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ISBN : 2210758807
Éditeur : Magnard (15/09/2017)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 263 notes)
Résumé :

La Princesse de Montpensier

Madame de Lafayette
En 1566, à la cour des Valois, en plein tumulte des guerres de Religion, la belle Mlle de Mézières est contrainte d’épouser le prince de Montpensier alors qu’elle aime le duc de Guise…

Objet des désirs du brillant duc d’Anjou, futur Henri III, et de l’amour sincère du comte de Chabannes, ancien précepteur de son mari, comment cette toute jeune femme, déchirée entre son dev... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  02 avril 2017
Un court récit, encore un portrait de femme par l'auteure de la Princesse de Clèves , mais débarrassé des scories précieuses qui peuvent rendre la lecture de notre première "romancière " française insupportable à certains.. et pas seulement aux incultes à talonnettes, il faut bien en convenir!
Ici on est à l'os. Tout est pur, fin, ciselé, aiguisé. Aigu. On est au centre même de ce qui fait une femme : ses fidélités, ses tentations et ses admirations.
Une femme, et autour d'elle son mari, son amant, son maître à penser. Mais ces trois présences masculines sont plutôt les fleurons d'une couronne dont le cercle est sa personnalité même: toute en intelligence, en sagacité, en réflexion.
Une héroïne qui est comme une épée forgée par le feu de ceux qui la désirent, qui la forment ou déforment, mais dont l'acier bien trempé ne doit qu'à soi-même sa force et son tranchant.
Une perle classique dont la plupart des lecteurs ont fait la découverte grâce au film magnifique de Bertrand Tavernier. Et Mélanie Thierry, comédienne trop rare et si rayonnante, est une princesse de Montpensier à la fois charnelle et intellectuelle inoubliable.
Grâces leur soient rendues à tous deux : ce court récit , réédité après le succès du film, est un pur bijou.
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Gwen21
  18 novembre 2015
"La Princesse de Montpensier" est un texte court et sublime. Bien que sa trame soit essentiellement dramatique, je l'ai savouré avec euphorie comme une friandise.
La beauté de la langue française, la musique des tournures de phrase, la poésie du style, les sentiments et la grandeur des personnages, le contexte historique de la cour de Charles IX, tout m'a plu. J'ai été comme aspirée au coeur de la cour des Valois.
Les descriptions concises laissent toute leur place au quadrille amoureux de la princesse de Montpensier, de son époux le prince de Montpensier, de son mentor le comte de Chabanes et de son amant le duc du Guise.
Je recommande d'autre part la très belle adaptation cinématographique de Bertrand Tavernier, réalisée en 2010, et dont vous trouverez le lien ci-après si le coeur vous en dit.

Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
Lien : http://www.libertyland.tv/fi..
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Winter-
  24 août 2017
Après avoir lu La Princesse de Clèves, ce livre me tentait énormément. La princesse de Montpensier (1662) est le premier récit publié, de manière anonyme, par Mme de Lafayette (1634-1693), figure de la vie mondaine et littéraire de son époque, elle est à la fois héritière de la Préciosité et représentante de l'esthétique classique. La Princesse de Montpensier est une nouvelle historique dont l'intrigue se déroule en France au XVIe siècle dans les années 1560-1570, époque où les guerres de religion opposaient catholiques et protestants. La liberté du ton, de la forme et du rapport à l'histoire est frappante. le récit est concis, l'autrice ne s'étend pas dans des détails futiles et inutiles. Madame de LaFayette porte un regard pessimiste sur la condition humaine. Elle reprend l'intrigue du triangle amoureux pour cette petite nouvelle. Nous découvrons un style plus abrupt que dans la Princesse de Clèves avec moins d'analyses psychologiques. La brièveté du texte est frappante, son écriture est marquée par la préciosité. Lu d'une traite, j'ai autant aimé ce livre que La Princesse de Clèves. Nous découvrons ici une femme écartelée entre un mari qu'elle ne parvient pas à aimer et un amant pour qui elle éprouve une attirance forte. La princesse possède de nombreux prétendants, sa beauté est incontestable. le mariage arrangé de la jeune fille traverse des obstacles aussi bien extérieurs qu'intérieurs, son couple ne parvient pas à s'unir vraiment, ni à être heureux. Tous les personnages de la nouvelle ont existé, à l'exception du comte de Chabannes, ce qui rend le récit extrêmement réaliste. le récit est prenant et bien mené par l'autrice qui condamne avec force l'amour. Lisez le !
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AMR
  30 mai 2017
Cette petite nouvelle est le premier écrit de Mme de Lafayette que l'on connaît surtout pour La Princesse de Clèves.
À 28 ans, mariée et déjà mère de deux enfants, elle demeure seule à Paris tandis que son époux gère leurs terres bourbonnaises et c'est ainsi, qu'assistée et conseillée par son grand ami l'Abbé Ménage, elle commence sa carrière littéraire. La Princesse de Montpensier est donc le fruit d'une collaboration ; bien que publié sous le nom de Segrais en 1662, le secret de son auteur sera cependant vite révélé et son génie reconnu ; mais Madame de Lafayette ne va pas réécrire avant quatre ou cinq ans, préférant fréquenter les salons, la cour et s'occuper des affaires parisiennes de son époux.
Transposée au XVIème siècle, cette nouvelle donne à lire sous des noms d'emprunt une intrigue de cour contemporaine, la passion coupable d'Henriette d'Angleterre, amie très proche de Mme de Lafayette et belle-soeur de Louis XIV, pour le comte de Guiche. L'éditeur prudent fit même précéder le texte d'un avis prévenant le lecteur que le prestigieux nom de Montpensier n'était là que parce que l'auteur avait « jugé plus à propos de prendre des noms connus », de manière à ce que la duchesse de Montpensier ne s'en émeuve pas.
Il s'agissait pour Mme de Lafayette de décrire les ravages de l'amour. Dès les premières lignes de la nouvelle, l'intrigue est posée : Melle de Mézières est promise au duc de Maine mais aime en secret le frère de ce dernier, le duc de Guise, qui est également amoureux d'elle ; le mariage prévu ne se fait pas pour d'obscures raisons de rivalités et d'alliances et la jeune fille est finalement plutôt bien mariée au Prince de Montpensier qui l'éloigne de Paris et l'envoie en ses terres de Champigny, afin de la soustraire aux guerres de religion. En son absence, la jeune princesse s'y lie d'amitié avec le Comte de Chabanes, un fidèle et vieil ami de son mari, et va jusqu'à lui confier sa première inclination ; naturellement, le vieil homme tombe aussi amoureux d'elle... La clarté de l'écriture de Mme de Lafayette fait des trois premières pages un exposé parfait de la situation !
La jeune princesse est particulièrement vertueuse : elle se réjouit de ne pas avoir épousé le frère de son premier amour car il aurait été « dangereux d'avoir pour beau-frère une homme qu'elle eût souhaité pour mari » et repousse avec sagesse les aveux du second à qui elle rappelle ce qu'il doit « à l'amitié et à la confiance du prince son mari ».
Mme de Lafayette fait monter progressivement la tension car la haine ressentie officiellement par le duc de Guise envers le Prince de Montpensier pour avoir empêché le mariage de son jeune frère et officieusement pour avoir éloigné de lui l'objet de son amour est alimentée par les rivalités sur le champs de bataille car le Prince de Montpensier voit « avec peine » les exploits guerriers du duc.
Le duc d'Anjou et sa suite dont fait partie le duc de Guise se perdent en allant visiter des places fortes ; une rencontre fortuite se produit au bord d'une rivière et réveille dans les coeurs des sentiments vieux de trois ans déjà. Naturellement, la princesse conserve une attitude froide et distante à l'égard du duc de Guise. le prince de Montpensier et le comte de Chabanes ont du mal à contenir haine et jalousie. Ce que le hasard a permis s'annonce d'autant plus compliqué que le duc d'Anjou tombe aussi sous le charme de la princesse…
Quand la princesse de Montpensier revient à la cour, trois hommes sont donc transis d'amour pour elle et au moins deux rivalisent tandis que la jalousie de son mari s'accroit et qu'il s'emporte violemment. Mme de Lafayette décrit très bien les intrigues de cour, les apartés, les conversations publiques qui, par le jeu du double sens, signifient plus que ce qui s'y est dit, les méprises sous les masques, les médisances et les rumeurs. Des aveux sont échangés avec le duc de Guise et le pauvre Comte de Chabanes devient complice de cette relation, patient et dévoué malgré sa douleur et ce, jusqu'au sacrifice ultime !
Je ne dévoilerai pas le sort de la Princesse et du duc de Guise : lisez cette courte nouvelle qui préfigure peut-être ce que sera La Princesse de Clèves une quinzaine d'années plus tard. Disons simplement que la chute est morale et met en avant la vertu et la prudence dans une existence harmonieuse et équilibrée, source de bonheur.
Il faut pas oublier la partie historique du récit sur fond des guerres de religion, les différents champs de bataille, le massacre de la Saint-Barthélemy qui se prépare : c'est dans ce domaine que l'aide de Ménage a été la plus utile à Mme de Lafayette pour planter le décor de sa trame psychologique. Cette petite nouvelle tient en haleine car on s'attache aux personnages et à leurs « galanteries » dans la magnificence de la cour de Charles IX. C'est un petit texte à découvrir !
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LydiaB
  11 mars 2013
La Comtesse de Tende est une courte nouvelle de Mme de Lafayette... et à peu près le seul texte de cet auteur (avec La Princesse de Montpensier) que j'ai pu lire sans m'endormir (en même temps, c'est aussi parce qu'ils sont courts). Et qu'on ne vienne surtout pas me parler de sa fameuse Princesse de Clèves sous peine de me voir m'énerver, devenir écarlate et dire des choses horribles sur ce roman gnan-gan (oui, oui, j'assume !) pour lequel je ne comprends toujours pas qu'on ait pu s'enthousiasmer un jour !

Bon, alors évidemment, on est toujours ici dans l'amour, cet amour noir qui est à la base de chacun de ses textes. Pourquoi ce thème ? Est-ce parce que Marie-Madeleine Pioche de la Vergne fut malheureuse dans sa vie sentimentale ? Peut-être... Ceci dit, je passe mon tour, je crois que ce genre d'écriture n'est pas fait pour moi.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   11 mars 2013
Comme elle était dans cet état, elle entendit ouvrir une porte dérobée de son cabinet, et vit paraître le chevalier de Navarre, paré et d’une grâce au-dessus de ce qu’elle l’avait jamais vu. Chevalier, où allez-vous, s’écria-t-elle ? que cherchez-vous ? avez-vous perdu la raison ? qu’est devenu votre mariage, et songez-vous à ma réputation ? Soyez en repos de votre réputation, madame, lui répondit-il ; personne ne le peut savoir ; il n’est pas question de mon mariage ; il ne s’agit plus de ma fortune ; il ne s’agit que de votre cœur, madame, et d’être aimé de vous : je renonce à tout le reste. Vous m’avez laissé voir que vous ne me haïssez pas ; mais vous m’avez voulu cacher que je suis assez heureux pour que mon mariage vous fasse de la peine : je viens vous dire, madame, que j’y renonce ; que ce mariage me serait un supplice, et que je ne veux vivre que pour vous. On m’attend à l’heure que je vous parle, tout est prêt ; mais je vais tout rompre, si, en le rompant, je fais une chose qui vous soit agréable, et qui vous prouve ma passion.
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CosaqueCosaque   17 septembre 2015
[...] Elle ne put résister à la douleur d'avoir perdu l'estime de son mari, le cœur de son amant et le plus parfait ami qui fut jamais. Elle mourut en peu de jours, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde, et qui aurait été sans doute la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions.

[ Les deux dernières phrases de la nouvelle]
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brigetounbrigetoun   12 décembre 2010
Le duc d’Anjou en demeura accablé comme d’un coup de tonnerre. Il vit dans ce moment qu’il avait un rival aimé. Il comprit, par le nom de Madame, que ce rival était le duc de Guise, et il ne put douter que la princesse sa sœur ne fût le sacrifice qui avait tendu la princesse de Montpensier favorable aux vœux de son rival. La jalousie, le dépit et la rage, se joignant à la haine qu’il avait déjà pour lui, firent dans son âme tout ce qu’on peut imaginer de plus violent, et il eût donné sur l’heure quelque marque sanglante de son désespoir, si la dissimulation qui lui était naturelle ne fût venue à son secours et ne l’eût obligé, par des raisons puissantes, en l’état qu’étaient les choses, à ne rien entreprendre contre le duc de Guise
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Gwen21Gwen21   18 novembre 2015
[...] Madame de Noirmoutier était une personne qui prenait autant de soin de faire éclater ses galanteries que les autres en prennent de les cacher [...].
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ChristianLVChristianLV   15 octobre 2017
Le prince de Montpensier était à la chasse, il alla droit à l'appartement de la princesse qui, le voyant troublé, fit retirer aussitôt ses femmes pour savoir le sujet de ce trouble. Il lui dit, en se modérant le plus qu'il lui fut possible, que le duc de Guise était à une lieue de Champigny et qu'il souhaitait passionnément de la voir. La princesse fit un grand cri à cette nouvelle, et son embarras ne fut guère moindre que celui du comte [de Chabanne]. Son amour lui présenta d'abord la joie qu'elle aurait de voir un homme qu'elle aimait si tendrement. Mais, quand elle pensa combien cette action était contraire à sa vertu et qu'elle ne pouvait voir son amant qu'en le faisant entrer la nuit chez elle à l'insu de son mari, elle se trouva dans une extrémité épouvantable.
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