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ISBN : 2266113178
Éditeur : Pocket (14/03/2001)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 394 notes)
Résumé :
Lorsque Emmanuelle a sept ans, elle découvre la langue des signes. Le monde s'ouvre enfin. Elle devient une petite fille rieuse et "bavarde".
A l'adolescence pourtant, tout bascule. Aux désarrois de son âge s'ajoute la révolte de voir nier l'identité des sourds. Emmanuelle ne peut plus concilier l'univers des entendants et le sien. Elle se referme, dérive, se perd dans des expériences chaotiques. Mais, lucide et volontaire, elle réagit et choisit de se battre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  28 juin 2016
Autant vous prévenir, j'ai des choses à dire. Si vous n'avez pas le courage de me lire, mieux vaut passer votre chemin !
Si je n'avais pas côtoyé un jour le "monde" des sourds, aurai-je été aussi sensible au témoignage d'Emmanuelle Laborit ?
Je me reproche même de ne pas l'avoir lue plus tôt. La sortie de cette autobiographie précède de six ans mon expérience professionnelle (dans mes toutes premières) à l'Institut des Jeunes Sourds de Paris en 2000-2001, ayant eu une opportunité d'y travailler, pourtant ne sachant pratiquement rien de la surdité.
Six mois de prégnance unique, de relations enrichissantes, humaines et de véritable découverte culturelle, dont la langue des signes française - LSF - (mais à un très modeste niveau, car il faut une pratique d'au moins quelques années pour le maîtriser couramment !)
Bref, revenons-en à ce livre, bien plus passionnant, si juste et à l'expression éminemment poétique.
Emmanuelle, cette "mouette" d'abord criarde, nous parle de sa prime enfance isolée dans son monde, celui du silence, des cauchemars et de l'imaginaire. Jusqu'à ce que son père, attristé et frustré de ne pouvoir communiquer avec elle, lui fasse découvrir le langage des signes, après un laborieux apprentissage de l'oralisme, le seul recommandé à l'époque par les "spécialistes".
A sept ans alors, le monde s'ouvre enfin sur la compréhension de la vie, avec tous les champs des possibles devant elle !...
Avec un langage direct, mais très souvent métaphorique, Emmanuelle nous décrit les difficultés de son enfance, de sa scolarité où seuls l'oralisme et la lecture labiale sont permis en cours (la LSF est encore proscrite avant 1991 dans l'enseignement aux sourds !).
Elle nous partage son sentiment d'injustice, sa révolte destructrice à l'adolescence (besoin d'un sentiment d'appartenance, de reconnaissance, d'écoute), puis son combat pour la préservation de "sa" culture...
Même si elle est un exemple de ténacité, de courage, d'indépendance et de transmission, Emmanuelle Laborit ne souhaite pas un monde de sourds fermé au monde des entendants, mais aimerait seulement que les politiques et ses concitoyens facilitent la communication entre ces deux "communautés" : en développant des passerelles tel que le bilinguisme (LSF et oral), en soutenant et conseillant au mieux les parents entendants d'enfants sourds, qui sont orientés davantage vers les soins médicaux que les besoins affectifs, les angoisses et les souffrances que leurs enfants "taisent"...
On parle d'intégration, mais ce sont les sourds qui doivent s'adapter à notre monde, qui est aussi leur environnement naturel. Nous sommes tous des êtres pensants, pourvus de sensibilité, de langage et d'affect.
Ne faisons pas semblant de savoir, d'écouter et de passer vite à autre chose...
Les choses ont certes depuis un peu évolué (accès à l'information, traduction dans des hôpitaux, sous-titrages, émission de télé, internet, etc). Mais des obstacles / débats stériles subsistent toujours. Pour ma part, je suis pour que les sourds choisissent eux-mêmes leur mode de communication, celui qui leur convient le mieux, individuellement.
Ne parlons pas d'intégration mais de partage, d'échanges, de vérité, de réalité... "La famille Bélier" a certes fait pleurer dans des millions de chaumières, mais la véritable héroïne de ce film à succès était entendante. Je connais des sourds qui l'ont détesté, trop condescendant et surtout trop irréel. Si l'intention était bonne, elle était certainement maladroite.
Les bases de la LSF devraient être connues de toute la "communauté" (humaine) que nous sommes sensés représenter, et non être une simple option que l'on peut choisir dans de rares lycées (!).
Récemment, j'ai vu dans "L' oeil et la main" (que j'essaie de revoir en replay) que des crèches initient les tous petits (non sourds) de 12 mois à 2 ans au langage des signes, avant même qu'ils ne parlent eux-mêmes correctement. Très intelligente et concrète initiative !!
Demain est un autre jour........
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Macha_Loubrun
  02 janvier 2013
Le cri de la mouette est un véritable cri du coeur, un magnifique témoignage d'Emmanuelle Laborit sur son itinéraire et son combat pour changer notre regard sur les sourds et un plaidoyer pour une reconnaissance de la langue des signes (LSF) comme une langue à part entière.
Emmanuelle Laborit est sourde de naissance mais refuse d'être considérée comme une handicapée. Elle le dit :
[…] Pour moi, la langue des signes correspond à la voix, mes yeux sont mes oreilles. Sincèrement, il ne me manque rien. C'est la société qui me rend handicapée, qui me rend dépendante des entendants [….]
[…]« L'implant, pour moi, c'est un viol. Que l'adulte l'accepte, c'est son affaire. Mais que des parents soient complices d'un chirurgien pour imposer ce viol à leur enfant me fait peur.»
Emmanuelle Laborit a du tempérament et de solides convictions.
Sa vie a changé le jour où son père a entendu parler de la langue des signes sur France Culture et lui a permis d'être elle-même et de s'ouvrir au monde. A sept ans, grâce à l'apprentissage de la langue des signes, elle comprend enfin que « Je suis sourde ne veut pas dire « Je n'entends pas. » Cela veut dire : J'ai compris que je suis sourde. »
Avant elle croyait que les sourds se reconnaissaient au port d'un appareil auditif, qu'elle n'atteindrait jamais l'âge adulte parce qu'elle n'avait jamais côtoyé de grandes personnes dans son cas.
Avant elle communiquait avec sa mère avec quelques signes inventés par elles et des dessins. Mais comment comprendre des notions abstraites comme fêter un anniversaire ou que lorsque son petit chat est mort, « c'est fini »…
Et le maître mot à l'époque, c'est l'oralité, la langue des signes est formellement interdite dans les écoles jusqu'en 1991 !!!!(voir citation)
La langue des signes lui permettra d'établir un lien particulièrement fort avec sa soeur Marie plus jeune qu'elle de neuf ans.
Malgré cela elle souffre et doit suivre une scolarité douloureuse sans la langue des signes et son adolescence est pour le moins houleuse avant qu'elle ne passe avec son succès son bac et trouve sa voie dans le théâtre.
J'ai lu ce récit autobiographique avec un vif intérêt et beaucoup d'émotion car la fille de l'une de mes meilleures amies est sourde et leurs parcours dans l'enfance se ressemblent terriblement ainsi que leurs convictions concernant la langue des signes et leurs refus catégoriques des implants, position que je comprends parfaitement.
Malgré tout, la surdité isole beaucoup une personne dans les moments de partage. Je connais quelques signes appris au fil du temps et je mets un point d'honneur à passer le moins possible par mon amie pour me faire comprendre de sa fille mais c'est difficile, quasiment impossible. Je peux lui demander si elle veut encore du gâteau à table, lui souhaiter un bon anniversaire mais au cours d'une conversation, les traits d'humour, les petits échanges à vif sont absents car il est très difficile de tout traduire en permanence.
Alors rêvons un peu, en ce début d'année et souhaitons que la langue des signes sera un jour enseigné dès la maternelle, à tous les enfants...
Emmanuelle Laborit sera vous en convaincre si vous lisez ce livre fort et indispensable pour porter un regard différent sur les sourds.


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mariech
  17 avril 2012
Livre autobiographique d' Emmanuelle Laborit , qui est née sourde .
Evidemment lorsque ses parents se rendent compte de son handicap , le ciel leur tombe sur la tête , puis le premier choc passé , ils réagissent et font tout pour surmonter ce handicap ; pari réussi car Emmanuelle fait actuellement du théâtre et du cinéma .
Un témoignage poignant sur une personnalité courageuse , sur la différence aussi , qui nous permet de nous faire une idée de ce handicap ,qui nous fait si peur .
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anlixelle
  08 janvier 2017
Qu'il est douloureux ce parcours du combattant …
- pour l'enfant sourd (ou malentendant) dont le handicap met trop souvent bien longtemps avant d'être dépisté correctement
- pour la famille qui ne comprend pas ce qui arrive et qui se trouve la plupart du temps désarmée, démunie
- pour cette scolarité particulière difficile à mener sans personnel absolument engagé
- pour cet isolement terrible dont souffrent, encore à l'âge adulte, les sourds
Qu'il est haut ce mur dressé entre sourds oralisés et sourds gestuels.
Un mur d'incompréhension de toutes parts. C'est tellement dommage.
J'ai lu ce livre, quand j'ai appris la surdité de mon petit garçon.
Il m'a évidemment bouleversée, mais il a eu le mérite de nous faire comprendre très vite qu'il fallait nous mobiliser pour mener un combat, pour faire une petite place à celui qui n'entendait pas, ou mal.
Le coup de poing du récit autobiographique d'Emmanuelle Laborit a dû aider de nombreuses familles. Qu'elle en soit à jamais remerciée, et que s'estompent au fil des ans la colère et la tristesse pour ce que vivent ceux qui se sentent exclus de notre communication orale.
Chaque chemin de surdité est différent, comme l'est chaque famille, mais nous manquons de témoignages de ce genre et le cri de solitude lancée par la mouette Emmanuelle est inoubliable.

Lien : http://justelire.fr/le-cri-d..
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Petitebijou
  28 avril 2013
J'ai lu "Le cri de la mouette" après avoir eu le bonheur de voir Emmanuelle Laborit dans la pièce "Les enfants du silence". Machaloubrun a écrit une critique de ce livre admirable et donc je ne répeterai pas ce qu'elle a dit mieux que je n'aurais pu le faire. J'ajouterai que j''ai été frappée par la présence d'une incroyable force d'Emmanuelle, cette lumière qui l'irradie en permanence. A l'époque, le monde des sourds m'était totalement inconnu. Puis, une amie très proche, ayant rencontré une personne sourde, a commencé à apprendre la langue des signes, dans un institut toulousain, hélas aujourd'hui en difficulté (ce n'est pas par hasard que je le précise). Je voyais très souvent cette amie, et à chaque entrevue, elle m'apprenait quelques signes, ça m'a beaucoup interessée, mais j'ai trouvé ça très difficile pour une personne comme moi qui parle naturellement avec les mains et a donc du mal à maîtriser ses gestes. Par cette amie, j'ai rencontré la personne sourde, ainsi que tout un groupe de sourds. J'ai partagé des repas, des fêtes... et fait connaissance avec ce monde inconnu, suprenant, étonnant, puis le parcours personnel de quelques-uns, souvent empreints d'une grande souffrance, comme le raconte Emmanuelle Laborit. Je me suis rendue compte qu'inconsciemment je trimballais nombre de préjugés, et que plus que toute théorie, tout livre, cotoyer physiquement quelqu'un dit "différent", partager quelques moments de son quotidien, apprend bien davantage. Quelques temps plus tard, mes amis sourds vinrent à mon aide : j'étais désemparée devant le sort de ma plus jeune nièce, devenue sourde à la suite d'un examen médical dont l'appareil était mal réglé. Elle avait 12 ans quand elle a perdu l'audition progressivement. Ce fut une tragédie, le mot n'est pas trop fort. J'ai reconnu nombre de situations que décrit Emmanuelle Laborit, et que m'ont confirmés mes amis sourds : la colère, le refus d'accepter l'handicap pour quelqu'un qui fut entendant, les difficultés scolaires, les difficultés avec l'orthophoniste, l'isolement social, etc... Dix ans plus tard, après bien des cris et des larmes, ma nièce signe, a une vie de couple, et a retrouvé le sourire. Mais quel parcours du combattant ! Plus que jamais, Emmanuelle Laborit, dont le théâtre qu'elle dirige est menacé, porte une parole essentielle.
Dans "Le cri de la mouette", elle nous a interpellés. Après avoir lu le livre, je lui ai envoyé une lettre. Sa réponse fut à son image : chaleureuse et délicate. Elle m'évoquait notamment la difficulté pour les sourds d'écrire, car la langue des signes imprime une syntaxe différente de celle du langage écrit. Elle s'en excusa, c'est moi qui fus confuse. Ce fut après que le monde des sourds percuta le mien, et grâce à Emmanuelle, même si j'avais tout à apprendre, je ne fus pas tout à fait démunie.
Lien : http://parures-de-petitebijo..
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
Macha_LoubrunMacha_Loubrun   02 janvier 2013
L’histoire des sourds est une longue histoire de combat. Quand, en 1620, un moine espagnol a inventé les rudiments de la langue des signes, que l’abbé de l’Epée l’a développée plus tard, ils ne se doutaient pas que le formidable espoir qu’ils avaient donné au monde des sourds allait s’éteindre brutalement. L’abbé avait fondé un institut spécialisé dans l’éducation des sourds.
Au XVIIIème siècle, sa renommée fut si grande, que le roi Louis XVI vint admirer son enseignement. C’était une révolution, toute l’Europe s’y intéressait.
Au XIXème siècle, c’est l’interdit officiel. La « mimique », ainsi qu’on l’appelle, doit disparaitre des écoles. Refusée, parce que indécente et empêchant soi-disant les sourds de parler. Ecartée parce que cataloguée comme « langue de singe » !
On a ainsi obligé les enfants à articuler des sons qu’ils n’avaient jamais entendus et n’entendraient jamais. On a fait d’eux des sous-développés. Médecins, éducateurs, Eglises, le monde des entendants s’est uni avec une violence incroyable contre nous. Seule la parole était reine.
Il a fallu attendre le décret de janvier 1991 pour que l’interdiction soit levée. Pour que les parents aient le choix du bilinguisme pour leurs enfants. Un choix important, car il permet à l’enfant sourd d’avoir sa propre langue, de se développer psychologiquement, et aussi de communiquer en français oral ou écrit avec les autres. Il s’était écoulé un siècle de ce que j’appelle un terrorisme culturel de la part des entendants. Alors que durant de temps, aux Etats-Unis par exemple, la langue des signes était un droit et devenait une véritable culture à part entière.


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rabannerabanne   28 juin 2016
Je suis tellement choquée que ces pauvres garçons votent en se fondant tout simplement sur ce qu'ils arrivent à lire sur les lèvres de cet homme-là ! Ou ne votent pas, parce qu'ils n'ont rien compris sur les lèvres des autres ! Je leur ai dit :
"Un jour, dans l'histoire, un autre homme, qui articulait tellement bien qu'il en hurlait chaque syllabe, a collé une étoile jaune aux juifs, un triangle rose aux homosexuels, et un triangle bleu aux handicapés. Parmi eux, il y avait les sourds. Étoiles et triangles ont été exterminés chacun dans leur couleur. Cet homme-là a stérilisé des sourds pour qu'ils n'aient plus d'enfants."
Il faut que les hommes politiques fassent un effort, en dehors du sous-titrage institutionnel qui accompagne le discours de Noël du président de la République. Ce n'est pas à Noël qu'on vote !
Ça m'énerve.
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chelschels   24 novembre 2012
Un mois entier seule avec des entendants, c'est dur.
L'effort est constant. On se demande jusqu'où on va pouvoir tenir. La différence est là, inévitable. On a vraiment besoin de voir des sourds J'ai fait l'expérience une fois, en Espagne, avec mes parents. A la fin du mois, c'était l'angoisse, le sentiment d'étouffer. J'avais atteint la dernière limite. Plusieurs mois sans les sourds, seule dans un milieu d'entendants, c'est inimaginable. Je me demande comment je supporterais. Est-ce que je crierais à nouveau comme une mouette? Est-ce que je m'énerverais?Est-ce que je les supplierais de me regarder, de ne pas m'oublier?
Retrouver le monde des sourds, c'est un soulagement. Ne plus faire d'efforts. Ne plus se fatiguer à s'exprimer oralement. Retrouver ses amis, son aisance, les signes qui volent, qui disent sans effort, sans contrainte. Le corps qui bouge, les yeux qui parlent. Les frustrations qui disparaissent d'un seul coup.
Communication velours.
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MinouchMinouch   15 septembre 2009
"Je vois comme je pourrais entendre. Mes yeux sont mes oreilles. J'écris comme je peux signer. Mes mains sont bilingues. Je vous offre ma différence. Mon coeur n'est sourd de rien en ce double monde".
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Astrid2479Astrid2479   26 juin 2012
Il m'y attend, affolé de ma disparution, lamentable. Il veut s'excuser, tout effacer, m'embrasser. Mais c'est fini. Je ne l'aime plus. Est-ce que je l'ai vraiment aimé lui, ou l'image que je m'étais faite de lui ? C'est quoi la fidélité? C'est quoi la confiance? J'ai à peine dix-sept ans. Il y a longtemps que je l'aime, lui. J'ai commencé tôt. Je veux assumer la défaite, le poignard dans le coeur, mais je ne veux pas en rester là. Puisqu'il veut jouer les victimes, tenter de se faire pardonner une soi-disant folie de passage, je vais attendre patiemment de lui faire gôuter, à lui aussi, le poison de la trahison. Je ne vais pas le quitter tout de suite, je veux qu'il prenne le même poignard dans le coeur.
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