement.
La réaction catastrophée du musicien est le point de départ d'un drame ahurissant qui surviendra quatre jours plus tard. Personne, pas même la police, ne comprendra vraiment de quoi il en retourne.
Seul le lecteur, guidé d'une main de maître par un auteur retors au possible, sera au courant des tenants et aboutissants d'une tragédie dans laquelle le hasard et la malchance se taillent une place de choix.

Milan Kundera ne s'embarrasse pas de complaisance avec ses personnages et met l'accent sur les aspects les moins agréables de leur personnalité. S'il est une constance qui se dégage de ses différents romans, c'est bien sa défiance des relations par trop fraternelles. L'incommensurable légèreté de l'être humain empêchera toujours l'illustre écrivain d'accorder une confiance aveugle à son prochain.

Laissez-vous entraîner dans cette valse endiablée à cinq temps, il est important de commencer 2015 du bon pied !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8613
Merik
  19 décembre 2016
Roman théâtral ou théâtre romanesque, une chose parait sûre, "La valse aux adieux" s'inspire du monde des planches. Dans une unité de lieu avec une ville d'eaux comme décor, la valse s'y danse à 5 temps de journées, comme autant d'actes. Les personnages s'y côtoient, s'y croisent, s'y entremêlent, les situations s'emberlificotent, évoluant au rythme des hypocrisies, mensonges et autres tromperies. Imbroglios, revirements de coeur, hypocrisies sentimentales égrainent la découverte de cette ville d'eaux où l'infertilité féminine se soigne à coups d'éprouvettes, de concerts, de jalousie, mais aussi d'amour (plus rarement).
Surpris tout d'abord par la forme de ce roman aux allures de vaudeville, j'ai été quelque peu déçu au départ, pour finalement être emporté par le foisonnement des histoires qui s'entrechoquent, par l'écriture toujours aussi fine et élégante de Kundera. Pas de doute, c'est bien le même auteur qui m'a emballé par le passé dans l'insoutenable légèreté, les risibles amours ou la plaisanterie. On y retrouve sa sagacité sur les moeurs humaines, son ironie latente, sa sensibilité à l'impermanence et son sens de l'humour, même si ici il se confronte à la tragédie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          352
Lolokili
  11 décembre 2015
Nous voilà comme au théâtre : unité de lieu, (presque) unité de temps. Nous voilà plongés dans l'oisiveté d'une ville d'eaux, de celles que fréquente le beau monde au siècle avant-dernier. Nous voilà dans un «vaudeville d'eaux» du coup, où en cinq jours et autant de chapitres, le comique et le tragique s'enlacent comme pour une dernière valse, désinvolte et grave à la fois.
En deux temps trois mouvements on entre dans la danse, tenté par cette valse des sentiments d'une insoutenable légèreté, saisissant le rythme enlevé de ce chassé-croisé d'identités hétéroclites, percevant la trompeuse mélodie du mensonge qui escorte les triangles amoureux, savourant le chant espiègle d'un destin goguenard qui se joue de ses victimes au fil des méprises et des hasards.
Jalousie, manipulations, arrivisme, tromperies… ce délectable roman possède presque autant de niveaux de réflexion que de thèmes abordés, ce qui en fait sa richesse tant encensée et le plaisir ensorcelant qu'il procure à le parcourir. En gros… j'ai vachement aimé.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          395
totom
  30 mars 2010
Une pure merveille!
Dérision féroce, humour absurde, profondeur effrayante, c'est toute une vision du monde (bien noire c'est vrai) qui est contenue dans cette histoire qui oscille entre le conte philosophique et la farce potache avec une légèreté de style et un brio extraordinaire!
un des livres que j'ai le plus offert, que je feuillette régulièrement avec plaisir .
ne ratez pas ce chef d'oeuvre qui se lit en deux heures!
Commenter  J’apprécie          290
JacobBenayoune
  26 janvier 2014
Roman et musique ne font qu'un pour Milan Kundera. Pour lui l'intrigue et la symphonie se composent de la même manière et les personnages doivent jouer chacun avec son instrument avec des variations sur le même thème (musical). le même morceau est joué par différents instruments.
Dans ce roman, le sort réunit plusieurs personnages dans une ville d'eaux. le sort ou peut-être un hasard qui a donné une grossesse à Ruzena du musicien célèbre Klima qui trompe sa femme pour mieux sentir son amour pour elle, pour lui revenir après avec une dose d'amour plus forte. Mais il faut trouver une solution à cette fécondité en plein lieu de stérilité où des femmes se soignent chez l'extraordinaire docteur Skreta pour avoir des enfants, ce dernier leur trouve une solution efficace en introduisant son sperme dans leurs entrailles. Dans le même entourage on trouve Jakub aux opinions nihilistes qui cherche sa liberté dans le contrôle de la mort, et le vieux riche Bertlef qui s'avère lui aussi un séducteur malgré ses idées dignes d'un saint.
Admirateur de Diderot dans son Jacques le fataliste, Kundera théâtralise son roman avec ces nombreux dialogues révélateurs des idées et des sentiments de ses personnages dont il maîtrise la psychologie avec profondeur. On y trouve d'ailleurs de très belles réflexions sur la mort, la liberté, la femme, la fécondité, la culpabilité.
La valse qui réunit ces personnages s'accélère jusqu'au dernier moment avec une tension forte où le tragique même est raconté avec un sourire. Ainsi les idées les plus graves sont exprimées avec une légèreté surprenante (surtout lorsqu'elles sont déclarées par Skreta au nez long, comme la plupart des enfants de la ville).
Personnellement j'ai beaucoup aimé ce livre (comme pour les autres livres de Kundera).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
minilaureminilaure   16 octobre 2011
L'humanité produit une incroyable quantité d'imbéciles. Plus un individu est bête, plus il a envie de procréer. Les êtres parfaits engendrent au plus un seul enfant, et les meilleurs, comme toi, décident de ne pas procréer du tout. C'est un désastre. Et moi, je passe mon temps à rêver d'un univers où l'homme ne viendrait pas au monde parmi des étrangers mais parmi ses frères. (p. 153)
Commenter  J’apprécie          240
patatarte2001patatarte2001   11 janvier 2017
- Je pars pour l'étranger. et pour longtemps
- C'est une chose que je vous envie dit-elle
- Il n'y a pas de quoi m'envier. J'ai l'impression, en ce moment, que je ne devrais pas m'en aller.
- Pourquoi ? Vous commencez à vous plaire ici, au dernier moment ?
- C'est vous qui me plaisez. Vous me plaisez terriblement. Vous êtes infiniment belle...J'ai vécu en aveugle. En aveugle. Aujourd'hui pour la première fois, j'ai compris que la beauté existe. Et que je suis passé à côté...Je voudrais tout faire pour vous attacher à moi. Je voudrais tout abandonner et vivre différemment toute ma vie, rien que pour vous et à cause de vous. Mais je ne le peux pas, parce qu'en ce moment je ne suis plus vraiment ici. Je devais partir hier et aujourd'hui je ne suis plus ici que mon ombre attardée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
LolokiliLolokili   14 décembre 2015
Olga eût-elle été un peu plus sotte, elle se serait trouvée tout à fait jolie. Mais comme c’était une fille intelligente, elle se jugeait beaucoup plus laide qu’elle ne l’était en réalité car, à vrai dire, elle n’était ni laide ni jolie et tout homme aux exigences esthétiques normales eût volontiers passé la nuit avec elle.
Commenter  J’apprécie          190
claudia_tros_coolclaudia_tros_cool   04 janvier 2014
Elle était allongée sur le dos, la tête enfoncée dans l'oreiller, le menton légèrement levé et les yeux fixés au plafond et, dans cette extrème tension de son corps ( elle le faisait touours songer à la corde d'un instrument de musique, il lui disait qu'elle avait «  l'âme d'une corde »), il vit soudain, en un seul instant, toute son essence. Oui, il lui arrivait parfois ( c'étaient des moments miraculeux) de saisir soudain, dans un seul de ses gestes ou dans ses mouvements , toute l'histoire de son corps et de son âme. C'étaient des instants de clairvoyance absolue mais aussi d'émotion absolue ; car cette femme l'avait aimé quand il n'était encore rien, elle avait été prête à tout sacrifier pour lui , elle comprenait en aveugle toutes ses pensées, de sorte qu'il pouvait lui parler d'Armstrong ou de Starvinski, de vétilles et de choses graves, elle était pour lui le plus proche de tous les êtres humains...puis il imagina que ce corps adorable, ce visage adorable, étaient morts, et il se dit qu'il ne pourrait pas lui survivre un seul jour. Il savait qu'il était capable de la protéger jusqu'à son dernier souffle, qu'il était capable de donner sa vie pour elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LolokiliLolokili   11 décembre 2015
« Séduire une femme, dit Bertlef mécontent, c’est à la portée du premier imbécile. Mais il faut aussi savoir rompre ; c’est à cela qu’on reconnaît un homme mûr »
Commenter  J’apprécie          285
Videos de Milan Kundera (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Milan Kundera
Pour répondre à ceux qui le traitent de "réactionnaire", le philosophe Alain Finkielkraut a fait le choix de raconter dans un nouvel ouvrage les étapes de son parcours intellectuel. Des écrivains et philosophes qui l?ont guidé et accompagné, comme Milan Kundera, Martin Heidegger, ou encore Pascal Bruckner, à ses réflexions sur l?absence de contradicteurs au sein du débat démocratique, Alain Finkielkraut souhaite raconter au lecteur "d?où il parle".
L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 17 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/saison-26-08-2019-29-06-2020
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤13Abonnez-vous6¤££¤6khzewww2g
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Littérature tchèqueVoir plus
>Littératures indo-européennes>Balto-slaves : Bulgare, macédonienne, serbo-croate>Littérature tchèque (42)
autres livres classés : littérature tchèqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Milan Kundera

Presque tous les romans de Kundera comportent le même nombre de parties : quelle est la structure type de ses romans ?

3 parties
5 parties
7 parties

10 questions
85 lecteurs ont répondu
Thème : Milan KunderaCréer un quiz sur ce livre
.. ..