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ISBN : 2764620713
Éditeur : Boréal (26/10/2010)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Description

Après dix-huit jours passés dans le coma, une femme se réveille. Son esprit, sa capacité de penser en formules percutantes semblent intacts, mais elle n'émet aucun son et refuse d'ouvrir les yeux. Les médecins, le personnel lui répètent qu'elle est sortie d'affaire, mais sa mémoire n'est plus qu'une page blanche. Une jeune femme à son chevet se prétend sa fille, un homme vient lui parler comme si elle était sa femme alors que toutes les fo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  19 juillet 2017
Yolande Mailloux se réveille d'un profond coma de plusieurs jours, après un grave accident de voiture. Elle ne se souvient de rien : sa mémoire est une page blanche qu'elle n'a pas envie de noircir. « Est-ce qu'on peut profiter d'un coma pour vider un cerveau de sa substance, vider une vie de son essence et remplacer le tout part... par quoi ? Comment ça s'appelle, cette envie de rien ? » (p. 24) Mais autour de Yolande, on s'agite : médecins, famille, amis, tous veulent la voir revenir. Sur son lit, simulant le sommeil, Yolande sait qu'elle ne veut pas renouer avec Gaston et Annie, son mari et sa fille. le seul qui pourrait vraiment la ramener du côté des vivants, c'est Steve, jeune homme amputé dans une autre chambre de l'hôpital. À mesure qu'elle écoute ses proches et qu'elle reprend pied, elle réapprend son histoire et son identité dans les récits des autres, mais elle ne s'y reconnaît pas. « Que saurait-elle de plus, si la mémoire lui était rendue ? Probablement comment se perdre un peu mieux dans le dédale des insignifiances qui l'occuperaient et la préoccuperaient. » (p. 96) Libérée de son passé, Yolande se sent plus légère : elle ne veut pas se souvenir d'une vie plate et sacrifiée aux conventions. Mais la mémoire, entité capricieuse, lui fait sentir qu'il est plus douloureux d'avoir tout oublié que de se rappeler, parce que parmi les souvenirs, les plus douloureux ne sont pas forcément les moins précieux.
Encore un immense roman de Marie Laberge avec un personnage féminin puissant, attachant parce qu'imparfait et touchant parce que très humain. Yolande est une femme complexe et forte, mais longtemps alourdie par des obligations et des chagrins : elle trouve dans l'oubli la capacité de devenir celle qu'elle cherchait avant l'accident. « Quand je te regarde, Gaston, je vois l'incarnation de la médiocrité. Il y a une distance immédiate qui se crée entre toi et moi. Et plus tu t'approches, et plus la focale recule. » (p. 101) L'amnésie est ambivalente : à la fois liberté et pouvoir, elle est aussi un handicap intérieur qui empêche de progresser et d'achever des deuils qui durent depuis des années. « Il se demande combien de fois on doit dire adieu avant de quitter vraiment. Avant d'accepter de quitter ce qui nous a quittés. » (p. 148) Yolande cherche la femme qu'elle est derrière l'amnésie et se demande quelle histoire projeter sur la toile blanche de son passé. Il y a des tâches sur sa vie d'avant, des comportements qu'elle ne reconnaît pas. « Elle ira et tant pis si elle se découvre aussi horrible qu'elle se soupçonne. » (p. 223)
La relation amicale entre Yolande et Steve, jeune homme à fleur de peau, est fabuleuse et je l'ai de loin préféré à la relation amoureuse entre Yolande et Jean-Louis, assez ique dans sa forme. Magnifiques également les nombreux poèmes égrenés au fil des pages. Les maîtres sont présents : Nerval, Neruda, Aragon, Apollinaire et bien d'autres ! Leurs textes parlent de mémoire et d'amour. « Même les plus grands poètes ne savent pas le fond de son coeur, ne savent pas comme c'est horrible de ne pas savoir. » (p. 223) Marie Laberge écrit avec talent et sensibilité sur le deuil, le suicide, le rapport mère/enfant. Ce roman est beau, tout simplement. On assiste, page après page à un miracle : la construction d'un personnage, comme s'il naissant devant nous de la plume de l'écrivain.
De cette auteure, je vous conseille aussi Ceux qui restent, Quelques adieux et la fabuleuse trilogie le goût du bonheur.
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Commenter  J’apprécie          90
majolo
  27 novembre 2012
Yolande, la cinquantaine, émerge lentement du coma dans lequel elle était plongée à la suite d'un grave accident de voiture. Amnésique, elle ne reconnaît aucun de ceux qui se présentent comme ses "proches" et refuse de revenir dans cette vie qui lui parait complètement étrangère: son mari la répugne, celle qui se dit sa fille la laisse de marbre...Seul l'émeut le monologue murmuré par son voisin de chambre, jeune homme blessé dans son corps et son âme. Elle tente alors de reprendre le cours de sa vie, vierge de tout passé. Malgré elle, celui-ci s'imposera et refera surface inexorablement.
J'ai toujours bien aimé lire Marie Laberge.
Mais j'ai été surprise de trouver ça assez mal écrit: j'ai trouvé le style vraiment lourd.
Trop de longueurs, de redites, comme si elle n'était pas sûre qu'on ait compris...
Cependant, l'histoire est originale et la construction intéressante. Les personnages sont attachants, et les liens émouvants qu'ils tissent peuvent faire penser à "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda.
J'avais tout de même très envie, comme elle, de faire la lumière sur sa vie et les drames l'ayant construite. Bon moment de lecture, sans plus.
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Renatan
  07 septembre 2017
Ce dixième roman de Marie Laberge est, à mes yeux, et de loin, le plus sombre mais le plus émouvant à la fois. Elle y explore, dans les moindres recoins de l'âme humaine, l'univers mystique du coma, dans lequel son personnage principal, Yolande (narratrice), a sombré durant 18 jours. Sa capacité à réfléchir est demeurée intacte et son esprit vif. Mais sa mémoire est atteinte et elle est dépourvue d'affect. Elle a sombré dans l'amnésie.
 
Beaucoup de personnages rayonneront autour d'elle. D'abord, son voisin de chambre, avec qui elle entretiendra une belle complicité, ensuite, une femme qui dit être sa fille, un homme (son mari), et bien d'autres encore. Mais par un jeu complexe et bien ficelé, l'auteure nous fera vivre les enjeux troublants et décisifs de la réminiscence. Revenir de loin, mais à quel prix? Yolande sera l'initiatrice de son destin que nous suivrons, comme tenus à un mince fil, durant ces 600 pages. Les sept chapitres résumeront bien, à eux seuls, son cheminement: «Ouvrir les yeux», «Se mouvoir», «S'émouvoir», «Savoir», «Voir», «Dire» et «Vivre».
 
La densité de ce roman contribuera à cette recherche d'approfondissement des mystères encore inconnus de la conscience et de l'âme, à laquelle seul peut répondre un remarquable talent d'écrivaine. Écrit avec une extrême sensibilité, «Revenir de loin» est troublant. Il est impossible d'en sortir totalement indemne. Les dialogues sont forts et les chapitres teintés des vers de Nelligan, Miron, Rimbaud et Baudelaire. Plusieurs thèmes sont abordés: le tourment amoureux, les relations mère/fille, la perte et le deuil, la recherche d'authenticité... Les personnages sont des représentations de personnalités diamétralement opposées, ce qui ajoute à la complexité et la beauté du roman. Toutefois..... attention! Il faut vraiment rayonner intérieurement pour lire ce livre! Parce que Marie Laberge, plus que jamais et plus que quiconque, arrive à «violemment» nous ébranler. C'est un vrai bijou, comme toujours...
J'aime cette auteure :-*
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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LisLou
  28 octobre 2015
j'ai apprécié ce livre de bout en bout. D'abord parce que durant toute la lecture je me suis demandé: Qui serait encore autour de moi si tel drame m'arrivait?
Quelle vie choisirais-je si je pouvais tout recommencer du début? Serais-je différente?
Le livre est prenant le changement de narrateur intéressant.
Le parlé de Steve est réservé aux Québécois ou initiés, c'est un pue dommage mais c'est très drôle et savoureux à la fois.
J'ai été dérangé par son attitude vis à vis de sa fille, cela me faisait rire mais je me disais Whow quelle claque pour elle!
A lire avec ou sans recul...
très touchant, très émouvant...
Encore un bel ouvrage de Marie Laberge.
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Neneve
  06 novembre 2016
Et si nous avions la chance de se recréer une nouvelle vie, de nouveaux souvenirs, de faire le ménage et de balayer tout ce qui ne nous plait plus... C'est ce que le personnage principal de ce roman a le pouvoir de faire... puisqu'elle se réveille d'un coma la tête vide de tous souvenirs. Ce sera pour elle l'apprentissage d'une nouvelle vie, l'occasion à saisir de CHOISIR ce qu'elle veut et ne veut pas. Une lecture passionnante dont on sort en se demandant de quoi l'on a envie de se souvenir vraiment. Ne vous laisser pas intimider par le nombre de pages, le bouquin se lit vraiment facilement.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   14 mars 2015
Faire du neuf avec du vieux. Repasser du règne végétal au règne animal pour aboutir au règne humain. Non, ça, il n'y en a pas. Le règne humanitaire, je suis certaine qu'il n'existe pas. Minéral, végétal, animal. Par quel mystère je sais ça ? C'est pour dire que le par cœur de notre petite école qu'on déteste tant, ça a une fonction, finalement. Même au fin fond du règne végétal, le par cœur surgit comme une bulle de connaissance prête à servir.
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LiliGalipetteLiliGalipette   19 juillet 2017
« Est-ce qu’on peut profiter d’un coma pour vider un cerveau de sa substance, vider une vie de son essence et remplacer le tout part... par quoi ? Comment ça s’appelle, cette envie de rien ? » (p. 24)
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rkhettaouirkhettaoui   14 mars 2015
Quand on est petit, penses-tu qu'on le sait ce qui va nous arriver ? On le sait, mais on le croit pas. Comme un peu quand on rêve. On le sait que c'pas vrai, mais y a de quoi de vrai pareil.
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rkhettaouirkhettaoui   14 mars 2015
Encore une fantaisie de la langue : « affecter » et « être affecté ». « Faire semblant » et « être touché ». Le même mot et tout le contraire pour ce qui est du sens. Sans affect, on peut discerner ce que les autres affectent — l'affection et l'affectation. Hou ! Je sens que je délirerais volontiers ! Une seule racine — latine, j'en suis presque sûre — et tant de sens disparates. Mes dictionnaires me manquent. Je suis une femme de dictionnaires, j'en suis persuadée. Ce n'est pas possible que ce soit un effet du coma. Ça doit m'appartenir en propre, cette fascination pour le sens réel, précis, des mots. Ça ne s'affecte pas après coup, à la seule écoute des gens qui viennent s'exprimer au chevet du cadavre !
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rkhettaouirkhettaoui   14 mars 2015
Attendre que le malaise devienne souffrance et que la souffrance, comme une épaisse fumée, la fasse sortir de son trou.'Parce que la vie a ses ruses et nous conduit — avec ou sans notre collaboration — au pied du mur qu'on s'est construit.
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