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EAN : 9782266113175
224 pages
Pocket (14/03/2001)
3.94/5   662 notes
Résumé :
Lorsque Emmanuelle a sept ans, elle découvre la langue des signes. Le monde s'ouvre enfin. Elle devient une petite fille rieuse et "bavarde".
A l'adolescence pourtant, tout bascule. Aux désarrois de son âge s'ajoute la révolte de voir nier l'identité des sourds. Emmanuelle ne peut plus concilier l'univers des entendants et le sien. Elle se referme, dérive, se perd dans des expériences chaotiques. Mais, lucide et volontaire, elle réagit et choisit de se battre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
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Livre autobiographique d' Emmanuelle Laborit , qui est née sourde .
Evidemment lorsque ses parents se rendent compte de son handicap , le ciel leur tombe sur la tête , puis le premier choc passé , ils réagissent et font tout pour surmonter ce handicap ; pari réussi car Emmanuelle fait actuellement du théâtre et du cinéma .
Un témoignage poignant sur une personnalité courageuse , sur la différence aussi , qui nous permet de nous faire une idée de ce handicap ,qui nous fait si peur .
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Le cri de la mouette est un véritable cri du coeur, un magnifique témoignage d'Emmanuelle Laborit sur son itinéraire et son combat pour changer notre regard sur les sourds et un plaidoyer pour une reconnaissance de la langue des signes (LSF) comme une langue à part entière.

Emmanuelle Laborit est sourde de naissance mais refuse d'être considérée comme une handicapée. Elle le dit :
[…] Pour moi, la langue des signes correspond à la voix, mes yeux sont mes oreilles. Sincèrement, il ne me manque rien. C'est la société qui me rend handicapée, qui me rend dépendante des entendants [….]
[…]« L'implant, pour moi, c'est un viol. Que l'adulte l'accepte, c'est son affaire. Mais que des parents soient complices d'un chirurgien pour imposer ce viol à leur enfant me fait peur.»

Emmanuelle Laborit a du tempérament et de solides convictions.
Sa vie a changé le jour où son père a entendu parler de la langue des signes sur France Culture et lui a permis d'être elle-même et de s'ouvrir au monde. A sept ans, grâce à l'apprentissage de la langue des signes, elle comprend enfin que « Je suis sourde ne veut pas dire « Je n'entends pas. » Cela veut dire : J'ai compris que je suis sourde. »

Avant elle croyait que les sourds se reconnaissaient au port d'un appareil auditif, qu'elle n'atteindrait jamais l'âge adulte parce qu'elle n'avait jamais côtoyé de grandes personnes dans son cas.
Avant elle communiquait avec sa mère avec quelques signes inventés par elles et des dessins. Mais comment comprendre des notions abstraites comme fêter un anniversaire ou que lorsque son petit chat est mort, « c'est fini »…
Et le maître mot à l'époque, c'est l'oralité, la langue des signes est formellement interdite dans les écoles jusqu'en 1991 !!!!(voir citation)

La langue des signes lui permettra d'établir un lien particulièrement fort avec sa soeur Marie plus jeune qu'elle de neuf ans.
Malgré cela elle souffre et doit suivre une scolarité douloureuse sans la langue des signes et son adolescence est pour le moins houleuse avant qu'elle ne passe avec son succès son bac et trouve sa voie dans le théâtre.

J'ai lu ce récit autobiographique avec un vif intérêt et beaucoup d'émotion car la fille de l'une de mes meilleures amies est sourde et leurs parcours dans l'enfance se ressemblent terriblement ainsi que leurs convictions concernant la langue des signes et leurs refus catégoriques des implants, position que je comprends parfaitement.

Malgré tout, la surdité isole beaucoup une personne dans les moments de partage. Je connais quelques signes appris au fil du temps et je mets un point d'honneur à passer le moins possible par mon amie pour me faire comprendre de sa fille mais c'est difficile, quasiment impossible. Je peux lui demander si elle veut encore du gâteau à table, lui souhaiter un bon anniversaire mais au cours d'une conversation, les traits d'humour, les petits échanges à vif sont absents car il est très difficile de tout traduire en permanence.

Alors rêvons un peu, en ce début d'année et souhaitons que la langue des signes sera un jour enseigné dès la maternelle, à tous les enfants...
Emmanuelle Laborit sera vous en convaincre si vous lisez ce livre fort et indispensable pour porter un regard différent sur les sourds.





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Il y a longtemps que je voulais lire ce récit-témoignage d'Emmanuelle Laborit... Ayant eu dans une de mes classes une élève sourde de naissance, comme elle, j'étais d'autant plus intéressée de découvrir son parcours.

Comme elle l'explique, elle est vraiment née à sept ans, lorsqu'elle a pu apprendre le langage des signes. On s'indigne que jusque là seules l'oralité, la lecture sur les lèvres étaient autorisées. Il faudra attendre 1977 pour que la LSF ( langue des signes francaise) soit permise dans les écoles.

Elle arrive fort bien à nous faire ressentir ce qu'a été d'abord sa petite enfance, un méli-mélo de vibrations, une colère de ne pas pouvoir communiquer, un silence noir, douloureux, puis le bouleversement que le langage des signes a introduit dans son existence , son rapport au monde, aux autres.

Son désir intense d'apprendre, de progresser, sa passion de la vie sont admirables. Et comme elle a dû éprouver de la fierté en devenant actrice et en obtenant le prix Molière, quelle revanche sur les obstacles, l'exclusion ! le lien fusionnel avec sa petite soeur m'a fort émue.

Je terminerai avec une citation de Jean Grémion, philosophe, qui a étudié le monde des sourds:" Les entendants ont tout à apprendre de ceux qui parlent avec leur corps. La richesse de leur langue gestuelle est l'un des trésors de l'humanité".
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Pour être honnête, le Cri de la mouette n'est pas le récit autobiographique le plus poignant qu'il m'ait été donné de lire. Je n'ai pas été extrêmement émue et je n'ai pas non plus été particulièrement séduite par la plume de l'autrice. C'est un témoignage qui ne s'accompagne pas de la recherche d'un style et qui privilégie le fond à la forme et c'est bien là ce qui doit être mis en lumière. En effet, le roman d'Emmanuelle Laborit mériterait d'être lu par le plus grand nombre parce que son sujet est aussi passionnant que méconnu. Que savons-nous en effet de la surdité ? Je veux dire, que savons-nous, hormis les évidences ? Auprès d'Emmanuelle Laborit, nous apprenons tout, de sa naissance et la découverte de sa surdité par ses parents à l'année 1993, au cours de laquelle elle reçoit le Molière de la révélation théâtrale pour son rôle dans la pièce Les Enfants du silence. Entre ces deux dates : les doutes, les questionnements, les impasses, les apprentissages, les échecs, les réussites, mais toujours ce courage, cette rage de vaincre et de vivre, et cette légèreté salvatrice. L'univers des sourds est dépeint avec beaucoup de précisions et l'ensemble est riche d'enseignements. le Cri de la mouette est une belle leçon, dans tous les sens du terme.

Lien : http://aperto-libro.over-blo..
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Qu'il est douloureux ce parcours du combattant …
- pour l'enfant sourd (ou malentendant) dont le handicap met trop souvent bien longtemps avant d'être dépisté correctement
- pour la famille qui ne comprend pas ce qui arrive et qui se trouve la plupart du temps désarmée, démunie
- pour cette scolarité particulière difficile à mener sans personnel absolument engagé
- pour cet isolement terrible dont souffrent, encore à l'âge adulte, les sourds
Qu'il est haut ce mur dressé entre sourds oralisés et sourds gestuels.
Un mur d'incompréhension de toutes parts. C'est tellement dommage.
J'ai lu ce livre, quand j'ai appris la surdité de mon petit garçon.
Il m'a évidemment bouleversée, mais il a eu le mérite de nous faire comprendre très vite qu'il fallait nous mobiliser pour mener un combat, pour faire une petite place à celui qui n'entendait pas, ou mal.
Le coup de poing du récit autobiographique d'Emmanuelle Laborit a dû aider de nombreuses familles. Qu'elle en soit à jamais remerciée, et que s'estompent au fil des ans la colère et la tristesse pour ce que vivent ceux qui se sentent exclus de notre communication orale.
Chaque chemin de surdité est différent, comme l'est chaque famille, mais nous manquons de témoignages de ce genre et le cri de solitude lancée par la mouette Emmanuelle est inoubliable.

Lien : http://justelire.fr/le-cri-d..
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
L’histoire des sourds est une longue histoire de combat. Quand, en 1620, un moine espagnol a inventé les rudiments de la langue des signes, que l’abbé de l’Epée l’a développée plus tard, ils ne se doutaient pas que le formidable espoir qu’ils avaient donné au monde des sourds allait s’éteindre brutalement. L’abbé avait fondé un institut spécialisé dans l’éducation des sourds.
Au XVIIIème siècle, sa renommée fut si grande, que le roi Louis XVI vint admirer son enseignement. C’était une révolution, toute l’Europe s’y intéressait.
Au XIXème siècle, c’est l’interdit officiel. La « mimique », ainsi qu’on l’appelle, doit disparaitre des écoles. Refusée, parce que indécente et empêchant soi-disant les sourds de parler. Ecartée parce que cataloguée comme « langue de singe » !
On a ainsi obligé les enfants à articuler des sons qu’ils n’avaient jamais entendus et n’entendraient jamais. On a fait d’eux des sous-développés. Médecins, éducateurs, Eglises, le monde des entendants s’est uni avec une violence incroyable contre nous. Seule la parole était reine.
Il a fallu attendre le décret de janvier 1991 pour que l’interdiction soit levée. Pour que les parents aient le choix du bilinguisme pour leurs enfants. Un choix important, car il permet à l’enfant sourd d’avoir sa propre langue, de se développer psychologiquement, et aussi de communiquer en français oral ou écrit avec les autres. Il s’était écoulé un siècle de ce que j’appelle un terrorisme culturel de la part des entendants. Alors que durant de temps, aux Etats-Unis par exemple, la langue des signes était un droit et devenait une véritable culture à part entière.


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Un mois entier seule avec des entendants, c'est dur.
L'effort est constant. On se demande jusqu'où on va pouvoir tenir. La différence est là, inévitable. On a vraiment besoin de voir des sourds J'ai fait l'expérience une fois, en Espagne, avec mes parents. A la fin du mois, c'était l'angoisse, le sentiment d'étouffer. J'avais atteint la dernière limite. Plusieurs mois sans les sourds, seule dans un milieu d'entendants, c'est inimaginable. Je me demande comment je supporterais. Est-ce que je crierais à nouveau comme une mouette? Est-ce que je m'énerverais?Est-ce que je les supplierais de me regarder, de ne pas m'oublier?
Retrouver le monde des sourds, c'est un soulagement. Ne plus faire d'efforts. Ne plus se fatiguer à s'exprimer oralement. Retrouver ses amis, son aisance, les signes qui volent, qui disent sans effort, sans contrainte. Le corps qui bouge, les yeux qui parlent. Les frustrations qui disparaissent d'un seul coup.
Communication velours.
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"Je vois comme je pourrais entendre. Mes yeux sont mes oreilles. J'écris comme je peux signer. Mes mains sont bilingues. Je vous offre ma différence. Mon coeur n'est sourd de rien en ce double monde".
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Il m'y attend, affolé de ma disparution, lamentable. Il veut s'excuser, tout effacer, m'embrasser. Mais c'est fini. Je ne l'aime plus. Est-ce que je l'ai vraiment aimé lui, ou l'image que je m'étais faite de lui ? C'est quoi la fidélité? C'est quoi la confiance? J'ai à peine dix-sept ans. Il y a longtemps que je l'aime, lui. J'ai commencé tôt. Je veux assumer la défaite, le poignard dans le coeur, mais je ne veux pas en rester là. Puisqu'il veut jouer les victimes, tenter de se faire pardonner une soi-disant folie de passage, je vais attendre patiemment de lui faire gôuter, à lui aussi, le poison de la trahison. Je ne vais pas le quitter tout de suite, je veux qu'il prenne le même poignard dans le coeur.
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J'ai encore beaucoup à apprendre, je me pose encore beaucoup de questions. Apprendre, il faut le faire toute sa vie. Si l'on arrête d'apprendre, on est fichu. Il faut que la vie continue, jour après jour, avec des curiosités nouvelles, des apprentissages différents. C'est ainsi que l'on profite réellement de la vie.
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