AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jacques Perrin (Préfacier, etc.)
ISBN : 2266201859
Éditeur : Pocket (04/11/2010)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 289 notes)
Résumé :

La Princesse de Montpensier

Madame de Lafayette
En 1566, à la cour des Valois, en plein tumulte des guerres de Religion, la belle Mlle de Mézières est contrainte d’épouser le prince de Montpensier alors qu’elle aime le duc de Guise…

Objet des désirs du brillant duc d’Anjou, futur Henri III, et de l’amour sincère du comte de Chabannes, ancien précepteur de son mari, comment cette toute jeune femme, déchirée entre son dev... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  02 avril 2017
Un court récit, encore un portrait de femme par l'auteure de la Princesse de Clèves , mais débarrassé des scories précieuses qui peuvent rendre la lecture de notre première "romancière " française insupportable à certains.. et pas seulement aux incultes à talonnettes, il faut bien en convenir!
Ici on est à l'os. Tout est pur, fin, ciselé, aiguisé. Aigu. On est au centre même de ce qui fait une femme : ses fidélités, ses tentations et ses admirations.
Une femme, et autour d'elle son mari, son amant, son maître à penser. Mais ces trois présences masculines sont plutôt les fleurons d'une couronne dont le cercle est sa personnalité même: toute en intelligence, en sagacité, en réflexion.
Une héroïne qui est comme une épée forgée par le feu de ceux qui la désirent, qui la forment ou déforment, mais dont l'acier bien trempé ne doit qu'à soi-même sa force et son tranchant.
Une perle classique dont la plupart des lecteurs ont fait la découverte grâce au film magnifique de Bertrand Tavernier. Et Mélanie Thierry, comédienne trop rare et si rayonnante, est une princesse de Montpensier à la fois charnelle et intellectuelle inoubliable.
Grâces leur soient rendues à tous deux : ce court récit , réédité après le succès du film, est un pur bijou.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          436
Gwen21
  18 novembre 2015
"La Princesse de Montpensier" est un texte court et sublime. Bien que sa trame soit essentiellement dramatique, je l'ai savouré avec euphorie comme une friandise.
La beauté de la langue française, la musique des tournures de phrase, la poésie du style, les sentiments et la grandeur des personnages, le contexte historique de la cour de Charles IX, tout m'a plu. J'ai été comme aspirée au coeur de la cour des Valois.
Les descriptions concises laissent toute leur place au quadrille amoureux de la princesse de Montpensier, de son époux le prince de Montpensier, de son mentor le comte de Chabanes et de son amant le duc du Guise.
Je recommande d'autre part la très belle adaptation cinématographique de Bertrand Tavernier, réalisée en 2010, et dont vous trouverez le lien ci-après si le coeur vous en dit.

Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
Lien : http://www.libertyland.tv/fi..
Commenter  J’apprécie          451
Winter-
  24 août 2017
Après avoir lu La Princesse de Clèves, ce livre me tentait énormément. La princesse de Montpensier (1662) est le premier récit publié, de manière anonyme, par Mme de Lafayette (1634-1693), figure de la vie mondaine et littéraire de son époque, elle est à la fois héritière de la Préciosité et représentante de l'esthétique classique. La Princesse de Montpensier est une nouvelle historique dont l'intrigue se déroule en France au XVIe siècle dans les années 1560-1570, époque où les guerres de religion opposaient catholiques et protestants. La liberté du ton, de la forme et du rapport à l'histoire est frappante. le récit est concis, l'autrice ne s'étend pas dans des détails futiles et inutiles. Madame de LaFayette porte un regard pessimiste sur la condition humaine. Elle reprend l'intrigue du triangle amoureux pour cette petite nouvelle. Nous découvrons un style plus abrupt que dans la Princesse de Clèves avec moins d'analyses psychologiques. La brièveté du texte est frappante, son écriture est marquée par la préciosité. Lu d'une traite, j'ai autant aimé ce livre que La Princesse de Clèves. Nous découvrons ici une femme écartelée entre un mari qu'elle ne parvient pas à aimer et un amant pour qui elle éprouve une attirance forte. La princesse possède de nombreux prétendants, sa beauté est incontestable. le mariage arrangé de la jeune fille traverse des obstacles aussi bien extérieurs qu'intérieurs, son couple ne parvient pas à s'unir vraiment, ni à être heureux. Tous les personnages de la nouvelle ont existé, à l'exception du comte de Chabannes, ce qui rend le récit extrêmement réaliste. le récit est prenant et bien mené par l'autrice qui condamne avec force l'amour. Lisez le !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
deidamie
  18 juillet 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, je vais vous parler d'un bref classique de Mme de Lafayette. Ce volume rassemble trois courts récits, La princesse de Montpensier, La comtesse de Tende et Alphonse et Bélasire.
-Du XVIIe siècle ? Oulàlàààà, ça va être lourd.
-Tu as parfaitement raison.
-Bien sûr que j'ai raison, la vieille littérature, c'est hyper pesant, quand même… quoi ?
-Quoi, « quoi » ?
-Comment ça, « j'ai raison » ? T'es pas censée me contredire, là ?
-Si, mais là, tu as raison. C'est lourd.
-Ha-ha ! Tu vois ! La princesse de Montpensier, c'est nul et ça craint !
-Non. J'ai dit que c'était lourd… pas que c'était ennuyeux.
Or donc, Mlle de Mézières vit une brève histoire d'amour de jeunesse avec le duc de Guise. Elle rompt avec lui pour épouser, sur ordre de ses parents, le prince de Montpensier. Elle vit ses premières années de mariage dans le calme, en dépit de l'amour que lui porte l'ami de son époux, le comte de Chabannes ; mais elle revoit le duc de Guise qui réveille ses sentiments alors que le duc d'Anjou tombe amoureux d'elle en même temps ! Quel imbroglio !
-Ah non. J'ai horreur des histoires de filles qui séduisent tous les hommes juste parce qu'elles respirent ! C'est trop facile, y a pas de mérite !
-Oui, cet aspect-là agace, mais nous sommes dans une sorte de conte noir où tout le monde est beau, difficile donc de résister, mais procédons par ordre.
Les textes sont à la fois faciles d'accès et lourds en même temps. Pourquoi et comment ? Parce que style.
Un nombre de dialogues extrêmement faible, voire nul, alourdit la prose. Madame de Montpensier dit à monsieur de Chabannes que… Monsieur de Chabannes dit que… le texte devient très vite austère.
-Donc, c'est pas bien.
-Ben… si, en fait. J'ai aimé ce style auquel je trouve une forme de grâce, certes austère, désuète, démodée et dépassée, mais une forme de grâce quand même. le vocabulaire aussi m'a amusée : tout est extrême, les personnages sont « accomplis, parfaits » et les ennuis ou les conflits amènent des mots comme « épouvantable », « violent », « emportement »…
Après tout ça, j'ai presque eu du mal à le croire quand je suis tombée sur la « délicatesse des sentiments », je ne m'y attendais plus !
Ce style est parfaitement assorti aux récits : hyperbolique pour des histoires elles-mêmes hyperboliques (jamais douleur ne fut si profonde, jamais plus princesse ne fut plus belle, etc.), bref, il colle parfaitement avec le registre de la narration. du drame, du lourd, du grave, qui m'amène à la suite : l'amour, c'est moche.
-De mieux en mieux…
-Dans les histoires de Madame de Lafayette, l'amour n'est pas représenté comme une chose légère. le plaisir qu'il procure se paie chèrement par la honte de manquer à ses devoirs, l'angoisse d'être découverts, la détresse d'être quittée quand ton amant n'est pas lui-même ton bourreau (Alphonse, amant de Bélasire, oui, c'est toi que je regarde).
Et je pense que l'autre intérêt de ce texte réside dans cette vision pessimiste, à vrai dire. Il reflète une époque où les femmes subissaient un nombre incroyable de contraintes et dont la vie dépendait de leur époux et/ou du regard que la société portait sur elles. Comment compter alors sur ce lien qui te met en danger ?
Cet amour d'ailleurs ne se définit pas seulement par l'attirance éprouvée envers une personne, mais aussi par son statut social, ses mérites… il ne suffit pas de bien s'entendre, et la princesse se montre humiliante pour le comte de Chabannes.
-Et donc t'as trouvé bien, grandiose, génial…
-Oui. J'ai adoré cette lecture, j'ai adoré me plonger dans cette prose surannée et pourtant poignante. Cependant, je ne conseille pas cette littérature à n'importe quel amateur de lecture, elle n'est pas évidente, elle n'est pas distrayante et nécessite d'oublier son siècle pour s'immerger dans un autre, plutôt déplaisant en vérité. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          178
AMR
  30 mai 2017
Cette petite nouvelle est le premier écrit de Mme de Lafayette que l'on connaît surtout pour La Princesse de Clèves.
À 28 ans, mariée et déjà mère de deux enfants, elle demeure seule à Paris tandis que son époux gère leurs terres bourbonnaises et c'est ainsi, qu'assistée et conseillée par son grand ami l'Abbé Ménage, elle commence sa carrière littéraire. La Princesse de Montpensier est donc le fruit d'une collaboration ; bien que publié sous le nom de Segrais en 1662, le secret de son auteur sera cependant vite révélé et son génie reconnu ; mais Madame de Lafayette ne va pas réécrire avant quatre ou cinq ans, préférant fréquenter les salons, la cour et s'occuper des affaires parisiennes de son époux.
Transposée au XVIème siècle, cette nouvelle donne à lire sous des noms d'emprunt une intrigue de cour contemporaine, la passion coupable d'Henriette d'Angleterre, amie très proche de Mme de Lafayette et belle-soeur de Louis XIV, pour le comte de Guiche. L'éditeur prudent fit même précéder le texte d'un avis prévenant le lecteur que le prestigieux nom de Montpensier n'était là que parce que l'auteur avait « jugé plus à propos de prendre des noms connus », de manière à ce que la duchesse de Montpensier ne s'en émeuve pas.
Il s'agissait pour Mme de Lafayette de décrire les ravages de l'amour. Dès les premières lignes de la nouvelle, l'intrigue est posée : Melle de Mézières est promise au duc de Maine mais aime en secret le frère de ce dernier, le duc de Guise, qui est également amoureux d'elle ; le mariage prévu ne se fait pas pour d'obscures raisons de rivalités et d'alliances et la jeune fille est finalement plutôt bien mariée au Prince de Montpensier qui l'éloigne de Paris et l'envoie en ses terres de Champigny, afin de la soustraire aux guerres de religion. En son absence, la jeune princesse s'y lie d'amitié avec le Comte de Chabanes, un fidèle et vieil ami de son mari, et va jusqu'à lui confier sa première inclination ; naturellement, le vieil homme tombe aussi amoureux d'elle... La clarté de l'écriture de Mme de Lafayette fait des trois premières pages un exposé parfait de la situation !
La jeune princesse est particulièrement vertueuse : elle se réjouit de ne pas avoir épousé le frère de son premier amour car il aurait été « dangereux d'avoir pour beau-frère une homme qu'elle eût souhaité pour mari » et repousse avec sagesse les aveux du second à qui elle rappelle ce qu'il doit « à l'amitié et à la confiance du prince son mari ».
Mme de Lafayette fait monter progressivement la tension car la haine ressentie officiellement par le duc de Guise envers le Prince de Montpensier pour avoir empêché le mariage de son jeune frère et officieusement pour avoir éloigné de lui l'objet de son amour est alimentée par les rivalités sur le champs de bataille car le Prince de Montpensier voit « avec peine » les exploits guerriers du duc.
Le duc d'Anjou et sa suite dont fait partie le duc de Guise se perdent en allant visiter des places fortes ; une rencontre fortuite se produit au bord d'une rivière et réveille dans les coeurs des sentiments vieux de trois ans déjà. Naturellement, la princesse conserve une attitude froide et distante à l'égard du duc de Guise. le prince de Montpensier et le comte de Chabanes ont du mal à contenir haine et jalousie. Ce que le hasard a permis s'annonce d'autant plus compliqué que le duc d'Anjou tombe aussi sous le charme de la princesse…
Quand la princesse de Montpensier revient à la cour, trois hommes sont donc transis d'amour pour elle et au moins deux rivalisent tandis que la jalousie de son mari s'accroit et qu'il s'emporte violemment. Mme de Lafayette décrit très bien les intrigues de cour, les apartés, les conversations publiques qui, par le jeu du double sens, signifient plus que ce qui s'y est dit, les méprises sous les masques, les médisances et les rumeurs. Des aveux sont échangés avec le duc de Guise et le pauvre Comte de Chabanes devient complice de cette relation, patient et dévoué malgré sa douleur et ce, jusqu'au sacrifice ultime !
Je ne dévoilerai pas le sort de la Princesse et du duc de Guise : lisez cette courte nouvelle qui préfigure peut-être ce que sera La Princesse de Clèves une quinzaine d'années plus tard. Disons simplement que la chute est morale et met en avant la vertu et la prudence dans une existence harmonieuse et équilibrée, source de bonheur.
Il faut pas oublier la partie historique du récit sur fond des guerres de religion, les différents champs de bataille, le massacre de la Saint-Barthélemy qui se prépare : c'est dans ce domaine que l'aide de Ménage a été la plus utile à Mme de Lafayette pour planter le décor de sa trame psychologique. Cette petite nouvelle tient en haleine car on s'attache aux personnages et à leurs « galanteries » dans la magnificence de la cour de Charles IX. C'est un petit texte à découvrir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          144
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   11 mars 2013
Comme elle était dans cet état, elle entendit ouvrir une porte dérobée de son cabinet, et vit paraître le chevalier de Navarre, paré et d’une grâce au-dessus de ce qu’elle l’avait jamais vu. Chevalier, où allez-vous, s’écria-t-elle ? que cherchez-vous ? avez-vous perdu la raison ? qu’est devenu votre mariage, et songez-vous à ma réputation ? Soyez en repos de votre réputation, madame, lui répondit-il ; personne ne le peut savoir ; il n’est pas question de mon mariage ; il ne s’agit plus de ma fortune ; il ne s’agit que de votre cœur, madame, et d’être aimé de vous : je renonce à tout le reste. Vous m’avez laissé voir que vous ne me haïssez pas ; mais vous m’avez voulu cacher que je suis assez heureux pour que mon mariage vous fasse de la peine : je viens vous dire, madame, que j’y renonce ; que ce mariage me serait un supplice, et que je ne veux vivre que pour vous. On m’attend à l’heure que je vous parle, tout est prêt ; mais je vais tout rompre, si, en le rompant, je fais une chose qui vous soit agréable, et qui vous prouve ma passion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
CosaqueCosaque   17 septembre 2015
[...] Elle ne put résister à la douleur d'avoir perdu l'estime de son mari, le cœur de son amant et le plus parfait ami qui fut jamais. Elle mourut en peu de jours, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde, et qui aurait été sans doute la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions.

[ Les deux dernières phrases de la nouvelle]
Commenter  J’apprécie          93
brigetounbrigetoun   12 décembre 2010
Le duc d’Anjou en demeura accablé comme d’un coup de tonnerre. Il vit dans ce moment qu’il avait un rival aimé. Il comprit, par le nom de Madame, que ce rival était le duc de Guise, et il ne put douter que la princesse sa sœur ne fût le sacrifice qui avait tendu la princesse de Montpensier favorable aux vœux de son rival. La jalousie, le dépit et la rage, se joignant à la haine qu’il avait déjà pour lui, firent dans son âme tout ce qu’on peut imaginer de plus violent, et il eût donné sur l’heure quelque marque sanglante de son désespoir, si la dissimulation qui lui était naturelle ne fût venue à son secours et ne l’eût obligé, par des raisons puissantes, en l’état qu’étaient les choses, à ne rien entreprendre contre le duc de Guise
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Gwen21Gwen21   18 novembre 2015
[...] Madame de Noirmoutier était une personne qui prenait autant de soin de faire éclater ses galanteries que les autres en prennent de les cacher [...].
Commenter  J’apprécie          100
ChristianLVChristianLV   15 octobre 2017
Le prince de Montpensier était à la chasse, il alla droit à l'appartement de la princesse qui, le voyant troublé, fit retirer aussitôt ses femmes pour savoir le sujet de ce trouble. Il lui dit, en se modérant le plus qu'il lui fut possible, que le duc de Guise était à une lieue de Champigny et qu'il souhaitait passionnément de la voir. La princesse fit un grand cri à cette nouvelle, et son embarras ne fut guère moindre que celui du comte [de Chabanne]. Son amour lui présenta d'abord la joie qu'elle aurait de voir un homme qu'elle aimait si tendrement. Mais, quand elle pensa combien cette action était contraire à sa vertu et qu'elle ne pouvait voir son amant qu'en le faisant entrer la nuit chez elle à l'insu de son mari, elle se trouva dans une extrémité épouvantable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Madame de La Fayette (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Madame de La Fayette
La Princesse de Clèves, la scène de bal
autres livres classés : guerres de religionVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Madame de La Fayette

En quelle année Madame de La Fayette est-elle née ?

1534
1634
1734
1834

10 questions
48 lecteurs ont répondu
Thème : Madame de La FayetteCréer un quiz sur ce livre
.. ..