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EAN : 9782070135059
240 pages
Éditeur : Gallimard (05/01/2012)

Note moyenne : 3.01/5 (sur 45 notes)
Résumé :
« Elle n'avait pas eu une vie facile. Elle passait les détails, mais ce qu'il fallait qu'il sache, et puisque ça lui viendrait aux oreilles un jour ou l'autre elle devait le lui dire, c'est que les quatre hommes qu'elle avait aimés depuis son divorce étaient morts. Maurice faillit s'étrangler.
Ils sont morts de quoi ?
De mort naturelle, pardi !
Et ce fut elle qui s'étrangla de rire. Maurice la regardait, de plus en plus fasciné. Cette femme étai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  27 juillet 2014
Marianne admirait sa cousine Martine quand elles ont passé des vacances ensemble chez leur grand-mère. Marianne avait neuf ans, Martine treize. La grande prenait un malin plaisir à jouer les affranchies devant sa cousine timorée et la poussait à faire des bêtises. Elles n'avaient pas la même vie : Martine subissait la misère et les coups, Marianne était élevée dans un cocon.
Les cousines ne se sont guère revues depuis.
Elles se retrouvent plus ou moins par hasard une trentaine d'années plus tard. L'occasion pour Marianne de se rapprocher de sa famille maternelle. Triste famille en vérité où les mères rudoient les gamins, où les femmes sont alcooliques, dominent mais se font néanmoins copieusement tabasser par leurs hommes encore plus ravagés qu'elles par la picole.
Après avoir occupé des postes confortables de graphiste-designer, Marianne est au chômage. Elle y voit l'opportunité d'écrire un livre sur cette cousine. Elle la rencontre fréquemment sous ce prétexte. Elle s'y brûle les ailes, se mettant à boire elle aussi - passerelle obligée pour renouer avec cette famille dont sa mère l'a toujours tenu à l'écart ? Auto-complaisance au malheur dans cette quête étrange et dangereuse qu'elle ne comprend pas elle-même ? Rôle trouble de la cousine qui l'entraîne plus ou moins volontairement de l'autre côté du miroir ?
Terrible récit dont le côté sordide rappelle le 'Darling' de Jean Teulé.
Réflexions intéressantes sur les relations mère-fille, le poids de la famille, la fascination du glauque même (ou surtout ?) quand il est si proche... mais chez les autres.
Quel dommage que l'auteur finisse par nous enliser dans les jérémiades nombrilistes de la narratrice. Elle en voudrait à sa mère qui, en coupant les ponts avec sa famille, l'a empêchée de tutoyer la misère ? Pauvre petite fille un peu riche jusqu'alors épargnée par les problèmes financiers et le mal de vivre, le dégoût de soi. Pauvre femme privilégiée qui envierait ceux qui méritent la compassion des autres, telle cette cousine dans la mouise, alcoolique depuis l'adolescence, et brutalisée ?
Ne vous laissez pas tromper par le titre : cet ouvrage est noir et dérangeant, mais ce n'est pas un roman policier. On ne le lit pas dans le même état d'esprit qu'un thriller, loin s'en faut.
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mfgaultier
  15 novembre 2014
Comme le titre l'indique, Les raisons de mon crime est un roman noir mais sans coupable et sans cadavre, mis à part les bouteilles qui traînent ici ou là. C'est plutôt un roman inclassable, du style dérangeant et surprenant.
Marianne, qui vient de perdre son emploi, retrouve Martine, une cousine perdue de vue depuis l'adolescence. Elle envisage alors d'écrire sur cette personne qu'elle idolâtrait gamine, qui s'est noyée dans les vapeurs de l'alcool. Transformer ses confidences en chapitres de roman. Peu à peu, la narratrice perd pied, ou plutôt, elle se sent tomber dans un gouffre, un peu comme sa cousine tout au long de sa vie : « Mais Martine ne m'a rien demandé. C'est moi qui viens lui sucer le sang, la faire parler, la faire pleurer, la sommer de m'expliquer pourquoi, bon sang ! Elle est devenue ce qu'elle est devenue. »
9782070135059_1_75Durant la lecture, j'ai ressenti des impressions de malaise face à des descriptions plutôt dures. Je me suis fait la réflexion que la littérature omettait souvent ce genre de descriptions ou de personnages (ou alors, c'est moi qui ne choisis que des romans où la pauvreté n'existe pas…). Ici, pas de fioritures, pas d'enjolivures, certains mots sont très violents à moins que ce ne soit certaines situations ? Nathalie Kuperman ne s'interdit rien et varie les rythmes de narration. Elle alterne des récits d'enfance avec des passages réalistes et prosaïques, en lien avec mes propres préoccupations. Certains passages sont truculents, notamment la seconde partie, intitulée « Biquette », le surnom de sa tante, la mère de Martine, une « sacrée » bonne femme, comme de nombreuses personnes la qualifièrent à son enterrement. La première partie est moins réussie je trouve, la romancière tourne autour de son sujet mais n'ose l'affronter directement.
Ce qui m'a semblé intéressant, c'est de lire les états d'âmes de Marianne, ses souvenirs ou encore la façon dont elle s'accapare les bribes de vie que Martine lui raconte pour les retranscrire sous forme de passages fictionnels. Et parfois, derrière l'horreur, la misère, lorsqu'il semble que l'espoir s'est carapaté depuis longtemps, des sentiments fleurissent. Forts. L'amour qui semble loin, tellement loin est bien présent. L'amour qu'éprouve Martine pour sa mère non aimante, et qui la fait péter un câble lorsqu'elle meurt. L'amour de Marianne pour sa mère. L'amour, aux ressorts coupables. Un livre dérangeant, je me répète, mais surprenant.

Lien : http://blogs.lexpress.fr/les..
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brigittelascombe
  19 avril 2012
Prix de la Closerie des Lilas 2012, Les raisons de mon crime de Nathalie Kuperman (romancière), qui baigne dans l'enfer de l'alcool fort (tout sauf piquette), ne se boit pas cul sec, ni ne se sirote. On débouche et on avale, puis on dessoûle vite sous peine d'hallucinations comme Marianne, qui à trop s'identifier à sa cousine Martine (retrouvée à l'occasion de l'enterrement de sa tante "la duchesse", "la pute", "la pocharde") alors que, journaliste au chômage elle veut écrire un livre sur elle, se met à boire comme un trou.
J'avoue que le sujet (plongée dans la misère, la déchéance d'enfants et femmes battus, détails violents ignobles) n'est pas vraiment ma tasse de thé, mais je reconnais le talent de Nathalie Kuperman à créer une ambiance sordide, à manier la logorrhée de Marianne pour la rendre crédible de questions intimes en découvertes familiales.
Deux portraits forts d'ogresses qui se font bouffer (excusez l'expression, vocabulaire oblige). Un en quête d'identité. .Une bonne description psychologique de la dépendance (à l'alcool et à la mère), des rapports mères/ filles,du choix du conjoint, de la solitude. le destin s'inscrit-il dans nos gènes? Peut-on en changer? Vite de l'eau de roses!
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jostein
  08 mars 2012
À l'occasion de l'enterrement de sa tante, Marianne retrouve sa cousine Martine. Autrefois, elle passait ses vacances chez sa grand-mère et elle vouait une profonde admiration pour sa cousine, son aînée de quatre ans, belle gracieuse et admirée de tous les garçons. Un bon souvenir pourtant teinté de peur car la grand-mère et la mère de Martine pouvaient être dures lorsqu'elles étaient sous l'emprise de l'alcool.
Les deux cousines se sont perdues de vue, car la mère de Marianne voulait rompre avec cette étrange famille. Marianne a réussi sa vie en tant que graphiste mais à plus de quarante ans elle se retrouve au chômage et seule avec sa fille Fanny.
Lorsque Martine appelle Marianne, après l'avoir vu au Soir 3, les deux cousines décident de se revoir et Marianne souhaite écrire un livre sur sa cousine. Elle tente à la fois de découvrir son passé et de comprendre la déchéance de Martine. Elle est aujourd'hui déformée par l'alcool, handicapée suite aux chutes et aux violences conjugales, elle vit dans un appartement de 15 mètres carrés avec Lucien, un chômeur paumé. Mais tous deux ne regardent pas à la dépense pour accueillir Marianne avec chaleur.
L'auteur par le biais de sa narratrice plonge dans l'horreur crue de la misère, faisant peut-être un amalgame rapide entre alcool, violence, chômage, handicap et front national. J'ai trouvé que Marianne se faisait un peu voyeuse en plongeant dans l'intimité de sa cousine. Car elle veut comprendre comment on en arrive à boire si tôt le matin, à accepter ce type de vie, comment la mère de Martine a pu être veuve sept fois, comment on s'inscrit irrémédiablement dans cette misère physique et mentale?
Marianne va jusqu'à boire elle aussi de bonnes bouteilles de vin rouge chaque soir pour mieux comprendre sa cousine, pour oublier le chômage et la solitude, ou pour rompre le lien avec sa mère décédée d'un cancer depuis peu.
"Elles avaient les mêmes parents, les mêmes références, la même éducation. Qu'est-ce qui fait que l'une sombra et l'autre pas? "
Nathalie Kuperman décrit le milieu avec âpreté et tendresse à la fois. Par exemple, le récit de la fin de vie de la mère de Martine est à la fois touchant et désespérant. À la fin du livre, je suis restée avec un double sentiment de malaise et de compassion, ce qui me semble la preuve d'une bonne construction et d'un style qui laisse passer les émotions.
Lien : http://surlaroutedejostein.o..
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isa120268
  25 août 2016
J'ai découvert Nathalie Kuperman dans le cadre d'une rencontre littéraire organisée dans la médiathèque de ma ville. La rencontre fut très appréciable, l'auteur étant une femme très sympathique, ouverte au dialogue. Elle a passé une heure à nous raconter l'histoire de ce roman, sa passion pour son métier, les raisons qui la poussent à écrire ainsi que sa façon de travailler.
Ce fut donc une rencontre très enrichissante, qui m'a permis de découvrir une auteure dont j'ignorais jusque là l'existence mais également son travail.
Les raisons de mon crime est un roman inspiré de la propre histoire de Nathalie Kuperman puisque l'idée même de l'écriture lui est venue exactement dans les mêmes circonstances qui poussent la narratrice à raconter l'histoire de sa cousine (Nathalie Kuperman a d'ailleurs dédicacé son roman à sa véritable cousine, Sylvie, qui lui a inspiré le personnage de Martine).
En retrouvant des années plus tard une cousine perdue de vue, la narratrice se trouve plongée dans un univers qui l'effraie et la fascine jusqu'au vertige. Les personnages sont impressionnants de brutalité, presque de sauvagerie, et pourtant bouleversants de franchise, d'humanité blessée. Ce roman nous plonge dans l'univers de l'alcoolisme, de la solitude, des relations familiales... le rôle des femmes y a une importance capitale puisqu'y est ici relaté la vie des femmes (et principalement leurs relations aux autres) d'une même famille sur pas moins de quatre générations.
Un bon roman qui m'a donné envie d'en acheter deux autres de l'auteur, qui attendent sagement dans ma pile à lire que je trouve le temps de m'y plonger.
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critiques presse (1)
Lexpress   02 mars 2012
Les Raisons de mon crime est aussi une histoire d'amour et de filiation, de mots qui manquent pour les dire au bon moment à la bonne personne.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   26 juillet 2014
Maintenant, Martine boit sagement. Fini le Ricard à cinq heures du matin. Elle commence sa limonade artisanale à huit heures et demie seulement, et après le café, s'il vous plaît ! A la question concernant les quantités, Martine réponde 'Un litre pas plus, et mélangé à de l'eau encore'. Trois fois rien en vérité. La vie lui fout la paix et, pourvu qu'elle prenne un demi-Lexomil le matin, le midi et le soir, elle arrive à peu près à faire ses journées. C'est quoi, "faire" ses journées ? C'est aller du matin au soir sans pleurer, sans paniquer, sans penser. (p. 160)
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ZilizZiliz   26 juillet 2014
Quand ils ont tous voté Chirac au deuxième tour [en 2002], je me suis dit qu'on était vraiment dans un pays de lâches. Bon, en même temps, j'y croyais pas trop. Mais cette fois-ci, j'y crois. Pour dire 'Y en a marre', c'est le seul moyen. Et puis, qu'est-ce que tu veux, je l'aime bien, moi, Marine. Ça se discute pas. (p. 238)
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ZilizZiliz   25 juillet 2014
"Personne n'a jamais cru en moi, et je vais prouver à tout le monde que "personne" avait raison." Il s'était mis à boire, comme les autres, parce que sa mère buvait, ses frères et ses soeurs buvaient, youpi ! on boit tous à la santé de cette chienne de vie qui nous fera la peau à tous mais vivons-là pleinement ! Les verres s'entrechoquaient de toutes parts, on ne sait pas qui trinquait avec qui, mais les ventres étaient remplis, les foies s'égosillaient et dégueuler était l'étape qui permettait de s'y remettre. (p. 101-102)
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SZRAMOWOSZRAMOWO   27 juin 2017
Martine. Je suis enfin à toi. Je m'enfile un autre verre de vin avant de t'imaginer. Voilà, je te vois. Tu es dans ta cuisine chambre salle à manger. Accoudée à la table en contreplaqué, tu attends l'heure d'aller dormir. Lucien n'a plus la force de te parler. Peut-être la télé, la télé sûrement. Vous commentez une série, pas vraiment convaincus par la cohérence de l'histoire. Pendant ce temps-là, je gravite autour de toi, je note, je croque. Que dis-tu de ça ? Ça t'épate, hein ? Ha ha ! Chère cousine qui m'obligeait à bouffer les fourmis. J'ai envie de te dire je t'aime, mais les mots ne passent pas la barrière de mes dents. Cet amour est mou, son objet incertain. Il erre vaguement entre nos mères qui se sont tant haïes, ne sait trop quelle direction prendre. Il se pourrait qu'il veuille rapprocher nos mortes. Pouah cette simple idée m'écœure. Mais pour qui te prends-tu, ma p'tite fille ? Tais-toi, maman, j'essaie juste de comprendre pourquoi je veux écrire ce livre, une foutrerie en vérité, mais il est un peu tard pour nommer ainsi les mots qui se bousculent et me poussent à vouloir les coucher sur le papier. Allez, allez, c'est parti ! Je veux savoir d'où je viens, de quels conflits, de quelles haines intestines je suis issue.
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ZilizZiliz   27 juillet 2014
Ma soeur était une sorte de maléfice qui m'a poursuivie toute mon enfance. Je l'ai chassée comme on traque l'autre en soi. Bernadette me faisait peur. Elle effrayait tout le monde. Elle a fait ses dents sur moi et, dès que j'ai pu, je l'ai fuie. (p. 198)
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Vidéo de Nathalie Kuperman
Deux lecteurs du Labo des Histoires chroniquent le roman « La première fois que je suis tombée amoureuse » de Nathalie Kuperman. Parce qu'on n'oublie jamais une première fois !
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