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Stéphane Audoin-Rouzeau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2847345507
Éditeur : Tallandier (08/01/2009)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 16 notes)
Résumé :

De février 1951 à juin 1952, le lieutenant Dominique de La Motte prend la direction du commando 12, une unité de supplétifs hébergée dans une plantation d'hévéas près de Câu Khoi, non loin de la frontière cambodgienne. Au milieu de ses partisans, le jeune officier est roi de guerre. Sa mission : créer une zone interdite au Viêt-minh. Son quotidien : la guerre des postes, faite de patrouilles... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fklevesque
  30 mai 2019
Un ouvrage qui se lit avec passion et qui ne peut que faire rêver les anciens militaires. Nous sommes loin d'ouvrages aussi brillants que ceux de SCHOENDOEFFER mais à chacun son métier.
L'auteur est un ancien officier d'active qui nous offre quelques pages de vie empreintes d'authenticité au début d'un conflit qui ouvrait la page de l'histoire post-coloniale de la France. Un récit d'hommes, perdus dans un conflit ouvert à toutes les passions y compris celle de la brutalité, commandés par un officier insoumis pressentant que la guerre changeait de visage sous l'influence du fléau communiste qui allait dévaster le Vietnam jusqu'en 1975. Devinant l'importance de s'adapter à un conflit sans visage au cours duquel la mort peut frapper à tout instant. Agissant de ce fait davantage comme un chef de bande que comme un adepte de doctrines classiques.
J'ai retrouvé dans ces pages une partie de mes rêves d'adolescent, de bruit et de fureur, qui m'ont conduit vers le métier des armes et l'aspiration à être à la hauteur de l'engagement et des sacrifices de mes anciens. A lire.
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Thai_expat
  26 février 2011
Sur le plan historique, à comparer avec l'excellent livre du contre-amiral Romé, « Les oubliés du bout du monde », qui, lui aussi, a eu à intervenir contre une rébellion dans la même région, mais dix ans plus tôt, en 1940, quand l'on pouvait encore légitimement parler d'« Indochine française » : « J'ai souvent pensé […] à l'époque où il suffisait d'une section ou deux, sous le commandement d'un enseigne, pour faire régner l'ordre dans toute la plaine des Joncs… » Époque reprise et illustrée par Eric Miné, dans son roman, « Koh Chang la victoire perdue », publié récemment.
Avec « de l'autre côté de l'eau », ces livres, qui ont en commun d'avoir un certain recul tout en restituant fidèlement les ambiances, offrent une approche originale et nuancée sur ce que furent les dernières années du fleuron de l'empire colonial français.
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rotsenamrub
  30 mars 2019

Très intéressant ce témoignage de Dominique de la Motte sur une page de sa guerre d'Indochine.
A ma grande honte je dois confesser une connaissance très superficielle de cette guerre coloniale et, m'étant imprudemment lancé dans une séquence vérité, j'avoue dans la foulée et avec une bien moindre gêne, ma méconnaissance têtue de l'appareil militaire.
Ce ne sont d'ailleurs pas les aspects militaires qui m'ont intéressé ici mais cette Asie d'avant qui émerge en filigrane de ce récit simple et précis.
L'auteur peint les événements à travers le prisme de sa fonction, de son éducation et de ses convictions mais, à ma grande surprise, le plus souvent avec considération et respect pour les populations locales et même pour ses adversaires. Il est en revanche souvent caustiques avec sa hiérarchie et le personnel politique, qu'il soit français ou autochtone.
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Thai_expat
  26 février 2011
On en apprend davantage, ici, sur les différences de culture et de comportement, sur les répulsions et les attirances réciproques des peuples que dans bien des ouvrages à prétention socio-ethnologique. Un style étonnant, des phrases courtes, presque brutales, et, au final, le sentiment de comprendre un peu mieux la réalité d'une guerre méconnue, celle de l'Indochine qui n'était déjà plus tout à fait française.
Les souvenirs d'un militaire qui manie la plume comme le pistolet.
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Sampiero
  26 janvier 2014
Un récit court de 15 chapitres sur la guerre d'Indochine.
Le lieutenant de lamotte nous décrit ce qu'il à vécu durant son premier séjour. Écrit 40 ans après les faits, l'auteur ne cherche nullement à apporter un nouveau regard sur cette guerre trop oublié.
Il témoigne par sa vision d'un conflit où l'homme est au coeur de l'engagement.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fklevesquefklevesque   30 mai 2019
Le règlement officiel régit mes relations avec mes supérieurs et les sous-officiers français. Il ne m’est d’aucun secours dans mon rapport aux partisans, qui ne savent pas ce qu’est la France, pas plus que le communisme, et se considèrent comme liés à moi par un lien féodal de caractère assez particulier : ils ont le droit de le rompre quand ils le souhaitent, il n’est fondé sur aucun document écrit, mais tant qu’il est tacitement reconduit, il me donne sur eux, en pratique, le droit de vie et de mort.

Ce lien qui nous unit est matérialisé par une seule chose, l’argent, la pauvre solde que je leur remets tous les quinze jours. Ce n’est pas choquant. L’argent ici n’est pas le mal, il est le bien le plus primitif, la possibilité de manger. Pendant l’une des agréables détentes qui émaillent les opérations, je leur demande pourquoi ils acceptent de me suivre, et au besoin de se faire tuer pour moi. À voir leur tête, je comprends qu’il s’agit d’une question d’ordre métaphysique. Ils finissent par répondre : « Parce que chez toi, on mange bien. » Je suppose qu’ils ont voulu dire que je réglais la solde intégralement sans en mettre dans ma poche, contrairement, dit-on, à certains chefs caodaïstes.

Puisque l’argent a valeur de symbole, je paie moi-même la solde et je ne demande jamais son nom au récipiendaire : je dois le connaître, le lien qui nous unit l’impose. Cet exercice profitable me permet de distinguer, sans grand risque d’erreur, un Tonkinois d’un habitant de l’Annam, un Cochinchinois d’un Cambodgien, voire d’un Chinois quand, par hasard, j’en rencontre. Avec l’habitude, ils sont aussi différents qu’un Suédois l’est d’un Tunisien. En leur réglant leur dû, je leur rappelle leurs dettes à mon égard, mais je retiens rarement de l’argent de mon propre chef : une reconduction tacite est la règle.
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Thai_expatThai_expat   26 février 2011
Mais « comment commander des Jaunes », je ne m’étais pas inquiété de ce problème et personne ne me l’avait expliqué. […] Mon mentor a été un très vieux Chinois, l’adjudant Niem, retraité de la coloniale. Il était un peu gâteux, malin et plus raciste qu’il n’est possible. Sa hiérarchie des races n’était pas celle du comte de Gobineau. Il y avait, au-dessus de tout, les Chinois. Et puis, bien plus bas, les Blancs, les Tonkinois, les Annamites, les Cochinchinois, enfin les Khmers du Cambodge, sous-race parfaitement méprisable.
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tomgustomgus   12 janvier 2018
L’intelligentsia, toujours en retard d’une idéologie, adule les communistes et les chrétiens progressistes tiennent le corps expéditionnaire pour d’abominables colonialistes Un an plus tard, la mort de Staline donnera l’occasion d’une sinistre bouffonnerie hautement symbolique : l’armée reçoit l’ordre de mettre les couleurs en berne pendant plusieurs jours en l’honneur du petit père des peuples, que la plupart des grandes consciences tiennent encore à cette époque pour le sauveur du monde. Heureusement, nous savions que certains ordres ne sont pas faits pour être exécutés. Mais celui-ci est arrivé à ses destinataires, et je le regrette.
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Thai_expatThai_expat   26 février 2011
Pour mes hommes, la mort est peut-être absurde, mais guère terrifiante. […] Après une cérémonie militaire, on place les corps sur un énorme bûcher d’hévéas arrosé de gas-oil. Tout le monde rit autour du feu qui monte haut dans le ciel. […] le meilleur ami des deux morts surveille la longue opération. Comme je lui demande si c’est bientôt fini, il fourrage avec une longue perche, soulève quelque chose et me dit : « Il en reste encore un kilo, un kilo et demi. »
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