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ISBN : 2081389193
Éditeur : Flammarion (17/08/2016)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée « factures », il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un « journal de deuil », dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante « vie d’après ». Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable jus... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
17 août 2016
Non seulement " Une femme qui n'a jamais existé peut être l'auteure d'un livre qu'elle n'a pas écrit ", mais surtout dix-huit jeunes auteur-e-s suisses peuvent réussir le pari d'écrire ensemble un récit de pure fiction sur un thème qu'ils n'ont pas vécu eux-mêmes, la perte d'un enfant, à une époque, les années soixante, qu'ils n'ont pas connue étant tous nés entre 1982 et 1992.
« Vivre près des tilleuls » ou comment faire magistralement la preuve que l'écriture n'a pour limite que celle de l'imagination et de l'audace des écrivains.
Pari gagné grâce à un récit court et sobre, d'une vérité, d'une justesse et d'une unité de ton tout à fait impressionnantes pour le collectif L'Ajar, association de jeunes auteur-e-s romandes et romands créé en 2012 pour explorer la création littéraire en groupe. Toute référence à Emile Ajar, célèbre pseudo de Romain Gary, semble donc fortuite puisque le sigle a sa propre signification…Je ne peux m'empêcher cependant de voir ici malgré tout un astucieux clin d'oeil à leur illustre homonyme dans leur façon d'écrire ensemble pour le compte d'un auteur de leur invention, Esther Montandon, poussant même le raffinement jusqu'à lui créer une page Wikipédia.
Evidemment, on ne manquera pas de s'interroger sur leurs procédés d'écriture, et j'avoue être curieuse de leurs éventuels interviews en cette rentrée littéraire - j'imagine ( et j'espère ) déjà les 18 sur le plateau de la Grande Librairie par exemple.
Originalité donc de la forme, mais le fond, puissant, a une qualité littéraire indéniable qui m'a plue, c'est bien l'essentiel.
Revenons au livre. L'avant-propos avertit du contenu de l'ouvrage : « Un recueil d'impressions, de faits, de pensées et de souvenirs. Une petite sociologie du deuil », il trace un rapide portrait d'une femme écrivain, Esther Montandon, auteur réelle - mais bien fictive - de ce parcours douloureux de mère.
De courts et denses chapitres égrènent ensuite à la première personne du singulier ses réflexions intimes, chagrin, incompréhension, douleur, bêtise involontaire de l'entourage, éloignement…bien sûr, mais aussi les petites lucarnes de souvenirs heureux, les sursauts de vie qui accompagnent toute tragédie. L'ensemble aboutit à un témoignage très maitrisé, peut-être un peu trop par moment, mon seul petit bémol pour ce parcours de deuil.
« Le temps s'épaissit…L'espace se réduit. »
« C'est à la façon d'une libellule qui frôle les eaux dormantes que je me déplace dans le quotidien. Je reste à la surface des choses pour ne pas souffrir, je ne m'approche de rien. »
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce « premier roman » de L'Ajar et j'espère qu'ils ne s'arrêteront pas en si bon chemin, près des tilleuls…
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AudreyT
03 octobre 2016
Tout d'abord un grand merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour l'envoi de ce petit livre touchant et émouvant...
Esther Montandon a perdu sa fille de 3 ans lors d'un terrible accident domestique. Ecrivain, elle n'a jamais écrit un mot sur sa douleur et sur son difficile travail de deuil. Vincent König est en charge d'archiver l'ensemble des ses documents et il va retrouver le récit des jours et des années qui suivront cet instant où tout bascule...
Ce roman est l'oeuvre d'un collectif de jeunes auteurs et il est plutôt réussi. Sur un thème si dur que la perte d'un enfant, ils mettent des mots sur l'avant, les souvenirs, les instants de bonheur et sur l'après, le vide, la solitude et la vie qui s'arrête. Il n'y a pas de larmes versées, le pathos n'alourdit pas les pages mais on est touché par cette mère, ce couple, cette famille qui partent en morceaux...
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Annette55
24 mars 2017
Voilà un texte d'une grande beauté , au style épuré, pudique et saisissant, criant de vérité, lu d'une traite, sur le sujet douloureux du deuil , écrit par un collectif de très jeunes auteurs : L AJAR .
L'écriture très touchante, succession de courts chapitres rythment la lecture et accentuent l'intensité émotionnelle .
Sur le fil sensible, ténu d'une intense douleur mesurée, c'est aussi un vibrant hommage au travail d'écriture : une véritable prouesse.
Tout en délicatesse et finesse, depuis les prémices de l'enfantement, la joie d'être mère à l'inénarrable arrachement du deuil d'un enfant et le ressenti de sa mère écrivaine !
Une femme brisée dans l'incapacité à vivre après l'inimaginable ......
Un texte original écrit à plusieurs voix au charme fou, nostalgique et ciselé , troublant de sensibilité, qui chavire le coeur et laisse son empreinte en nous !
Une ode à la littérature !
Merci à Marylin, mon amie de la Médiathéque .
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motspourmots
18 août 2016
Ils ont tout inventé. le personnage, son drame, ses sensations. Ils ont écrit son autobiographie fictive. Jusqu'ici, rien de très nouveau, certains auteurs se sont livrés à l'exercice du journal fictif (Valéry Larbaud, William Boyd... par exemple). Non, la nouveauté c'est qu'ils sont 18 qui se cachent derrière les lettres de l'Ajar. Et qu'ils ont commis ce livre en une nuit, comme ils l'expliquent dans une postface qui éclaire d'un jour nouveau la lecture que l'on vient de terminer. Pourtant, tout sonne juste dans l'expression du chagrin d'Esther Montendon qui s'exprime d'après des textes retrouvés dans ses archives longtemps après sa mort. Des fragments écrits sur plusieurs années, après le drame, le décès accidentel de sa fille de 3 ans. Une enfant arrivée sur le tard alors qu'Esther Montendon, à 40 ans était au faîte de sa carrière d'écrivain en suisse. Au fil de ces écrits se révèlent les sentiments d'une mère inconsolable, meurtrie dans sa chair, son errance vers un futur ayant perdu tout intérêt et puis son lent retour à la vie.
Un exercice assez époustouflant, un peu comme un atelier d'écriture grandeur nature dont les membres arrivent à se mettre à l'unisson au service d'un seul et même texte. Lorsque l'on sait la difficulté d'écrire, on ne peut qu'admirer.
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hcdahlem
19 décembre 2016
On retiendra tout d'abord la genèse de ce roman né à l'initiative du groupe de jeunes Suisses associés sous L'AJAR – Association de jeunes auteur-e-s romandes et romands. Depuis 2012 ses membres «partagent un même désir : celui d'explorer les potentialités de la création littéraire en groupe. Les activités de l'AJAR se situent sur la scène, le papier ou l'écran. Vivre près des tilleuls est son premier roman.
En préface ainsi qu'en postface, on nous explique comment l'idée a germé d'écrire un roman en une belle nuit d'été. le chois d'une histoire, d'un personnage, d'un prénom…
« Nous avons d'abord dessiné la vie d'Esther Montandon. Une vie qui commence le 8 mai 1923, à La Chaux-de-Fonds et qui va conduire cette femme à embrasser une carrière d'écrivain. Mais, à quarante ans, devenue mère, Esther Montandon a la douleur de perdre sa fille. « Ce deuil était, pour nous, l'un des seuls événements capables de briser son parcours d'écrivaine – et de ménager, ainsi, une place pour ces fragments. »
Un scénario très habile qui donne à chacun des auteurs un cadre assez précis pour pouvoir participer à cette belle aventure, d'autant que le personnage de Vincent König permet de structurer le tout. C'est à lui que l'on confie le soin de gérer le fonds
Esther-Montandon, c'est-à-dire ce qui reste de « l'autodafé qu'elle a commis à la suite de la mort accidentelle de sa fille Louise, le 3 avril 1960. de cette tragédie, inaugurant dix ans de silence éditorial dans la vie de l'auteure, on ne trouve trace ni dans Trois grands singes ni dans Les Imperdables. Jamais Esther Montandon n'a écrit sur la perte de sa fille. C'est du moins ce que l'on a longtemps cru. »
Or voici qu'en mettant de l'ordre dans les cartons, on découvre des fragments de journal intime qui s'échelonnent de 1956, année de naissance de sa fille Louise aux deux ans qui suivent son décès, le 3 avril 1960.
Quelques pages magnifiques sur ce drame absolu que représente la perte d'un enfant vont suivre, comme nous le confirme Vincent König : « Rien n'a été épargné à l'auteure. Il ne faudrait pas pour autant en conclure que la joie est absente de ces pages. Fidèle à elle-même et malgré la blessure, Esther Montandon module patiemment, et avec obstination, une douleur qui n'appartient qu'à elle. Définitivement tragique et éternellement heureux, transfiguré par l'écriture, le souvenir de Louise s'inscrit désormais pleinement dans la littérature. »
La force de la littérature explose tout ai long de ces pages. L'imagination vient suppléer le vécu, la compassion nous faire partager la douloureuse épreuve que traverse Esther, racontant les jours heureux avec Louise, « le corps d'une fillette, c'est ce que j'ai pu voir de plus beau. Et de plus intolérable. Ses boucles châtaigne, où j'aimais passer la main. Son nez minuscule, qu'elle avait en commun avec tous les enfants de son âge. Sa tête indolente, qu'elle balançait, légèrement penchée vers l'avant, pour dire non. Un non devant lequel on ne pouvait que céder. Ses bras dodus, ses jambes boudinées qui pendaient du haut tabouret. » puis les jours, les semaines, les mois qui suivent la mort de cet enfant.
«Le téléphone sur les genoux, je prépare mon texte. Maman, Louise a eu un accident cet après-midi. Elle est morte. Maman, j'ai une terrible nouvelle. C'est Louise, elle a eu un accident. Maman, Louise est tombée. On n'a rien pu faire. Écoute maman, ta petite-fille a fait une grave chute. Elle est morte. Louise est morte. Morte. Morte. Je répète le mot vingt fois dans ma tête. Je veux lui faire perdre son sens, le réduire à une syllabe creuse. Morte. Louise est morte. Je prends le combiné. Je compose le numéro. Je tombe sur mon père et réalise qu'il y a longtemps qu'on a incinéré maman.»
Puis, plus loin… « Ce soir, Louise dort en terre. Ce sera le cas pour tous les soirs à venir. Toutes les nuits du monde. (…) Ici repose Louise Montandon (1956-1960), notre fille bien-aimée. Jamais ma vue n'a porté si loin. À travers les allées, à travers les branches des tilleuls.
« le chagrin est moins un état qu'une action. Les heures d'insomnie, puis le sommeil en plomb fondu sur les paupières, la prostration dans le noir, la faim qui distrait la douleur, les larmes qu'on ne sent plus couler : le chagrin est un engagement de tout l'être, et je m'y suis jetée. On me dit de me reprendre, de faire des choses pour me changer les idées. Personne ne comprend que j'agis déjà, tout le temps. le chagrin est tout ce que je suis capable de faire. »
On pourrait dès lors recopier toutes les pages de ce trop court roman qui, comme l'écrivent ses auteurs multiples est aussi une puissante déclaration d'amour à la littérature : « Oui, nous avons mené cette aventure avec sérieux, travaillant avec acharnement à la justesse du texte, l'asséchant sans relâche, traquant toute complaisance. Au début, tout le monde y allait de son commentaire sur la mort, tout le monde prouvait le caractère définitif de son sentiment. C'était répétitif et lourd. Nous avions huilé ce qui devait être sec, poli ce qui devait être tranchant. »
On attend avec impatience la nouvelle production de L'AJAR !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem19 décembre 2016
Lorsque Esther Montandon m’a laissé la responsabilité de ses archives, en 1997, je me suis trouvé face à une masse de documents divers : cartes postales, pièces administratives, courriers, coupures de journaux… À quoi s’ajoutait le lot commun de tous les écrivains dont la recherche fait son miel : brouillons griffonnés épars, pages dactylographiées avec ou sans annotations autographes, et trois carnets de notes.
Reconnaissant de cette marque de confiance, je me suis attelé à la tâche avec un enthousiasme qui n’a cessé de décroître devant l’ampleur du travail. Même si la mort de l’auteure, l’année suivante, a ravivé un temps l’intérêt du public pour ses écrits, l’œuvre est peu à peu tombée dans l’oubli.
Cette production exigeante a parfois été jugée trop mince – Esther Montandon n’a publié que quatre livres de son vivant. On la réduit par ailleurs souvent au seul Piano dans le noir (1953), le premier et le plus connu de ses textes. C’est sous-estimer les richesses que recèlent ses trois autres ouvrages. Il n’y a qu’à relire Bras de fer (1959), portrait acide et jubilatoire d’une Suisse hésitant entre tradition et modernité, ou Trois grands singes (1970), nouvelles dans lesquelles l’auteure revendique son engagement féministe en dépeignant sans concessions une société patriarcale. Enfin, la gerbe de ses souvenirs d’enfance, magnifiquement nouée dans les fragments des Imperdables (1980), offre dans un style épuré un aperçu poétique et documentaire du Rwanda et de la Suisse des années 1930. En dehors de cela, il n’y a rien.
L’ensemble du fonds Esther-Montandon ne contient que la matière relative à son activité depuis le début des années 1960. Tout ce qui précède – cahiers, brouillons, manuscrits, projets en cours, dont atteste sa correspondance – a disparu dans l’autodafé qu’elle a commis à la suite de la mort accidentelle de sa fille Louise, le 3 avril 1960. De cette tragédie, inaugurant dix ans de silence éditorial dans la vie de l’auteure, on ne trouve trace ni dans Trois grands singes ni dans Les Imperdables. Jamais Esther Montandon n’a écrit sur la perte de sa fille. C’est du moins ce que l’on a longtemps cru.
Comment donc décrire mon émotion lorsqu’un matin d’hiver 2013, en mettant de l’ordre dans les cartons qu’elle m’avait confiés, je découvre une pochette étiquetée « factures », pochette que j’ai dû manipuler vingt fois sans jamais l’ouvrir – renfermant une petite liasse manuscrite.
Et tout est là, miraculeusement préservé. (Avant-propos)
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PiatkaPiatka17 août 2016
Le chagrin est moins un état qu'une action. Les heures d'insomnie, puis le sommeil en plomb fondu sur les paupières, la prostration dans le noir, la faim qui distrait la douleur, les larmes qu'on ne sent plus couler : le chagrin est un engagement de tout l'être, et je m'y suis jetée. On me dit de me reprendre, de faire des choses pour me changer les idées. Personne ne comprend que j'agis déjà, tout le temps. Le chagrin est tout ce que je suis capable de faire.
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Annette55Annette5524 mars 2017
"Le chagrin est moins un état qu'une action.
Les heures d'insomnie, puis le sommeil en plomb fondu sur les paupières, la prostration dans le noir, la faim qui distrait la douleur, les larmes qu'on ne sent plus couler : le chagrin est un engagement de tout l'être , et je m'y suis jetée.."
"Le chagrin est tout ce que je suis capable de faire ".
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letilleulletilleul19 décembre 2016
Le sang de ma fille en étoile sur le trottoir palpitait dans le printemps, les tulipes sans doute en nourrissaient leur bulbe. Le sang de ma fille s'est éteint lorsque, de guerre lasse, je l'ai regardé droit dans les yeux
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fanfanouche24fanfanouche2407 septembre 2016
Ce soir, Louise dort en terre.
Ce sera le cas pour tous les soirs à venir. Toutes les nuits du monde. (p. 44)
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