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ISBN : 2505016917
Éditeur : Dargaud (01/03/2013)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 128 notes)
Résumé :
Ce récit raconte comment une jeune fille, Chun Xiou, est forcée de se bander les pieds suivant la tradition, et la torture que cela représente. Mais le calvaire ne s’arrête pas là, car avec la révolution elle va devoir supporter la pression d’une nouvelle société qui rejette toutes ses anciennes coutumes...
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Chrisdu26
  29 avril 2013
Souffrir pour être belle !
Foutaise ! Souffrir pour être sous l'emprise des hommes. Je comprends pourquoi la femme est plus endurante que l'homme à la douleur. Deux mille ans de soumission ça forge le caractère.
La loi du plus fort est toujours la meilleure. Ce vieil adage est toujours d'actualité malheureusement, les pieds et les seins bandés, l'excision, le voile, paraître 15 ans plus jeune et j'en passe.
L'auteur, Li Kunwu, raconte avec pudeur et beaucoup d'amour la vie de sa nourrice Chunxia. Il nous dévoile 60 ans de souffrance et de calvaire que fut la vie de cette femme dans une Chine du début du XXème siècle. Ce one shot très riche nous apprend beaucoup sur la culture, les traditions et la révolution chinoise. A sa lecture je fus désorientée, en colère de voir ce petit bout de femme accepter avec résilience et résignation son sort.

Cette pratique remonte au Xème siècle. Un Empereur fétichiste des pieds, quelque peu dominant, vous en conviendrez, demanda à sa concubine de se bander les pieds afin qu'ils soient les plus petits possible et ceci tout simplement pour accroître son désir sexuel. Cette coutume se répandra dans le pays et durera jusqu'au XXème siècle. Mille ans de souffrance et de soumission : Toi femme, tu auras de tout petits pieds et ainsi tu ne pourras m'échapper : femme tu es, femme faible et chaste tu resteras. Voilà ce que raconte l'histoire de Chunxia. Pour qu'une Chinoise ait l'opportunité de faire un mariage avec un bon parti, elle devait avoir des pieds à taille idéale appelée Lotus d'or soit 7,5 centimètres. le passage dans ce récit de la pratique du bandage m'a fait grincer des dents, j'avais envie de secouer la mère de Chunxia et lui dire :
Comment peux-tu infliger ça à ta propre fille, toi qui as tant souffert ?
«Mais vous savez, une paire de petit pieds, c'est une grande jarre de larmes. A l'époque, je souffrais tant que je désirais mourir.»
Mais que peut-on sur le poids d'une symbolique, d'une tradition et le gouffre de la misère ?
«Plus tu es pauvre, moins tu te bandes les pieds, moins tu te bandes les pieds, plus tu es pauvre.»
L'histoire de cette femme est prenante, saisissante et très enrichissante sur le plan culturel. J'ai été quelque peu déçue par le graphisme, non pas parce qu'il est sombre mais les traits manquent parfois de finesse et de précision. Néanmoins, l'écriture tout en pudeur, prend vite le dessus sur le dessin et nous embarque dans une épopée chinoise intéressante, d'avant Mao, que peu de femmes auraient voulu connaître, même avec le plus beau parti du monde.
Après ce récit émouvant, qu'il fait bon danser, courir, marcher, s'enfuir, rester, sauter et s'il le faut mettre des coups de pied au cul !
Les pieds bandés, de l'espoir à la désillusion, une très belle histoire touchante que je conseille pour comprendre une période révolue !
Souffrir pour être belle ? Venez me le dire entre quatre yeux que je prenne mon pied !

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missmolko1
  04 juin 2015
Les pieds bandés est une bande dessinée magnifique et c'est un vrai coup de coeur pour moi, alors cette critique ne va absolument pas être objective, tant pis , j'assume !
Elle nous conte l'histoire de Chun Xiou qui est contrainte a se faire bander les pieds. Coutume plutôt barbare chinoise, les petits pieds étaient une garantie de faire un beau mariage : "Ce que l'on regarde en premier chez une jeune fille n'est pas son visage, ni même son corps, mais sa paire de pieds ! Avec des petits pieds, une jeune fille peut épouser un homme de haut rang et tout le monde la respectera. Elle mangera des plats raffinés, elle aura des vêtements de satin et de soie à profusion. Tout ce qu'elle désirera." ou encore "J'ai d'autres amies qui ont gâché leur vie à cause de cela. Plus tu es pauvre, moins tu te bandes les pieds, moins tu te bandes les pieds, plus tu es pauvre. Heureusement que ma mère s'est sacrifiée pour que j'aie les pieds bandés ! Sinon, comment aurais-je pu devenir une épouse dans la haute famille des Zhu ?"Je dis bien barbare, car les pages ou notre héroïne se fait bander les pieds sont très dures a lire : "Mais vous savez, une paire de petit pieds, c'est une grande jarre de larmes. A l'époque, je souffrais tant que je désirais mourir."
On aperçoit aussi l'évolution de la vie, la politique en chine au cours de la vie de Chun Xiou. On oscille sans arrêt entre tradition et modernité. On découvre une autre culture qui au final nous est assez étrangère.
Coté dessin, ils m'ont un peu choqué au départ. les visages sont un peu déformés les traits un peu irréguliers mais au final, je me suis laissée entraînait par l'histoire et je m'y suis vite habituée.
Au final, cette première rencontre est un succès et je vais me plonger dans d'autres de ses écrits, c'est certain.

Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Ziliz
  04 août 2016
** podophiles pédos, merci de ne pas lire ce billet, je m'en voudrais de nourrir vos fantasmes **
Instaurée au Xe siècle en Chine, la pratique des pieds bandés ne fut bannie qu'au début du XXe siècle, avec la révolution qui mit fin au régime impérial. Mais l'interdiction ne fut effective qu'après 1949, sous la République populaire de Chine - merci Mao, pour une fois !
Cette torture était infligée aux petites filles de six-sept ans - âge idéal car « la peau est douce et les articulations tendres ». Le remodelage du pied durait deux ans.
Le but ? Répondre aux fantasmes masculins, et espérer ainsi sortir de sa condition en faisant un "beau" mariage.
• « Ce qu'on regarde en premier chez une jeune fille n'est pas son visage, ni même son corps, mais sa paire de pieds ! Avec des petits pieds, une jeune fille peut épouser un homme de haut rang et tout le monde la respectera. Elle mangera des plats raffinés, elle aura des vêtements de satin et de soie à profusion, tout ce qu'elle désirera, même des objets venus d'Occident, comme ces petites horloges automatiques. De plus, elle t'appartient ! Elle ne pourra jamais se sauver. »
On imagine la violence de cette pratique et les souffrances endurées, quand on apprend que la taille idéale du pied bandé était de 7.5 cm*, et qu'il devait obéir aux critères suivants : "menu, mince, pointu, souple", en forme de bouton de lotus.
Album fort instructif, qui nous immerge dans la Chine féodale du début du XXe siècle. Les descriptions du bandage de pied sont insoutenables, mais courtes, heureusement. Je regrette que le récit soit un peu décousu et que le trait soit si peu agréable ; les visages sont bizarrement laids et distordus - à l'image des pieds bandés, cela dit...
Une page d'histoire-géo à connaître (cette coutume a perduré pendant plus de mille ans, quand même !), qui nous invite à réfléchir aux exigences de la mode, directement inspirées des fantasmes masculins.
Quid de nos soutien-gorge, strings et talons ? Confort ou allure sexy, il faut choisir...
* à titre indicatif : 23 cm du talon à la pointe du pouce quand on chausse du 38
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Myriam3
  19 décembre 2014
Qu'importe la société qu'on interroge, qu'importe le pays où l'on se trouve, les preuves de l'inégalité hommes -femmes et la maltraitance de ces dernières pleuvent.
Jusqu'à la fin de l'époque féodale, c'est-à-dire juste avant l'arrivée des Communistes et de Mao au pouvoir en Chine, les petites filles dont on voulait assurer un avenir prometteur - c'est-à-dire un mariage riche - se retrouvaient les pieds bandés pour qu'ils restent petits, preuve d'élégance et surtout de fragilité: bref de quoi titiller la virilité des hommes...
Les pieds bandés, si pour vous ce n'est pas très clair, ça signifie: plier les orteils sous la plante des pieds en brisant les os et enrober fermement le tout de rubans avant d'enfermer ces pieds dans de petits chaussons aux embouts durs et solides. Ca signifie aussi souffrir le martyr pendant des années, ne plus pouvoir courir mais marcher à petits pas, et avoir à la place des pieds une masse informe, recroquevillée et malodorante qui étrangement fait chavirer les hommes chinois.
Enfin, avoir les pieds bandés, ça signifie être courtisé par les plus riches, recevoir des cadeaux de l'Occident, et être sous le regard admiratif de tous si en plus on a "les pieds en lotus d'or (7,5cm!)".
Ici donc, Li Kunwu rend hommage à sa nanny, qui lui a un jour raconté son histoire, et cet hommage se fait avec beaucoup de délicatesse et de respect pour cette vieille femme.
On y découvre également, de manière plus générale, L Histoire tourmentée de la Chine le long du vingtième siècle et le sort des Chinois, lors de la révolution.
J'ai beaucoup apprécié le thème du livre; en revanche je n'ai pas accroché aux illustrations que j'ai parfois eu du mal à comprendre et dont je n'aime pas le tracé, malheureusement; Mais c'est un riche témoignage d'une époque tout juste révolue.
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trust_me
  03 octobre 2013
« L'âge idéal est six ou sept ans quand la peau est douce et les articulations tendres. Il faut d'abord préparer deux petites paires de souliers bien cousus et tout l'équipement nécessaire : une bande blanche de tissu de chanvre, raidie avec l'amidon, bien sèche et enroulée ; également une paire de ciseaux, un dé à coudre, une bonne aiguille et du gros fil de couture, sans oublier de l'alcool jaune, une cuvette, du coton, des chutes de tissu… Ah oui, j'allais oublier, il faut encore du sang frais de chèvre. » « La potion est amère mais le jeu en vaut la chandelle. »
Au début du 20ème siècle, en Chine, si une femme voulait se marier avec un fils de bonne famille, elle devait avoir de tout petits pieds. Et pour avoir de tout petits pieds, il fallait les bander de manière abominable, une vraie torture. Une torture qu'a dû endurer Chunxiu. Elle n'avait que huit ans lorsqu'on lui a bandé les pieds. Dix ans plus tard, alors qu'elle était devenue une magnifique jeune femme prête à marier, l'armée révolutionnaire renversa l'empereur et édicta de nouvelles règles. Les vestiges de l'institution féodale furent bannis et le bandage des pieds interdit. Retournant dans son village natal, Chunxiu devint, suite à un événement tragique, une simple paysanne puis la nounou de Li Kunwu, l'auteur de ce one-shot en tout point édifiant.
Un douloureux destin de femme intimement lié à celui de son pays. Un destin individuel qui symbolise l'évolution de la Chine et sa marche forcée vers la révolution communiste. J'ai trouvé les pages où est décrite la technique du bandage à la limite de l'insoutenable. Quelle horreur ! le personnage de Chunxiu est pour sa part touchant. Elle a traversé avec une étonnante dignité une existence pas épargnée par le malheur. Li Kunwu mélange avec bonheur la petite et la grande histoire. Son propos est clair et la progression chronologique se fait sans heurts. Une vraie maîtrise de la narration en somme.
Coté dessin, j'ai bien aimé ce noir et blanc (of course !) à l'encrage épais et un peu tremblotant. Les scènes de foule et de marché sont notamment très réussies.
Un bel album, riche et instructif.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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critiques presse (6)
BDSelection   17 mai 2013
Cet album, magistralement maîtrisé sur le plan graphique, est intense. Li Kunwu fait à la fois œuvre d’ethnologue en décrivant et expliquant très précisément les techniques employées pour obtenir des pieds capables d’entrer dans des chaussures brodées de 7,5 centimètres.
Lire la critique sur le site : BDSelection
BDGest   08 avril 2013
Le ton est donné dès l’introduction : grave, pudique et juste. Il imprègne entièrement l’œuvre, suscitant une émotion qui devient particulièrement vive lors de la mutilation subie par l’héroïne, acte terrible et douloureux longuement circonstancié et mis en scène sans ménagement.
Lire la critique sur le site : BDGest
BullesEtOnomatopees   03 avril 2013
Les pieds bandés est un très beau témoignage, complexe et touchant, de Li Kunwu en hommage à sa défunte nounou. Celle qui lui racontait les légendes d’antan, les « vieilleries féodales » honnies par le régime.
Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
ActuaBD   02 avril 2013
L’auteur chinois Li Kunwu livre un nouveau témoignage éclairant sur le vingtième siècle de son pays. Après sa passionnante chronique "Une Vie chinoise", Li Kunwu s’attache à expliquer la coutume des pieds bandés.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LeMonde   25 mars 2013
Cet ouvrage autobiographique raconte le triste sort de cette femme qui fut la nourrice de l'auteur à partir de 1959. Li Kunwu, d'abord spécialisé dans la BD de propagande, livre ici un travail quasi documentaire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   13 mars 2013
La nostalgie, camarade ? Magnifique, percutant, son dessin en noir et blanc, qui évoque la gravure sur bois, apporte à ce récit pudique une touchante épaisseur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   06 août 2016
- Vous devez préparer Chunxia. La potion est amère mais le jeu en vaut la chandelle. Le plus dur, ce sont les quinze premiers jours. Parlez-lui des garçons qui sont devenus eunuques pour entrer à la cour. Lequel n'a pas souffert le martyre pour obtenir cette place ? Réfléchissez à ce que doit être leur douleur au moment où on leur tranche leur racine d'homme... Eh oui !
- Ce n'est pas vraiment pareil. C'est plus rapide chez les hommes. Un couteau bien aiguisé qui caresse le bas-ventre. Tzong !
(p. 21)
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Chrisdu26Chrisdu26   28 avril 2013
Mais vous savez, une paire de petit pieds, c'est une grande jarre de larmes. A l'époque, je souffrais tant que je désirais mourir.
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Chrisdu26Chrisdu26   28 avril 2013
J'ai d'autres amies qui ont gâché leur vie à cause de cela. Plus tu es pauvre, moins tu te bandes les pieds, moins tu te bandes les pieds, plus tu es pauvre. Heureusement que ma mère s'est sacrifiée pour que j'aie les pieds bandés ! Sinon, comment aurais-je pu devenir une épouse dans la haute famille des Zhu ?
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alouettalouett   18 mars 2013
Ce que l’on regarde en premier chez une jeune fille n’est pas son visage, ni même son corps, mais sa paire de pieds ! Avec des petits pieds, une jeune fille peut épouser un homme de haut rang et tout le monde la respectera. Elle mangera des plats raffinés, elle aura des vêtements de satin et de soie à profusion. Tout ce qu’elle désirera
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raton-liseurraton-liseur   10 janvier 2014
Pero también existen algunos pies fuera de serie que no se encuentran en la provincia de Yunnan. Aquí los pies vendados de nuestras mujeres no pueden rivalizar con los mejores del país. Los pies de las mujeres de las provincias de Hunan y Sichuan son aceptables. Y los de las mujeres de Shanxi y de Tianjin son los que más fama tienen... (p. 64).

Tentative de traduction: « Mais il existe aussi des pieds hors catégorie, comme on n’en trouve pas dans la province du Yunnan. Ici, les pieds bandés de nos femmes ne peuvent rivaliser avec les meilleurs du pays. Les pieds des femmes des provinces du Hunan et du Sichuan sont acceptables. Ceux des femmes du Shanxi et de Tianjin sont les plus réputés… »
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