AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782957084425
390 pages
Éditeur : Alsacienne Inde (21/09/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
A Bavay-la-Romaine, Gil Deguy découvre d'étranges traces étrusques lors de fouilles. Son ami Louis, lui, écrit un roman sur la résurrection du culte d'un démon par un prêtre étrusque de Bagacum qui a jeté son dévolu sur une certaine Flavia, une réfugiée, au Ier siècle. Ils enquêtent sur cette coïncidence et découvrent que, dans les deux époques, d'étranges disparitions et assassinats ont lieu.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LesReveriesdIsis
  11 janvier 2021
L'Obscur Passeur est un roman que j'avais envie de lire car il me semblait original et intriguant. En plus, cela m'a permis de découvrir une nouvelle plume, et ça, c'est toujours un réel plaisir! L'intrigue se déroule dans un petit village nommé Bavay-la-Romaine. Gil Deguy – qui est archéologue découvre d'étranges vases qui semblent attester d'une présence étrusque sur les lieux, ce qui révolutionne l'histoire de la région. Etrangement, son meilleur ami, Louis écrit un nouveau roman sur un dieu étrusque dont le culte est remis au goût du jour par une secte, un dieu qui a soif de pouvoir et qui convoite une jeune femme nommée Flavia. Bientôt, drames et disparitions entachent le réel tout comme ils parsèment le roman, amenant les deux amis à s'appesantir sur ces coïncidences.
Le premier constat à faire est que ce roman a une belle complexité. Plusieurs fils sont déployés avant de se raccrocher les uns aux autres, liant l'Histoire et la Modernité, le mythe et le réel, la création artistique et l'exploration archéologique. Ainsi, les contours du réel sont floutés par le mythe, par les légendes et les croyances ; la création artistique atteint son plein pouvoir, quant à elle, et renoue avec la force créatrice (voire démiurgique!) du Verbe. J'ai trouvé cette dynamique vraiment intéressante : l'idée que les mots pouvaient amener à la vie, donner une épaisseur aux choses dans le monde réel… il y a presque – en filigrane – une réflexion à mener sur le poids des mots et sur le pouvoir de la parole. En amoureuse de la langue que je suis, cela ne pouvait pas me laisser indifférente. A cela s'ajoute des effets de parallélisme, des effets de miroir qui permettent aux histoires de se faire écho les unes aux autres et donc de donner une unité aux différents fils.
Cette complexité – si elle est savoureuse – a néanmoins un revers : il m'a été assez difficile d'entrer dans le récit sur le premier tiers de la lecture. Les différentes histoires se succédaient en des chapitres courts et resserrés, je peinais à voir le lien entre elles, et surtout, je n'arrivais pas à m'attacher aux différents personnages puisque je ne les suivais pas sur un laps de temps assez long. A ce moment-là, j'ai légèrement frémi, craignant de passer à côté de la lecture. Et puis, au détour d'un chapitre, les choses se sont éclairées et j'ai compris. A partir de là, le fil directeur entre les histoires m'a sauté aux yeux, et comme je côtoyais les êtres de ce roman depuis un peu plus longtemps, leur destin a réellement piqué ma curiosité. Dès lors, j'ai vraiment eu envie d'avoir le fin mot de l'histoire.
Le roman est également intéressant car il est – à mon sens – au carrefour d'influences littéraires. Nous y retrouvons des accents de récits de terreur, en plus de la fantasy mais aussi des accents historiques avec l'histoire de la ville de Bavay-la-romaine. Cela donne un roman assez érudit qui fait surgir un surnaturel glaçant et angoissant dans un monde cruellement ancré dans le réel, un peu comme si tout était démultiplié : l'ancrage et la terreur. le dieu inconnu, Orcus, le Passeur, est une figure essentielle de ce surnaturel. Son existence, ses mentions, ses actes, ses pensées contribuent à créer une atmosphère inquiétante et poisseuse qui nous poursuit bien après avoir fermé le livre. de vous à moi, j'ai senti plus d'une fois un frisson – à la fois détestable et délectable – me parcourir, le soir, à la nuit tombée après avoir posé mon livre! Je pense que c'est aussi le signe d'une oeuvre réussie : ce roman emporte le lecteur dans son univers et parle à notre imagination, joue aussi avec nos peurs, notamment celle du noir et des chausse-trappes qui nous y attendent. A tout ceci s'ajoute une légère inflexion de roman policier puisque les protagonistes cherchent à découvrir la cause des disparitions – dans le récit de Louis- et dans la vie réelle. Or, aucune explication logique ne semble pleinement satisfaisante.
Les personnages de ce roman sont plutôt savoureux. Louis est vraiment intéressant, il est inconscient de ce qu'il provoque, il est tourmenté mais aussi malin et inventif. Son épouse est d'une force capitale, même si elle reste longtemps un personnage de l'ombre. Guy, l'archéologue, joue un rôle essentiel dans le récit même s'il ne m'a pas emballée. Flavia par contre est un personnage terriblement attachant. Nous aimons cette femme au caractère bien trempé, que la vie n'a pas épargnée mais qui ne se laisse ni duper ni mener par le bout du nez. L'haruspice est tout ce qu'il y a de détestable et chacune de ces apparitions permet de préparer le dégoût qu'il nous inspirera à la fin. Ce n'est pas évident de créer un personnage aussi avide de pouvoir, égoïste, malsain aussi, à l'image du dieu qu'il sert finalement. Bien évidemment, Orcus a une place de choix aussi! Et il ne nous laisse pas indifférent!
Enfin, j'ai particulièrement aimé la plume de l'auteur. Dans ce roman, il y a un travail sur les mots : les beaux mots, les mots précis, les descriptions qui donnent à voir et à entendre. Cela parle donc à mon coeur mais aussi à mon imaginaire et j'ai apprécié la beauté de la langue employée. A cela s'ajoute un travail de recherche évident sur la mythologie, sur l'archéologie qui permet de donner encore un peu plus de consistance à l'oeuvre. Alors, bien entendu, cela fait aussi que nous devons prendre le temps de savourer la lecture, nous ne pouvons pas, à mon sens, la survoler, mais cela ne gâte pas le plaisir pris à lire, loin de là.
Ainsi, je suis enchantée de ma découverte. L'Obscur Passeur est un roman qui m'a permis de frissonner alors même que j'étais blottie bien au chaud sous mon plaid. Avec une réel talent de conteur, l'auteur nous emporte aux confins du réel dans un monde où le mythe rejoint la réalité et menace les Hommes à travers les appétits dévorant d'un dieu obscur et menaçant.
Lien : https://lesreveriesdisis.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Sagweste
  27 octobre 2020
Alternant entre une époque au temps des romains et une plus contemporaine, Denis Labbé nous présente son Passeur qui défie les âges et les temps. Fourbe mais emplit de sa grandeur passée, à l'égal des anciens Dieux qu'il a côtoyé il veut renaitre au coeur de ses ouailles.

Ce roman est une source incroyable pour qui aime l'Antiquité, on y vit avec les romains, leur tolérance et leur limites quand aux religions qu'ils rencontrent au fil des annexions de territoire qu'ils effectuent. L'installation d'Orcus dans une forêt ne va pas sans poser plusieurs soucis, même au sein de la petite colonie qui le vénère.

Sur le versant actuel, ce sont les archéologues qui souhaitent comprendre ce que la découverte d'une salle souterraine peut bien leur révéler. Mais Orcus, même s'il est très affaiblit, peut entrer dans votre esprit et y semer la plus pure terreur et s'en nourrir.

Ce va et vient entre passé et présent m'a énormément plu, ce que j'apprenais du Passeur à une époque je le transposais dans l'autre. L'auteur n'hésite pas à oindre chaque scène d'une intensité telle que ses apparitions engendraient certaines frayeurs auprès de ses protagonistes et une tension forte du lecteur.

J'adore le fantastique horrifique. Dosé avec justesse par Denis Labbé, il en résulte un roman angoissant et attachant au regard de la construction des personnages.

Un petit mot pour Lydie Wallon qui a fait la couverture magnifique de ce roman.

Enjoy!
Lien : http://saginlibrio.over-blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LesChasseusesDeLivres
  13 novembre 2020
C'est un roman qui ravira les fans d'histoire. le roman suit en parallèle deux périodes : des événements qui se passent de nos jours, et des événements qui se passent à l'époque romaine, le tout relié par le démon Orcus, présent dans les deux périodes. Les chapitres s'alternent entre les deux époques, nous faisant sans cesse voyager dans le temps, d'une époque à l'autre. Même si parfois on aimerait bien rester un peu plus longtemps dans une même époque, pour avancer un peu plus vite dans l'histoire – mais cela fait partie du jeu et aide à faire monter la tension.
On se rend vite compte que Denis Labbé a fait un énorme travail de recherches pour documenter son roman, et le rendre vraisemblable au maximum, et notamment pour ce qui est de la partie recherches archéologiques et découvertes à l'époque actuelle. C'est un aspect que j'aime beaucoup retrouver dans ce type de roman, cela m'aide à m'immerger un peu plus dans le monde créé par l'auteur.
Cependant, j'au eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire, car elle met du temps à démarrer, mais aussi à cause du style de l'auteur. Au début j'ai beaucoup apprécié sa façon de décrire son univers, ses personnages, les lieux. Denis Labbé nous donne beaucoup de détails, use (et abuse) d'adjectifs, utilise un vocabulaire varié et très riche. Sauf que cela a tendance à devenir un peu lourd sur le long terme, on aimerait parfois plus de concision pour pleinement savourer notre lecture.
C'est donc un roman original, qui s'adressera principalement à un lectorat fan d'histoire, d'antiquité et de mythologie, et bien naturellement de phénomènes fantastiques ! Je pense que Judith, notre 2ème chasseuse de livres, devrait d'ailleurs apprécier ce roman 😊

Lien : https://leschasseusesdelivre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
LesChasseusesDeLivresLesChasseusesDeLivres   13 novembre 2020
Alice lui demandait souvent quels problèmes le minaient. Lui aussi se posait souvent ces questions auxquelles il connaissait une réponse qu’il ne voulait pas s’avouer. Il trouvait que ses romans fantastiques parvenaient efficacement à taire ses angoisses. Chaque mot faisait office d’exutoire, de psychanalyse, de catharsis. En eux, il plaçait tout ce qui le terrifiait dans la vie, dans la société ou dans son travail.

Néanmoins, pour rien au monde, pas même pour un livre, il n’aurait troqué sa vie pour une autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Video de Denis Labbé (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Labbé
Réalisation de la couverture du recueil de nouvelle "Interstices" de Denis Labbé
Couverture et vidéo réalisée par Jimmy Rogon
autres livres classés : création artistiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2158 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre